Rien Des clous

capitaine

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Feb 27, 2008

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Signup Date: 06/04/07

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Tuesday, February 12, 2008

Compte-rendu de campagne, la suite
Current mood: savage

Il paraît qu'il y a des Cigalois (habitants de Saint-Hippolyte-du-Fort, un nom qui s'attache à quelques légendes rigolotes, et plus vraisemblablement, au mot seagle, « seigle » en gallo-romain, mais je vous narrerai cela une autre fois) qui se font passer ce texte, récupéré sur myspace, sous le manteau. Y en a que ça fait rire, d'autres qui grincent des dents.

Alors comme prévu, j'en remets une couche…

 

Je m'attarde d'abord sur les têtes de listes, faute d'avoir encore pu faire le tour des listes complètes et des programmes.

 

Officiellement on en est à trois listes. Il se murmure cependant, que Monsieur le Maire fait la toupie pour trouver les noms de ceux qui voudront bien compléter la sienne.

Excusez-moi, deux secondes.

Mwahahahahahahahaha…

Pardon, ce n'est rien, un moment d'égarement.

Après tout, pourquoi pas, il y a toujours des gens qui s'imaginent que c'est un privilège d'être sur une liste électorale, et d'autres qui ont dans l'idée que ça leur rapportera quelque chose… Et puis, il a le soutien de l'UMP locale, qui craint fort de voir la ville repasser à gauche.

Mwahahahahahahahaha….

Non, décidément, pardon c'est plus fort que moi. Teh ebil lord rides again… Arf…

 

Comme je vous l'ai déjà expliqué, une tête de liste aux municipales, ce n'est pas à négliger : rien ou presque ne limite le pouvoir d'un Maire une fois qu'il est élu, puisqu'il peut s'il le souhaite rester maître de l'ordre du jour des commissions ou du conseil, ainsi que des moments où les unes comme l'autre se réuniront. Certes, pour une action positive, il lui faut le soutien de sa majorité. Mais rien ne peut se faire sans son accord, et c'est déjà énorme.

 

Nous avons donc, pour commencer, une dame, et il est courtois de se pencher sur son sort avant tout.

Elle s'appelle Anne-Marie Tabart et les Cigalois la connaissent bien.

Selon mes informations, elle est une de ces descendantes d'immigrés espagnols nombreux dans le village, qui vinrent en plusieurs vagues, soit pour des raisons économiques, soit pour des raisons politiques (les Républicains chassés par Franco) s'installer par chez nous. Elle est mariée à un entrepreneur du coin, au demeurant plutôt sympathique, qui a réussi et ils appartiennent donc à une certaine notabilité villageoise.

Anne-Marie Tabart faisait déjà partie de l'équipe du Maire en place, ou elle a rôle d'adjointe en charge de la communication, de l'animation et des associations. Sur le papier, elle devrait aussi diriger la commission Culture, dans les faits, cette commission ne s'est réunie qu'une seule fois. (c'est un peu plus compliqué : la communication ayant été rattachée à la culture, il y a eu des réunions supplémentaires pour mettre en --uvre notre pathétique journal communal, mais en réalité, il n'y a eu qu'une réunion avec la culture à l'ordre du jour…).

Anne-Marie Tabart a sans conteste des qualités. Elle est pleine de dynamisme, et, quand elle le souhaite, fort avenante, du moins quand elle abandonne sa tendance à considérer la mairie et son personnel sous l'angle domestique, elle peut se prévaloir de quelques réussites en matière d'animation et de réfection du square de jeux pour les petits.

 

Mais. Évidemment, il y a des « mais », sinon, franchement, ce n'est pas drôle.

D'abord, elle oublie soigneusement de signaler que certaines de ses réussites les plus en vue doivent beaucoup au travail d'autres qu'elle-même ou à sa majorité municipale. Bah, me direz-vous, c'est péché fort commun en politique que celui-là, et vous n'auriez pas tort. Aussi, ce n'est point là ce que je lui reproche avant tout.

Voyez-vous, Madame l'adjointe à la culture ne comprend rien, mais vraiment rien, de près ou de loin, à la culture. Bien sûr, on en connaît d'autres. Mais dans les résultats, il faut bien reconnaître que ses années passées à diriger la commission se sont traduites par une incroyable non-existence culturelle, et ce ne sont pas les quelques animations du genre concours de chant ringard avec comiques pathétiques et vulgaires included qui me feront oublier, non seulement le vide de projet, mais encore les nombreux bâtons dans les roues de ceux que nous eussions pu porter ensemble, comme la bibliothèque ou la mise en valeur du travail culturel de la communauté des communes.

Madame Tabart est souvent fière de son travail. Elle a même une tendance, au sein du conseil, à aimer endormir l'auditoire en s'étendant longuement (et très maladroitement, sur le fond, comme sur la forme) sur les bienfaits de ses propres réalisations. La conclusion, pourtant, de ses efforts – dont je ne saurais, évidemment, contester la réalité par ailleurs – est la souris dont la montagne accouche. Le résultat de son manque de compétence évident risque fort, si elle accède au poste de premier magistrat de la ville, de ressembler au contenu de ce fameux journal municipal qu'elle fait paraître une à deux fois par an : vide de sens, sans cohérence, et bourré de fautes de français et de fôtes d'ortaugraffe.

Vous connaissez ma conviction sur l'importance de développer la culture dans un village comme le nôtre. Vous comprendrez donc aisément pourquoi je ne soutiens en aucun cas la candidature de Madame Tabart.

 

Passons à Monsieur Fesquet, Éric Fesquet.

J'ai rencontré tout d'abord Monsieur Fesquet dans le cadre d'une opposition à un projet municipal de laisser s'installer à l'entrée de la ville un site géant de traitement des boues d'épuration. À l'époque, je dois dire que le Monsieur, bien qu'homme de droite, m'avait donné plutôt bonne impression. Compétent sur le sujet, il s'était fait, à ma grande surprise et à ma toute aussi grande satisfaction, le relais des mises en gardes écologistes que nous étions alors quelques-unes à porter, afin de nuancer intelligemment l'opposition au projet. Nous insistions à l'époque sur notre refus de la taille de l'entreprise, tout en encourageant la création de sites à taille humaine gérés localement pour sortir de la spirale du not in my backyard. J'avais donc avec lui des relations fort cordiales.

Je dois dire qu'au sein du conseil, où il fut l'un des trois élus de la liste droite – gauche, j'ai déchanté.

Disons que, si je garde pour moi certains doutes, je peux sans porter atteinte au Droit, dire que son attitude sur les dossiers ayant trait à la gestion immobilière de la commune, a soulevé chez moi nombre d'interrogations. Il apparaît en effet – c'est bien sûr publiquement relaté dans les compte-rendu du conseil -  qu'à plusieurs reprises, certains projets immobiliers, portés par certaines personnes (toujours les mêmes) ont eu de sa part un soutien pour le moins inattendu, là où la majorité du conseil, et souvent les membres de sa liste, s'entendaient pour estimer que ces fameux projets lésaient le bien commun. Son obsession pour le PLU (Plan Local d'Urbanisme, jamais mené à terme par la majorité actuelle malgré l'urgence de son édification pour remplacer l'ancien POS – Plan d'Occupation des Sols, obsolète) dont il a fait son cheval de bataille, prend pour le coup un éclairage ad giorno qui me laisse à tout le moins perplexe…

Je lui reproche volontiers aussi son combat d'arrière-garde contre la communauté des communes, qui me semble-t-il, flatte le poujadisme naturel de ceux qui voient dans cet échelon de responsabilité une diminution de l'influence de la ville sur son territoire, alors même qu'il me paraît nécessaire de faire de la ville le moteur de cette structure aujourd'hui structurellement incontournable.

Out, donc, pour moi, Monsieur Fesquet.

 

Je ne vous surprendrai en rien si je vous affirme donc que je vois dans le troisième candidat, Monsieur Bruno Oliviéri, mon ticket gagnant personnel. Homme de gauche, socialiste (personne n'est parfait) sympathique quoique manquant de quelques talents oratoires, Bruno Oliviéri a dirigé le groupe d'opposition d'union de la gauche auquel j'ai appartenu ces dernières années, avec une compétence à ce jour inégalée dans l'exercice de l'administration communale. Il appartient en effet de par son métier à l’administration territoriale, et ses capacités à résoudre les méandres qui jalonnent les dossiers ont été pour le moins admirables. Sachant que cette maîtrise des dossiers est aujourd'hui l'essentiel de la fonction de maire, je n'ai en ce qui le concerne guère de doutes sur ses qualités à assumer sans faille le rôle qui lui serait dévolu. Il prête une oreille attentive aux membres de sa liste, se débrouille pas mal dans l'exercice de la parole démocratique.

Il porte également un certain intérêt aux dossiers culturels et sociaux, bien que je lui reproche encore de manquer de culture écologique, au point d'avoir dû choisir à plusieurs reprises de voter en dehors du groupe et selon mes convictions teintées de vert tendre.

Non, le premier vrai reproche que je puisse faire à Monsieur Oliviéri, il en faut, n'est-ce pas, c'est son lien indéfectible avec la structure socialiste locale – là encore, pour ceux qui me connaissent, je ne surprendrai guère ; pour les autres il est assez de dire que m'étant longtemps considérée socialiste, je ne me remets pas du glissement progressif du parti vers le centre, voire vers le centre droit.

Si elle a l'avantage de lui ouvrir une oreille privilégiée à la Région comme au Département, cette relation de quasi-dépendance à la section départementale l'a parfois conduit à ce que j'appellerai une certaine maladresse face aux partenaires de gauche. Oui, c'est un euphémisme. Vouloir conduire une liste d'union de la gauche en imposant une ligne et une seule aux partenaires - les communistes encartés du coin l'ont franchement mauvaise, et non sans raison aucune – est une de ces vilaines habitudes dont les socialistes ont décidément un mal fou à se défaire, et qui ne contribue guère, avouons-le, à restaurer leur image auprès de la « gauche de la gauche ».

Cela étant, et le monde politique étant ce qu'il est, je préfère sans une seconde d'hésitation un socialiste encarté intelligent, compétent et par ailleurs charmant, à toute autre alternative. Et surtout quand on voit qui sont ses opposants…

 

La suite au prochain épisode : je vous parle des listes complètes, et des programmes. Et je vous dirai si le maire a réussi ou non à rentrer dans la course.

Mwhahahahahahahaha…

Pardon.

7:16 AM - 1 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Saturday, February 02, 2008

Compte-rendu de campagne
Current mood: excited

Les Municipales, vues depuis une ville-bourg de 3694 habitants.

 

Pour ceux que ça amuse, je vais vous narrer notre campagne électorale, parce que beaucoup d'entre vous qui connaissent mal le fonctionnement des petits villages, et c'est rigolo, trouve-je… Ce sera bien évidemment parfaitement partial, faut pas déconner non plus…

 

Aujourd'hui, résumé des épisodes précédents.

 

Saint-Hippolyte-du-Fort, donc dans le Gard. La crise de la délocalisation de notre dernier fleuron industriel, le fameux Jalatte (chaussures de sécurité) a mis la bête sous les feux de la rampe et à la grand-messe du 20 heures il n'y a pas si longtemps. On y a vu le désespoir des derniers ouvriers qui, de plan social en plan social, ont vu se profiler la fermeture définitive du site. Elle n'est pas encore tout à fait effective, mais on sait tous que c'est juste une question de temps.

 

Le patron du département est du canton. Il s'appelle Damien Alary, il fut député, mais a abandonné son mandat lorsqu'il a pris en plus la vice-présidence de la Région derrière le si fameux Georges Frêche. Alary est considéré comme un fils du pays, même s'il est de Pompignan, le village catholique d'à côté. Catholique, oui, on est en terre protestante ici, et le souvenir des Dragonnades refuse de quitter les mémoires. On en est plus aux guerres de religion, certes, mais tout de même… On se moque aussi gentiment de sa chevelure soigneusement entretenue par les capilliculteurs du coin, à l'occasion. On lui reproche son manque d'engagement politique de fond, c'est un socialiste, et les néos (les nouveaux habitants souvent bobos, artistes, voire légèrement marginaux et écolos purs et durs) ne le lui pardonneront pas. On salue le soutien qu'il apporte souvent aux crises individuelles : des dossiers HLM qui se débloquent, des situations sociales qui se dénouent (souvent sous l'impulsion des quelques communistes qui nous restent, très actifs sur le terrain de la solidarité), ils sont nombreux à citer ses actions sur son canton. Sur Jalatte, il ne fait que retarder l'échéance. C'est politique, bien sûr, mais c'est toujours ça de gagné pour les familles qui en vivent.

 

Le Maire, lui est de droite. Élu comme non encarté, il a quand même fini sur les listes de l'UMP aux Régionales. Il s'appelle Hubert Norbert. Il n'est ni intelligent, ni compétent. Mais il promettait un changement : la municipalité était à gauche depuis des dizaines d'années, pas mal de maires communistes, anciens résistants, des types que tout le monde aimait, mais qui, pour certains, se sont vus dépassés par la spécialisation croissante de la fonction. Et juste avant Norbert, un maire qui s'est fait élire sur une liste d'union de la gauche, et qui n'en était pas, de gauche. Il fut responsable du passage de la droite aussi sûrement que la grippe espagnole fut responsable de la mort de millions de gens. Norbert, lui, se pose en gestionnaire, c'est un ancien cadre bancaire. Mais son étroitesse d'esprit lui vaut de considérer qu'un compte de gestion positif est une bonne chose pour la commune. Même si cela signifie tout bonnement qu'il s'est tellement embrouillé dans ses dossiers dont la complexité administrative le dépasse et le noie, que les engagements prévus n'ont pas été réalisés.

 

Saint-Hippolyte, en dehors de Jalatte, c'est quoi ?

Un joli village, en fait. Niché sous les premières marches du sud cévenol, il n'a rien d'extraordinaire, pour tout dire. Comme sa grosse voisine Le Vigan, il fut longtemps industriel : filatures de soie, tanneries, mine, il a été prospère et animé. Les industries mortes et disparues à jamais, il ne lui reste que ses treize fontaines et ses cadrans solaires, quelques beaux sentiers de randonnée, aussi. Les commerces ont presque tous fermé. Quelques-unes reviennent s'ouvrir, parfois, et on croise les doigts pour qu'ils résistent. Malgré quelques tentatives individuelles, la vie culturelle est pauvre, très pauvre. Aucune bibliothèque, pas de salle de spectacle digne de ce nom, pas de cinéma, pas de maison des associations, j'en passe et des meilleures. Ceux qui font, malgré tout, (une école de musique, deux petits musées, une galerie d'art, un petit caf'conc, un troquet qui invite des musiciens parfois…) le font sans presque aucun soutien de la mairie. Ils se débrouillent… quand ils n'ont pas carrément des bâtons dans les roues. Sans attrait culturel, sans attrait géographique majeur, le tourisme est limité. Pourtant les potentiels sont là : plus d'une centaine d'associations (même si parfois, elles font sourire, ou n'offrent qu'un cadre à des profs de danse, de peinture, etc.). Et des tas de compétences : située à trois quarts d'heure de voiture de Nîmes, Alès ou Montpellier, la ville-bourg est attractive en terme d'immobilier, et pas mal de profs, de scientifiques, d'artistes, apprécient de vivre au calme et près d'une nature fort belle, quitte à travailler en ville. Rien de tout cela n'est exploité par l'équipe municipale, évidemment.

 

Au niveau social, c'est le désert. La communauté des communes, majoritairement à gauche, a bien la maîtrise de quelques projets locaux, de même que la compétence du département maintient ici des relais. Le taux de RMIstes est plus élevé qu'ailleurs, la population maghrébine est importante : pour ne pas saturer les abords de Saint-Gilles, à l'Est du département, et qui sert de plaque tournante aux emplois de journaliers pour l'agriculture de la basse vallée du Rhône, on les a mis jusqu'ici. Des hommes, au départ, qui font la navette la semaine, en car. Avec le regroupement familial, les femmes et les enfants ont suivi. Rien n'est fait, surtout pas, pour aider à l'intégration : la Croix-Rouge locale a dû se battre pour mettre en place un cours d'alphabétisation pour les femmes, et l'association d'aide au devoir s'est vue boycottée par la municipalité d'Hubert Norbert parce que : « vous ne servez qu'aux bougnoules » (texto, dans la bouche d'un ancien adjoint). Elle a fermé boutique.

Les quelques projets qui perdurent sont destinés aux anciens. Ils votent, les anciens, et souvent à droite…

 

On a quand même des équipements sportifs : deux stades, dont un réservé aux matches, des courts de tennis (associatifs) une piscine découverte, un gymnase. Le maire s'enorgueillit du Gymnase mais c'est un projet déjà ficelé par l'ancienne municipalité.

 

Oh, pardon, on a quand même réussi à faire aboutir deux projets, pendant ce mandat. L'un, celui de la station d'épuration qui était en panne depuis des années, a été si bien géré que le réseau de séparation des eaux vannes et fluviales n'est toujours pas achevé, et que la cave coopérative continue à y déverser ses eaux usées, ce qui est strictement interdit, évidemment. Résultat : la durée de vie moyenne d'une station est de 15 à 20 ans. Celle prévue par les experts pour la nôtre, entre 7 et 10 ans. Dans dix ans, il ne sera plus là pour éponger la gabegie, le maire…

Et on a réussi à boucler le dossier administratif pour la nouvelle maison de retraite aux normes, et cette fois-ci, en zone non inondable. Je passe sur l'incurie du premier magistrat de la commune qui a failli dix fois, par méconnaissance des procédures et aussi, par mauvaise volonté politique, faire capoter le dossier et l'envoyer ad patres.

Il faut dire qu'elle est compliquée, la situation politique…

 

En 2001, c'est donc un mélange droite-extrême droite qui passe derrière Norbert. Oui, oui, extrême droite. Des adhérents du FN, ou des sympathisants. Je vous explique, ici on en est au grattage. Officiellement, on est encore à moins de 3500 habitants, le dernier recensement n'étant pas encore applicable aux listes électorales. Le mode électif est donc le suivant : les candidats se présentent en liste complète, mais l'électeur a le choix de rayer ceux qu'il n'aime pas, et de piocher dans les autres listes ceux qui lui conviennent. Au final, on prend les noms de ceux qui ont eu le plus de voix.

Tout ce petit monde, donc, a vite fait de s'engueuler comme au marché aux oignons. Résultat, 12 conseillers municipaux dont un de gauche et le reste très très à droite, démissionne. Bon débarras, c'est une évidence. Mais dans ce cas, comme nous ne sommes pas au scrutin de liste et que 12 sur 23 de toute façon, c'est trop (moins, les places restent tout simplement vides…) il y a élections partielles.

On vote, donc, il y a deux ans et un poil de cela. Le maire parraine une liste. L'ancien maire fait une tentative de retour en force. Une autre se veut apolitique et mélange gens de droite et gens de gauche, enfin, il y a une liste d'union de la gauche.

Résultat : 9 élus pour l'union de la gauche, et trois pour la liste apolitique (deux hommes plutôt à gauche, un autre à droite). Les deux maires peuvent se rhabiller, merci.

 

Oui mais, voyez-vous, il n'y a aucun texte ni jurisprudence qui puisse obliger un maire, même minoritaire au sein de son conseil, à démissionner. Seule une condamnation à la perte de droits civiques ou un blocage induit par un refus de voter le budget de la commune peut, à terme et après de très longues procédures, amener le premier ministre à signer la destitution d'un premier élu de commune. On (je dis, « on », j'étais parmi les nouveaux élus) savait n'avoir devant nous que deux ans. Et aucun moyen de pression.

Pire, normalement, si la majorité du conseil pétitionne pour porter un sujet à l'ordre du jour, le maire à l'obligation de suivre son conseil. L'obligation existe dans les textes, mais le préfet nous a vite remis les pendules à l'heure : aucune sanction ne permet dans les faits, d'obliger le maire à tenir compte des textes. Et le nôtre, évidemment, ne s'en est pas privé. Il s'est assis dessus, et l'a revendiqué haut et fort.

Résultat, deux ans durant le conseil municipal s'est contenté d'empêcher monsieur le neuneu de faire n'importe quoi. Voter contre des trucs idiots, oui. Faire avancer la bébête, pas moyen. D'autant que le maire, de peur que nous n'en ramassions les lauriers, a abandonné les quelques projets que nous pouvions éventuellement avoir en commun. La construction d'une bibliothèque, par exemple… Et évidemment, on a beau expliquer, publier force bulletins pour raconter l'impasse administrative, les bourdes monumentales évitées de justesse, l'électeur de base, lui, ne voit qu'une chose : avant ou après, rien ne bouge, et ce sont tous des nuls… Et ça, ça risque de peser lourd dans la prochaine à venir…

 

 

La prochaine fois, je vous parle des listes en présence…

10:18 AM - 1 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Friday, December 07, 2007

Y a des urgences
Current mood: irate

Je sais j'avais rien prévu sur ce blog, mais y a des urgences. J'ai mis ça dans la catégorie "écriture et poésie" en espérant que d'aucuns se feront le relai de l'info, n'hésitez pas à copier coller sur vos blogs à vous que vous avez, y a matière.

On le sait peu en France parce que depuis une trentaine d'années, on avait eut la chance de ne pas en entendre parler, mais il existe bel et bien une commission de censure pour la littérature jeunesse, censée appliquer les limites de la loi de 1949 sur le protection de la jeunesse (il ne faut pas désespérer la dite, vous vous souvenez ?)
On l'appelle "commission de surveillance", mais elle a bel et bien des pouvoirs de censure équivalents à ceux qu'on applique au cinéma.

Or Anastasie vient de réveiller ses grands ciseaux. Thierry Magnier, qui par ailleurs devient un incontournable de la littérature jeunesse en prenant la responsabilité du pôle jeunesse Actes Sud (Editions Thierry Magnier, Actes Sud Junior, Le Rouergue) et qui a gagné sa réputation sur un roman social parfois très noir et d'une qualité littéraire irréprochable, est en train d'en faire les frais.

Pour être honnête, y a du lynchage dans l'air, c'est du moins l'avis de la plupart des professionnels de la littérature jeunesse.

Deux de ses titres sont sous le coup d'une menace d'interdiction aux moins de 15 ans, sous le prétexte qu'ils parlent de viol d'une manière extrêmement réaliste. Vous aurez peut être envie de me dire que cela pourrait être justifié.

Il n'y a aucune justification à ça, non. Parce que la littérature jeunesse est une littérature de prescripteurs, et que ces derniers sont là pour guider les lecteurs trop jeunes pour être confrontés à tel ou tel texte. Parce qu'à 12 ans, certains lecteurs sont à même de lire de la littérature adulte et que je ne vois pas au nom de quoi on leur interdirait de lire des textes jeunesse sous prétexte qu'ils n'ont pas l'âge.

Lorsque les instances officielles décident qui peut lire quoi à quel âge, c'est l'ensemble de la littérature qu'on remet en cause, et le principe fondamental qui veut que la culture littéraire soit accessible à n'importe quel lecteur qui décide qu'il a les moyens de se nourrir de comme bon lui semble. Le coup de canif dans le contrat, c'est l'acceptation d'une possible déchirure dans la toile de la liberté de lire ce qu'on veut quand on veut, et c'est, de mon point de vue, aussi innacceptable que dangereux.

Il se passe beaucoup de choses dans le milieu du livre jeunesse depuis un an, l'affaire Autres Mondes, des articles qui dénoncent de manière fortement partisanne le choix d'une littérature sociale réaliste (je ne suis moi-même pas adepte de ce genre de littérature, c'est même une des raisons qui a présidé à mon choix éditorial de faire dans le genre et l'aventure, mais c'est une question de goût, pas une dénonciation d'une littérature souvent de grande qualité et qui a le grand mérite d'exister et de dire...), l'attribution du Prix de la Presse Jeunesse pour les moins de 10 ans à une collection de propagande ministérielle (voire Medefiste !), et j'en passe, qui laisse deviner qu'il se joue là des enjeux qui dépassent de loin la littérature et ont tout à voir avec la politique, et une certaine conception réactionnaire de la protection pour la jeunesse.

Soyez vigilants, donc, parce qu'à force de minimiser, on va finir par ne plus maîtriser...

2:53 AM - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Wednesday, September 12, 2007

OSKOUR ! MA FILLE EST UNE ADO !!!

Voilà voilà, ça y est. Bien que je bosse de puis quinze ans sur les ados, leurs lectures, leurs codes et leur cultes, je crois que je refusais d'admettre la sombre vérité qui s'approchait de moi en rampant sournoisement le soir entre deux chapitres de Rowling ou de Pullman sagement lus à ma tête blonde ou presque.

Ma fille, ma petite fille, ma chose à couettes, ma tête à poux, mon truc en jupette à frous frous, vient de mettre une basket taille 41 dans l'univers de l'adolescence. A pas encore tout à fait 11 ans. Quand je pense qu'on trouvait qu'à 12, moi, j'avais de l'avance...

Et en plus cette garce trouve parfaitement normal que je plonge avec elle. Comme si à 42 ans on avait le moindre intêret à se préoccuper du dernier album de Diam's ou de cracher sur les Tokyo Hotel qu'on adulait trois mois plus tôt mais non mais t'es nulle ou quoi, c'que tu peux être ringarde, Maman...pfff  *yeux au ciel* *air dégoûté*
Quoi que j'avoue, pour Diam's, je pose une option. Mais c'est à cause de Marine et de Laurent Gerra.

Hum, pardon, je m'égare...
Donc je ne devrais pas être là à comparer les mérites de machins incomparables vu que de toute façon elle en aura inévitablement honte dans un an mais s'en souviendra avec une larmichette dans le coin de l'oeil dans vingt ans comme moi quand quelqu'un me passe les rois mages en Galilée. Enfin, non, j'ai toujours honte, mais je l'écoute quand même.

Mais en même temps, si je ne fais pas semblant de trouver que oui, ma chérie en effet Peter est plus mignon mais à mon âge que veux-tu on préfère le genre de Nathan, et oui, d'accord Hiro est rigolo oh, t'as vu, c'est Sulu !!
Quoi ?
Sulu, là c'est Sulu !
Qui c'est ça, Sulu ?
Ben Georges Takei, dans Star Trek celui qui...
Ah...*air dégoûté*

C'est plus fort que moi, même quand on regarde Heroes ensemble j'ai la désagréable impression que je lui file une leçon de chose. Et je n'ose même pas m'étendre trop longtemps sur la dernière information du journal télévisé à propos de laquelle je m'estime le devoir de la mettre en garde contre les médias et leur manipulation de l'information. Sous peine d'avoir le sentiment d'être en train de rédiger un tract maoïste avant d'aller le ronéotyper dans ma cave.



La seule chose dont elle ne me semble pas se lasser devrait s'afficher comme étant sérieusement à la mode pour les cinq prochaines années. Pas plus si j'ai de la chance. En tout cas, je suis prévenue, l'air dégoûté devrait faire fureur tout l'hiver...


3:24 AM - 1 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Tuesday, June 05, 2007

*râle*

1) Monsieur Tom, c'est bien Monsieur Tom, ton nom, oui, toi l'avatar supposé sexy, et je veux pas dire, il en faut pour tous les goûts, mais les minets, y a pas à tortiller du derrière, c'est pas mon truc, bref; ce type là me TUTOIE.

Je ne le connais ni des lèvres ni des dents, et ce Tom machin m'envoie des e-mails sur ma boîte où il me dit : "TU as reçu un nouveau message".

Je t'en foutrais, moi. J'aime tutoyer, je tutoie beaucoup et facilement. Mais le vouvoiement m'est indispensable lorsque, dans l'intimité, je veux envoyer chier qui me déplait. Et le Tom en question ne me plaît pas du tout.

Je l'ai déjà dit quelque part. D'abord, c'est un dragueur. Il veut savoir sur moi des tas de choses qui ne le regardent pas, et je lui dis carrément merde. Ensuite il me fout de la pub pour un oui pour un nom, on dirait la fille de Demolition Man. en plus, c'est le bordel chez lui, il ne sait même pas ranger ses petites affaires, une chatte ni trouverait pas ses petits, pas même ceux de sa voisine madame l'éléphant.

 

J'aime pas.

J'avais prévenu que j'en profiterai pour râler...

 

Bon, une chose de bien, il  m'autorise à faire de la pub pour les musiques qui vont bien. Que ça serve au moins...

Currently listening :
Tabula Rasa
By Arvo Part
Release date: 16 November, 1999

4:00 PM - 2 Comments - 4 Kudos - Add Comment

Monday, June 04, 2007

Ceci n'est pas un blog

Ceci est une pathétique décision de se connecter à Myspace parce que des gens dont je ne donnerai pas le nom de peur de les voir publiquement lapidés pour mauvais goût se trouvent y posséder un blog.

 

Donc à la limite, je posterai un truc tous les 50 ans, surtout pour dire du mal de gens dont je n'ai strictement rien à faire mais on s'amuse comme on peut à mon âge.

 

Le reste du temps, j'irai rire bêtement en lisant les articles de Fabrice sur son blog à lui, qu'il soit maudit mille fois et rôtisse en enfer jusqu'à ce que Satan rêve de vacances au Groënland, tout ça c'est de sa faute.

3:09 PM - 1 Comments - 0 Kudos - Add Comment


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