Plus que quelques jours avant de pouvoir se jeter corps et âme dans cet objet conçu par Lea Silhol et auquel ont participé de nombreux artistes (Mad Youri, Estelle Val de Gomis, votre serviteur, sans oublier Greg à la maquette, quel boulot…). et merci Léa…
L'art est de la contrebande et par extension, donc, l'artiste est un contrebandier. Et je me flatte d'en être un dans ces temps troublés. L'artiste, à l'inSTAR du contrebandier va chercher en d'autres territoires ce qui manque aux autres humains. Ce qu'ils ne peuvent obtenir sans leur aide, lui, il va le chercher au péril de sa santé mentale et parfois même de sa vie. Mais le plus important pour lui, sa rémunération est avant tout le processus. Le reste c'est du marché. En cela, l'artiste est un vrai passeur, au mépris de la loi, au mépris de l'avis des autres, au mépris de la morale bien pensante (qui du reste s'appropriera cette contrebande), au mépris de sa vie il passe les frontières pour ramener au monde ce qui lui manque.
Alors quand vous serez face à une oeuvre artistique, ayez une pensée à ceux qui ont pris le risque de passer une nouvelle fois , une fois encore la frontière. Mais quoiqu'il en soit, l'artiste passera et passera encore cette frontière, parce qu'il ne peut rien faire d'autre. En cela il se suffit à lui-même. Smuggling and smugness, that's what I am...
Une anné qui bouscule tout. Des graines semées depuis quelques temps et dont les pousses commencent à s'exhumer. Du verre, de la couleur, de la lumière qui se joue de la transparence du verre et de l'opacité de la grisaille, du son à la croisée de chemins qui arpentent depuis longtemps l'Exterzone. De l'action enfin pour en finir avec l'espoir passif que d'autres vont faire les choses. Une ultime marée qui va porter la Nef des Fous. Here come the flood...