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de temps en temps
Current mood: catalyzed
Le temps passe, non il ne passe pas pour être exact, il vole, vole si haut que je ne peux l'attraper. Alors me voilà à espérer des ailes, des ailes, une paire d'aile pour accompagner ce trompeur qu'est Chronos. Non je ne lui expliquerai pas que j'ai besoin qu'il pose pied à terre, ou même que de temps en temps il pourrait accompagner Hypnos dans un long voyage hors de sa propre nature faite de minutum secunda, de chiffres, frontière immatérielle infranchissable. Non, juste m'envoler et percevoir ce qu'il ressent ce voleur de vie, voler avec lui mon propre temps, quitte à le perdre autant le faire en compagnie d'un Dieu.
Alors me voilà sur les ailes de Chronos, enlacé à son épouse Anaké déesse de la Nécessité, de la Fatalité, d'ailes je n'en ai point mais je vole avec eux, entre eux, en eux, à moins que ces deux là ne soient en moi. Et ressens ce non vrai, cette vrille, cette course qui nous cloue, ne nous laissant comme trompeur répit que la mort, la fin de tout puisque la fin du nous, être de chaire et de folie. Je ne sais si c'est l'espoir ou son absence, insupportable vie qui n'a pas dénié nous faire plus que ce que nous sommes, entre ciel et terre, lâcheté et courage, amour et haine. Anaké sourit, de son union a Chronos Chaos est née, ce gouffre sans fond où l'on chute sans fin, ce milieu sans orientation possible, est ce cela que nous nommons âme? De mon vertige son sourire s'élargit et elle me rappelle au souvenir de son second fils, Éther, celui qui est respiré par les Dieux, cet air pur qui nous enlève au creux d'une torpeur désertée par Hypnos, cette torpeur que souvent je souhaite... illusion.... Je chute, chaos, déchirée, est ce donc cela être humain? La déchirure, la cicatrice à jamais douloureuse de n'être que cela, tant de possibilités, si peu de courage? Nous sommes notre propre damnation. Courant, fuyant, tremblant et les Dieux souriant de nous voire yeux clos, terrassés de frayeur. Qu'est ce qu'ils en rient. Ce moquant de ces êtres à qui tout est donné et qui, à ne pas ouvrir les yeux, perdent tout. D'ailes je n'ai jamais eu, seul, il me reste mes yeux, cette vision trompeuse, je n'aurais pas assez de ce que Chronos m'octroie pour comprendre, mais que faire d'autre?
Aube
02:55
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