Au pays de Clara Croche (consultez aussi mes archives!)

clara croche

Last Updated:
Mar 19, 2008

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Gender: Female
Status: In a Relationship
Age: 27
Sign: Capricorn

State: Ile-de-France
Country: FR

Signup Date: 04/18/07

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Saturday, June 28, 2008

libre inspiration de "la science des rêves"
Current mood: fantasque

Je pleurais le polystyrène de notre amour. La cellophane commençait déjà à couvrir nos membres et le bleu de tes lèvres coulait le long de mes seins. Doit-il vivre ou mourir cet amour qui est encore dans notre ventre maternel ?

Ça s'effrite avant même d'avoir été un. Ça dégouline avant le solide.

Je le sens, ça coule entre mes doigts, ça pleure le long de ma cuisse.

Et toi, ça te fait quoi ?

1:54 PM - 2 Comments - 2 Kudos - Add Comment

Monday, February 18, 2008

La chanteuse sans voix
Current mood: drained

Lorsque mes paupières se sont ouvertes, j'ai ressenti comme un gant de boxe dans le diaphragme, comme une pierre dans le fond de ma gorge : j'avais perdu ma voix...

Perdu ma voix : j'ouvre la bouche, je met mes cordes vocales en vibration et... rien plus rien... Je me vois déjà, une pancarte au dessus de la tête, entre le lion qui saute dans le cerceau enflammé et le phoque faisant tourner un ballon sur son nez : la chanteuse sans voix

Je commencerais à chanter sans que jamais aucun son ne sorte du tréfond profond de ma gorge. Les gens hilares riraient à gorge déployée comme quand ils voient un clown triste tomber...

Et moi, impuissante marionnette dans ce théâtre de guignol, impuissante à protester, impuissante à prononcer la moindre bribe orale... Ils rient de plus belle me voyant m'agiter dans tout les sens : le corps pour exprimer les mots et maux...

Tout est flou et trouble comme une promenade en plein brouillard... Et la vie éveillée me rappelle à elle de toute sa force et me sors indemne des lourds méandres du sommeil... L'humanité reprend ses droits.

1:00 PM - 2 Comments - 2 Kudos - Add Comment

Réponse au dominateur
Current mood: égale

Point de jouet, point de dominé,

S'il s'agit d'être, de partager,

L'homme, par ma parole, loin d'être chattré,

N'en est que d'autant plus respecté.

Par moi, Femme, ne soit point inquiété.

Aimes-moi comme ton égal, un autre-toi,

Et de ma bienveillance, convaincs-toi.

 

A l'humanité

10:16 AM - 1 Comments - 2 Kudos - Add Comment

Sunday, February 17, 2008

L’assistante de l’écrivain - 1
Current mood: artistic

Une petite frappe discrète sur la porte. Ce genre de petite frappe qui s'excuse déjà d'être là avant même d'avoir été introduite. Ce devait être elle : une petite jeune fille croisée dans une de ces soirées où je crois toujours que personne dans les lieux n'a jamais lu une seule de mes lignes, où je me crois inconnue. Elle me dit : « Je suis une jeune écrivain, j'aimerais faire un stage à vos côtés, comprendre comment vous écrivez. »

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Certes très valorisant, je ne comprenais ni la démarche, ni ce que je pouvais lui apporter en l'acceptant à mes côtés mais la curiosité, une fierté un peu mal placée, et j'avais dit oui.

Je vais donc répondre à la porte à cette grande enfant, les cheveux bien rangés et le sourire brillant à lèvres. Elle porte un pantalon noir, le pli bien marqué à l'avant, un T-shirt noir pailleté de « Paris by night », une veste courte ajustée. A son bras, un petit sac noir en cuir. Un instant, j'ai eu un sourire : une petite banquière dans la peau d'un écrivain. Je la fais entrer avec les diverses formules de politesse, lui propose un café qu'elle refuse.

 

Nous nous installons à ma table, je remplis ma tasse, allume une cigarette et la regarde :

« Bon, expliquez-moi votre demande, ce que nous pouvons faire ensemble, ce que je peux vous apporter.

« Je ne veux pas que vous changiez quoi que ce soit en ma présence. J'aimerais vous regarder, voir comment vous travaillez, quel rythme, quelle discipline, …

Je ne pus retenir un sourire.

- je ne suis pas le moins dérangée par votre requête mais que pensez-vous apprendre en me voyant taper sur mon ordinateur, aller au bistrot du coin ou me rendre à la bibliothèque ?

- Je ne sais pas, madame. Je ne sais pas, c'est pour cela que je suis là. »

- Très bien, nous verrons. Suivez-moi. »

 

Je prend une tasse de café, mon paquet de cigarettes, vais dans mon bureau. Elle me suit docilement. Cette jeune fille bien rangée, suivant mes pas sur la pointe des pieds, m'amuse tant.

Je m'installe à mon ordinateur, l'allume, ouvre le document de mon dernier ouvrage. Je la sens à mes côtés aussi attentive à mes gestes que si je faisais une opération à c--ur ouvert. Un peu gênée au départ, mes mots finissent par m'avaler comme toujours et j'écris, nourrie de nicotine et de caféine.

Mes séances d'écriture attablée se finissent toujours par cette grande bouffée, ce profond soupir qui m'indique que c'est fini, que la plume est sèche. Je me lève et lui dit : « Je vous préviens, je mange peu sauf lorsque je suis à table avec des amis ».

Je vais dans la cuisine, attrape la première chose que ma main atteint, et l'enfile dans le micro-onde. Dix minutes après, le repas est mangé et nous mettons nos manteaux.

« Tous les jours, je vais au café, j'écris sur mon cahier ce que je vois, ce qui se passe dans ma tête, mes sensations. Vous pouvez m'accompagner mais je ne peux pas vous laisser lire ce que j'écris »

 

Nous arrivons au bar. Je salue le patron, mes amis habitués déjà bien attaqués par les bouffées éthyliques. Ils regardent à peine ma jeune stagiaire. Ma table est libre, nous nous y installons. Je sors mon cahier et amorce mon observation. Le serveur s'assoit à mes côtés, comme souvent lorsque peu de clients sont là, et commence son petit numéro. Il parle à ma jeune amie lui expliquant les soi-disant charmes surnaturels qui m'appartiennent, je lui souris : « Ne choque donc pas ce jeune esprit angélique, tu sais bien… Toutes mes nuits avec toi… Mais à distance… ». Nous partons d'un éclat de rire et il retourne à son service.

Quelques heures passent, entre prise de notes, sourires et discussions avec les gens. J'aime ces gens, ils ne me regarderont jamais comme un écrivain mais simplement comme une femme qu'ils apprécient, avec qui ils peuvent rire, se confier. Des années que nous nous côtoyons quotidiennement, qu'ils font partie de ma vie, de mes livres, de mes pensées.

Sur le départ, j'indique à ma stagiaire la fin de ma journée de travail mais lui propose de dîner avec moi.

9:19 AM - 2 Comments - 1 Kudos - Add Comment

Ecrire dans un café...
Current mood: curious

Je n'aime pas les grands cafés, ceux où il y a tellement de monde qu'on ne voit personne, ceux où les serveurs n'ont pas le temps de nous regarder mais seulement de prendre commande.

Alors que dans les petits bistrots, on rencontre l'autre, on le reagarde vivre même l'espace de quelques secondes. On a le temps d'être là. Parce que moins nombreux, dans un lieu plus petit, ça se verrait si on était pas complètement là.

D'ailleurs, quand j'écris dans un grand café, personne ne me voit jamais l'observer sauf s'il a envie de me séduire. Alors que dans un petit bistrot, je dois toiser discrètemement, faire mine de faire autre chose. Souvent, on me surprend,  on me jette un regard insistant, parfois méfiant, parfois bienveillant.

La vie des autres, c'est un morcellement d'humanité que j'ai envie de collecter, de garder intact. Ces morceaux d'humanité, c'est un peu plus d'humanité en moi. Un simple regard franc, droit dans les yeux pour dire à l'autre : je te reconnais comme un autre-moi et non simplement comme un serveur, la femme du guichet, un éducateur, un policier.

Tu es un bout d'humanité hors de moi qui peut entrer dans moi. C'est ça regarder les autres vivre, les reconnaitre dans leur humanité.

Alors tanpis, aujourd'hui c'est un grand café, essayons tout de même de les regarder, de les voir avec intention, d'aprivoiser leur espace...

6:38 AM - 3 Comments - 5 Kudos - Add Comment

Wednesday, January 23, 2008

Jeu de scène
Current mood: thirsty

Tu as fait du vent autour de moi,

Si loin de ta vie m'a envolée

Tellement puissant il était.

Trouble aérien, as-tu fait ta loi?

Quiétude m'a réhabitée,

Si vite que que je m'en suis enjoué.

 

Histoire, laisse tes souvenirs,

Mets nous en scène deux âmes pleines

Emplies de vie, "Voici l'arène!"

Montre voir ces joies sans avenir!

Mais nous n'étions pas sur une scène,

Nuls pleurs violents, nulle âme en haine.

2:24 PM - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Tuesday, January 08, 2008

Prière/incantation de l’homme dominateur
Current mood: vehement

Jolie poupée, grave ta pensée,

Imprime mon pouvoir, qu'il devienne ton vouloir,

Souries, rouge-à-lèvre toi, parade-toi de ma possession

Et oublies toi à travers moi : ta solution

Pas question de soumission, seulement de faire de moi ton devoir,

Et de te convaincre que ce que je fais de toi, tu l'as toujours rêvé,

 

Soumets toi à ma tentation et délivres toi de ton mal,

A moi.

 

7:03 AM - 3 Comments - 3 Kudos - Add Comment

Friday, January 04, 2008

Un 24 décembre sur Terre...
Current mood: tired
Category: Writing and Poetry

J'ai le bourdon. Tous les ans, c'est la même chose. Tout le monde se réjouit en famille, goûte 1000 mets fins et abondants, réveillonne et moi, je suis seul.

Je bosse toujours ces soirs-là. ça m'arrange, ça m'évite de penser au vide de ma vie. Personne ne m'attend. Je suis plutôt aprécié mais personne ne me connait vraiment. "Bonjour! Bonjour! Je suis content de vous voir!...". Peut-être mais comment je vais, comment je vis, ça, tout le monde s'en moque.

J'ai eu envie de lâcher tout un jour, de mettre fin mais qui le croirait? Est-ce que quelque chose changerait dans le déroulement du monde? Les gens continueraient à s'agoter, à manger, à boire, à travailler, à aller aux commodités même, à vivre en fait!... Et même tout ces bonjours, en quelques semaines tout au plus, on oublierait à qui on les disait.

Personne ne se rendrait compte de rien : qui irait dire, me  trouvant en pyjama dans mon lit "on va le regretter". Imaginez donc deux secondes, l'esprit que je suis n'a pas besoin de moi pour vivre. Qui croierait ou dirait cela : le père-noël, ce jour, s'est suicidé.

Cette année, c'est mon tout de m'offrir un cadeau : je vais me donner la mort.

3:50 PM - 2 Comments - 4 Kudos - Add Comment

Thursday, November 22, 2007

Recto/Verso
Current mood: touched

Recto

« Je t'aime ». Je sais, c'est banal, presque anodin. Trois petits mots qui ont un sens devenu à la limite du commun.

On préfère les non-dits en ce domaine si l'on veut être original, anticonformiste et pourtant c'est bien cette phrase-là qui veut dire ce que je ressens pour toi. Je ne les dis pas comme ça ces mots, je les dis parce que c'est toi, parce que c'est moi, parce que ce qu'on a vécu tout les deux, c'est un monde entier que je n'ai pas envie d'engouffrer.

J'aimerais remplir notre histoire de naphtaline, l'empailler pour qu'il reste un fossile, une empreinte, simplement pour que je me dise que je n'ai pas rêvé, que tu étais bien là, près de moi, heureux, paisible…

Pas assez apparemment…

Comment as-tu pu partir malgré tout cet amour que je te porte ? Etait-ce trop ? Aurais-tu manqué d'ambition pour nous ?

Je suis une parenthèse, une bulle d'oxygène quand on sort d'une longue apnée. Le but est de prolonger l'apnée au maximum, pourquoi ne pas fuir l'oxygène ?

L'oxygène, c'est vital je crois mais on veut tous jouer à Dieu et croire que l'on peut s'en passer.

Moi, je suis humaine, rien de plus humain que moi. Je ne suis pas armée pour le quotidien. Moi, c'est l'air d'en haut que je veux respirer, celui de l'ivresse… Et ça, ça fait peur.

Je vais ouvrir un cimetière, celui des cadavres des amours morts de la peur des hommes.

J'ai déjà plein de corps déchiquetés qui n'avaient pas eu le temps de se former : des mort-nés enterrés. Tout à vivre et rien de vécu.

Moi aussi j'ai peur maintenant mais je ne veux pas accoucher d'un amour mort-né. Beaucoup de mots pour ne rien dire alors que seuls trois mots comptent, même s'ils sont déjà des sépultures indécentes : je t'aime.

 

Verso

« Je te hais ». Parce que quand je ferme les yeux, c'est toi que je vois. Je veux faire tomber ton image idéale, je ne veux pas te regretter. Je ne veux pas pleurer des heures pour toi.

Des milliards de gens ont ressenti ça avant moi et le ressentiront après. Pourtant, on a toujours l'impression d'être le premier et le seul à avoir aussi mal…

Je ne peux et ne veux rester dans cette position de victime : ça ne me ressemble pas.

Je ne me reconnais plus, j'ai l'impression que c'est la première fois que je pleure l'amour perdu non pas par amour propre mais par amour pour toi. Je dois me tromper…

Que cet imparfait entre nous est douloureux… Moi qui ne rêvais que de présent avec toi, me voilà à présent sans toi…

Je sais que tu as peur, c'est ce qui me fait te détester.

Le pays de la peur est peuplé, le pays de la peur est surpeuplé, le pays de la peur déborde sur toutes les frontières, il s'agrandit aux continents. Le pays de la peur, c'est tes yeux qui m'y font voyager.

Ce voyage, c'est la malaria, le chikungunya et le tsunami en une seconde.

Ce voyage c'est le seul que je ne veux pas faire avec quelqu'un.

Ce voyage, à deux, c'est toujours un court séjour.

Ce voyage, chacun y porte beaucoup trop de bagages…

Tout ça c'est tellement ça : je te hais

2:29 PM - 6 Comments - 8 Kudos - Add Comment

Thursday, August 30, 2007

Je suis eux
Current mood: irate

Ça chantait fort dans le corridor,

De l'autre côté, un silence de mort,

Des silences partout se bousculaient,

Dans mes yeux, dans mon cerveau, dans mon nez,

Le corridor : « et alors ?»

Stop, taisez-vous, je veux pas entendre votre sort,

Laissez moi me cogner à mes macchabées,

Chialer, ou même crever !

« Mais arrête, viens brailler avec nous !

Tu verras, c'est sympa de crier comme un loup »

Fichez-moi la paix, vous faites n'importe quoi,

Vous vous accrochez à moi comme un gros poids,

Et ça je ne le supporterais pas plus longtemps!

« Tu ne peux pas échapper à nos chants,

Tu vas devoir nous supporter

Alors, inutile de résister »

Laissez, moi, vous me lassez

Vous m'attachez,

Quoi que je fasse, vous restez…

1:33 PM - 2 Comments - 4 Kudos - Add Comment


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