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07/11/07
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Monday, September 29, 2008
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Offrande
La déesse est là, sise sur son trône noueux. Lascive et offerte, elle me transperce de ses yeux, Comme l'aigle hypnotise sa proie du haut de la nue.
Impatiente mais sans passion elle me met à nu,
Lève le voile de mes secrets les plus intimes,
Elle sourit de ses lèvres rouges et enfantines...
Son andrinople chevelure souligne
Une sauvage beauté, une vue dont je suis indigne...
Son ardent regard, tel un brasier, me consume,
Je m'égare dans les profondeurs d'une grise brume,
Dans les couloirs sans fin qui bordent les mondes.
Déesse sublime, moi qui suis si immonde...
Je suis à genoux, sur la dalle d'obsidienne,
Je la désire, je voudrai tant qu'elle soit mienne,
Que ses longs doigts viennent un instant me caresser,
Sentir son souffle sur mon torse à en être harassé,
Ma joue sur son sein arrogant au noir téton,
Pierre dressée dans le jardin sacré du Nemeton.
J'ai tant de fois combattu d'adversaires impies,
Le glaive levé, hurlant son nom sans répit...
Mon sang a coulé de mille plaies en son nom,
En un fleuve qu'aurait pu remonter le saumon ;
Furieuse reine, incandescent joyau sans égal...
Voici mon corps, mon âme pour que tu t'en régales,
Voici mon offrande à la mère des damnés,
A toi rouge Morrigan qui m'a enflammé...
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Tuesday, September 23, 2008
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Je suis Myrdhinn
Je suis Myrdhinn
Qu'est devenu ce monde pitoyable que les hommes parcourent ? Je me rappelle l'avoir quitté à l'aube, les yeux amplis d'amour : La fée m'avait frappé de ses charmes, usant de sorcellerie. Quelle importance pour les frêles et jeunes enfants qui avaient ri ? Et pour ces vieillards ridés dont c'était déjà le crépuscule... La fée aussi avait ri, elle s'était moquée de moi, pauvre somnambule.
Je luttais, fragile esquif, face à l'ignoble orage de nos sentiments, La mer de mon destin ainsi refermait sur mon âme ses tourments. Ses abyssales profondeurs m'ont aspiré jusqu'en un piège de cristal, Une prison d'oubli logée dans ses méandres intemporels et cannibales Au coeur d'une futaie de bouleaux, de saules et de chênes sans âge, En Brocéliande, où ailleurs, qui saurait le dire ? Serait-ce bien sage ?
Les sillons de ma peau sont autant de ravins qui rappellent l'hiver, Et le blanc de mes yeux est plus noir que le vertigineux abîme stellaire ; Les cheveux qui couvrent mon crâne sont autant de chemins sinueux Qui courent vers les possibles, les rêves, les cauchemars les plus insidieux... Mes mains ont touché les sommets enneigés de pics si escarpés Que seules s'y posaient, de puissantes et irréelles créatures ailées.
Je ne cherche pas la complaisance, je ne suis pas une victime, J'ai été puissant parmi les puissants, adulé par des foules anonymes, Ma sagesse a été chantée et les paroles de ma bouche répétées, Par les souverains aux mèches dorées dans des tours argentées, Sous les flots translucides de fleuves aux sablonneux rivages, Dans des contrées peuplées de Pictes hirsutes et sauvages.
Le monde m'était connu avant même que vos ancêtres n'y marchent, Il n'était que limon fangeux où se vautraient des créatures qui crachent, Des dragons qui chauffaient les écailles de leur ventres livides Aux flancs rocailleux des volcans, leurs yeux perdus dans le vide. Les nuées célestes touchaient le faite des arbres d'une voûte Reliant l'horizon à d'improbables univers dont on devinait les routes.
La stupéfiante et exquise majesté des cités d'or d'Hy-Brazil Etait alors voilée d'un brouillard les préservant de tout péril. En leurs murs de marbre aux milles portes d'onyx et d'airain Trônaient les conquérants Atlantes, terribles démons marins, Ils attendaient pleins d'ennui la dévastation et le carnage, Je leur avais annoncé le déluge et la fin absolue de leur lignage.
Je fus le souffle sifflant des sylphes dans les ramures du cerf, La joie des elfes et les cornes d'hydromel qu'ils levaient, fiers, Lorsqu'ils célébraient, sous les yeux de la déesse de la nuit, La jeunesse de la terre ; la lande était verdure, harmonie, Quand les fils des hommes, race maudite, n'avait encore corrompu Le sang des miens en traînant dans leurs lits nos femmes nues.
Le Bel Encorné vengea notre race, couvrant de son obscurité Et de sa semence celle qui à ma naissance accepta ma réalité, Elle, qui du doigt fut montrée, et d'un châle de calomnie couverte Pour n'être en fait que la clef laissant de Faerie la porte ouverte. J'étais enfant barbu, fils d'une vierge et du terrible dieu cornu, L'amère réalité d'un présent écho d'un passé presque disparu...
Je suis le saumon qui remonte la rivière à sa source, Je suis l'étalon qui, tel le tonnerre allonge sa course, Je suis le sanglier qui se régale de glands sous le chêne séculaire, Et aussi le chaudron, la faucille coupant le gui, couronne de lierre, Je suis le miel des souvenirs, le fruit de l'amitié, ténèbres ! Je suis la sève du monde, le sang du dragon, chant funèbre.
Je suis Myrdhinn le sage, la conscience qui sème ses graines, Je suis Myrdhinn le poète, la connaissance des mots qui peinent. Je suis corbeau sur l'épaule de Setanta qui tua le dogue de Culhan, Je suis baiser sur les rouges lèvres de Guenièvre au son du bodhran. Je suis Myrdhinn le druide, détenteur des charmes secrets du bois, Je suis Myrdhinn le dément, pierre dressée qui domine les rois.
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Friday, September 12, 2008
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Ma folie, ma raison
Ma folie, ma raison (A Joanne, ma sublime épouse, ma déesse)
Silhouette de marbre ombrée de bleu, Succession de courbes qui me font rêver, M'entraînent dans les vertes collines d'Irlande... , Ta chevelure, océan majestueux Où mes doigts, lentement aiment à se noyer, Cascade sur tes blanches épaule et descendent Comme lierre dans ton superbe dos, soyeux.
Azurés, tes yeux, comme deux lacs sans fond M'invitent à plonger, encore et plus loin, Dans les méandres de ton âme si étrange, Au cœur de cieux infinis, en Avalon Où le miel de tes lèvre est mon pain. Je te dévore et distille ma vendange : Tu es ma sève, ma folie et ma raison.
Ma reine d'albâtre à la voix si douce... Toi mon guide qui m'éloigne des grises limbes, Déesse qui apaise les maux de mon âme, Et, d'un mot, calme la fureur de ma course. L'or du soleil, de son feu sacré te nimbe, La rosée sur toi se fait parure de flammes... Ô toi ma belle aimée que rien ne courrouce... -->[if IE]> ..:NAMESPACE PREFIX = GDOC /> ..[endif]-->
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Friday, September 05, 2008
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Bois de ce vin sucré
Bois mon ami, bois de ce vin doré, Il te rappellera le goût du passé, Le soleil et sa caresse si douce, Nos têtes appuyées sur ces tapis de mousse, Rêvant à ce que nous deviendrions Si d'aventure un jour nous décidions, Tels nos pères, de partir vers l'horizon... Voyager, éprouver brûlant frisson, Traverser la lande et aller plus loin, Nos longs javelots serrés dans nos poings.
Nous étions jeunes et alors plein d'entrain, Nous rêvions de femmes, de gloire et de vin... Bois mon ami, bois de ce vin sucré, Il te rappellera les ans passés, Chevauchant de fiers étalons sauvages. Toujours plus loin, sur de nouveaux rivages, Toujours plus haut, sur des monts enneigés. Nous chantions et riions sous la nuée, Hirsutes et sales, amoncelant trésors, Des trophées que nous exhibions en cadors.
Toutes ces plaies desquelles coulait notre sang, Marquaient notre passage conquérant Et nous rendaient un peu plus adultes, Comme les runes impies d'un odieux culte. Bois à ma santé ce vin tant chéri, A ma gloire, l'hymne à la sauvagerie. Rappelle-toi mon frère les serments jurés, Mots que nos bouches barbues disaient sacrés... Ainsi peut-être, maintenant comme alors Ma mémoire vivra comme avant ma mort.
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Tuesday, August 19, 2008
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Vacances
Demat à tous !
une petite note tout d'abord pour vous remercier tous de vos sympathiques commentaires sur mes textes, pour m'excuser aussi si je ne réponds pas immédiatement (et même parfois avec tant de retard que j'en ai honte !).
N'hésitez pas à passer, laissez vos commentaires, un petit mot, un petit texte, j'adore ça...
Donc Helgui le diseur de mots sera absent jusqu'au 30 aoüt (mais oui madame, si j'vous l'dis!) Et oui, comme tout le monde il m'arrive de prendre des congés, et c'est le cas ! Donc pour les curieux ou ceux que ça intéresse, je serai en Angleterre pour voir la famille, j'embarque les jumeaux, madame ma chère moitié, p'tit Louis, un bloc note, un crayon et un recueil de Lovecraft (rien que çaaaaaaaaaaaaa ?)
J'écrirai un peu, rien que de bonnes choses je l'espère, puis aussi dans l'intention de vous les poster en rentrant, normal, je vous adore (j'lai pas déjà ,dit quelque part avant ça ? hum, paraitrait qu'il faut éviter les répétition, ça fait brouillon.... Non mais oh ! je suis pas Shakespeare non plus hein ?
Bises à toutes mes très chères et charmantes amies, accolade virile et chaleureuse à tous mes Sword Brothers !
Didier vérifie ta boite aux lettres !
10:53
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Thursday, August 14, 2008
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Tir Nan’Og
Tir Nan' Og Devant moi la mer jusqu'à l'horizon, Plaines ondulantes de Mananann Mac Lir. Elle lèche les abruptes falaises, impérieuse En amante passionnée et coléreuse. Sur sa robe azur, l'écume s'étire, Dévoile les desseins d'une nature sans pardon. Sous mes pieds un tapis de bruyère Qui bruisse à l'unisson avec le ressac En une mélopée qui me transcende, Des notes qui dans tout mon être se répandent, Me font vibrer et dans ma tête claquent Comme le chant des druides et des sorcières. Le vent me giffle et plaque mes cheveux, Souffle ses secrets dans une douce amitié, Portant le dire de tant de générations, Répétant leurs joies, leurs peines et leurs passions, Sortilège éphémère chargé de pitié Qui se perd dans les branches du chêne noueux... A l'ombre de l'antique monolithe Je me souviens de mon peuple, sa grandeur : La bruyère, le vent, la mer, tous ces joyaux... Et je suis fier, heureux, tout est si beau. Mon glaive au côté, je sais qu'il est l'heure, Le combat m'appelle, ainsi s'achève le rite. Si je meurs aujourd'hui, puissent mes dieux M'accueillir dans la joie du Sidhe éternel Où je retrouverai mes pairs et mes frères, Dans ce royaume sans trace de colère, A festoyer et boire de l'hydromel, Rêver à ma terre, le plus beau des lieux...

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Monday, August 11, 2008
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Prière à la Belle Dame
Ombre lascive imprécise et sans âge, tu es là, parée de ta robe d'éternité aux reflets mille fois contemplés par la foule sans fin de ces amants que tu as choisis. Tu es belle et froide, comme une gemme taillée dans l'obsidienne intemporelle du flot évanescent de la vie. Caressante et mystique, tes secrets sont les archives tirées d'arcanes qu'aucun regard n'a jamais effleuré. Tes yeux de jade et de rubis sont le miroir d'existences passées, mais aussi de destins prodigieux et de tragédies divines aux acteurs changeants, aux trames mouvantes. O déesse sans âge, prêtresse des nantis et sorcière maudite de cette multitude ignorante, comme j'admire ta grâce. Ta chaleur est un glacier aux bouquet d'émotions partagées, peine pour certains, réconfort pour d'autres… Ta violence n'est pas si effroyable qu'il n'y paraît, lorsque dans un accès de colère soudaine, avec noblesse tu emportes ce bétail humain vers les rives de ce fleuve sans fin. Le froid qui accompagne le battement alangui de tes ailes est une douce brise purificatrice, un vent d'Hyperborée évaporant les nuées méphitiques d'une existence où l'on s'égare sans réel but. Quelle puissance t'anime pour que depuis la création, jamais sans prendre de repos, tu accordes le passage à ces hommes et ces femmes qui pourtant te craignent. Tu es haïe, tu es aimée, on t'adore et inlassablement sans te préoccuper d'états d'esprit nébuleux, tu œuvres.

O déesse de la nuit, prêtresse des astres sans jour ni nuit, comme j'admire ta puissance, comme j'honore ta patience ! Tes reptations félines et débridées te font te glisser dans chaque foyer, te lover contre ces corps que tu as choisis, les aimer, les enlacer puis les emporter… Tu es lame et sang, corps et fièvre, amour et tristesse, joie et plénitude. Tu es magnifique et laide, esprit et entité, ombre et absence, tu lasses et enlaces, égorges, noies et étouffes, tu es temps et néant. O amante éternelle aux contorsions divines et sans desseins avoués, que ta blancheur est pure, que ta noirceur est fuie… O reine de la nuit et souveraine de l'abandon, accepte ma prière et mon chant de mort, que ce lai t'honore comme il se doit, car sans toi nous serions immortels, sans toi il n'y aurait que la vie, éternelle et lassante.
23:55
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Maître Onome
Aujourd'hui je vous propose un peu de légèreté, après tout c'est les vacances non ? Place au sarcasme.
Maître Onome sur son bureau perché Encrait toute la sainte journée. Par ses textes fort inspiré, La mégapole il voulait faire profiter. Mégalo au rôle exacerbé, Les mots il laissait défiler Sans admettre la réalité D'une éloquente médiocrité. O phrases tant vantées, Syntaxe si câlinée, Ponctuation, bien mal placée, Tant de bases ignorées. Mais pas tant les idées Oralement annoncées, Que la forme salement amochée, Maître Onome ne voulait s'avouer. Maître Onome échaudé De l'attente d'être encensé, Une passante voulut toucher Pour son avis faire changer. Sa verve étalée, Maître Onome tenta toute la journée, Sans jamais se lasser, L'inconnue de charmer. Tactique drastique avancée, Ascétique verbiage sans profondeur pensé, L'éclectique arsenal usé, Ses cliques la dame a ramassé. Maître Onome insatisfait, Par la fuite si évidente orchestrée Se mit évidemment à pester Contre cette vilaine traînée. Maître Onome non flatté, Comme tant espéré, Par tant de dépit fut désespéré Et dans sa tanière alla se terrer. Clairvoyant comme un mulet, Maître Onome, sans cesse a ressassé Cette sordide et triste vérité Et suffisant à sa personne son lectorat a oublié. Délaissant ses écrits inachevés Pour sur son sort pleurer, Et ne pas, de moralité tirer Seulement inlassablement s'apitoyer. Maître Onome désaxé, Plein de tics maintenant animé, Claque et attaque sans tiquer Dans une éthique sans tact, égaré. Tic tac tic tac tic tac l'heure a tourné Tic tac tic tac la gloire sans moralité Tic tac tic n'a pas flatté sa vanité Tic tac pauvre fou qui jamais ne connaîtra la paix
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Monday, August 04, 2008
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Demain peut-être ils rejoindront l’au-delà...
Demain peut-être ils rejoindront l'au-delà... La neige s'est rougie de sève purpurine, Là où entremêlés gisent les corps, En une funeste étreinte morbide, Macabre danse sur la lande pétrifiée... La folie a œuvré, calamité divine Réclamant un tribut de sang, de mort, Pour satisfaire ses caprices putrides. Sous les cieux gris s'étalent les corps mortifiés. Les derniers moribonds se sont tus Au milieu de cette étrange forêt De hampes brisées, de jambes et de bras, Pathétique image d'une sombre victoire. Des fiers guerriers, les cadavres à perte de vue, Et les charognards entamant leur banquet A coup de becs, de crocs, de griffes, ici et là ; D'autres volant en un tournoiement braillard. Le sifflement mélancolique des vents froids Charrie la complainte des bardes endeuillés, Ces sages chantant la sanglante bataille Drapés dans leurs saillons comme des suaires, Pinçant les cordes des harpes du bout des doigts Tandis que les guerriers récoltent leurs trophées, Les têtes qu'ils pendront au x huttes aux toits de paille, Adressant à leurs dieux de sombres prières. Les cornes s'emplissent d'un hydromel doré. Pleins de joie, des rires éclatent, railleurs, Sauvage expression d'un plaisir enfantin : Après la rage et le fracas du combat, L'orgie bientôt va pouvoir commencer, Les danseuses offrant leur volupté aux vainqueurs, La moiteur de leurs cuisses, l'albâtre de leurs seins. Demain peut-être ils rejoindront l'au-delà...
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Monday, July 28, 2008
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Je suis putréfaction, je suis un damné
Je suis putréfaction, je suis un damné La voute céleste s'est assombrie Autour de moi, tout est gris, Je vis un cauchemar éveillé, Je tombe sans pouvoir m'arrêter Et dévale des abysses sombres, Où il n'y a pas de vie, que des ombres.
Je chute sans fin, sans cri... Ma respiration est agonie, Le gouffre du temps m'a rattrapé, Il me happe de sa gueule, sans pitié. Suis-je aveugle ? Est-ce la pénombre ? Je tournoie au milieu de décombres Dans un tourbillon moite, infini. De leurs yeux salaces, des créatures impies M'observent, me transpercent, amusées. Un suaire d'épouvante lèche ma peau gâtée, Les ténèbres sont toujours plus profondes... Je ne suis déjà plus de ce monde, A peine un spectre livide, Un fantôme au cœur vide. Toute joie m'a déserté, Mon bonheur s'est enflammé. Je pourris et ma chair noircit, Je me décompose et lentement flétris. Le poids de mes chaines m'attire toujours plus bas, Plus loin que les limbes sans fin de l'au-delà. Mes veines charrient un venin amer, Un liquide brulant et délétère... Rien ne sert de se rebeller, Ma douleur ne ferait que s'embraser. Ma place n'est plus parmi les vivants, Je suis misérable, mes larmes sont de sang, Toute ma vie je l'ai su, c'était ma destinée Le moment est venu, il faut payer... On ne peut vendre son âme Sans subir la morsure des flammes.
La voute céleste s'est assombrie, Le monde autour n'est que pleurs et cris. Le châtiment funeste est pire que la mort L'enfer aurait été plus doux, et encore... Mille souffrances, mille maux à endurer Je suis putréfaction, je suis un damné.
03:18
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