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Saturday, October 11, 2008
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Retour en terre
 "Wild white horses They will take me away And the tenderness I feel Will send the dark underneath Will I follow ?" (Portishead, "The Rip", Third)
02:40
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Friday, October 10, 2008
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L'univers parallèle
Une grosse dame percluse d'insouciance a mangé sous la couette trois cochons bien gras en souvenir d'une enfance garnie de bonheurs et farcie de plaisirs quoique torturée. La compagnie d'icelle est d'autant plus enjôleuse que la nourriture qu'elle consomme nous est aussi proposée... Je me régale à l'idée de croiser la grosse dame demain sous le lampadaire gauche de la rue droite dans la ville sombre, car les misères de ma journée m'auront cassé le dos et les pieds, et quoi de plus amusant que de rire d'un rire gras avec une grasse en picorant l'aine d'un porc gras. Gracieux mais grossier, certes, graciez-moi j'en vous en saurai gré. Sur ces entre faits, je vais faire des entrechats et boire de l'alcool à torrent sous les tonnelles et les feux de la rampe.
09:42
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Thursday, October 09, 2008
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Ailleurs, le lointain
Il est facile d'étouffer et de se sentir minable au milieu de la foule. Je n'en peux plus, je ne supporte plus tous ces gens qui s'agitent autour de moi et parlent, parlent, sans arrêt. Les humains sont trop bruyants, trop bavards, ils me saoulent. Toutes ces vies qui se heurtent, tous ces gens qui ne vous regardent plus, ceux qui ne vous voient jamais, ceux qui vous considèrent comme de la merde et enfin ceux qui pensent que l'on est assez malléable pour s'adapter sans brocher à leur petite existence. Aussi je veux partir. Ca germe dans ma tête mais je pense dégager, m'éloigner de tout ça, vivre ailleurs. Redécouvrir la nature aussi. A défaut de ne pouvoir sortir de moi-même, offrir à mon corps un tour aux alentours. Enfin, ne pas regretter d'avoir si peu vécu. Partir non pas pour trouver le bonheur - il n'existe pas da di da di dam - mais trouver un semblant d'équilibre. Et ne pas s'éteindre en ayant tout détesté, inutilement.
04:11
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Tuesday, October 07, 2008
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Un moment dans ma tête
"Mon chéri, Je suis en train de sombrer dans la folie à nouveau, j'en suis sûre : je sais que nous n'arriverons pas à bout de ces horribles crises. Et cette fois je ne guérirai pas. Je recommence à entendre des voix, et n'arrive pas à concentrer mes pensées. Aussi vais-je faire ce qui semble la meilleure chose à faire. Tu m'as rendue parfaitement heureuse. Tu as été pour moi ce que personne d'autre n'aurait pu être. Je ne crois pas que deux êtres eussent pu connaître si grand bonheur jusqu'à ce que commence cette affreuse maladie. Je ne peux plus lutter davantage, je sais que je gâche ta vie, que sans moi tu pourrais travailler. Et je sais que tu le feras. Tu vois, je n'arrive même pas à écrire correctement. Je n'arrive pas à lire. Ce que je veux dire, c'est que je te dois tout le bonheur de ma vie. Tu t'es montré d'une entière patience avec moi et indiciblement bon. Tout le monde le sait. Si quelqu'un avait pu me sauver, c'eût été toi.Tout m'a quitté excepté la certitude de ta bonté. Je ne veux pas continuer à gâcher plus longtemps ta vie. Je ne crois pas que deux personnes auraient pu être plus heureuses que nous l'avons été.
V." (Les Heures, Michael Cunningham)
11:37
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Sunday, October 05, 2008
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De la zikmu dans mes yéyettes
Achat orgiaque de disques ce week-end...
et Nizon en allemand dans le texte sur ma table de nuit, sur mon bureau, dans mon sac à dos, aux toilettes, dans les jardins publics...
11:15
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Thursday, October 02, 2008
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L'artiste
Couvert de feuilles, de pluie, de froid, mais étonnamment souriant avec mon petit regard de fouine, je ne suis l'ombre d'aucun autre que moi-même. Il est des douleurs qui vous accompagnent toute une vie et les miennes sont de celles-là. Je les accepte donc - cela dépend des moments - mais j'essaye en tout cas d'en faire ma force. D'elles, je voudrais créer une grande oeuvre mais sais que je ne suis pas assez talentueux pour ça. Et si mon oeuvre n'avait d'écho que sur mon propre terrain, sur les bases de mon monde, à l'échelle de ma petite société à moi ? Je ne serais donc que ce petit être, souriant sous la tombée des feuilles d'automne et engourdi par le froid, ayant pour échos les plus francs ceux de mes propres rires et de mes propres pleurs. Ainsi je serais spectateur de mon propre spectacle... Je rentre passablement ivre du restaurant, une demie bouteille de vin rouge dans le cerveau, et la danse que j'exécute sur les lattes du plancher de mon appartement, n'a pas d'autre public que mon reflet dans le miroir. Je vis du plaisir d'être un artiste inconnu, un artiste qui crée pour lui-même des petites pièces dramatiques et des chansons mélancoliques. Qui n'auront pas d'écho ailleurs que dans ma propre vie, mon propre petit monde. Mes petites détresses personnelles ne servent pas à remuer l'humanité mais à ébranler ma planète, ma toute petite planète perdue sur la Terre. Ohne meine Hilflosigkeit, wäre ich eine Fata Morgana ?
16:05
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Wednesday, October 01, 2008
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Sortir du lit
Dans les matins tout coton du mois d'octobre, je laisse mon esprit se lover dans les sweat songs de CocoRosie, Sigur Ros, Pastry Case et Alela Diane. Dans mes réveils de petit chat, je bois du lait en m'imaginant dans une cabane isolée dans le Wisconsin. Le froid commence à mordre mes doigts de pieds mais j'installe ces derniers contre le radiateur bouillant. Je suis un animal contraint de sortir de son hibernation pour aller travailler, réfléchir, apprendre. Je voudrais rester sous la couette à manger du chocolat.
23:16
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Tuesday, September 30, 2008
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Tic. Tac.
On ne m'y reprendra plus à dénicher des saloperies dans les brocantes. Voulant donner à mon appartement une allure vaguement bobo, j'ai acheté ce week-end une de ces saletés qu'on appelle réveil... Vous savez ce machin qui vous ramène à la réalité tous les matins et vous oblige à affronter le froid, le monde, la vie. Pourtant il était beau, le salaud, sur son tréteau entre trois autres de ses congénères, et la brocanteuse avait l'air charmant et souriait de tout son être, comme une seule et grosse mâchoire facétieuse. D'autant plus que ce n'était pas n'importe quel réveil, hein, pas un vulgaire bidule électronique, mais un bon vieux réveil mécanique, avec sa gueule toute ronde, ses aiguilles joliment dessinées, ses heures en chiffres romains et son verre de protection. Alors je l'ai pris, ai donné mon petit billet et suis parti content.
Tic. Tac. Voilà tout ce qui résonnait dans mon petit appartement. Le premier jour fut un essai, et je supportais mal le bruit du mécanisme, mais l'objet en jetait à mort sur ma table de night. 'Je m'habituerai !'. Je m'habituerai, mon cul, oui. Tic. Tac. Le Capitaine Crochet. Tic. Tac. Le lapin blanc en retard. Tic. Tac. Tic tac. Tictac tout l'temps ! Je n'ai pas résisté. Au bout de la deuxième nuit à m'enfoncer les boules Quiès au fond des oreilles toutes les demie-heures, j'ai chopé la bestiole et l'ai foutue dans un gros sac rempli de vieilles fringues, après avoir hésité entre les coups de marteau et le démontage minutieux et sadique. Ma table de night est sacrément vide du coup.
M'en fout, maintenant mes nuits sont plus belles que mes jours.
12:16
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Monday, September 29, 2008
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Liquidation totale
Je pourrais faire un musée De mes imperfections On pourrait tant s'amuser De cette collection
Mes creux, mes aspérités, Mes bosses sous le verre Et mes sinuosités Quelle manne financière !
Je pourrais vendre mes tics, Mes névroses maniaques Les emballer sous plastique ; 'N'oubliez pas le sac !'
On pourrait faire du beurre Sur mes complexes intimes. Tant de failles intérieures Je mérite une prime.
Je monterais mon affaire Sur mon instabilité Puisque je ne peux rien faire De ma lourde absurdité
Mieux vaut vendre à mon prochain Un de mes vieux démons Que de se faire du pain Sur mes mots les plus cons.
L. Laveissière 29/09/08
03:17
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Friday, September 26, 2008
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Comptine pour Darcy
Darcy, tu sais, Derrière mes sourires Mon ombre essaie D'éviter les soupirs Darcy, je sombre, Et le but de ma vie N'est pas la tombe Mais tout m'y pousse ici Darcy, pauv' cloche, Tu t'accroches à mon bras Et moi j'embroche Mes rires à tes émois Darcy, tes pieds Sanguinent tant et tant Que ton clapier Rougeoie à l'écoeur'ment Darcy, mon moi, Lâche-moi les baskets Schizo, tu bois A en perdre la tête Mais oui c'est moi Qui, la gueule en travers, Se trouve là Le matin chair à l'air. Darcy, Darcy Mon ami, ma galère Darcy, Darcy Tes pieds mets-les en terre.
10:16
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