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Saturday, June 28, 2008
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réponse à evo morales
Monsieur le Président du Vénézuela:
Hugo Rafael Chávez Frías
(en español mas abajo)
Bruxelles, 25 juin 2008
Cher compagnon Président,
En qualité de porte-parole du Comité Latino-américain Pour La Régularisation (CLPR) en Belgique, j'ai le plaisir de m'adresser à vous afin de vous remercier de la solidarité que votre gouvernement montre à notre égard, les sans papiers, face à la nouvelle loi discriminatoire récemment approuvée par l'Union Européenne, la « directive retour ».
Bien que cette loi ne soit pas encore appliquée en Belgique, la façon de traiter les sans papiers comme des délinquants, arrêtant et enfermant les immigrés, en grande partie latino-américains, dans des centres fermés construits spécialement à cet effet, pour ensuite les expulser vers leur pays d'origine, se situe dans la même lignée discriminatoire.
Notre Comité, créé voici 8 mois, fait partie de la Coordination Nationale des Sans Papiers (CNSP) composée de Comités de différentes nationalités: népalais, algériens, marocains y africains. Ses objectifs sont de lutter pour les droits de libre circulation et d'installation définis Dans la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme, droits dont chaque être humains peut jouir et qui lui sont ici niés par ces lois.
Nous tentons de négocier de diverses façons avec les différents ministères capables de régulariser notre situation, par le biais du travail ou de l'intégration sociale, mais lorsque notre voix n'est pas entendue ou que nous sommes rejetés, nous nous voyons obligés de durcir nos actions par des occupations d'églises, centres culturels, etc., allant même parfois jusqu'à mettre nos vies en danger par des grèves de la faim.
Notre Comité regroupe différentes personnes d'Amérique Latine comme des chiliens, péruviens, boliviens, guatémaltèques, colombiens, brésiliens, équatoriens, etc.
Nous espérons que notre lettre continuera à attirer votre attention et qu'elle vous confirmera que nous nous sentons soutenus, forts et fiers des pays latino-américains, tels que le vôtre, qui ont pu réagir face à cette "loi de la haine" pour continuer notre lutte et en finir avec ces lois racistes.
Compagnon Président, nous vous remercions encore de votre Soutien et vous prions d'agréer nos sincères salutations.
César Briones (CLPR)
Oscar Flores (CNSP)
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Señor Presidente de Venezuela:
Hugo Rafael Chávez Frías
Bruselas 25 de junio de 2008
Estimado compañero Presidente,
En calidad de vocero del Comité Latinoamericano Por La Regularización (CLPR) en Bélgica, tengo el agrado de dirigirme a usted para agradecerle la solidaridad que su gobierno muestra con nosotros, los Sin Papeles, frente a la nueva ley discriminatoria aprobada por la Unión Europea « Directiva RETORNO ».
Aunque la ley no esté aplicada en Bélgica, la manera de tratar a los sin papeles, arrestando y encerrando a los inmigrantes, en buena parte latinoamericanos, como delincuentes en centros cerrados (Prisiones) construídos especialmente para esa finalidad, para luego expulsarlos a sus países de origen, se encuentra en la misma forma discriminatoria.
Dicho Comité que forma parte de la Coordinación Nacional de Sin Papeles (CNSP), fue formado hace 8 meses, está compuesto por Comités de diferentes nacionalidades: nepaleses, argelinos, marroquíes y africanos. Tiene como objetivo de luchar por los derechos de libre circulación e instalación como lo prevé la Declaración Universal de los Derechos Humanos que cada ser humano posee y que nos son negados aquí a causa de estas leyes.
Nosotros tratamos de negociar de una forma u otra con los diferentes ministerios capaces de regularizar nuestra situación, ya sea por medio del trabajo o integración social, pero en casos de no ser escuchados o ser rechazados nos vemos obligados a realizar acciones duras como ocupaciones de iglesias, centros culturales, etc., terminando algunas veces arriesgando nuestras propias vidas con huelgas de hambre.
Este Comité alberga a personas de diferentes nacionalidades de América Latina como chilenos, peruanos, bolivianos, salvadoreños, guatemaltecos colombianos, brasileños, ecuatorianos, etc…
Espero que nuestra carta obtenga toda su atención y que le manifieste que nosotros nos sentimos apoyados, fuertes y orgullosos por los diferentes países hermanos latinoamericanos, como el suyo, que supieron reaccionar ante esta 'ley del odio' para continuar con nuestra lucha y parar con estas leyes racistas.
Compañero presidente, le reiteramos nuestro agradecimiento y le saludamos cordialmente.
Atentamente,
César Briones (CLPR)
Oscar Flores (CNSP
Oscar Flores / 0496 40 33 09
11:53
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evo morales
L'appel de Evo Morales Le président Bolivien Evo Morales vient de lancer un appel à la conscience des dirigeants et citoyens d'Europe pour que soit abandonné la "directive retour". Un texte remarquable publié lundi dans l'Humanité.
"Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du monde, je fais appel à la conscience des dirigeants et citoyens pour que ne soit pas approuvé le texte de la « directive retour ».
Jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l'Europe était un continent d'émigrants. Des dizaines de millions d'habitants partirent pour les Amériques, pour coloniser, échapper aux famines, aux crises financières, aux guerres ou aux totalitarismes européens et à la persécution des minorités ethniques.
Aujourd'hui, je suis avec préoccupation le processus de ladite « directive retour ». Ce texte, validé le 5 juin dernier par les ministres de l'Intérieur des 27 pays de l'Union européenne, doit être approuvé le 18 juin par le Parlement européen. Je perçois qu'il durcit de manière drastique les conditions de détention et d'expulsion des migrants sans papiers, quel qu'ait été leur temps de séjour dans les pays européens, leur situation de travail, leurs liens familiaux, leur volonté et le succès de leur intégration.
Les Européens sont arrivés dans les pays d'Amérique latine et d'Amérique du Nord en masse, sans visa, ni conditions imposées par les autorités. Ils furent toujours bienvenus, et le demeurent, dans nos pays du continent américain, qui absorbèrent alors la misère économique européenne et ses crises politiques. Ils vinrent sur notre continent en exploiter les richesses et les transférer en Europe, avec un coût très élevé pour les peuples premiers de l'Amérique. Comme par exemple dans le cas de notre Cerro Rico de Potosi et de ses fabuleuses mines qui donnèrent sa masse monétaire au continent européen entre le XVIe et le XIXe siècle.
Les personnes, les biens, les droits des migrants européens furent toujours respectés. Aujourd'hui, l'Union européenne est la principale destination des migrants du monde, conséquence de son image positive d'espace de prospérité et de libertés publiques. L'immense majorité des migrants vient dans l'Union européenne pour contribuer à cette prospérité, non pour en profiter. Ils occupent les emplois de travaux publics, dans la construction, les services aux personnes et dans les hôpitaux, que ne peuvent ou ne veulent occuper les Européens.
Ils contribuent au dynamisme démographique du continent européen, à maintenir la relation entre actifs et inactifs qui rend possible ses généreux systèmes de solidarité sociale et dynamisent le marché interne et la cohésion sociale. Les migrants offrent une solution aux problèmes démographiques et financiers de l'UE.
Pour nous, nos émigrants représentent l'aide au développement que les Européens ne nous donnent pas - vu que peu de pays atteignent réellement l'objectif minimum de 0,7 % du PIB d'aide au développement. L'Amérique latine a reçu, en 2006, 68 milliards de dollars de transferts financiers de ses émigrés, soit plus que le total des investissements étrangers dans nos pays. Au niveau mondial, ces transferts atteignent 300 milliards de dollars, qui dépassent les 104 milliards de dollars octroyés au nom de l'aide au développement. Mon propre pays, la Bolivie, a reçu plus de 10 % de son PIB en transferts de fonds des migrants (1,1 milliard de dollars), soit un tiers de nos exportations annuelles de gaz naturel.
Il apparaît que les flux de migration sont bénéfiques pour les Européens et, de manière marginale, aussi pour nous du tiers-monde, vu que nous perdons des millions de personnes de main-d'oeuvre qualifiée en laquelle, d'une manière ou d'une autre, nos États, bien que pauvres, ont investi des ressources humaines et financières. Il est regrettable que le projet de « directive retour » complique terriblement cette réalité. Si nous concevons que chaque État ou groupe d'États puisse définir ses politiques migratoires en toute souveraineté, nous ne pouvons accepter que les droits fondamentaux des personnes soient déniés à nos compatriotes et à nos frères latino-américains.
La directive retour prévoit la possibilité d'un enfermement des migrants sans papiers jusqu'à dix-huit mois avant leur expulsion - ou « éloignement », selon le terme de la directive. Dix-huit mois ! Sans procès ni justice !
Tel qu'il est, le projet de directive viole clairement les articles 2, 3, 5, 6, 7, 8 et 9 de la Déclaration universelle des droits de l'homme de 1948. Et en particulier l'article 13 qui énonce :
"1. Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l'intérieur d'un État.
2. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays. »
Et, pire que tout, il existe la possibilité d'emprisonner des mères de famille et des mineurs sans prendre en compte leur situation familiale ou scolaire, dans ces centres de rétention où nous savons que surviennent des dépressions, des grèves de la faim, des suicides.
Comment pouvons-nous accepter sans réagir que soient concentrés dans ces camps nos compatriotes et frères latino-américains sans papiers, dont l'immense majorité travaillent et s'intègrent depuis des années ? De quel côté est aujourd'hui le devoir d'ingérence humanitaire ? Où est la « liberté de circuler », la protection contre les emprisonnements arbitraires ? Parallèlement, l'Union européenne tente de convaincre la Communauté andine des nations (Bolivie, Colombie, Équateur, Pérou) de signer un « accord d'association » qui inclut en son troisième pilier un traité de libre-échange, de mêmes nature et contenu que ceux qu'imposent les États-Unis. Nous subissons une intense pression de la Commission européenne pour accepter des conditions de profonde libéralisation pour le commerce, les services financiers, la propriété intellectuelle ou nos services publics. De plus, au nom de la protection juridique, on nous reproche notre processus de nationalisation de l'eau, du gaz et des télécommunications réalisés le Jour des travailleurs.
Je demande, dans ce cas, où est la « sécurité juridique » pour nos femmes, adolescents, enfants et travailleurs qui recherchent un horizon meilleur en Europe ? Promouvoir d'un côté la liberté de circulation des marchandises et des flux financiers, alors qu'en face nous voyons des emprisonnements sans jugement pour nos frères qui ont essayé de circuler librement… cela est nier les fondements de la liberté et des droits démocratiques. Dans ces conditions, si cette « directive retour » devait être approuvée, nous serions dans l'impossibilité éthique d'approfondir les négociations avec l'Union européenne et nous nous réservons le droit d'imposer aux citoyens européens les mêmes obligations de visa qui nous ont été imposées le 1er avril 2007, selon le principe diplomatique de réciprocité. Nous ne l'avions pas exercé jusqu'à maintenant, attendant justement des signaux positifs de l'UE.
Le monde, ses continents, ses océans, ses pôles connaissent d'importantes difficultés globales : le réchauffement global, la pollution, la disparition lente mais sûre des ressources énergétiques et de la biodiversité, alors qu'augmentent la faim et la misère dans tous les pays, fragilisant nos sociétés. Faire des migrants, qu'ils soient sans papiers ou non, les boucs émissaires de ces problèmes globaux n'est en rien une solution. Cela ne correspond à aucune réalité. Les problèmes de cohésion sociale dont souffre l'Europe ne sont pas la faute des migrants, mais le résultat du modèle de développement imposé par le Nord, qui détruit la planète et démembre les sociétés des hommes.
Au nom du peuple de Bolivie, de tous mes frères du continent et des régions du monde comme le Maghreb et les pays de l'Afrique, je fais appel à la conscience des dirigeants et députés européens, des peuples, citoyens et militants d'Europe, pour que ne soit pas approuvé le texte de la « directive retour ». Telle que nous la connaissons aujourd'hui, c'est une directive de la honte.
J'appelle aussi l'Union européenne à élaborer, dans les prochains mois, une politique migratoire respectueuse des droits de l'homme, qui permette le maintien de cette dynamique profitable pour les deux continents, qui répare une fois pour toutes l'énorme dette historique, économique et écologique que les pays d'Europe ont envers une grande partie du tiers-monde et qui ferme définitivement les veines toujours ouvertes de l'Amérique latine. Vous ne pouvez pas faillir aujourd'hui dans vos « politiques d'intégration » comme vous avez échoué avec votre supposée « mission civilisatrice » du temps des colonies.
Recevez tous, autorités, eurodéputés, camarades, un fraternel salut depuis la Bolivie. Et en particulier notre solidarité envers tous les « clandestins »."
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Wednesday, June 18, 2008
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démocratie...
Le Cauchemar, lettre de prison
Rédaction en ligne
mardi 17 juin 2008, 07:08
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Je suis journaliste. Mais ce n'est pas pour ça que j'écris aujourd'hui. Ce texte est mon témoignage. Quelque chose d'immense et d'effrayant m'est arrivé, il y a plus d'une semaine.
C'était jeudi. Le 5 juin, c'est l'anniversaire de mon compagnon. A 5h00 du matin, on frappe à la porte. Je dormais encore, je m'habille vite, ça a l'air important. Lorsque j'ouvre, je vois des policiers dans la cage d'escalier. Il y en a beaucoup. Je pense à un cambriolage. On me dit que c'est pour une perquisition. Chez moi ? « Vous venez chez moi ? » je dis. Oui. Je leur demande pourquoi. « On ne sait pas. On a juste un mandat. » Ils entrent. « Vous êtes seule ? Vous êtes sûres ? » Ils sont 6 ou 7. Ce n'est pas normal. « Que ce passe-t-il ? » je dis. Sur le papier, il y a écrit « terrorisme », « urgence ». « Vous êtes privée de liberté, madame. » On ne réalise rien à ce moment-là. On ne comprend simplement pas les mots. La tête tourne. Ils fouillent. Tout. La cuisine, la salle de bain, mes vêtements, mes livres. Ils mettent des choses ..é, ils disent « on saisit ». ça dure 3 heures. Ils prennent les ordinateurs, des affiches, des livres, un bouquin en arabe. Je leur dit « je dois aller au travail. » « Je ne pense pas que ce soit possible. » Je voudrais téléphoner, mon GSM est déjà saisi. Mon équipe attendra à Reyers, mon compagnon aussi, je ne verrai pas mon frère qui prépare un voyage de plus d'un an en Espagne et au Mali. Personne ne saura où je suis aujourd'hui.
« Au bureau » comme ils disent, c'est l'interrogatoire. Des questions sur mon nom, mon âge, mon loyer, mon numéro de carte de banque, mes opinions politiques, mes amis. Des heures passent, je commence à trembler. Aux questions auxquelles je réponds « je ne sais pas », ils insistent. Avant de comprendre ce qu'ils veulent. Le choc se diffuse lentement, à chaque question. C'est l'après-midi. J'aperçois des hommes cagoulés, armés. Ils viendront me chercher. Il doit être 17 ou 18 heures. Je suis menottée, attachée par une corde que tiennent deux hommes. Je suis masquée, je ne peux rien voir. Trajet en voiture. Sirènes hurlantes, escorte. Arrivée au Palais de Justice. Des couloirs, des ascenseurs, je ne vois rien. On s'arrête. Un homme m'enlève les menottes, mains sur la tête ; un autre, le masque. Je suis face à un mur gris. Une porte se ferme. Je n'ai vu personne. Je n'ai rien vu à part cette porte grise qui s'est fermée, grise comme les murs, comme le rebord en béton. Les murs lisses, affreusement lisses. Il n'y a aucune ouverture. J'ai l'impression d'étouffer. Envie de taper sur ces murs lisses. Je ne dois pas pleurer. Personne ne m'a dit un mot. J'attends. Des heures. 20h ? 22h ? Interrogatoire chez la juge d'instruction. « Vous n'avez pas tout dit ». Un cauchemar qui se poursuit. Je ne sais pas où j'ai mal. Ça va s'arrêter, j'en suis sûre. Je pleure quand elle parle de ma famille. C'en est trop.
A nouveau le cachot. Ma tête est raide. Je m'allonge sur le rebord en béton. Quelle heure est-il ? Est-ce que le temps s'allonge ou se rétrécit ? On reviendra me chercher. Chez la juge, dans ce bureau allumé au fond d'un couloir. « J'ai hésité » elle dit. Alors je sais. Sur mon mandat d'arrêt, il est 2h30.
C'était il y a une semaine et quatre jours. Beaucoup de choses à dire sur le mandat d'arrêt, sur l'inculpation, sur les méthodes.
Des méthodes de cowboys, des interrogatoires où on renverse la charge de la preuve. On m'a épié, surveillée, mise sur écoute, analysé mes comptes bancaires et mon écriture, depuis plus d'un an. Attendait-on de moi que je conforte une hypothèse de départ ? Que je donne des noms qui alimenteraient leur idée ? Leur enquête est restée désespérément vide. Est-ce pour cela que je suis en prison ? Sommes-nous là parce qu'il DOIT y avoir quelque chose ? Il suffirait alors de bien peu : d'affirmer des solidarités, d'avoir des idées politiques. Je l'ai entendu à notre charge, ces idées politiques ont été présentées comme en soi terroristes !
Je n'ai jamais caché mon engagement. Il est public, libre et réfléchi. Défendre des étudiants, des sans-papiers, des prisonniers politiques, se battre pour un monde plus juste, ce ne sont pas des engagements dont on doit avoir honte. Si je n'avais pas été ici, j'aurais été devant ces prisons, j'aurais écrit des communiqués, j'aurais contacté des associations.
La souffrance de ma mère et de mes frères, la solitude de mon compagnon, la tristesse de mes amis, l'incompréhension sur mon lieu de travail, la privation de liberté de quatre militants, la criminalisation de la solidarité, sont-ils des prix à payer ?
Wahoub
Prison de Berkendael .. media=screen href="http://www.lesoir.be/css/forums_v5.css" type=text/css rel=stylesheet>
18:32
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Monday, June 09, 2008
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prisonnier politique ......
Current mood: disgusted
CCC : flou judiciaire et emballement médiatique
Billet posté le samedi 7 juin à 16:46 par Hugues Le Paige.
On ne sait ce qui trouble le plus dans cette affaire : la confusion, la méconnaissance des dossiers et le sensationnalisme pratiqué par les médias (à quelques notables exceptions |1| près) ou la manière dont les autorités judiciaires ont mené leur opération anti-terroriste. L'attitude de ces dernières induisant naturellement le comportement des premiers. Et même si on a précisé au fil des heures qu'il y avait deux cas de figures distincts dans les arrestations opérées ce jeudi 5 juin, la simultanéité des opérations devait inévitablement entraîner l'amalgame. Dans un premier temps en tout cas – et c'est bien ce qui restera dans la mémoire de l'opinion-, l'élément le plus spectaculaire était évidemment l'arrestation concomitante des deux anciens dirigeants des CCC. On entendait d'ailleurs sur la radio publique une journaliste interroger un confrère sur le fait que « les CCC seraient une cellule à nouveau active » tandis qu'un autre « spécialiste », évoquait pêle-mêle et dans un salmigondis idéologique « communisme, trotskysme, marxiste léninisme et terrorisme » pour situer l'engagement des anciens membres des CCC. De son côté « La Libre Belgique » n'hésitait pas à titrer « CCC, la rechute ». Et ce ne sont là que quelques exemples parmi tant d'autres.
Pour en venir aux faits, il faut rappeler que l'on doit distinguer le cas de Pierre Carette, qui ne fait l'objet d'aucun mandat d'arrêt mais qui a été interpellé, selon la justice, pour ne pas avoir respecté les termes de sa libération conditionnelle, des autres arrestations. Accusation, par ailleurs, complètement repoussée par son avocate. Les conditions de cette libération étaient notamment de ne pas fréquenter régulièrement ses anciens complices. Or si Carette a bien vu Sassoye après sa libération en 2003, la police devait savoir qu'ils ne se fréquentaient plus régulièrement. Les rencontres occasionnelles en public ou, par exemple, dans le cadre d'un reportage télévisé étaient par définition connues de tous, y compris de la justice qui n'a jamais jugé opportun d'intervenir. Dès lors pourquoi l'arrestation particulièrement brutale et sans notification de jeudi ? Pourquoi cette procédure tout à fait exceptionnelle, menée de surcroît en même temps qu'une opération anti terroriste concernant notamment un de ses anciens proches ?
On peut évoquer différentes hypothèses. La volonté précisément de pratiquer l'amalgame de façon à faire mousser l'événement. A une semaine du procès en cassation du DHKPC, c'est aussi une manière d'installer un certain climat, d'inquiéter l'opinion, de titiller des médias qui réagissent au quart de tour. Par ailleurs, on ne peut s'empêcher de se souvenir du véritable acharnement judiciaire dont Carette a été l'objet, maintenu 18 ans en prison, record absolu par rapport à sa peine et sa situation et alors qu'il était libérable après 10 ans accomplis. Le tribunal d'application des peines se prononcera sans doute lundi sur le maintien ou non de sa détention. Sur base des informations existantes, on voit mal comment il pourrait objectivement confirmer cette dernière sauf à donner le sentiment de prolonger l'acharnement d'une justice revancharde. Entendons-nous bien, le terrorisme est la négation même du politique et l'acte de mort le plus inacceptable qui soit. Pour en avoir suivi les péripéties depuis les années 70 en Italie, j'ai eu souvent l'occasion de m'exprimer d'une manière catégorique à ce sujet. Et l'incapacité ou le refus de certains anciens acteurs de ces périodes de faire les comptes avec l'histoire (et leur histoire), comme leur prétention de rester inébranlablement fidèles à leurs choix d'antan me semblent encore plus pathétique qu'insupportable. Mais cela n'autorise pas pour autant un Etat à se conduire comme s'il menait une guerre privée et personnelle à leurs égards.
Quant aux autres arrestations dont celle notamment de Bertrand Sassoye et de la journaliste de la RTBF Wahoub Fayoumi, on s'interroge également. L'accusation de « participation à organisation terroriste » est suffisamment grave pour être sérieusement étayée. Ces accusations remonteraient à des « informations de presse » parues en février 2007 au moment de l'arrestation à Milan des membres du groupe terroriste « Parti Communiste politico-militaire ». Il aurait donc fallu plus d'un an aux autorités judiciaires belges pour vérifier des écoutes téléphoniques fournies par la justice italienne ? Il faut, en tous cas, que la justice fournisse des éléments clairs pour étayer ses accusations. Faute de quoi, le flou judiciaire conjugué à l'emballement médiatique laissera la porte ouverte à toutes les hypothèses de manipulation. Ce ne serait pas la première fois dans ce pays que des mesures antiterroristes sans bases réelles et avérées sont utilisées pour des manœuvres douteuses. Dans ce contexte une information rigoureuse de la part de l'appareil judiciaire est une exigence démocratique catégorique.
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Tuesday, May 20, 2008
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"je vous écris de prison"
Current mood: pensive
"Je vous écris de prison..."
(19/05/2008)
© BELGA
Un détenu nous raconte son quotidien
FOREST "Nous avons traversé une période de fortes chaleurs. Je dois vous dire que depuis que je suis ici, c'est-à-dire le mercredi 2 avril dernier, je porte toujours, par manque de moyens, les mêmes sous-vêtements, slip et bas que je portais au premier jour. Je parviens à les laver en profitant de chaque séance de douche, qui sont prévues deux fois par semaine.
Sans conteste, le plus dur en cellule, c'est la promiscuité et l'absence totale de toute intimité en ce qui concerne notamment les besoins naturels. Je voudrais parler d'abord de cette grève à la prison de Forest. La majorité des surveillants sont des gens que je qualifierais d'aimables. Mais ils restent des fonctionnaires : ce qui n'est pas réglé aujourd'hui le sera par l'équipe suivante ou alors la semaine prochaine. Personne ne devient agent pénitentiaire par vocation, mais par l'attrait d'un emploi. Et, comme dans toutes les professions, il y a les gentils et les autres.
Le personnel de la prison de Forest sent que sa sécurité est en danger. Avec les chaleurs, la prison devenait une poudrière.
Je suis diabétique. À la prison de Forest, le service qui mérite tous les mercis, c'est le service médical, en particulier l'équipe des infirmiers. Et pourtant ici, humanité, dignité et intimité sont des mots qui n'ont plus de sens. Depuis que je suis ici, il y a eu, dans l'aile, un suicide après 2 jours et une tentative avortée samedi passé. Je pense à l'absence de suivi pour les jeunes qui sont ici : Belgique, mon pays, ta justice est bien malade.
J'ai toujours eu un intérêt pour la protection animale : j'ai la même image pour un refuge animal que pour cette prison : parcage dans des cages, cellules par race, pâtée journalière, courte promenade, commodités en commun et l'attente interminable de la personne qui vous redonnera la liberté.
Quand j'ai été arrêté, le juge, qui m'a tout simplement refusé de vérifier ce qui aurait pu me disculper, m'a dit : "Je suis au regret de vous dire que je vous mets en prison et que cela ne peut que vous faire du bien."
Dimanche et mercredi, j'ai eu des entretiens avec deux psys qui m'ont affirmé que ma place n'était pas en prison. Mais j'y suis.
Ma défense ? Je n'ai même pas les moyens de changer de slip ! Alors j'ai dû me tourner vers le système pro deo. Je vais vous dire : bien sûr, ce système a le mérite d'exister. Mais dans les faits, il y a un manque total de motivation chez ces avocats désignés d'office et je peux les comprendre. Mais cela condamne d'avance tout détenu qui n'a pas les moyens. Ma comparution en chambre du conseil a dû être postposée de trois jours. Motif ? L'avocat n'avait pas pris connaissance du dossier.
L'hygiène ? Nous sommes trois en cellule. Il est impossible de garder les boissons fraîches. Les W.-C. sont à même le sol : des trous où l'on fait sans paravent sans intimité, et je ne vous décris pas les odeurs. Et sur les 3, il y en a un qui n'a comme couchage que le sol. On perd toute dignité humaine, ce dont on souffre aussi pour chaque transfert vers le palais de justice, que l'on subit dans un moment important, où l'on devrait avoir la possibilité de trouver des forces, de lever la tête, au moment d'être menotté et fouillé, comme humiliation qui vous abat encore un peu plus. "
R.
© La Dernière Heure 2008
Un préventif dénonceDans du courrier sorti vendredi passé de la prison de Forest, un Bruxellois actuellement en détention préventive décrit, de l'intérieur, sa vie en cellule, la promiscuité et son corollaire, absence de toute intimité et perte de la dignité humaine. Il décrit une hygiène qui n'a plus changé depuis le 19e, ainsi dans la façon pour des détenus à ce stade toujours présumés innocents, de satisfaire, au vu de tous, leurs besoins naturels. Témoin privilégié, il évoque la grève à la prison de Forest, une poudrière, dit-il, particulièrement quand il a fait si chaud la semaine dernière. Le mouvement des agents pénitentiaires est aussi, selon lui, l'expression d'une crainte du personnel pour sa sécurité. Prépensionné du secteur bancaire, R., 57 ans, est le contraire d'un délinquant professionnel. Il n'avait jamais fait de prison.
Un vrai problème, dénonce-t-il, est le "peu de motivation" , qu'il constate, des "avocats désignés pro deo pour les détenus qui n'ont pas les moyens" . Il fait ainsi le constat d'une justice à deux vitesses.
Du concret : le même slip depuis 6 semaines. Et les tabous : comme les suicides et le silence qui entoure : depuis avril, au moins un à l'aile C, d'un Polonais de 20 ans passé par pertes et profits, au sens en tout cas où ce décès, comme systématiquement tous les autres, fut tu aux médias.
R. n'est pas inculpé de meurtre ou assassinat, pédophilie, viol, hold-up, vol, coups, violences. À travers ce témoignage, R., en préventive pour harcèlement, met le doigt sur des conditions de détention en Région bruxelloise, qui balaient la présomption d'innocence des détenus en attente. Comment un individu maintenu dans des conditions d'un autre temps peut-il, le moment venu, valablement se défendre.
© La Dernière Heure 2008
12:19
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europe
Collectif de résistance au traité de Lisbonne (*)
Un projet européen dénaturé
mercredi 14 mai 2008, 10:09
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Au sortir de la guerre, le projet de construction européenne est né de la volonté d'unir le destin d'États qui s'étaient si souvent fait la guerre. La victoire sur le nazisme et les puissantes luttes du monde du travail qui ont suivi la libération ont abouti à des conquêtes sociales fondamentales, encore renforcées dans la foulée de mai 1968. Ces avancées sociales ont été rognées systématiquement à partir de la fin des années 1970. Déjà la construction européenne était utilisée pour imposer des sacrifices sociaux comme lors de la restructuration de la sidérurgie sous la houlette du commissaire européen Etienne Davignon. Dans le contexte de la chute du Mur de Berlin et du renforcement de l'agressivité de l'impérialisme de Washington, l'Europe a également fait figure pour la gauche de possible contre-projet basé sur la coopération avec le Sud et l'abandon du néolibéralisme.
Mais ce projet n'a pas été mis en œuvre. En tout état de cause, celui qui se construit depuis plus de 20 ans en est l'antithèse. L'Europe à laquelle aspirait la gauche rouge et verte est malade, profondément contaminée par le virus du néolibéralisme. Seule avance encore à pas forcés la construction d'une Europe capitaliste tendant vers un seul but, la compétitivité et la recherche du profit privé. Le leitmotiv central est l'ouverture des marchés, de tous les marchés. Des pans entiers de l'économie jadis préservés pour le bien commun et gérés par le secteur public sont ouverts à la concurrence « libre et non faussée » (c'est-à-dire sans limite) laquelle est l'alpha et l'oméga de la Commission européenne. Au FMI et à l'OMC, ce sont des sociaux-démocrates européens (Dominique Strauss-Kahn et Pascal Lamy) qui dessinent les contours d'un monde « marchandisé » à l'extrême dans lequel les richesses s'amoncellent sans que reculent les inégalités, bien au contraire, tout en détruisant les équilibres écologiques indispensables à la survie de l'humanité.
Au sein même de l'Europe les États membres se font une concurrence féroce. Après les délocalisations vers l'Irlande, nous connaissons aujourd'hui les délocalisations vers les États de l'ancien bloc de l'Est. L'harmonisation fiscale se fait par le bas. Les États rivalisent d'ingénieries fiscales afin d'attirer les investisseurs étrangers aux dépends de leurs voisins européens, comme la Belgique avec les intérêts notionnels.
La dimension écologique est elle aussi complètement ignorée. Le développement durable est mis à toutes les sauces pour justifier une course aux profits qui nous mène droit dans le mur. On répond aux conséquences néfastes du productivisme par une croyance démesurée dans la technologie, les enjeux économiques à court terme prévalant sur le principe de précaution.
L'opposition des peuples européens
Un nombre croissant de citoyens, conscients de la logique actuelle, ou simplement victimes de ses effets, veulent que cela cesse. Ils disent « non » à cette Europe-là. Certains tombent dans un repli identitaire mais beaucoup le font au contraire parce qu'ils se font une autre idée de la solidarité internationale.
Ce refus, s'exprime par un taux d'abstention record lors des élections européennes. Il s'est exprimé également en France et aux Pays-Bas, des pays fondateurs de l'Europe qui ont pris le soin d'informer (pas toujours avec impartialité) et de consulter leurs populations sur ce qui était le dernier grand chantier européen, le Traité pour une Constitution Européenne (TCE).
Au lendemain des « non », de nombreuses élites politiques et économiques de ces pays ont affirmé qu'il fallait mieux informer, être plus pédagogues. Cependant, les autorités de ces pays sont en train de choisir une voie diamétralement opposée. Le Traité de Lisbonne, qui est de l'aveu même de ses rédacteurs une copie conforme du TCE, est imposé sans consultation, sans débat, à la sauvette. Pourtant, selon une étude publiée en octobre 2007 par le Financial Times sur 5 pays européens, une nette majorité de citoyens sont pour une consultation de la population sur le Traité de Lisbonne. Précédent très dangereux, on nie ici toute participation populaire à un choix de société important. On entend dire çà et là que les populations ne seraient pas à même d'appréhender la complexité et les enjeux de l'UE actuelle. En réalité derrière cet argument se cache la peur du verdict populaire et une attitude élitiste. Cela rappelle le refus de donner le droit de vote aux femmes sous prétexte qu'elles n'étaient pas préparées à l'exercer.
Le processus en Belgique
En 2005, nos autorités politiques avaient déjà refusé toute consultation populaire et avaient ratifié le TCE en catimini. Une nouvelle fois, aucune consultation populaire n'est organisée et les parlementaires devront se contenter d'entendre la voix de partisans du Traité de Lisbonne censés exprimer l'avis de la société civile. Ainsi, le 14 mai prochain, seul Franklin Dehousse, partisan avéré du texte, sera entendu au Parlement Wallon. Cette attitude des pouvoirs publics belges constitue ni plus ni moins une atteinte à la liberté d'expression du peuple belge et donc à la démocratie.
Un texte aux implications majeures, que l'on y soit favorable ou non, sera voté comme une simple loi, mais, à la différence d'une loi, deviendra intouchable et ne pourra plus être modifié par le parlement belge. Le Conseil d'État n'a pas manqué de mettre les législateurs en garde : tous les textes qu'ils voteront pourront désormais être modifiés par une autorité « supérieure » qui n'aura même pas l'obligation de les prévenir. Quelle Europe demain ?
Cette politique de l'autruche permet sans doute de prolonger la logique actuelle, d'ancrer un peu plus encore pour un temps l'Europe dans le projet néolibéral cher à certaines élites économiques. Mais cette Europe qui refuse le débat démocratique et demeure sourde aux protestations qui se font jour, est d'ores et déjà condamnée. Sauf recours à la dictature, il y aura toujours un espace où s'engouffrera la contestation.
Parce que nous sommes Européens et parce que nous ne voulons pas que ce soit le repli nationaliste qui triomphe, nous continuons de nous opposer de toutes nos forces à celles et ceux qui dénaturent le projet d'une autre Europe, sociale, écologique, culturelle et économique, la véritable Europe des peuples. Nous continuons également de penser qu'un texte aux implications majeures comme le Traité de Lisbonne qui aborde des questions centrales comme les choix militaires, la nature des pouvoirs législatifs et exécutifs au niveau de l'UE, l'indépendance de la Banque Centrale européenne ou encore l'avenir des services publics et autres sujets capitaux, mérite en démocratie d'être débattu avec équité et en profondeur avec la population.
Avec le Collectif de Résistance au Traité de Lisbonne (www.CR-TL.be) :
Éric Toussaint (docteur en sciences politiques, président du CADTM, comité pour l'annulation de la dette du Tiers Monde), Paul Lannoye (député européen honoraire), Pierre Eyben (secrétaire politique Fédé de Liège du PC), Michèle Gilkinet (présidente du GRAPPE, Groupe de Réflexion et d'Action Pour une Politique Ecologique), Bernard Legros (objecteur de croissance), Jean Maurice Dehousse (ancien Ministre et ancien Bourgmestre de Liège), Jean Claude Galler (secrétaire fédéral CGSP Gazelco), Madeleine Ploumhans (Collectif de Résistance au Traité de Lisbonne), Francis Houart (comité bruxellois pour une consultation populaire), Didier Brissa (UAG-Lg), Christine Pagnoulle (chargé de cours à l'Université de Liège, membre d'ATTAC-Liège), Philippe Gibon, Vivien Renaud (juriste, membre du CADTM), Francis Leboutte (ingénieur civil, membre d'Ecolo), Marie-Rose Cavalier (ancienne parlementaire wallonne), Martine Dardenne (sénatrice honoraire)
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Monday, May 05, 2008
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contre la directive...manif à bxl
Current mood: quixotic
Manifestation européenne le 7 mai à 12h30
mardi 29 avril 2008
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Place Schuman à Bruxelles.
(voir affiche à télécharger ci-dessous)
Manifestation européenne du 7 mai à 12h30
Cette manifestation, organisée par plusieurs associations européennes et soutenue par la CSC et la FGTB, a pour message de dire non au projet de directive sur la rétention et l'expulsion des personnes étrangères qui va être soumis au Parlement Européen.
Nous espérons vous voir nombreux afin de porter cette revendication ensemble !
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Belgique..terre d’accueil
Current mood: ashamed
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Les choses se durcissent pour les sans papiers sur notre territoire
SEMIRA : Cela n'a pas suffit ... Témoignage d'une réalité de notre pays |
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Publié le dimanche 4 mai 2008. |
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Une compagnie commerciale ou une milice privée au service d'un état peu civilisé ? Témoignage de Serge NGAJUI FOSSO
Bonjour à tous,
Je vous envoie ce message de Mons en Belgique. J'y suis arrivé hier 26 avril 2008 peu après minuit et après avoir été expulsé violemment du vol de SN Bruxeles Air Lines à destination de Kinshassa via Douala et gardé en cellule à l'aéroport de Bruxelles de 11:00 à 22:00 sans manger, ni boire et sans pouvoir contacter ma famille.
Petit compte rendu :
Nous sommes le 26.04.2008, je me rends au Cameroun pour mes vacances. Je pars de Clichy à 5:30 en taxi pour CDG1. Je pars de Paris à 7:40 pour Bruxelles avec un vol SN Bruxelles Air Lines et doit prendre la correspondance pour Douala à 10:40 à l'aéroport de Bruxelles.
Lors de mon entrée dans l'avion entre 10:00 et 10:45, je suis bien accueilli par les hôtesses, je vais rejoindre mon siège, le N° 41H qui se trouve vers le fond de l'avion, à 5 ou 6 rangées de mon siège. Lorsque j'y arrive, il y a au fond de l'engin à la dernière rangée des hommes habillés en tenue grise et qui essayent de maitriser un homme de couleur noire.
Celui-ci se débat et crie : « Au secours, laissez moi, je ne veux pas partir ». Les hommes en gris essaient de l'empêcher de parler en l'étouffant. Le jeune homme se débat comme il peut et continue de crier car il y a sur lui 4 colosses en gris. D'autres policiers en civile ont établis un périmètre de sécurité et personne ne peut aller vers le lieu du drame qui se déroule sous nos yeux.
Je me rends compte que c'est une expulsion, l'homme que l'on expulse est toujours maitrisé et étouffé et pousse des cris que l'on n'entend plus bien.
Je me souviens alors de Semira Adamu, une jeune nigériane qui était morte en septembre 1998, il y a 10 ans lors d'une expulsion similaire à celle qui se déroule sous mes yeux dans un avion Sabena. Que dois-je faire ? Rester sans rien dire comme les autres ? Agir ?
En tant que militant des droits de l'homme et des étrangers, je me lève, interpelle l'hôtesse la plus proche de moi proteste en lui disant fermement et à voix haute que ceci est un vol commercial et que je ne saurais voyager dans ces conditions. D'autres passagers jusque là restés calmes se lèvent et protestent à leur tour. Je filme comme d'autres passagers la scène avec mon appareil photo. Devant cette protestation générale, les hommes en gris quittent l'avion avec leur passager. Quelques minutes plus tard, des policiers montent dans l'avion, trois personnes sont désignées par les policiers en civil, je suis parmi elles. Les policiers nous demandent de quitter l'avion, lorsque je pose la question pourquoi, ils se jettent sur moi, menottes aux mains, coups par ci par là, je saigne, je suis trainé dans les couloirs de l'avion et puis dans les escaliers avant d'être jeter dans un fourgon de la police sans mes 2 valises en soute et ma petite valise de cabine. J'ai quelques bobos sur le visage et les mains blessées par les menottes. De ce fourgon, je remarque qu'une policière a mon appareil photo dans la main et visionne certainement mon petit film de la scène de l'avion. Une dure et longue journée commence pour moi sous les insultes et les maltraitances des policiers qui m'emmènent au cachot de l'aéroport de Bruxelles.
A 13:35 la police nous libère, nous sommes 2 à ce moment un autre camerounais qui était dans la bande des trois expulsés et moi. Je n'ai plus vu le troisième, un homme de couleur blanche.
Au moment de notre libération, la police nous informe que nous ne voyagerons plus pendant les six prochain mois avec la compagnie SN Bruxelles Air Lines. A la question de savoir comment nous allons faire pour nous rendre au Cameroun, la police nous renvoie vers la compagnie.
Avec mon compagnon d'infortune, nous nous y rendons. Nous demandons à rencontrer l'un des responsables de la compagnie, on nous indique que le responsable de la sécurité de la compagnie arrivera bientôt. Nous patientons, j'ai une pensée pour ma petite fille qui m'attend à Douala avec impatience et enthousiasme et qui certainement sera très déçue de ne pas me voir. Je suis en colère, très en colère.
La responsable de sécurité de la compagnie arrive et nous informe que nous avons tous les 2 étés fichés dans la liste noire (pas blanche) de la compagnie et ne pourrons plus voyager avec elle pendant les 6 prochains mois. Je lui demande alors comment nous faisons dans ce cas pour arriver à Douala. Elle m'indique que c'est à nous de voir et que la compagnie ne nous remboursera pas. Après ces mots, ma colère monte, mon ton aussi, je signale a cette dame que je n'ai pas de problème si je ne voyageais plus jamais avec SN Bruxelles Air Line, mais que je souhaite rentrer à Paris et surtout me faire rembourser car la compagnie n'a pas rempli son contrat. Mon ton est haut mais courtois les passants nous regardent, la dame appelle la police qui vient et me ramène cette fois seul au cachot. J'y resterais jusqu'à 22:00 sans manger, ni boire et ni contacter ma famille.
Mon neveu qui habite Mons est contacté et arrive avec son épouse entre 21:00 et 22:00. Les policiers m'informent de leur présence et m'indiquent que je suis libre de rentrer avec eux. Je leur dis que je ne comprends pas pourquoi j'ai été en cellule toute la journée dans ces conditions et que je ne souhaite pas la quitter avant qu'une solution ne soit trouvée à mon problème : partir à douala ou rentrer sur Paris et être remboursé. Des explications se font de part et d'autres, les policiers souhaitent que je quitte la cellule et moi je souhaite y rester, ce qui visiblement ne les satisfait pas. Les policiers décident donc de me sortir de la cellule par la force, me remettent mes affaires, je refuse de les prendre. L'un d'entre eux me menace, me tient par le cou et me pousse hors de leurs bureaux et me balance mes affaires sur la figure, je m'en vais sans les ramasser. Mon neveu et son épouse me rejoignent je suis une fois de plus en colère, très en colère de tout ce qui se passent. Je leurs demande de rentrer à la maison, ils refusent évidemment.
L'épouse de mon neveu va voir l'un des policiers qui lui donne mes affaires et des informations sur les démarches que je devrais faire. Elle revient avec mes affaires, il y manque mes lunettes de soleil Ray Ban et en plus la vidéo de la scène dans l'avion a été effacée de mon appareil photo, sûrement par les policiers qui m'ont interpelé. Une preuve vient d'être détruite, heureusement pas toutes car d'autres passagers ont filmé la scène. Je suis toujours en colère, très en colère, je pense à ma petite fille pour qui j'ai exceptionnellement pris mes congés, je suis en colère parce que ces derniers jours ont été éprouvants professionnellement, physiquement et moralement. Je suis en colère, très en colère parce que je suis du genre calme, courtois et surtout pas violent. Or toute cette journée, j'ai été traité avec mépris et violence parce que j'ai été un moment la bouche d'un malheur qui n'avait point de bouche, parce qu'en protestant dans l'avion, je suis allé au secours d'un être humain qui était maltraité et qui demandait du secours.
Je suis en colère parce que je suis fatigué et que je souhaitais prendre quelques semaines de repos et aller passer du temps avec ma petite fille. Je ne sais pas quand et comment je me rendrai au Cameroun. Je ne sais pas au moment où je vous écris où sont mes valises.
Avec patience mon neveu et son épouse m'ont convaincu de les accompagner chez eux à Mons. Nous avons demandé une attestation indiquant que j'étais en cellule de 11:00 à 22:00, le policier de faction a eu la gentillesse de m'en donner une en Néerlandais. Nous sommes arrivés à Mons peu après minuit. J'avais des douleurs partout, sur le visage, les bras, les doigts au dos et une très grosse faim, j'ai mangé sans appétit et je suis allé me coucher.
Ce matin, je suis un peu plus calme, j'ai encore quelques douleurs aux doigts, aux bras et au visage. Je vais me rendre à Bruxelles pour me faire signifier officiellement que je suis sur la liste NOIRE de la compagnie, que je ne voyagerai plus avec cette compagnie et que je ne serai pas remboursé. J'espère également retrouver mes valises dans l'état où je les avais confiés à la compagnie. Une autre dure journée va commencer, comment se terminera-t-elle ? Je n'en sais pas grand-chose pour le moment.
Je peux simplement préjuger qu'elle ne sera pas facile car je ne compte pas laisser passer cette histoire sans réagir. Je vais faire un appel à témoins et engager une action contre SN Bruxelles Air lines. On en reparlera.
Sur ce, je vous souhaite un bon et agréable dimanche.
Prière diffuser largement ce message.
A bientôt ! Et mon combat continue.
Serge N FOSSO | ..TABLE>
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Friday, April 25, 2008
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68 made in belgium
Belgique
Les traces de 68
Mateo ALALUF
Mis en ligne le 24/04/2008
Mai 68 ne se limite pas à un coup de tonnerre. En Belgique, les contestations étudiantes, ouvrières et politiques se sont étalées entre 1966 et 1975. Qu'en reste -t-il aujourd'hui?
Vidéo: Les affiches de Mai 68
En finira-t-on jamais avec Mai 68 ? Quarante ans après, on n'a toujours pas cessé de dénoncer ses effets. L'aveu est de taille et souligne paradoxalement l'ampleur et l'intensité de l'événement. Il faut certes relativiser. Dans l'après-guerre, la portée de Mai n'est certes pas comparable à ce que fut la décolonisation, ni la chute du système communiste. 68 ne se limite toutefois pas à un coup de tonnerre dans un ciel calme circonscrit à l'Europe et encore moins à la France, mais constitue le pic de deux décennies d'insubordination sociale qui embrasèrent les continents.
En France, l'insurrection étudiante, la révolte ouvrière et la crise politique se sont déroulées simultanément. En Belgique, la portée de l'événement fut bien sûr plus réduite. Elle n'en fut pas moins importante, et ses différentes composantes, étudiante, ouvrière et politique, se sont étalées entre 1966 et 1975.
Le Mai belge
Dès 1966, c'est à Louvain que débuta la contestation universitaire. La revendication de flamandiser l'université avait cependant occulté son inscription dans un courant de contestation de la société. La révolte étudiante faisait déjà écho à Louvain à la radicalisation de la jeunesse dans le monde et à son opposition à la guerre menée par les Américains au Vietnam. Elle avait trouvé un catalyseur dans "le diktat" des évêques contre toute scission de l'université. Le mouvement avait conduit à la chute du gouvernement de Paul Vanden Boeynants et avait entraîné une crise politique mettant en cause les structures de l'Etat dont nous n'avons pas encore fini de mesurer tous les effets.
Les "événements de Louvain" ne pouvaient laisser indifférente la communauté universitaire bruxelloise, elle-même aux prises avec la contestation étudiante et les demandes de scission de l'université. Début 1968, les étudiants flamands de l'Université libre de Bruxelles avaient invité Pol Goossens, leader étudiant louvaniste. Le recteur interdit l'attribution de locaux pour cette conférence. Les affrontements qui suivirent opposant les étudiants de gauche (flamands et francophones) aux étudiants de droite (et défenseurs des francophones) et l'accueil enthousiaste réservé plus tard par "l'assemblée libre" au même Pol Goossens, synthétisent le malaise interne qui minait à l'époque l'université libre exaministe. L'effervescence qui gagna à ce moment l'ULB débordera très vite dans les autres universités (Gand et Liège), dans les écoles artistiques, les académies des beaux-arts, à la Radio-Télévision Belge et dans les milieux culturels.
A la veille de 68, la question du dédoublement linguistique de l'université et celle de son expansion géographique divisaient déjà son conseil d'administration. L'autoritarisme des autorités, les méthodes pédagogiques archaïques, une liberté d'expression sous tutelle et un corps enseignant mandarinal étaient dénoncés par la CGSP-ULB et par un syndicalisme étudiant en plein développement. Ils réclamaient une réforme profonde des structures de l'université, sa démocratisation et son ouverture à la société, entravée, selon eux, par un conseil d'administration lié, par sa composition même, au monde des affaires (1) .
"L'assemblée libre" qui occupa, de la mi-mai au début juillet, le grand hall de l'ULB fut incontestablement le centre du mouvement. Elle fut, selon l'expression de Marcel Liebman, plus qu'un phénomène politique, "une entreprise de libération des consciences et des modes d'expression, une communion où se retrouvent ceux qui se côtoyaient jusqu'alors tout en s'ignorant qui, enfin, se découvrent dans une situation entièrement neuve" (2) . Celle-ci baignait dans une atmosphère d'opposition à la guerre du Vietnam, à la dictature des colonels en Grèce et dans un "besoin de révolution". Mais l'assemblée libre était d'abord l'antithèse de l'organisation. Toute structure était considérée comme bureaucratique et autoritaire. Le "relais" avec la classe ouvrière ne se produisit pas, d'autant plus que les syndicats ne trouvaient pas grâce aux yeux des occupants. Comme l'assemblée libre refusait de se confiner à la réforme de l'université et proclamait la nécessité préalable de la transformation de la société, dès la fin mai, des assemblées libres facultaires doublèrent celle qui occupait le grand hall. Celle-ci perdit peu à peu son pouvoir d'attraction, jusqu'à l'intervention de la police et sa disparition le 10 juillet.
Que reste-t-il de 68 ?
La fin de l'occupation ne signa cependant pas la fin du mouvement. L'idée de réformes profondes s'était imposée. Une "Constituante" élue par toutes les composantes de la communauté universitaire fut chargée d'élaborer sa nouvelle charte. Les nouveaux statuts, adoptés en 1970, avaient mis fin au vieux conseil d'administration de notables fonctionnant par cooptation au profit d'un nouveau, élu, dans lequel se retrouvaient presque à parité les professeurs et les autres corps (assistants, étudiants, personnel administratif technique et ouvrier). Au fond, Bruxelles redécouvrait en 1968 l'idéal type de l'université humboldienne du XIXe siècle, ayant enfin rompu sa dépendance vis-à-vis de l'Eglise, de l'Etat et du marché et formant une communauté de maîtres et d'élèves, dominée par les maîtres, se livrant ensemble, sans préjugés, à la recherche libre de la vérité.
Ce modèle de république autonome, que préfigurait d'ailleurs le projet élaboré dès 1967 par les enseignants syndiqués, fonctionnera ainsi pendant quelque dix ans. Cette université participative, dans laquelle les professeurs, disait-on, avaient pris le pouvoir, s'étendra par la suite aux autres universités tout en se normalisant. Bien qu'il reste aujourd'hui formellement le même, les changements dans lesquels l'enseignement universitaire est a présent engagé ont transformé son contenu. La démocratie déléguée s'est figée en lourdeur bureaucratique, la libre expression a été enclavée dans la restauration de l'autorité et l'imagination organisationnelle étouffée par la gestion technocratique. La communauté universitaire, imaginée en 68, n'a pas fait le poids face à la reprise en main de l'université et aux tendances à la marchandisation de l'enseignement supérieur.
Mai 68 aura été sur l'axe Paris - Bruxelles un accélérateur de la libération des moeurs et du renouvellement culturel. Bien que circonscrit en Belgique à la sphère universitaire et culturelle, il aura aussi bousculé les clivages qui traversent la société belge. Refusant de s'inscrire dans le conflit opposant francophones et Flamands, il aura accéléré le dédoublement de l'université et la création d'une université libre flamande à Bruxelles. Il aura aussi joué un rôle précurseur dans le desserrement du clivage philosophique entre monde catholique et laïque, mais échouera dans sa volonté d'établir le contact avec le monde ouvrier. Pendant la décennie suivante cependant, les "idées de Mai" seront au centre des conflits sociaux qui marqueront la société.
Pour ceux qui le dénigrent, Mai n'est rien d'autre qu'une révolte de "fils à papa", responsable de la "perte des valeurs" et de surcroît récupérée par le néolibéralisme. A l'opposé, sa célébration met en avant la révolte de la jeunesse, les conflits sociaux et les bouleversements culturels. Mai fut aussi l'expression de pratiques politiques inédites, pourtant rarement évoquées par la suite. A Bruxelles la revue "Mai" qui paraîtra de 1968 à 1973 explorera précisément le paradoxe d'un mouvement qui fut un grand événement politique mais souffrait, selon l'éditorial du premier numéro, "d'un manque de politisation". En ce sens, pour la revue, Mai 68 était surtout un défi pour la gauche. En conséquence "ce n'est pas d'un excès, mais c'est d'un manque de politique que souffre la gauche" 3 . Quelque 30 ans plus tard, la revue "Politique" reprendra à son compte, jusqu'à son intitulé, ce même projet entamé il y a 40 ans. Il n'est donc pas surprenant que sa dernière livraison soit consacrée aux traces de 68. (*)
(1) A la veille de Mai, les Etudiants socialistes publiaient une brochure intitulée "L'étudiant de l'ULB", avec un sous-titre significatif : de l'anticléricalisme au syndicalisme. De son côté, la CGSP-ULB rendait publiques ses revendications issues d'une longue maturation dans une brochure intitulée "L'université de demain". Elle témoignait à la fois du mécontentement des jeunes chercheurs et enseignants et annonçait déjà les structures universitaires d'après 68.
(2) Marcel LIEBMAN, "Ce que fut l'assemblée libre", Mai 68. Vingt ans déjà, Université Libre de Bruxelles, 1988, pp. 71-72. Jeune professeur à l'époque, Marcel Liebman fut une des figures marquantes du mouvement.
(3) "Mai", n° 1, décembre 1968. L'éditorial avait été rédigé par Marcel Liebman.
(*) La revue Politique de ce mois consacre un dossier aux traces de Mai 68 en Belgique. Avec notamment ce qui a changé dans le monde de l'éducation ? à l'UCL (avec Paul Goossens) ? A l'ULB ? A la RTBF ? Dans les institutions culturelles ? Que reste-il du mouvement ouvrier de l'époque ? La question du féminisme ? Celle des droits sexuels ? Un face-à-face sur l'héritage de Mai 68 entre Jean-Pierre Le Goff et Michèle Zancarini... Rens. : 02.538.69.96 ou http://politique. eu.org
Le thème "Mai 68 : La peur des bien pensants" sera aussi débattu le lundi 28 avril à l'ULB. De 9 h à 18 h au foyer culturel de la cité universitaire, 22 Av P. Héger, 1 050 Bxl et en soirée, salle Dupréel, 44 av. Jeanne 1 050 Bxl avec en première projection publique, le film de Virginie Linhart, "68, mes parents et moi", suivi d'une discussion entre Virginie Linhart et Hugues Le Paige. Vidéo: Les affiches de Mai 68
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Monday, March 31, 2008
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traité européen
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| On ne peut pas traiter ce Traité à la légère | ..TABLE>
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| Debunne, Houtart, Galand... |
Envoyer à un(e) ami(e) Imprimer | ..TABLE>
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Des Européens convaincus se sont regroupés avec des universitaires de l’ULB, de la VUB et de la RUG Gent pour écrire cette Lettre ouverte aux membres du Parlement fédéral et des Parlements régionaux et communautaires à propos du Projet de loi portant assentiment au Traité de Lisbonne... |
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Objet : Projet de loi portant assentiment au Traité de Lisbonne modifiant le Traité sur l’Union européenne et le Traité instituant la Communauté européenne, et à l’Acte final, faits à Lisbonne le 13 décembre 2007
Mesdames et Messieurs les Parlementaires,
Vous allez devoir vous prononcer sur le nouveau projet de Traité de l’Union Européenne. Ce Traité aura valeur de Constitution Européenne. Il s’agit par conséquent d’un nouveau pas d’envergure dans la construction européenne. Ce Traité jouera un rôle décisif non seulement dans le fonctionnement de notre pays mais également dans la vie quotidienne des citoyens et des familles. Il sera déterminant pour les conditions de vie et de travail de chacun. Une nouvelle fois des compétences vont être transférées du niveau national au niveau européen.
Par la présente lettre ouverte nous voulons attirer l’attention sur le fait que l’on ne peut traiter l’évènement à la légère. Une Constitution n’est pas un document de plus que l’on peut facilement jeter à la poubelle. Par ailleurs, dans notre démocratie, le citoyen pouvait s’attendre à ce que le gouvernement ait assuré une large diffusion de ce texte fondamental et que les autorités politiques aient organisé des débats politiques à grande échelle. Or, non seulement il n’a jamais été question d’une consultation populaire mais, de plus, le débat politique est en dessous de tout. Le débat parlementaire lui même risque d’être au niveau zéro à en croire la discussion hâtive et sans esprit critique qui a eu lieu au Sénat, la chambre de réflexion de notre pouvoir législatif.
En tant que partisans d’une Europe démocratique, sociale et solidaire, nous avons des réticences gravissimes par rapport au texte qui vous est soumis. Ce projet est une occasion ratée si tant est que l’objectif viserait à organiser une Europe soutenue massivement par ses citoyens.
Nous tenons à vous présenter quelques considérations qui, dans le contexte d’une lettre ouverte, devront nécessairement être générales.
Nous restons sur notre faim par rapport au fonctionnement démocratique des institutions européennes. Cinquante ans après la constitution de la CEE et dans le cadre de l’actuelle Union Européenne, le rôle démocratique du Parlement européen reste en-dessous de tout. Le pouvoir réel continue à être assumé par la Commission et le Conseil, qui ne reçoivent que des résolutions et positions insuffisamment contraignantes d’un Parlement qui n’assume essentiellement qu’une tâche de contrôle très relatif et non pas une tâche de décideur politique.
De même, nous n’acceptons pas le principe qui est à la base de la politique sociale menée par l’Union Européenne actuelle et qui est confirmé par le projet de Traité sur lequel vous devrez vous prononcer. La protection sociale est entièrement soumise à la conformité au Traité et aux lois économiques du profit. La responsabilité sociale des entreprises est reléguée à l’arrière –plan et la flexibilité des travailleurs est hissée au premier plan des préoccupations.
Au nom du marché libre et des règles de la concurrence, le travail est entièrement soumis aux intérêts du capital. La question de la démocratie économique est à peine effleurée.
Enfin, encore une réflexion concernant la position de soumission internationale caractéristique de l’Europe actuelle. Le projet de Traité ne défend pas une Europe autonome et adulte qui, sur la scène internationale, serait à même de mener sa propre politique. Le projet confirme la dépendance à l’Otan dont on sait qu’elle n’a pas vocation à développer des relations mondiales de coopération solidaires et respectueuses de l’indépendance de toutes les nations. L’Union Européenne doit développer des relations internationales basées sur le respect mutuel des nations et des cultures, une collaboration solidaire et la réalisation de progrès sociaux décisifs avec la volonté de la protection de l’environnement. Les organisations internationales telles que les Nations Unies et l’Organisation Internationale du travail ont cette vocation. L’Union Européenne doit s’inscrire dans cette perspective plutôt que dans une voie impéraliste.
Vous comprendrez, Mesdames et Messieurs les Parlementaires, qu’un pareil projet constitutionnel européen, qui, de plus, ne réserve qu’un rôle subordonné aux Droits de l’Homme, ne peut recevoir notre consentement, alors que notre soutien à une Europe démocratique, sociale et progressiste, protection de l’environnement incluse, est hors de doute.
Nous attendons de votre part un débat parlementaire sérieux et fondé, qui ne craigne pas l’esprit critique et qui mette en évidence la nécessité d’une autre Europe, d’une Europe qui veillerait au large soutien de sa population.
Veuillez agréer, Mesdames et Messieurs les Parlementaires, l’expression de nos sentiments très distinguées:
Georges DEBUNNE, Ancien Président FGTB/ ABVV et CES Pierre GALAND, Président Forum Nord-Sud Ernest GLINNE, Ancien Ministre et député européen honoraire François HOUTARD, Prêtre, sociologue et co-fondateur du Forum Social Mondial Lode Van OUTRIVE, Député européen honoraire Jef SLEECKX, Député fédéral honoraire Maxime STROOBANT, Professeur émérite du droit du travail VUB
Et
Mateo ALALUF, Sociologue ULB, Anne DUFRESNE, Chercheuse GRAID ULB, Henri EISENDRATH, Prof VUB, Corinne GOBIN Maître de recherche FNRS, Sophie HEINE Chercheuse ULB, Paul LOOTENS, Secrétaire fédéral Centrale Générale FGTB, Jaak PERQUY, filosoof, Michel VANHOORNE, prof en Ugent, Hendrik VERMEERSCH, 15 december Beweging/ Mouvement, Jacques VILROKX, Prof VUB | ..TABLE>
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