dembo goumane

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May 14, 2008

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Sunday, January 13, 2008

lettre a Monsieur Thierry Mariani

Comment rebondir de façon – osons le mot – dégueulasse, ou du moins déplacée, sur un drame ? Réponse avec Thierry Mariani, habitué des déclarations à l'emporte-pièce. Le député UMP du Vaucluse, auteur de l'amendement sur les tests ADN, se dit «choqué par l'épilogue de l'affaire de Villiers-le-Bel», se demandant pourquoi les deux adolescents décédés ne sont pas «inhumés en terre française».
Dans une interview au magazine VSD, le député affirme: «Immigration, une chance pour la France, je dis oui. Mais à condition que ceux qui choisissent la France l'épousent à 100%.»

Fin novembre 2007, deux adolescents de Villiers-le-Bel avaient trouvé la mort après être entrés en collision avec un véhicule de police, ce qui avait provoqué des violences urbaines. L'un a ensuite été inhumé au Maroc et l'autre au Sénégal.

«Pourquoi les deux adolescents ne sont-ils pas inhumés en terre française, mais dans leur pays d'origine ?», demande-t-il.

«Le choix des parents est tout à fait respectable, mais je pense qu'on ne peut à la fois brandir des papiers d'identité français en disant "je suis aussi français que vous autres" et aller se faire enterrer à l'étranger. Désolé, moi, toute ma famille d'origine italienne est enterrée dans le Vaucluse», déclare-t-il.

Le député UMP estime enfin que «grâce à Nicolas Sarkozy, la droite n'a plus honte d'être à droite.» On l'aura remarqué.


Monsieur GOUMANE Dembo

 

A Monsieur Thierry Mariani

Député du Vaucluse

 

Monsieur le député,

Je m'appelle Dembo Goumane, je suis français originaire du Sénégal, j'ai grandi en France et je me sens plus français que sénégalais et je suis fier d'être français, vive la France !

Avant tout je tiens à préciser je suis ni de Gauche ni de Droite, j'apprécie autant de personnes de Gauche que de Droite et je les compte sur une main !

Je vous écris pour vous raconter comment s'est déroulé l'enterrement de mon cousin Larami, décédé dans l'accident de Villiers-Le-Bel, le 26 novembre 2007. Ma  tante,  la maman de Larami,  mon cousin, ma cousine, un oncle proche et moi-même, avons accompagné le corps de Larami le 1er  décembre 2007. L'avion a décollé de Paris vers 9h00 et nous sommes arrivés  à Dakar vers 15h00.

A 16 heures nous avons récupéré le corps et le second avion a décollé en direction Tambakunda. Il faisait très chaud, environ 25 degrés. Cela faisait 3 ans que je n'avais pas mis les pieds au pays! Nous avons mis plus de 3 heures pour quitter Dakar, trop d'embouteillages!

Jusqu'à Kaolack, ça circulait bien, mais de Kaolack à Tambakunda c'était autre chose. Les routes sont très mauvaises!  Nous sommes arrivés à  6 heures du matin à Tambakunda.  Ensuite de Tambakunda à  Koina, mon village, nous en avions pour une heure de trajet environ.

Vers 7h00 nous sommes arrivés au village, direction Samourakunda (clan Samoura) tout le village nous attendait. Le trajet a duré 14 heures en tout ! La prochaine notre rois retourne au Sénégal, pourriez-vous lui demander de venir accompagné du PDG d'Alsthom et des réseaux ferrés de France afin de vendre quelques TGV au Roi du Sénégal (car en TGV nous aurions mis seulement 3 heures pour arriver à Tambakunda ! Vive la Technologie française!).

           

 

A peine sortis de la voiture, tout le monde a éclaté en sanglots! Dans notre culture, ce n'est pas bien de pleurer devant un mort, les anciens demandaient aux gens qui pleuraient de cesser.  Alors quand les anciens et les cousins ont descendu le cercueil, les sanglots résonnaient de plus belle. C'était des moments très durs, très difficiles à vivre croyez-moi…Toute cette douleur et tous ces pleurs qui retentissaient… Le cercueil a été déposé dans la cour de la maison de mon oncle, monsieur Samoura. Et les gens du village venaient voir le corps une dernière fois, il y a des gens qui venait de très loin, même du Mali!

Vers 11 heures j'ai décidé de prendre mon courage à deux mains et d'aller voir mon cousin Larami, pour lui dire au revoir une dernière fois. Quand j'ai vu son visage amoché cela m'a fait bizarre, il y avait à peine 3 semaines je l'avais vu à la maison, il avait la « pêche » et je m'amusais à le taquiner... La vie est bizarre Monsieur Mariani, aujourd'hui, nous sommes en forme, et le lendemain, nous nous retrouvons « entre quatre planches »! Je suis resté figé devant le corps!

A 13 heures c'était l'heure de la prière, il devait faire 35°. La famille a déplacé le cercueil derrière la maison afin que les femmes ne le voient pas et qu'elles n'éclatent pas en sanglots à nouveau. Celle qui m'a fait le plus de peine, c'est ma tante. La famille a amené le cercueil vers la mosquée, et nous avons prié dehors… Il y avait tellement de monde…  Nous avons aussi prié pour Larami,  ensuite nous sommes partis au cimetière.

Au cimetière, j'en ai profité pour saluer mon petit frère, ma grand-mère, mes grands-oncles… qui sont enterrés là-bas aussi.

Tout s'est déroulé très vite. Mon défunt cousin Larami repose en paix a côté du grand Baobab, au milieu du cimetière de Koina.

L'après midi, je suis retourné chez moi à Goumanekunda (clan Goumane).

Moushine aussi repose en paix au Maroc et paix à leurs âmes.

            Larami et Moushine étaient français. Si ils ont été enterrés chacun dans leurs pays d'origine, c'est pour reposer en paix avec leurs proches. Il y a bien des Français qui décident de se faire incinérer. Quand une personne décède, qu'elle soit inhumée en France ou à l'étranger, peu importe, du moment qu'elle repose en paix.

Ce que je trouve « dégueulasse » voire déplorable, c'est que vous utilisiez les décès de Larami et Moushine pour faire du « buzz » politique !

Laissez les défunts reposer en paix ! Laissez leurs âmes trouver la sérénité…

 

 

Profiter de ce drame à des fins politiques et démagogues est un manque de respect pour leurs mémoires. Je suppose que vous n'éprouvez aucun sentiment de honte et que vous vous moquez bien de ce que je pense, mais à l' avenir, Monsieur le Député, évitez de parler de mon cousin et de  son ami de cette manière. Laissez-les en paix ! Et ne souillez pas leurs mémoires ! En parlant de la sorte, vous les avez insultés et vous avez aussi menti sur les faits de l'accident, tout comme vos collègues politiciens !

Si vous êtes raciste c'est une chose, mais utiliser le nom de Larami et Moushin pour vos propres intérêts, c'est lamentable et inacceptable.

Si un jour le « Roi de France », Monsieur SARKOZY, (à qui je souhaite longue vie, comme à tous mes prochains) décidait  de se faire enterrer en Hongrie, d'où il est originaire, que diriez-vous? Je ne souhaite la mort à personne ! Bien que je ne sois pas d'accord avec sa politique, longue vie au « Roi de France » qui vaut bien mieux que vous Monsieur le Député ! Vive la France, vive la démocratie !

 

Dembo Goumane

http://myspace.com/dembogoumane

07:03 - 2 Comments - 2 Kudos - Add Comment

Sunday, December 30, 2007

Check out this event: Open Your Mic au Théâtre de la Reine Blanche

Hosted By: Open Your Mic
When: 25 janv. 2008, 21:00
Where: Théâtre de la Reine Blanche
2 bis Passage Ruelle
Paris, Ile-de-France|147
France
Description:
Open Your Mic

Click Here To View Event

05:50 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Thursday, September 27, 2007

article sur luxe-publishing

hello ma partenaire Anne bormans
fait un jolie article sur sont site http://www.luxe-publishing.com/949-Qui-fait-le-Goncourt
voilou voila :)

ps: si vous rechercher un avocat spécialisé dans le droit d'auteur, propriété intelectuelle... contacté la on ces jamais :) http://www.avocats-publishing.com/

03:12 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Saturday, September 15, 2007

rdv a l’art café

merci a jalila pour le flyers

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02:15 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Wednesday, September 12, 2007

chroniques d’une societe annoncée

ayais le bébé et dans les bacs, disponible partout



Le collectif Qui fait la France ? est né d'indignations communes et de coïncidences. Qu'ils soient auteurs publiés ou débutants, les membres de ce collectif partagent le goût d'une littérature du réel, sociale et revendicative, militant pour une reconnaissance sensible des territoires en souffrance et de ses habitants, et plus largement pour tous ceux qui n'ont pas voix au chapitre de ce pays.

C'est à l'occasion d'un reportage magazine qu'il a été décidé de sortir de l'aventure solitaire de l'écriture pour fonder ce collectif, à la fois entreprise intellectuelle et association juridiquement constituée. Le livre Chroniques d'une société annoncée est, en effet, la première et plus littéraire étape, puisque tous les droits d'auteur de ce livre alimenteront cette association pour financer sur le terrain des projets en direction des habitants de ces territoires en souffrance.

Ce recueil de nouvelles est donc l'acte de naissance du collectif, et affiche clairement la couleur. Le manifeste expose un constat – relativement indéniable – puis certaines revendications pour une autre idée de la littérature et de la France.

Les dix nouvelles, quant à elles, parlent toutes de la chair de la France, chair meurtrie d'un jeune tabassé dans un commissariat (M. Razane), rêves incarcérés dans le décor de la cité (M. Rachedi), splendeurs et misères, surtout, des candidats quotidiens à l'« intégration » (K. El Bahji, M. Habiba), mirage mercantile tel que vu par un Africain (D. Goumane) puis l'envie, forcément, de fuite, d'évasion et de refuge dans les pays oniriques (J.-E. Boulin), le mythe du retour (T. Ryam), les virtualités mythomanes (F. Guène) ou l'oubli impossible de la souffrance (K. Amellal), hors de soi-même en tout cas (S. Abdel).

01:33 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Friday, September 07, 2007

esprit et vie

http://www.esprit-et-vie.com/article.php3?id_article=1616

01:06 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Thursday, September 06, 2007

Les Inrockuptibles

Article "Les Inrockuptibles"

Le magazine "Les Inrockuptibles" de cette semaine, n°614, publie notre manifeste en page 18.

ps: merci mohamed ces du copié collé lol

00:55 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Tuesday, August 07, 2007

épisode 5 la vie en prison

Quand j'étais petit, je voulais être un grand. par Dembo Goumane

"Il n'y a pas mieux que la liberté. Moi en tout cas, une chose est sûre : la prison, j'y retournerais plus." L'ARTICLE : 31 OCTOBRE

EPISODE  5 : La vie en prison

Je me suis alors levé de mon trône et j'ai couru prendre la chaise en face de moi, je l'ai saisie et je l'ai assommé. Mais il s'est relevé presque aussitôt et m'a jeté contre la porte. C'était parti en bagarre. J'entendais les autres crier « vas-y Dembo, nique-le !» ce qui me rendait de plus ne plus chaud. La bagarre a duré plus d'une heure, je ne sais pas comment on s'est séparés.

La nuit tombée, nous nous sommes finalement couchés, j'avais mal au crâne, ça faisait comme dans les dessins animés, je sentais mon crâne gonfler et chauffer en même temps. J'avais une fourchette en dessous de mon oreiller. Lui aussi, je ne pouvais pas fermer les yeux, on arrêtait pas de s'insulter. La nuit ne passait pas vite et je regardais ma télé. Je dis bien ma télé parce que c'est moi qui la payais cette télé. Mes yeux se fermaient mais je les rouvrais aussitôt. Aujourd'hui, je n'arrive pas à croire que je me sois battu pour de la nourriture. S'il me l'avait demandé, je lui en aurais donné. Mais là, on s'était comporté pire que les pigeons de la cité quand on leur lançait des frites, et qu'ils se battaient pour les becter.

Vers deux heures du matin, il s'est levé pour aller pisser, mais je pensais qu'il voulait me sauter dessus. On s'est rebattu. Je n'avais plus de forces, lui non plus. Je lui ai remis un coup de chaise dans le dos et après on est retourné se coucher.

Le lendemain on est parti voir le chef pour qu'il nous change de cellule parce que je ne le supportais plus et comme j'étais le premier arrivé, c'est lui qui devait partir.

A midi, j'avais parloir. Ma mère et ma grande s--ur étaient venues et ça m'avait fait plaisir de les voir. Ma mère avait envie de pleurer, et j'essayais de dédramatiser l'affaire pour les rassurer. Le parloir durait vingt-cinq minutes, ce n'est pas beaucoup.

Comme je n'étais pas condamné, j'avais droit à trois parloirs par semaine, le lundi, le mercredi et le vendredi, mais on ne venait me voir que le mercredi. Quand j'avais des parloirs-fantômes, je devenais dingue. Le parloir-fantôme c'est quand tu as un parloir de prévu. Le surveillant vient te chercher mais personne n'est dans la salle et tu te retrouves comme un con. Quand ça m'arrivait, je déprimais pendant une semaine, j'en voulais à toute la terre et je montais même des plans d'évasions.

Lili a eu son permis un mois après, j'étais trop content. Le jour de mon arrestation, les flics avaient tout retourné chez elle et ils avaient failli embarquer son père. Avec mes conneries, j'ai fait du mal au tour de moi. A ma famille et à Lili.

           

 Je me demande qui a inventé la prison.

Pour bien vivre en prison, il ne faut pas être là pour une histoire chelou du genre pédophilie ou viol et si on ne veut pas se faire dépouiller, il faut traîner avec une bonne équipe : s'il y a une embrouille, ils te défendront.

Mais si jamais tu fais péter les plombs, c'est-à-dire l'électricité, le premier samedi du mois à minuit, t'es un homme mort - les crevards te rateront pas à la douche ou en promenade.

Le premier samedi du mois, c'est le film X à minuit sur CANAL + et certains détenus qui n'ont pas la télé foutent une fourchette dans la prise et font ainsi péter les plombs de toute une aile. Imaginez la tête des mecs qui s'astiquent le poireau pendant que les plombs pètent !!!

Pour survivre, il ne faut pas non plus tomber sur les ennemis de l'extérieur et il ne faut pas se faire remarquer par les matons sinon tu risques le mitard.

On sort deux fois par semaine, promenade le matin et promenade l'après-midi, chacune une heure. Le week-end, nous avions des activités dans une salle. On jouait aux cartes, au ping-pong, on discutait. Le reste du temps nous étions enfermés dans la cellule.

Le 25 août, un dimanche, c'était mon anniversaire. J'avais dix-huit ans, et j'étais enfermé.

Dès le lendemain, les surveillants sont venu dans ma cellule «Goumane ! Préparez votre paquetage vous êtes transféré chez les majeurs ».

J'ai préparé mon paquetage, j'ai dit au revoir à tout le monde et je me suis barré chez les majeurs, bâtiment B1, aile nord, cellule 108.

J'avais à peine installé mes affaires qu'on m'appelait.

« Arrivant ! Arrivant ! Tu viens d'où ? T'es là pourquoi ? Ah t'es un mec des Courtillières ! Tu connais untel c'est mon cousin ?

-          Ah oui ! Je le connais. »

Un autre me demandait si je fumais, je répondais que non. Un autre disait qu'il y avait du bon shit dans ma cité.

En septembre, j'ai reçu une visite de mon avocate, elle m'expliquait que la juge ne voulait pas me laisser sortir vu la gravité de l'affaire. Mon mandat de dépôt d'un an, renouvelable une fois, était maintenu, c'est-à-dire que pendant l'enquête, elle pouvait me garder un an, et si elle estimait que l'enquête n'était pas finie, elle pouvait renouveler encore un an.

En plus j'étais seul, il n'y avait personne de la cité. Ils se trouvaient tous à Fleury, il n'y en avait pas un ici.

Au début, quand je suis rentré au grand quartier, je faisais un BEP comptabilité mais j'ai très vite lâché l'affaire et je me suis inscrit au stage de peinture.

Ils nous apprenaient à peindre et à poser du papier peint, ça faisait passer le temps. On avait droit à la bibliothèque deux fois par semaine, et j'empruntais pleins de livres.

Pour survivre en prison, il faut être bien nourri. Et pour être bien nourri, il faut non seulement avoir de l'argent, mais connaître le système D.

Au début, je me nourrissais de gâteaux, de pains aux raisins, de brioches, de sandwich au thon que je me préparais parce que je ne savais pas cuisiner. Je me commandais un poulet fumé une fois par semaine, et je me faisais la cuisine comme je pouvais. A Villepinte le dimanche, on mange bien. Il y a des frites et du poulet à midi et un bon gâteau parfois.

Je voulais manger chaud comme à la maison, donc il fallait que j'apprenne à cuisiner. Je me demandais pourquoi il vendait de la semoule, du riz et des pates, vu qu'on avait pas le droit d'avoir de gazinière.

Un jour, j'ai fait une expérience. J'ai cantiné des pâtes que j'ai essayé de faire cuire (pendant 4 heures…) avec de l'eau chaude du robinet… C était dégueulasse ! Le lendemain, j'ai donc décidé d'apprendre à faire la cuisine en prison.

Certains faisaient des pizzas avec du pain, du thon, du concentré de tomates, des olives et du gruyère. Ils les faisaient griller avec les plaques de la gamelle. Un autre faisait des gâteaux avec des croissants, des gâteaux sec, du chocolat. A l'extérieur, il était propriétaire de plusieurs boulangeries…

Mes codétenus m'ont expliqué comment faire. Il fallait que je me fabrique une chauffe. Une chauffe est une sorte de gazinière artisanale. Pour la fabriquer, il faut une boîte de thon, un tube de mayonnaise ou de concentré de tomates, un paquet de mouchoirs en papier, de l'huile et quatre cannettes pour pouvoir poser la casserole dessus. Une fois la boîte de thon vide, il fallait verser un peu d'huile à l'intérieur. Ensuite, déplier le tube de mayonnaise ou de concentré de tomates, couper les deux extrémités, nettoyer l'intérieur et les couper en deux, de la même taille, dans le sens de la largeur.

On enroulait les mouchoirs imprégnés d'huile et on remplissait les tubes avec pour faire une mèche. Il ne fallait pas trop mettre d'huile sinon ça faisait de la fumée noire.

Autour de la boîte de thon, on mettait quatre cannettes, sur laquelle on pouvait désormais faire reposer une casserole ! Bien sûr c'est interdit, et il fallait faire gaffe au surveillant. Cette "gazinière bricolée maison" est super dangereuse. Des détenus sont morts asphyxiés dans leur cellule parce quand il perdait le contrôle de la chauffe, c'est-à-dire qu'ils n'arrivaient plus à éteindre le feu, ils jetaient de l'eau sur la chauffe ce qu'il ne faut surtout jamais faire (il faut jeter une couverture de laine dessus, pareil que pour une friteuse qui prend feu !!) et il y avait des boulettes de feu qui sautaient partout et la cellule prenait feu.

J'ai aussi appris à faire "la chauffe turbo". J'ai essayé une fois, mais le truc m'a sorti une de ces flammes ! J'ai jamais recommencé et je me suis contenté de la normale.

Il y avait aussi un cuistot en haut. On achetait tous du riz, des pâtes, des boîtes de thon, les steaks qu'on prenait à la gamelle, et on les lui envoyait pour qu'il nous les cuisine. Il pouvait faire des repas pour près de trente personnes. On mangeait bien avec lui.

En prison pour faire évader son esprit en temps réel, il n'y a pas mieux que la radio. J'écoutais Skyrock surtout quand j'étais en galère de télé. J'adorais écouter l'émission de Difool et j'étais pas le seul. On peut s'écrire de prison à prison, c'est rapide et ça coûte rien parce que ça passe dans le courrier interne des prisons. Quand des amis se sont fait arrêter, on s'est envoyé des lettres pour se donner des nouvelles.

       Au bout de 4 mois au grand quartier, je m'étais fait plein d'amis et pas que des mecs de chez moi. J'avais des potes corses aussi bien que colombiens ou espagnols. Les espagnols se plaignaient beaucoup du système carcéral français. Chez eux, en Espagne ils ont beaucoup plus de droits. Ils ont des cellules ouvertes toute la journée, ils ont des chambres d'amour et ils ont le droit d'y faire venir des putes. Il y a même des magasins dans l'enceinte de leurs prisons. Quand ils se font chopper en France, ils ne sont pas contents.

Un mercredi, il était quatorze heures, et j'avais parloir avec Lili. J'étais pressé de la voir. Ce jour-là, dans la salle d'attente, il y avait un travesti chinois qui nous avait montré ses seins. On avait trop déliré avec lui, on était mort de rire. C'était la première fois que je voyais un mec avec des nénés.  C'était hallucinant ! Et puis, on est tous parti pour nos parloirs. J'étais content de voir Lili. On parlait de choses et d'autres, quand j'ai remarqué qu'il y avait un surveillant qui restait constamment près de ma cabine.

Cinq minutes avant la fin du temps de parloir, il a finalement ouvert la porte et m'a demandé de sortir. J'étais furax, j'avais encore droit à 5 minutes avec Lili.  Je lui ai demandé pourquoi, ça n'avait même pas sonné et les autres étaient toujours dans leurs cabines. Il a refermé la porte à clé. Cinq minutes après, la sonnerie a retenti et il est allé ouvrir la porte des autres mais pas la mienne.

Et puis, simultanément, les portes du côté de Lili et de mon côté se sont ouvertes.

L'un des deux surveillants a dit "Goumane, tu vas avoir un rapport". Je ne sais pas ce qui m'a pris, je suis devenu comme fou. Je n'avais eu aucune embrouille depuis que j'étais là, et là, ils me faisaient chier pour rien et j'ai commencé à frapper sur la porte jusqu'à ce que mon bras passe à travers. J'étais en mode fou, comme dans Hulk et j'ai commencé à courir après le surveillant qui m'avait provoqué.

Il appelait ses collègues au talkie-walkie, tandis que les autres détenus lui criaient de ne pas appeler les autres et de retirer son rapport, mais il ne voulait rien savoir. Les autres surveillants sont arrivés en courant. L'un d'eux a dit « Goumane ! Qu'est ce qui s'est passé ? Tu ne fais jamais d'histoires ». Il devait être une bonne quinzaine, et pour la plupart, je m'entendais bien avec eux, il y en a même qui venaient voir Highlander dans ma cellule en cachette. Ils m'ont conduit jusque chez le chef qui a dit « je n'ai pas le choix, tu dois aller au mitard ».

J'en avais déjà entendu parler et je savais à peu prêt à quoi ça ressemblait. Ils m'ont demandé d'enlever mes lacets et mes pompes. Il n'y avait rien dans la cellule. Un grillage à la fenêtre, on ne pouvait pas toucher les carreaux, un banc en pierre qui sert de lit. Je ne savais pas quand j'allais passer au prétoire.

Dans le prétoire, il y a l'adjoint du directeur de la prison, les surveillants chefs et quelques matons, c'est comme un jugement.

Le surveillant m'a apporté ma gamelle, un matelas et un drap. Les couverts étaient en plastique et pour boire j'avais un gobelet. La première nuit, j'ai galéré. Le lendemain je suis passé devant le psychiatre, qui a dit que j'étais apte à faire du mitard.

Le surveillant m'a ramené dans ma cellule, j'étais prêt à faire n'importe quoi pour sortir de là.

Même à simuler un suicide.

Alors, j'ai déchiré mes draps - activité dans laquelle, je suis désormais passé pro - j'ai mis le seau en plastique à côté de la porte grillagée et je me suis assuré que si je me pendais j'avais un peu pied, pour ne pas risquer de m'étrangler.

Tout était bientôt prêt, et j'ai appuyé sur l'interphone pour crier au secours. Et puis, j'ai mis un coup de pied dans le seau.

Mais avec horreur j'ai vite compris que mon pied ne touchait pas le sol.

J'étais en train de m'étrangler et de perdre connaissance quand les surveillants sont entrés.

Pire en poussant la porte, ils m'ont étranglé encore plus, car j'avais attaché le drap en haut, et non sur la porte. Ils ne pouvaient rien faire, je bougeais de tous les côtés, comme un mouton qu'on égorge.

Au bout d'un moment que j'ai jugé infini, un autre est arrivé avec un couteau. Avec beaucoup de difficultés, le drap fut cependant coupé à temps, et je suis tombé à terre.

Extrait : Dembo Goumane, the Story -Décembre 2004 - © TOUS DROITS DE REPRODUCTION RESERVES

A suivre…

 

04:05 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

episode 4 tout ce paye un jour ou l’autre!

TOUT CE PAYE UN JOUR OU L'AUTRE ..:namespace prefix = o ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:office" />

 

A la Courneuve, il y avait une boutique qui appartenait à des pakistanais et on leur faisait subir le même sort qu'à Kalistor.

 

Nous rentrions à vingt, comme des lâches, et on repartait avec un souvenir, un parapluie, des briquets on prenait n'importe quoi, sauf ..:namespace prefix = st1 ns = "urn:schemas-microsoft-com:office:smarttags" />la caisse. Mais un jour de l'année 1996, les "pakats" comme on les appelait en ont eu marre de se faire voler et ils se sont vengés.

 

Voici comment.

 

C'était la veille du 14 juillet, et nous savions qu'ils vendaient des feux d'artifices, on a décidé d'aller se servir. Nous sommes partis à une trentaine comme d'habitude. On a commencé à se servir. A la caisse, il n'y avait qu'un mec qui devait avoir notre âge et qui criait « Non ! Arrêtez-vous, vous n'avez pas le droit !" Mais bien sûr, on continuait.

 

Et puis soudain, on a entendu du bruit : ils étaient tous cachés dans l'arrière-boutique et d'un coup, ils ont surgi armé de bâtons et de sabres ! Nous sommes sortis de la boutique comme des balles, et on a couru comme des lièvres, on ne pouvait rien faire, ils étaient armés.

 

J'ai rapidement eu une avarie au poumon et j'ai fait l'erreur de tourner à droite avec un pote. Ils étaient une dizaine derrière nous, on ne pouvait pas faire marche arrière, et on ne pouvait pas aller plus vite. Et puis, ils se sont tous jetés sur moi, j'étais le plus petit…

 

J'ai crié à mon pote d'aller prévenir les autres, la cité n'était même pas à deux cents mètres de là. J'ai reçu des coups de tous les côtés, ils étaient chaud bouillants. C'est finalement une vielle dame qui est venue m'aider !!!!

 

Elle promenait son rotweiller…Quand elle s'est approchée, ils se sont tous enfuis…

 

J'ai fait pareil.

 

J'ai senti les coups de santiags pendant plus d'une semaine, j'avais très mal au dos et je ne savais pas comment j'allais expliquer ça à mes parents.

 

La revanche des "pakats" aurait dû sonner pour nous comme un avertissement, mais nous n'étions à l'écoute de rien, ni de personne. Pas même de nous, à l'exception de notre soif perpétuellement inassouvie d'argent, et de biens matériels luxueux.

 

Ce fut pour ainsi dire le début des vraies conneries et des vrais ennuis.

 

Après plusieurs semaines de repérages on s'était tous donné rendez-vous sur la place. Nous n'étions que dix. J'avais un survète noir, un bob noir et des lunettes de soleil. Nous avions quatre voitures à notre disposition. On s'est garé à proximité du magasin. Une parfumerie, que nous avions décidé de piller.

 

On connaissait l'heure d'arrivée des employés et de fait, comme prévu, à 8 heures 30, une femme est arrivée. On l'a suivie et une fois à l'intérieur, on l'a immobilisée dans un fauteuil avec du scotch, ligotée comme un sac de patates. Elle a promis qu'elle ne ferait pas de bruit, on ne lui a pas scotché la bouche.

 

Je ne sais pas pourquoi mais je la comprenais.  C'est pour ça que rapidement, j'ai changé d'avis et décidé de la libérer totalement de son scotch. Les autres m'ont engueulé. Elle nous a demandé pourquoi on faisait ça, on lui a répondu que c'était pour l'argent.

 

On a rempli nos sacs de flacons. J'ai même pris des montres. On était une véritable équipe de déménageurs.

 

On s'apprêtait à sortir, quand soudain, on a aperçu une trentaine de flics derrière leurs voitures, leurs armes en train de nous braquer. Ils nous ont donné l'ordre de jeter nos sacs et de nous mettre contre le mur.

 

Je n'en avais pas la moindre intention et je me suis mis à courir, je n'ai pas vu ce que faisaient les autres.

 

C'était un jour de marché, il y avait beaucoup de monde. Je cours très vite mais pas longtemps. Je savais que je n'allais pas tenir et qu'il fallait que je trouve une planque rapidement. En courant, j'ai repéré un hôpital et j'ai foncé dedans comme une bombe.

 

Avec une arrivée aussi peu discrète, je me suis fait vite repérer et deux infirmiers m'ont suivi, mais je ne leur ai pas porté la moindre attention. J'étais obnubilé par le fait de trouver une planque. Au dernier étage, je me souviens avoir ouvert une armoire et être entré dedans. Je les avais tous semés. J'étais essoufflé, j'avais peur. Je regrettais ce que j'avais fait, je voulais être chez moi. Et surtout, je sentais que c'était la fin, et je me demandais ce que les autres étaient devenus.

 

J'étais assis sur des fourchettes et des assiettes, j'avais mal aux fesses, ça me piquait partout. Ma respiration est redevenue normale vers 10 heures 30.

 

Je crois que je suis resté assis sur ces putains de couverts jusqu'à 13 heures 30. Pendant tout ce temps, je cherchais un moyen de sortir sans me faire prendre. Au dernier étage, c'était le désert, tout était fermé. Il y avait des lits, des draps mais pas de patients. Il était impossible de sauter par la fenêtre, c'était trop haut. Alors comme dans les films, j'ai pris plusieurs draps et je les ai attachés ensemble.

 

J'avais fait un calcul, un bus arrivait toutes les dix minutes, il fallait que je descende au bon moment. Quand je me suis décidé à descendre, j'ai drôlement flippé, j'avais peur que les draps craquent. Une fois en bas, j'ai avancé jusqu'à l'arrêt du bus. Il est arrivé très vite, je suis monté dedans. J'étais tout content mais toujours en mode parano. J'étais tellement parano que j'ai fait un immense détour avant de rentrer à la cité. Finalement, je me suis retrouvé à notre point de départ, sur la place.

 

Mes potes étaient tous là !!! Les flics n'avaient arrêté personne. Je leur ai demandé s'ils avaient ramassé mon sac, ils m'ont dit qu'ils n'avaient pas pu le prendre parce qu'il était trop lourd. Je sentais que mon arrestation étais imminente.

 

Tout le monde me disait de ne pas rentrer chez moi, car je n'avais que trois jours à attendre avant de partir pour le Maroc où je devais participer à un projet éducatif de rénovation d'une école. Mais je ne voulais pas être un fugitif, je suis rentré dormir à la maison. Je n'ai pas fermé l'--il de la nuit, je les attendais.

       

         Il était six heures du matin, quand un malade a tapé à la porte comme un dingue. Mon père s'est levé et a dit « Qu'est ce que t'a fait encore ? » Je n'ai rien répondu, je cherchais vainement à m'échapper. Mon père a ouvert la porte et un tas de mecs cagoulés est entré.

        

         Ils avaient le sac que j'avais lâché, ils l'ont montré à mon père pour savoir s'il le reconnaissait.  Il a ouvert une armoire en leur disant qu'il en avait plein. Je ne pense pas qu'il se rendait compte que j'étais bon pour plusieurs années de prison. Pendant qu'ils discutaient avec mon père, ils m'ont passé les menottes, mais je ne me suis pas laissé faire comme ça et ils se sont mis à six pour m'immobiliser. Il y en a un qui a balancé « Alors, tu te prends pour tarzan ! »

 

         Ils m'ont descendu en caleçon. Il y avait des voisins qui regardaient comme des commères par la fenêtre et des voisines pleuraient. Ils m'ont jeté dans une safrane et m'ont ramené au commissariat.

 

        On me suspectait de soixante-dix braquages !!! Et pire encore, je découvrais que le sac de mon père était marqué à son nom et à son adresse… J'ai d'abord dit que quelqu'un nous l'avait sûrement volé, que le mec qu'il cherchait devait me ressembler et que « de toutes façons, les noirs se ressemblent tous », mais là, je me suis mangé une gifle de cow-boy par un flic black, qui m'a dit « je te ressemble moi ? Est-ce que je te ressemble petit con ? »

 

         Bon ça rigolait pas, j'avais déjà connu, mais ils continuaient à me poser des questions bêtes. Il y a eu une confrontation. Je suis passé devant une glace sans tain, mais la victime ne m'a pas reconnu.

 

         L'interrogatoire a repris et là, ils ont lâché le truc qui m'a fait péter les plombs. Ils étaient allé faire un tour chez Lili. J'étais fou de rage, j'ai mis un coup de pompe à leur ordinateur, je pouvais faire que ça vu que j'avais les mains attachées.

 

         J'imaginais Lili, elle sans histoire, sa mère avait dû devenir dingue. De toutes façons, ils pouvaient bien passer leur vie entière à la questionner, elle ne savait rien. Absolument rien.

 

         En tout cas, ils voulaient que je balance. Ils me disaient « tu sais à qui appartient cette Audi ? » en me montrant la plaque.

 

         J'ai décidé d'avouer ma participation, mais il était hors de question que je donne le nom des autres. Ils ne lâchaient pas l'affaire pour autant, ils voulaient les parfums, l'argent des parfums, et surtout le nom des autres, mais moi aussi j'étais coriace, je n'ai plus rien dit.

 

         Même et surtout quand ils ont décidé de me faire tourner en voiture dans la cité. On a tourné comme ça bêtement en bagnole pendant une heure au moins, ils me disaient : "regarde maintenant, tes potes vont croire que t'es une balance". 

 

         Le soir, j'ai été déféré au parquet. Le car cellulaire qui faisait la tournée des commissariats est venu me chercher vers 1 heure. Au dépôt, ils m'ont donné une pomme et un sandwich de crevard au thon. Le lendemain, je suis passé devant le juge d'instruction de permanence qui m'a fait incarcérer.

 

Je suis arrivé vers 20 heures, à la maison d'arrêt de Villepinte. J'ai attendu une heure dans une salle, qu'un maton vienne me chercher, direction la salle de fouille… Ensuite une douche de 5 minutes bien chaude comme j'adore. Une fois sorti de la douche, je me suis rhabillé et ils m'ont donné du pain sec, de la vache qui rit et une pomme.

 

Après, on m'a pris mes empreintes et une photo avec un numéro écrou. J'avais le numéro 5500d, ça voulait dire que j'étais le 5500ème détenu depuis que la prison était ouverte. Comme j'avais dix-sept ans, ils m'ont emmené dans le bâtiment des mineurs. La cellule était clean, et j'étais seul. Il y avait l'eau chaude et des portes pour les toilettes, fallait les pousser comme les portes des saloons au Far West.

 

         Quelques jours plus tard, j'étais extrait pour passer vite fait chez le juge.

 

         Le juge, c'était une femme, elle était tellement petite qu'on ne la voyait pas, elle était cachée derrière une tonne de dossiers empilés les uns sur les autres. Mon avocate a expliqué que je devais aller au Maroc pour aider à rénover une école. La juge a dit « Tu crois peut-être que je vais te laisser partir en vacances !! Tu vas retourner en prison". Et elle a pris un mandat de dépôt criminel.

 

J'étais bon pour les assises des mineurs.

 

Quand je suis rentré à la maison d'arrêt, j'avais déjà reçu du courrier mais pas de Lili, elle devait m'en vouloir. J'avais des lettres de la famille et un mandat de mille francs. J'allais pouvoir faire quelques emplettes, et notamment m'acheter une télé.  Je l'ai eu dès le lendemain, avec un bonus : un nouveau qui est arrivé dans ma cellule. Un grand renoi, grave chelou. 

 

J'ai commencé à prendre mes marques, je regardais toutes les séries télés, particulièrement les feux de l'amour, que j'adore. La prison était faite bizarrement, elle était enfoncée dans le sol de sorte que les gens pouvaient nous parler et nous voir. Mes voisins avec qui je papotais souvent et qui m'avaient fait passer de la bouffe le premier soir, des mecs des Francs Moisin, recevaient toujours de la visite. Le soir, les types de leur cité venaient les voir. J'ai dit aux mecs des Francs Moisin de dire à mes potes de passer deux jours après. C'est comme ça qu'une équipe de la cité est passée me voir. Comme je n'avais pas encore de parloirs ça m'avait fait du bien de parler avec les potos.

 

         Le 25 juillet, c'était l'anniversaire de Lili. Je me demandais ce qu'elle faisait, je pensais tout le temps à elle, je m'inquiétais. Et le 31 juillet, j'ai enfin reçu une lettre d'elle. J'étais très content, elle me disait qu'elle allait bien et qu'elle ne comprenait pas ce qui était arrivé. Elle n'y croyait pas et m'aimait toujours. Ca m'avait bien remonté le moral.  

 

<P class=MsoBodyTextIndent style="MARGIN: 0cm 0cm 0pt 7.1pt; TEXT-ALIGN: justify; tab-stops: 99.0pt">Après une semaine d'attente, mes cantines sont enfin arrivées. Il y avait de quoi manger pendant un mois. Il y en avait tellement, que je n'avais pas eu le temps de tout ranger avant de partir en promenade. Le grand renoi, mon co-détenu n'est pas sorti avec moi comme à son habitude. Pendant la promenade, je me suis bien marré avec les autres, ils me demandaient pourquoi mon co-détenu n'était pas là.

 

Après une heure trente de promenade à tourner dans la cour, je suis remonté dans ma cellule. Quelqu'un avait bu dans mon Yop à la fraise et la moitié de mes cantines était passée par la fenêtre ! Mon co-détenu avait mangé une partie de mes cantines et jeté les emballages par la fenêtre. Et là, il était tranquillement assis dans son lit à regarder ma télé !!!

 

J'étais ultra vénère mais il était beaucoup plus grand que moi et plus balaise. Faut dire la vérité, j'avais un peu peur. Je lui ai demandé si c'était lui qui avait bouffé mes cantines. Il a osé dire que non, mais je n'ai rien fait, c'était vraiment un sacré morceau. Mais le lendemain durant la promenade, j'en ai parlé avec les autres et en remontant dans la cellule, j'étais chaud. Sauf qu'il n'était pas là, il était convoqué chez le chef. Il a fini par remonter et je suis parti aux chiottes. J'étais assis sur le trône et j'ai attendu qu'il aille s'asseoir sur l'autre chaise, à côté de la table. Ce qu'il a fait au bout de dix minutes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Monday, July 30, 2007

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Site Qui Fait La France

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Le site de notre collectif est enfin en ligne. Vous y pourrez notamment adhérer à l'association Qui Fait La France. Un forum est à venir ainsi que d'autres options pour plus d'interactions.
Je vous en souhaite une bonne visite.

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