le coin de Nath

nathalie

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Sep 2, 2008

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September 5, 2008 - Friday

Henna
Category: Writing and Poetry


                    


Oeuvre d'art éphémère...
Henna aux tons chauds
tel un joli château
de sable et de poussière
bientôt t'effacera le temps
comme une dune croule sous le vent…


Mais ne fût-ce qu'un instant
tu auras paré les dames
d'un bien beau supplément d'âme
par tes dessins évocateurs
d'espaces rêvés, de vie, de fleurs.



Guidée par une seringue-calame
une artiste accomplie
nous dit du bout des doigts
ce que contient notre âme;


à demi-mots on saisit
d'un simple coup de cil
porté sur l'arabesque subtile
que ces traits sont faits voix...


Voix de l'au-delà
rencontrant l'en-deçà
et nous incitant
depuis la nuit des temps
à refléter sur nos peaux
du cosmos, les oripeaux.



Puissent à jamais fleurir
sur nos paumes en prière
les plus belles fleurs, les rires,
les courbes douces-amères...


Tatouage au henné
je crois que tu es né
pour pouvoir nous aider
par tes messages hâlés
à lire toute la beauté
de vivre et s'en aller.

Currently listening :
Raj kapoor's henna & R.K. hits
By Various
Release date: 2006-11-06

9:04 PM - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

August 30, 2008 - Saturday

D’une rive à l’Autre: 1e Journées grenadines de dialogue interculturel entre l’art et la classe
Current mood: satisfied
Category: Jobs, Work, Careers

Voici un ensemble d'impressions glanées de-ci de-là  à propos des Premières Journées que j'ai organisées au sein de ma Fac, à Grenade.  L'émotion suscitée par certains de ces témoignages était si grande que j'éprouve le besoin de les partager avec vous sur cette plateforme utilisée par mes étudiants et complices lors de ces journées. Merci à tous pour leur aide, mais aussi et surtout pour ce patchwork d'impressions...


La professeure de la Faculté de Traduction Nathalie Bléser a organisé les journées intitulées D'une Rive à l'Autre. Celles-ci, par l'intermédiaire de la langue française, ont pour but de faire connaître d'autres cultures aux étudiants grâce à une collaboration entre l'art et l'enseignement. Ces Journées auront lieu à la Faculté même, à la Chumbera et  dans les rues de Grenade. L'événement proposera une projection de film, des concerts ainsi qu'un grand jeu de pistes multiculturel en ville, auquel participeront de jeunes espagnols gitans et gadjés ainsi que de jeunes citoyens marocains qui apprendront à connaître les secrets de la cohabitation dans les rues de l'Albayzín, du Sacromonte et au Paseo de los Tristes. -Localia Televisión, Granada-

D'une rive à l'autre est le titre des journées que nous, élèves de français langue C4, avons préparées avec la professeure Nathalie Bléser pour la fin de l'année. L'objectif principal de ces journées a été l'apprentissage de la coexistence de différentes cultures du bassin méditerranéen. On vit juste en face du Maroc. Il n'y a que le Détroit entre les deux pays, mais beaucoup de gens d'ici ignorent tout de la vie, des coutumes, de la religion ou de la culture du voisin du sud. Aussi la société a-t-elle parfois des réactions xénophobes et racistes sans raison aucune. C'est pour cela qu'on a essayé de montrer cette culture aux gens et qu'on a organisé diverses activités pour que des personnes de plusieurs cultures qui habitent à Grenade y participent. Bien entendu, on a d'abord découvert et étudié plusieurs choses en cours concernant beaucoup de peuples vivant dans le bassin méditerranéen, comme les Marocains berbères et arabes, les Juifs et les Musulmans… Tout ça est devenu une réalité la dernière semaine du mois de mai grâce à notre enthousiasme et grâce à la participation de nos amis et de beaucoup de gens qui sont concernés et intéressés par ce sujet. La première activité qui reflétait notre idée était une exposition de photos de Grenade et du Maroc accompagnée d'un catalogue avec des textes rédigés par nos soins: traductions de chansons, histoires ou contes inspirés par les photos de l'exposition… Après, on a projeté un documentaire sur Mousta Largo, l'artiste invité à ces journées. Il est belgo-marocain mais se dit andalou. Le chanteur a été victime de la xénophobie, comme il explique dans le documentaire qu'on a sous-titré en cours pour pouvoir le montrer lors de ces journées. Après cette projection, Mousta a offert un conte-concert à la cafétéria de la Faculté de Traduction. (…)Le dernier jour, et pour moi le plus important de ces journées, était le vendredi. On a organisé un jeu de pistes (appelé gymkhana en espagnol) pour enfants espagnols (gitans et gadjés) ainsi que marocains, des jeunes qui ont traversé le Détroit à la recherche d'une vie meilleure. Il y avait beaucoup de personnages déguisés qui donnaient des pistes aux enfants au travers d'histoires sur le passé multiculturel de Grenade. Comme je l'ai dit au début, beaucoup d'amis nous ont aidés ce jour-là pour tout organiser. La note un peu triste de cette journée a été que la responsable des jeunes marocains les a emmenés au beau milieu du jeu, même si les jeunes voulaient rester et le faire jusqu'à la fin. Néanmoins, ce qui reste est notre désir de bien faire les choses, les bons moments qu'on a passés ensemble ainsi que les enfants, et notre envie de recommencer. Ces journées ont été intéressantes et productives pour moi car je n'avais jamais participé à un événement de ce type. Je me suis rendu compte qu'il y a beaucoup de choses importantes dans le monde et qu'on doit connaître les cultures avant d'émettre des jugements de valeur à leur égard et que ce qui importe est la personne et non son origine, la couleur de sa peau ou sa religion, car une bonne ou mauvaise âme peut résider en  tout un chacun…-Manuel Sánchez Ruiz-


Un voyage à travers les diverses cultures, une opportunité de se rapprocher des autres cultures et d'augmenter mes connaissances sur d'autres peuples. Tout au long du cours de français langue C4 on a fait des voyages culturels -virtuels- à PACA et au Maroc. On a appris qu'il n'y a pas autant de différences entre les peuples et qu'il y a beaucoup de choses qui nous unissent. Mousta Largo et son groupe nous ont emmenés dans différents pays et nous ont montré les expériences et sensations d'un homme qui a fait un voyage depuis l'Inde jusqu'à l'Andalousie. On a vécu ses impressions, on a senti les odeurs et on a goûté les saveurs des peuples, on a vécu les chagrins de la guerre, les badinages d'enfants d'un pays à l'autre… On a écouté plusieurs mélodies qui partagent leurs rythmes, nous nous sommes promenés dans les rues pleines à craquer de Marrakech… On a été ensorcelés par les chants des 'Issawa et la musique des Gnaouas. Les activités que j'ai le plus aimées ont été le jeu de pistes et le concert à la fac où on a passé un moment très agréable et artistique dans le bâtiment-même où on étudie. Le bilan de ces journées est très positif. Il y a une phrase qui a toujours attiré mon attention et à laquelle je m'identifie: 'Languages open up your world' (les langues ouvrent ton esprit / monde). Ce qu'on a fait pendant le cours a été de découvrir ce que les autres pays et cultures ont à nous offrir, parce que quand on regarde à travers les autres cultures on peut mieux les comprendre et s'enrichir grâce à elles. À mon avis, le brassage culturel est la meilleure façon de s'enrichir. -María García Gómara-

 

 Sur cette photo, de gauche à droite: María- ¿? - Manu, personnes dont le texte vient d'être repris ci-dessus.

 La faculté s'est envolée au cœur du Maroc. Musique, rythme, voix, culture autre, quelque chose de totalement vibrant et merveilleux s'est infiltré dans ces murs de quotidienne monotonie académique. La transformation a été radicale. Nous étions tous assis sur un sol jonché de tapis, enveloppés d'enivrants tons rougeoyants, les flammes des lanternes faisant danser des ombres sur les visages curieux et stupéfaits des gens, et l'encens se répandant en volutes pour encore un peu plus ensorceler nos sens. Et puis il y avait la musique, surtout il y avait la musique. Chants, guitares, percussions et palmas se conjuguèrent en une seule mélodie, la musique se propagea dans les airs jusqu'à toucher le cœur du public, il n'existait plus rien ni personne d'autre que nous, le monde était un simple bonheur, un pur plaisir, rien que pour nous. Vive ceux ou celles qui ont rendu ceci possible!     -Linda Lu Xia-

Concert de Mousta Largo à la Faculté de Traduction de Grenade

Je reviens d'un autre monde. Le son de la musique et l'encens  m'ont éloignée pendant un moment du monde réel, qui paraît avoir subi une transformation qui malheureusement va rester peu de temps en ces murs de la Faculté de Traduction et d'Interprétation. Les énormes tables en bois et les chaises incommodes ont été substituées par des tapis de couleur. Les murs froids se sont parés de soie et les étudiants se regardent avec grand étonnement quand ils traversent la pièce. On est mercredi et les techniciens font les derniers réglages. Peut être qu'à une autre époque, ici dans cette pièce, des artistes médiévaux accordaient leurs ouds comme Mousta. Mousta semble être un homme bon et en une heure, il a conquis plus d'un cœur. Je connaissais seulement une chanson de Mousta parce que nous l'avons travaillée en classe de Français, Lili, et maintenant je ne peux pas arrêter d'écouter sa musique. À mon avis, cette musique est fascinante surtout par le mélange de styles. Je trouve intéressante  aussi sa façon de parler et de raconter des histoires. Quand il commençait à raconter l'histoire du prince, tout le monde prêtait l'oreille. Au début, il parlait en espagnol, mais après, il continuait en français. Plus de la moitié des gens ne parlaient pas français, mais la barrière de la langue avait disparu et tout le monde comprenait tout ce qu'il disait. Le lendemain, jeudi, Mousta a fait un concert à La Chumbera, un lieu dans le Sacromonte qui a une très belle vue sur la ville de Grenade. Il y avait beaucoup des gens, mais il n'a pas raconté l'histoire du prince. Au début du concert, quatre chaises sur la scène et des câbles au sol. Les musiciens arrivent, Mousta nous montre sa maison qui est derrière lui (l'Alhambra) et nous appelle sa famille. Les premiers accords d'oud arrivent. Oui, aujourd'hui la soirée sera encore magnifique. -Alba María Carretero-

 Pour découvrir la culture et les traditions des pays francophones, j'ai décidé d'aller au concert de Mousta Largo, un musicien belge qui a traversé l'Espagne et le Maroc pour découvrir ses racines arabes. (…) J'ai choisi ce concert parce que, à mon avis, la musique est une des façons les plus importantes de véhiculer une culture, particulièrement, dans les pays francophones. En plus, je suis très intéressée par la culture arabe, donc, un concert qui peut mélanger la musique arabe, le français et l'espagnol était très différent et inspirant pour moi. Dans ce sens, Largo est une personne inspirante, qui a lié le monde occidental avec ses racines marocaines, comme le fait la ville de Grenade elle-même. Pour moi, Grenade est une cité très intéressante, dans laquelle on peut voir le mélange entre deux cultures : arabe et espagnole. Pour cette raison, je pense que le choix de Grenade pour réaliser son concert était un choix parfait. Mousta Largo est né en Belgique, mais ses vraies racines restent au Maroc, un pays qui a influencé sa musique. Le but de Largo est d'informer les autres personnes de l'importance de ses racines, mais aussi, de démontrer l'importance d'accepter et d'embrasser le mélange des cultures qui est présent dans toute l'Europe aujourd'hui. Mousta Largo chante et joue également d'un instrument typique du Maroc : le luth arabe, et son groupe est également formé d'Antonio Segura qui joue de la guitare flamenca, de Mohamed Marwane qui joue du Nay (une flûte orientale) et du violon arabe, et finalement de Jamal Moussaid, qui joue des percussions typiques d'Afrique.  (…) Pendant ses quatorze chansons, nous suivions le voyage de Largo de la Belgique au Maroc pour découvrir ses racines arabes. Pendant la représentation, Largo a encouragé le public à imaginer ses voyages. Par exemple, il nous a encouragés à imaginer que nous traversions la mer à Algesiras, entre l'Espagne et le Maroc. (…) Chacune des chansons représente une partie différente du voyage, souligne l'importance d'être en paix avec les personnes de cultures et de traditions différentes des nôtres. (…) J'ai apprécié la manière dont les chansons ont représenté le voyage de Mousta, mais aussi, ont évoqué les sentiments de la réminiscence pour ses racines, et aussi la fierté de sa culture. (…) L'artiste a parlé de la signification du nom 'Alhambra', qui représente la terre rouge des pays arabes d'autrefois et qui illustre les liens entre l'Espagne et les pays arabes. (…) L'Alhambra était la toile de fond, derrière la scène, et c'était très impressionnant, particulièrement parce que le soleil s'était couché derrière les collines, et on pouvait voir les lumières étincelantes de Grenade en contrebas de l'Alhambra. Pour moi, cet arrière-plan prouvait qu'il est possible pour les cultures différentes d'exister en harmonie, en dépit des différences de religion ou de tradition. (…) -Emily Jiggins-

Concert à la Chumbera - Lili-



 Ce matin je me suis levée un peu nostalgique en me rappelant le jeu de pistes d'hier... Je me sentais aussi un peu bizarre de ne plus devoir penser "aïe, il faut faire ceci, ceci et cela"! Hier, après tout je me suis sentie satisfaite, car notre travail a valu la peine, j'ai regardé quelques-unes des photos (…) tout en me disant qu'on y est parvenus et qu'on a pu achever le jeu de pistes!! Hier en rentrant à la maison, contrairement à ce que je croyais, j'ai commencé à expliquer le déroulement de la journée à mes colocataires, et je me suis rendue compte que j'étais très contente du résultat; parce que si je pensais aux gamins et aux petites filles qui avaient participé, aux embrassades finales, aux éclats de rire durant les épreuves et combien les jeunes se sont amusés, ça a valu la peine de continuer [malgré le départ du groupe de jeunes marocains]. Et surtout, que le foutu mauvais temps n'a été la faute de personne, mais que nous avons été capables de continuer grâce à notre volonté et force de caractère (celles des enfants qui sont restés, des moniteurs, des acteurs qui se rhabillèrent et retrouvèrent l'envie du début, Nathalie accro au téléphone...). Je crois que (…) ça sera un peu comme une répétition; pour ma part en tout cas, ça me donne envie de recommencer sans hésiter, soit l'année prochaine pour d'autres journées, soit dans un autre contexte. Voilà, je suis contente de l'expérience d'hier; combien nous avons été à la hauteur et la joie qu'éprouvaient les enfants en partant après avoir tant participé et s'être tant amusés; leur visage en disait long!! Je crois que les joies et sentiments agréables doivent aussi être partagés Bravo à tous! Je vous embrasse fort.  -Irene Calderero-

                                       

D'une Rive à l'Autre, le sillage de la Méditerranée... Voilà une phrase qui évoque désormais énormément de choses en moi. Nous avons, tout au long de cette année, jeté une passerelle qui reliait Grenade au Maroc ainsi qu'à la France, plus particulièrement Marseille, la 'Porte de l'Orient'. Nous avons appris l'importance de l'ouverture à la diversité et la primauté du concept 'vivre ensemble' sur celui de 'cohabiter'. Nous avons tenté d'abolir les murs dressés entre une Grenade trop discrète sur son héritage arabo-hébraïque et les nouveaux-venus dans cette Grenade qui redevient multiculturelle. En effet, quel endroit plus propice que Grenade, carrefour entre l'orient et l'occident, berceau de trois cultures et animée par l'effervescence des flux d'étudiants étrangers assoiffés de découvertes pour établir un dialogue interculturel? (…) Notre cours s'articulait autour du dialogue et de la compréhension de l'inconnu, ce qui nous effraie (le propre de l'homme est la peur de l'inconnu; l'ignorance s'oppose à la capacité d'adaptation). Cette thématique était en parfaite adéquation avec l'objectif de mon année Erasmus: la découverte, la rencontre, le dialogue et la tentative de construire une tour de Babel où règnerait l'entente et la compréhension. Mousta Largo a audacieusement illustré les horizons que nous entr'apercevions depuis quelques mois par le biais d'un conte musical: l'histoire d'un prince partant de l'Inde et arrivant à Grenade, guidé par le Guadalquivir (métaphore du parcours gitan et, de façon plus lointaine et métaphorique, juif). Cet artiste, militant pour l'accès à la culture des plus défavorisés et pour le brassage et le rapprochement entre les cultures a 'importé' toute la magie de ses origines (ainsi que celles de son groupe de talentueux musiciens) par le biais de l'art. 'La musique adoucit les mœurs'…Je me suis énormément enrichie au sujet de la Méditerranée (et ai découvert que j'en savais extrêmement peu à ce sujet). En effet, j'ai lu dans les Contes des Sages de l'Inde (Martine Quentric-Séguy) que ce sont les choses et les êtres que l'on côtoie le plus quotidiennement que l'on connait le moins! J'ai également beaucoup appris sur le concept des origines et des racines, le sentiment d'appartenance à une terre, et en retiens comme synthèse: 'pour savoir où l'on va, il faut très bien savoir d'où l'on vient', phrase prononcée par l'artiste invité à nos journées, Mousta Largo, et qui avait fait l'objet d'un débat entre nous après le premier visionnage du reportage le présentant entre Bruxelles et Grenade. (…) J'ai énormément appris de l'époque dorée de Grenade et de Cordoue (grâce entre autres à la lecture de La Confrérie des Éveillés de Jacques Attali) et cela m'a donné envie de relire l'Alchimiste de Paulo Coelho grâce au leitmotiv du mektoub durant l'année, ainsi que l'Enfant de Sable de Tahar Ben Jelloun (où l'on retrouve un épisode semblable à celui des Voix de Marrakech de Canetti par rapport à l'office de conteur). L'atmosphère de ce monde des conteurs m'a bercée tout au long de l'année dans cette ville ensorcelante (ce qui se reflètera sur mon profil Myspace quand il sera terminé). Je me suis moi-même retrouvée au début de l'année charmée, telle un serpent face à son charmeur de la Place Jemaa el Fna, mais dans l'incompréhension totale des premiers contes en espagnol (encore la thématique babélienne à nouveau reflétée dans l'expérience de Canetti à l'écoute des conteurs). J'ai également eu le loisir d'appliquer une phrase que j'affectionne tout particulièrement et que j'ai découverte en cours lors de l'exploitation didactique du film de Ferroukhi Le Grand Voyage, 'ceux qui sont pressés sont déjà morts', lors de mon 'marathon final' de cette année suite aux grosses difficultés auxquelles j'ai dû faire face ces derniers temps au sein de la Faculté. Lorsque je parviens à appliquer des apprentissages universitaires directement au quotidien, je le considère une réussite! Je me sens enrichie, je ne me sens pas plus 'érudite' qu'avant, bien au contraire, j'ai saisi toute la magnitude du travail nécessaire pour maîtriser un sujet ou même connaître l'endroit où l'on vit, l'histoire de notre propre culture (ou même notre propre spécialisation universitaire). J'ai compris que le mot d'ordre était 'curiosité'. Et bien voilà, ce cours a éveillé ma curiosité, mais cela rend mieux en espagnol 'despertar la curiosidad', et il m'a enseigné l'importance de l'ouverture à autrui. (…) -Valentina Cortese-


 Voilà qui m'a confortée dans mon idée que l'on peut enseigner son 'savoir' mais aussi, par ce biais, faire de belles choses comme ouvrir les esprits  et les coeurs de nos étudiants à travers une méthodologie un peu différente de celle des structures de cours traditionnelles. L'année universitaire prochaine approche à pas de géants, et les 2èmes Journées commencent déjà à me souffler quelques idées à l'oreille.  Je pense que la thématique en sera l'art de raconter les histoires par la voix ,le dessin ou les graffs, et un titre provisoire pourrait être 'Dessine-moi une histoire, conte-moi un mouton'...

 


 

Currently reading :
Lettres parisiennes : Histoires d’exil
By Nancy Huston

4:16 AM - 1 Comments - 2 Kudos - Add Comment

August 20, 2008 - Wednesday

Contrastes en Méditerranée
Current mood: confused

'Méditerra-né-é-e…' Lalla ne sait pas ce que cela veut dire. C'est une chanson qu'elle a entendue à la radio, un jour, et elle n'a retenu que ce mot-là, mais c'est un mot qui lui plaît bien. Alors, de temps en temps, quand elle se sent bien, qu'elle n'a rien à faire, ou quand elle est au contraire un peu triste sans savoir pourquoi, elle chante le mot, quelquefois à voix basse pour elle, si doucement qu'elle s'entend à peine, ou bien très fort, presque à tue-tête, pour réveiller les échos et pour faire partir la peur. (Le Clézio, Désert, 77)

Comme dans un rêve absurde et persistant, Azel voit son corps nu mêlé à d'autres corps nus gonflés par l'eau de mer, le visage déformé par l'attente et le sel, la peau roussie par le soleil, ouverte au niveau des bras comme si une bagarre avait précédé le naufrage. Il se voit de plus en plus distinctement dans une barque peinte en blanc et en bleu, une barque de pêcheur s'éloignant avec une lenteur démesurée vers le milieu de la mer, car Azel a décidé que la mer qu'il voit face à lui a un centre et ce centre est un cercle vert, un cimetière où le courant s'empare des cadavres pour les mener au fond, les déposer sur un banc d'algues. Il sait que là, dans ce cercle précis, existe une frontière mobile, une sorte de ligne de séparation entre deux eaux, celles calmes et plates de la Méditerranée et celles véhémentes et fortes de l'Atlantique. (Ben Jelloun, Partir, 13-14)

Le sel de la mer brûle ses paupières et ses lèvres, et le vent qui frappe par rafales arrête le souffle dans sa gorge. Mais Lalla aime être près de la mer. Elle entre dans l'eau, les vagues cognent sur ses jambes et sur son ventre, colle la chemise bleue à sa peau. Elle sent ses pieds qui s'enfoncent dans le sable comme des poteaux. Mais elle ne s'aventure pas plus loin parce que la mer attrape de temps en temps des enfants, comme cela, presque sans y prendre garde, et puis elle les rend deux jours plus tard, sur le sable de la plage, le ventre et le visage tout gonflés d'eau, le nez, les lèvres, le bout des doigts et le sexe mangés par les crabes. Lalla marche sur le sable, le long de la frange d'écume. Sa robe mouillée jusqu'à la poitrine sèche dans le vent. Ses cheveux très noirs sont tressés par le vent, d'un seul côté, et son visage est couleur de cuivre dans la lumière du soleil. (…) Lalla marche encore le long du rivage, en chantonnant, toujours la chanson qui dit un seul mot: 'Méditerra-né-é-e…' (Le Clézio, Désert, 82)

Partir, partir! Partir n'importe comment, à n'importe quel prix, se noyer, flotter sur l'eau, le ventre gonflé, le visage mangé par le sel, les yeux perdus… Partir! C'est tout ce que vous avez trouvé comme solution. Regardez la mer: elle est belle dans sa robe étincelante, avec ses parfums subtils, mais la mer vous avale puis vous rejette en morceaux… (Ben Jelloun, Partir, 181)

Azal, Lalla, Yassine, Fatoumata, Ilias, Mehdi et tant d'autres ont traversé la Méditerranée, la mer blanche du milieu, la Bahr al Abyad al Muttawasid, pour tenter leur chance en cette Europe des contrastes… Y sont-ils parvenus, à améliorer leur quotidien? Ont-ils encore un quotidien? Les avons-nous accueillis tel qu'ils l'espéraient dans le quotidien de nos vies blasées et centrées sur nous-mêmes en cette forteresse de papier, en ce colosse aux pieds de sable mouvant? Avons-nous chacun appris la sagesse que l'autre avait à nous apporter? Que leur évoquera donc aujourd'hui, à ces 'brûleurs', le mot Méditerranée?

 

¿ Méditerranée… Mehdi, ¿t'es rat-né? ?

 

Des Marocains viennent de traverser le Détroit de Gibraltar pour arriver sur les côtes andalouses à bord… d'un matelas pneumatique et armés de rames…

 

Un immigrant nigérian vendeur de mouchoirs en papier aux feux rouges de Séville a ramassé un portefeuille perdu par un motard pour l'amener à la police; celle-ci a constaté que ce portefeuille contenait près de 3.000€. L'Africain a été récompensé par le Sévillan de… 50€, et il a continué de vendre ses mouchoirs, enrichi des félicitations de certains passants l'ayant vu à la télé  et de la fierté que confèrent honnêteté et probité… en attendant patiemment un renvoi d'ascenseur d'un peu plus d'humanité.

 

Deux mois par an, pour se refaire une santé et oublier un temps le vrai désert auquel ils retourneront indéfiniment, les petits Saharaouis vivant dans les camps de réfugiés de Tindouf jouent dans les piscines remplies d'eau potable de nos jardinets bien gazonnés et fleuris dans ce désert en devenir qu'est la terre andalouse…

 

À l'heure où un pêcheur est peut-être en train de trouver un nouveau cadavre de 'Subsaharien' dans ses filets, à quelques vagues de là, je m'apitoie sur moi-même pour mon amour perdu, dans un bateau m'emmenant de l'Europe à une petite ville d'Afrique... européenne où 4 cultures se côtoient mais ne se mêlent jamais, telles des bulles refusant de regarder leur destin en face: être acculées au choix de la fusion ou l'explosion.

                                   


Une petite voiture gravit les vagues derrière le hublot… pour ensuite laisser apparaître la petite main et les grands yeux noirs d'Ilias. Comment il fait, Ilias, pour avoir des yeux aussi profonds que la mer? Son grand-frère Yassine se demande 'Comment elle a fait, maman, l'eau, pour être aussi grande? Comment on fait des bébés d'eau?' Les grands yeux d'Ilias viennent de quitter les miens pour se plonger dans les images virtuelles dispensées par un conteur moderne appelé Disney Channel et, peut-être, accessoirement, penser à cette fabrication de bébés d'eau…

 

Comment il fait, le bateau, pour engouffrer tant d'histoires différentes de gens coexistant le temps d'une traversée en mer, et ensuite les oublier pour en enfourner d'autres dans le sens inverse? Reste-t-il une part de nos âmes dans les lieux qu'on quitte sans nous retourner? S'entendent-elles entre elles mieux que nous-mêmes dans ce qu'on appelle la réalité?

                       

Entre Melilla et Beni Enzar, deux policiers tabassent un sourd-muet qu'ils ont jeté par terre et qui tente désespérément de s'expliquer tout en s'agrippant à sa marchandise 'de contrebande', sous l'œil triste, apeuré, blasé, interloqué ou délibérément aveugle des passants foulant le sol poussiéreux du No Man's Land…

 

Un pigeon posé sur le grillage de séparation entre Melilla et Beni Enzar observe le va-et-vient des fourmis humaines de part et d'autre de ce No Man's Land semblant dire: 'Dieu que vous êtes sots et compliqués, pauvres créatures… C'est pourtant si facile de voler d'un côté à l'autre de ce que vous appelez frontière…'

 

RME ça veut dire 'ressortissants marocains à l'étranger'. Ces Rifains de Belgique ont-ils du plaisir à revenir pour un petit mois par an dans leur terre ensoleillée où on les regarde comme des êtres différents? Noyés 11 mois par an dans les brumes d'un pays présent partout dans les plaques d'immatriculation de leurs voitures, ils sillonnent les rues de Nador, Berkane, Saidía et le reste dans ces symboles de leur réussite matérielle. Mais j'ai parfois l'impression qu'ils sont toujours à la recherche de la plus grande richesse au monde qui leur échappe invariablement: savoir qui on est vraiment et se reconnaître dans les yeux des gens...

                      

Les 'Chrétiens' de Melilla ont leur terrain de golf à côté des installations d'accueil de fortune des immigrants illégaux, et quand on leur fait remarquer la cruelle ironie de la situation ils s'exclament hilares 'qu'ils n'ont qu'à aller s'installer ailleurs', derrière d'autres vilains barbelés qui gâchent le paysage… C'est vrai quoi, on était là avant...

 

Des membres d'une même famille se saluent de la main de part et d'autre d'une frontière fermée, celle qui divise le Maroc et l'Algérie près de Saïdía, l'ancien Port-Say algérien. Les étoffes blanches et vertes flottent au vent et arborent fièrement l'étoile et le croissant qui narguent d'autres étoffes qui, depuis la route parallèle d'en face, ponctuent leur fond rouge d'une autre étoile à cinq branches, mais celle-ci n'est pas rouge sang; elle porte la couleur du prophète, le vert espérance… Qu'est-ce au juste l'espoir de ceux qui ont aligné tant de drapeaux les uns en face des autres? Qu'est-ce encore l'espoir de ceux qui ne peuvent que se saluer depuis la distance?

                

Sous les parasols du petit morceau de plage privée de Saïdía, on se réfugie derrière une corde que ne peut franchir le vendeur de 'bi(g)nis' qui vend ses marchandises à 'la plèbe' de la plage non-balisée, attendant que certains des plus nantis daignent s'approcher des cordes pour lui acheter de quoi prendre un petit goûter sucré, alors qu'au loin un militaire en armes scrute l'horizon derrière les barbelés séparant l'Algérie du Maroc.

                           

La féria de Ceuta et Melilla s'achevant, des dizaines et des dizaines de jeunes tentent leur chance de quitter Al Maghrib en se cachant dans les attractions des forains venus de la Péninsule. Cette année, ceux-ci passeront encore plus de temps au contrôle des douaniers qui sont très fiers de leur nouveau matériel: un dispositif que l'on accroche au véhicule pour détecter les battements de cœur… Tiens, dans ce camion il n'y a qu'un gamin. Vous pouvez circuler… On en attrapera sûrement encore bien d'autres ce matin, qui seront tapis dans l'ombre des machines dans des recoins impossibles, le cœur battant la chamade, ignorant encore que c'est précisément leur envie folle de passer de l'autre côté traduite par ce battement de vie qui les trahira… Comment on fait pour arrêter notre cœur de battre et de ressentir tout en restant en vie? Ce n'est pas forcément aux harragas, ces brûleurs de papiers et d'identité, que je voudrais poser la question...

 

Les estivants gaditans ont récemment vu arriver une grande embarcation illégale contenant des passagers aux identités contrastées: Algériens, Subsahariens, Marocains, Palestiniens, Pourquoi tous ces gentilés riment-ils, en français, avec rien?

 

Hier soir, d'immenses amandes noir geai ornant un visage enfantin d'ébène baigné de larmes m'ont demandé, depuis la télé qui montrait un nouvel arrivage de pateras sur les côtes grenadines, pourquoi les flashes étaient braqués sur lui et sur sa maman épuisée...

                                               

Les amandes, en mon âme, ont façonné un cœur en pâte brisée dont la pupille traçait un point d'interrogation s'étirant à l'infini…

                                             

Contrastes. Qu'on trace - un trait - épais - sur les cons - sur le trash - des contrastes - de nos contrées - con trastos - molestos - pour qui moleste - les modestes - au destin funeste - ces modestes trimballant leurs mots d'est, leurs maux d'est - maux d'estomac lancinants que donne 'l'orient' à 'l'occident'… le sud au nord…. Le sang à l'or…

 

 

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Harraga (Negrura)
By Antonio Lozano

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August 19, 2008 - Tuesday

El bien llamado Paseo de los Tristes
Current mood: creative
Category: Writing and Poetry

Un texte inspiré de la tristesse, la tristeza, dans tous les sens du terme... Le sentiment et le mot en lui-même, car ce poème s'est construit sur base de mots choisis à partir de tous ceux qui sont composés des lettres de 'la tristeza'. La liste 'complète' est la suivante:


TIZA, TEZ, RISA, ARTE, SETA, ZAS, TAZA, RAZA, ALAS, REZA(S), SATIRA, LATA, TIRA, SÉ, SERIA / SERÍA, ERA(S), TALA(S), TALES, ATAR, SALA, SARI, TRATA, ÉSTA / ESTÁ, TARTA, ALATRISTE, RASTA, RITA, ARTISTA, SAL, RATA, TSAR, IRA / IRÁ, ATIZA(S), RÍA, TRAZAS, ESTILA, ESTIRA, TILA, TELA, ESTARÁ, ALTEZA(S), SALITRE, ASA, AZAR, IZAR, IZA(S), ESTARÁ, ASIA, TASA, TASAR, LATIR, SITAR, LETRA(S), SALIR, LIRA, LISTA, TRISTE, TI


et j'en ai tiré le texte qui suit.
Il se livre au même petit jeu de créativité qui avait été demandé aux jeunes qui ont participé à un jeu de pistes que mes élèves et moi-même leur avions proposé de vivre dans la Grenade multiculturelle. Les jeunes venaient d'assister à un dialogue entre Boabdil, Morayma et le Père Manjón, sur le Paseo de los Tristes -La Promenade des Tristes- au pied de l'Alhambra. Je raconterai peut-être un jour en détail en quoi a consisté ce jeu de pistes pour jeunes Espagnols, gitans, gadjés et Marocains harragas de Grenade, et dans quel cadre il s'inscrivait...
En attendant, -et en attendant aussi, pourquoi pas, vos propres créations à partir de mots faits des lettres de 'la tristesse'- je livre ces mots à moi qui pourraient avoir pour titre:
'Bien llamado Paseo de los Tristes'... (sorry, c en espagnol!)


Artista eras, y tu arte de tez morena despertaba en mí risa, ternura y ecos de promesas;

Artista eres y tocas, ya lejos de mi vera, ese laúd que es lira de los poetas de tu estirpe y raza.

Hoy, ¡zás! ya te has ido de mi lado con alas de triste ira que no supe ni quise atar…

Te vas y trazas con el salitre de mis lágrimas

La amarga estela del latir moribundo de nuestra historia,

Rasgas con tus notas más frías la tela rota de un amor inmenso que deshilachas sin más,

Por muy embriagador que fuera, tan sensual como el ondular del sitar…

Tal vez por eso me regalas otra tela en que una diosa india viste mis paredes con ecos de Asia

Desde una flor de loto en que derrama granos de granada que son pepitas de oro rosa.

Pero mientras tanto me retiras el sari de alteza con que tu corazón envolvía mi alma,

Por mucho que mis ojos se empeñen en gritar 'Santa Rita lo que se da no se quita'

Entonces tú más gritas y desafías a Rita cantando un estribillo viejo y ñoño que no te pega:

'Y si te vuelvo a ver pintar un corazón de tiza en la pared

Te voy a dar una paliza por haber escrito mi nombre dentro'.

Pues sí, vaya paliza de quien era mi sultán, dada con esa yad que tanto significaba.

Atizas así, del fuego apagado de tus ojos ya vacíos, la amarga lista de más de cinco porqués en los míos,

Izas con voz seria una plegaria de plomo hacia la sala de la Alhambra a la que ayer tu amor cantabas

En vez de cubrir con celosías un sentir tan puro que yo por él pensaba probar la sal de un Alya hacia atrás.

¡Salir quiero de este mal sueño que juras llegó por azar sin más!

No lo creo, siento que un asa rara te tiene preso del amargo pozo del sentir amordazado.

Aún así no quiero que manche mi fe que trata de seguir leyendo las letras del mektoub sagrado

Aunque hoy talas un cálamo de afilada garra, cuando ayer con él ligabas las trazas de nuestros nombres.

Quise, quiero y querré a quien fuiste, y por ello honraré a quien reza y vela por los amantes

Desde la torre de Comares que hoy llora porque tú ya no quieres ver el reflejo de mis ojos en su Qamar,

O desde la torre de la 'Vela' que fue Torre del Shams y hoy guardián de mi dolor,

Dolor que recuerda en los atardeceres de fuego que un día La Roja

Te mostró el camino hacia mi Torre del Houb, Borj de amor

A la que hoy, qué amarga pena, ya no quieres entrar y de la que huyes dejándome sola con…

Tu ausencia y fría distancia: para mí la mayor definición de la tristeza.


 

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L’Enfant de sable - La Nuit sacrée
By Tahar Ben Jelloun

9:14 AM - 6 Comments - 6 Kudos - Add Comment

March 5, 2008 - Wednesday

Quand l’acrostiche joue aux accroche-coeur...
Current mood: nostalgic
Category: Writing and Poetry

Voici un petit acrostiche d'hommage que j'ai posté au bas du superbe texte que Julie la slameuse a dédié au mektoub sur son blog myspace

 

Mektoub vu par Julie

 

Curieusement, mon acrostiche n'apparait pas au bas du texte de Julie, ce doit être dû à un souci technique... Quoi qu'il en soit voici donc la première mouture de ce que j'avais à dire sur le mektoub, qui a été doté (avant-hier, mardi 4 mars)  d'une suite bilingue espagnol-français (toujours sur le mode de l'acrostiche) que j'ai dite dans le cadre d'une soirée slam grenadine...

 

Mektoub dis-moi, pourquoi ces douces tortures?

Enivrement de nos beaux jours à venir,

Kilos de doutes, miroir où l'on se mire,

Tonnes de remords, regrets, déconfitures,

Onces de soupçons : Quel est donc mon destin ?

Une puis mille voies, tracées par le Calame,       

Brillent en mon âme, balisant son chemin…

(Nathalie, janvier 2008)

Guiada por la pluma celestial

Rezo al dios llamado intuición

Ando a tientas tras mi propio grial

Centro de toda determinación.

Instinto, impulso o voz interna

Ardor de la convicción extraña

Siempre supe que por mí elegías

 

D'aucuns diront que je suis fataliste

En aucun cas, répondrai-je sûre de moi

S'il est un premier repère sur ma liste

Tout en lui suit la voix de mes émois

Indifférente aux dictats extérieurs

Nous imposant d'accepter les malheurs

Ou les injustices qui nous brisent le coeur  

 

Mi certeza, mi fe y mi dogma

Apuntan al libre albedrío

Guían mi barca o dictan normas?

Isla en medio del mar bravío

Que a veces forman cruces y dudas

Un día alcanzaré la orilla

En que contemplar toda mi vida.

 

Voilà donc enfin, me dirai-je alors

Où ces nombreux pas devaient me mener

Y ou Z le chemin emprunté

Au final, qu'importe, tous mènent à bon port

Grande rade ouverte ou calanque protégée

Eaux où émergera ma destinée.

(Nathalie, mars 2008)

 

Je dois dire que ce mektoub qui a poussé Julie a écrire

m'avait aussi soufflé à l'oreille cette idée d'un jour m'exprimer

par voie de prose ou de poésie.

La forme que prend ce texte d'aujourd'hui

est également hommage à mon papa,

qui, alors que j'étais toute petite,

avait noirci les premières pages de mon carnet de poésie

par ce qui allait me marquer tout au long de ma vie:

un portrait de moi fait de sa main

accompagné d'un acrostiche

composant un message d'amour

qu'il adressait à sa petite fille.

C'est la première fois que je découvrais ce qu'était un acrostiche,

et c'est aussi la première fois que l'on m'écrivait un texte d'amour

décrivant le sentiment si fort qui unit les gens du même sang...

Voici, je crois, ce qu'il disait:

 

Nathalie petite fille

Aide-moi a écrire

Tout ce que j'ai à dire.

Huit lettres forment ton prénom

Amour tel est ton nom

Lis bien ce court poème

Il te dit que je t'aime

Et répète Nathalie...

(Joseph Bléser, années 70's)

 

Il y a des siècles que je ne l'ai pas lu,

je ne sais pas où le carnet a disparu,

mais je m'étonne aujourd'hui de connaître encore par coeur

ce si beau texte qui venait du coeur...

 

Merci mon papa, merci Julie, et merci à tous les êtres qui nous inspirent...

 

Et autre nouvelle: ce carnet de poésie a lui aussi émergé des eaux denses du passé, car après l'envoi de ce texte à ma famille, ma mère a retrouvé le carnet dans ma petite chambre belge et me l'a envoyé pour qu'il peuple maintenant mon univers grenadin, me replongeant dans l'enfance et dans ces premières rencontres avec la poésie et l'expression de ce que l'on a sur le coeur...

Ces mots qui dans la bouche (ou la plume) d'enfants pouvaient paraître un peu empruntés ou anachroniques car parlant de la nostalgie que l'on éprouverait en relisant ces mots bien des années plus tard, ont maintenant pris tout leur sens et ont touché mon âme. À toutes ces personnes que je pensais avoir oubliées, juste dire qu'il a suffit de retrouver leur dessin dans mon carnet, accompagné de phrases venant du coeur ou appartenant au patrimoine poétique de la rue, pour que ressurgissent des pans entiers de moments enfantins passés dans ce quartier dit "défavorisé" qui a pourtant favorisé bien des choses chez moi: les rencontres avec des gens socialement, ethniquement, racialement, financièrement différents de ma bulle familiale, mais ô combien enrichissants... Donc OUI, MEKTOUB, GRACIAS DESTINO, MAGIQUE VOYAGE, pour toutes ces étapes de la vie que tu m'as déjà réservées et que tu me réserveras encore pour me dévoiler un à un les mystères de la condition humaine et les arcanes de ma propre essence...

Image prise lors de la Romería de San Cecilio, dans les saintes grottes attenantes à l'abbaye du Sacromonte, le quartier gitan de Grenade, à côté d'une pierre magique qui a ses accointances avec le Mektoub... Elle est censée nous assurer l'amour, le vrai, le grand, l'éternel...

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Destiny (Le Destin) [ NON-USA FORMAT, PAL, Reg.2 Import - France ]

4:51 PM - 4 Comments - 6 Kudos - Add Comment

January 13, 2008 - Sunday

Et parce qu’il n’y a pas que les choses tristes qui m’inspirent
Current mood: thankful
Category: Romance and Relationships

...Il y a aussi la vie et ses cadeaux... et surtout La Meta

LOIN

LOIN de la lune, je porte ton étoile

LOIN des nuages, le lierre nous écoute

LOIN de la ville, rêve mon balafon

LOIN du quartier, le vent joue l'adultère

LOIN de la route, je construis ton visage…

LOIN de l'amour, mon corps n'est plus qu'objet

LOIN de tes yeux, les princes maudits blasphèment

LOIN de ton rire, les clochettes se font ombre

LOIN de ta tête, les rites se font broussaille

LOIN de ta lueur, je bûche sur les signes

LOIN de tes mots, le poème est tout autre…

LOIN des cadences, l'aube sera la charnière :

Vers ton regard, mes yeux brillent en chantant

Et dans le « nous », je croque à pleines dents

Car chaque matin, tes yeux redisent aux miens

L'éclat du houb, même s'il se vit de LOIN…

 

10:56 AM - 5 Comments - 10 Kudos - Add Comment

January 10, 2008 - Thursday

Bombes, cristaux et tombes
Current mood: morose
Category: News and Politics

Ce matin, la nouvelle tombait:

Sur l'Irak il pleuvait

Des bombes turques sur la nation…

Ce midi, des cristaux tombaient :

Sur l'Irak il neigeait

De blancs flocons  déclenchaient les passions,

Recouvrant les tombes des dernières victimes

D'une guerre répétant sa terrible pantomime…

Ce soir j'aimerais tant que tombent

Les masques hypocrites des « grands » de ce monde

Pour qu'en cette terre d'anciens soufis mystiques

Dont le nom évoque l'habit immaculé

Fait de cette laine au ton enneigé,

Les gens vivent en paix, loin de la folie géopolitique,

Et voient l'enfant découvrir émerveillé

Ce miracle du ciel tisser un tapis ouaté

Sur la terre où trop d'hommes sont tombés

Au nom de bien des délires hystériques…

 

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Deux Rives un Reve
By Idir
Release date: 13 August, 2002

11:55 PM - 3 Comments - 5 Kudos - Add Comment

November 25, 2007 - Sunday

Un nouveau concept pédagogique
Current mood: satisfied
Category: MySpace

Expérience myspacienne en classe grenadine de français

 

Myspace peut mener à tout. Je le disais déjà dans le blog intitulé BABEL, émerveillée que j'étais des rencontres potentielles que permettait cet outil fabuleux, souvent secondé par une myriade de gadgets tous plus ou moins utiles, parmi lesquels j'avais craqué pour un truc kiffant : une carte interactive qui permettait non seulement de voir les continents très détaillés, mais aussi le nom exact des villes d'où on nous visitait et même la photo et un petit mot de ceux qui se décidaient à laisser leurs traces visuelles et épistolaires sur notre espace depuis leur petit point/coin du globe ! En atteignant les 200 visites sur cette carte, j'avais décidé de rendre hommage à ces 200 amis qui, identifiés ou anonymes, constituaient les 200 premières briques qui construisaient l'édifice de notre complicité. Cette « réflexion babélienne » leur fut dédiée en février, or c'est aussi en février que je commençais mes cours du second semestre, dont un cours de langue française pour étudiants en traduction et interprétation. BABEL était également le fil rouge auquel serait dédié le cours de l'année 2006-2007. Et dans la foulée des coïncidences qui n'en sont pas, je décidai de me lancer dans une aventure peu banale, en croisant les doigts pour qu'elle marche et surtout en espérant qu'elle porte ses fruits auprès des étudiants. Si Myspace m'apportait tant au niveau personnel, je m'étais dit qu'il pourrait ne pas être inintéressant de l'utiliser aussi avec les étudiants, remplaçant ainsi leur travail de fin d'année (à remettre traditionnellement sur un  support physique) par un profil myspace, qui avait l'avantage de supposer un travail de plus longue haleine doublé de l'attrait du support virtuel public. Après les avoir mis en garde sur les dangers potentiels d'accoutumance myspacienne grâce à un article de presse lui étant consacré, j'ai amené le portable en cours pour leur faire une démonstration pratique de la création d'un profil, en l'occurrence le mien, qui leur servirait de base ou de point de départ pour construire le leur. Quelques étudiants avaient apporté leur ordinateur au cours pour pouvoir se connecter sur Myspace via le réseau wifi de la fac et créer ainsi un compte en temps réel, au fur et à mesure que je leur expliquais quelques points de base concernant l'utilisation de cette plateforme. Beaucoup firent l'effort de créer leur page en utilisant la version française de Myspace, profitant ainsi de l'exercice pour se familiariser avec le vocabulaire informatique dans leur langue d'apprentissage. Peu à peu, chacun d'entre eux s'est familiarisé vaille que vaille avec ce nouveau mode de travail. Les consignes étaient les suivantes: élaborer un profil personnel dont la thématique tournerait autour du fil conducteur de BABEL, commencer à remplir le profil de contenu assez tôt dans l'année afin d'élaborer quelque chose de complet dont le matériel aurait été glané et créé peu à peu, au gré de l'inspiration, de l'envie de travailler et de la curiosité suscitée par l'un ou l'autre des exercices effectués en cours.

À partir de leurs différents profils que je commençais à découvrir grâce à la "demande d'amis", je créais un fichier Word personnalisé où j'expliquais, par catégorie, les erreurs de langue commises, en plus de donner des idées, de faire des suggestions ou de rédiger des commentaires généraux qui étaient envoyés à chaque étudiant par email. Plusieurs étudiants avaient utilisé, pour se présenter, les textes qu'ils avaient créés lors du premier cours, en se basant sur le Questionnaire de Proust que je soumets chaque année à la classe pour que les réponses aux questions du type "quelle est ta fleur préférée, ton animal préféré, ton écrivain…" leur inspirent ce que j'appelle un "autoportrait sensoriel", où ils analysent leurs goûts en rédigeant de façon plus ou moins surréaliste ou poétique une description de leur personnalité axée sur ces référents personnels. Une des propositions était aussi qu'ils appliquent la technique de l'acrostiche : utiliser les lettres formant leur prénom pour énumérer des éléments qui les caractérisent en commençant chaque vers ou morceau de phrase par ces initiales. C'est ainsi que, en vrac, Pilar avec un P comme Papillon se présentait aux côtés de Juan Fran le jaguar ou  encore de Sarita, petite comme une coccinelle… pour ne citer que quelques exemples. Pour vous faire une idée d'un blog entier basé sur cet exercice, voici ce qu'Almudena avait concocté :

Je vais me décrire de façon abstraite. C'est une description que nous avons faite avec ma professeur de français. C'est très curieux et très divertissant, je trouve! J'e m'appelle Almudena, A comme amitié, amour et aventure, L comme liberté, lecture et lion, M comme maturité, marron et meilleur, U comme unité, unanimité et universel, D comme donner, défaut et dormir beaucoup!!, E comme