EKNATH - TEXTES DEPOSES © A2L 2007-2008

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Oct 7, 2008

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Signup Date: 09/25/07

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29 Aug 08 Friday

DU MULTIPLE A L'INFINI (4/4)

   

09:30 - 35 Comments - 60 Kudos - Add Comment

13 Sep 08 Saturday

L’ORPAILLEUR - Le sang du Soleil

 

 elle est nue

  dévêtue

  par le feu du désir


  offrande de braise

que la brûlure d'un baiser

rallume pour toujours :


ainsi l'exige son souffle            


elle est nue

et mon être tout entier

soumis à l'apesanteur

de sa beauté céleste

  s'envole et glisse

  dans l'espace         i n t e r s t i c e

             de ses cuisses :


la nuit blanche  

tourne autour de son axe

 et révèle sa vérité d'astre


je tourne en orbite

    du bourgeon de ses lèvres

    au printemps de ses cuisses 

je tourne et l'habite

du velours de sa bouche

            au vœu lourd de son sexe :


l'ivresse enroule sa flamme

 autour de ses hanches

et ma langue

  se noie

dans l'alcool abstrait

de sa vulve hypnotique


          au fond d'elle

dans la pudeur absente

de ses cuisses         l

                        a

            b

    y        r    i    n    t   

                              h   

                e   

s

flotte

 une odeur d'absinthe 

parfumant l'océan de sel

qui s'écume sur mes lèvres :


 elle est le sang du soleil

         qui bout sous ma peau


je la respire

je la fouille

je l'intériorise :


 elle est l'oxygène

 dans mes poumons


             et mon souffle

  s'accorde 

aux grands vents

qui l'animent :


je détache une à une

  chaque corde

          de la voile du désir :

         

elle se cambre

et déploie son fruit mûr

   écrasant sa pulpe

   contre mes lèvres

elle tremble murmure

comme une feuille de rose

dans le vent

et m'emmène

dans un jardin d'azur

où je m'aventure

  à la rejoindre

 en équi
            l
            i
            b
            r
            e


 sur le fil du rasoir

  qui relie le miroir

        et le voile                 

          de son être profond :


dans cette             vibration              originelle

qui fend               le silence             éternel

des cieux                 et                     des dieux



dans cet orgasme                            ascensionnel  


qui implose                                     à l'instant X



                                où nos flammes


            se confondent

              dans l'unité

               
   2

      leur brûlure

    

 

15:44 - 60 Comments - 99 Kudos - Add Comment

ECLAIRS D’ETERNITE (01-10)

  01

vous êtes ici :          

au creux du ciel entre mes tempes

où sifflent la mémoire et l'envol

du corps brûlant de chants orgiaques

de chants violents aux ailes qui claquent :

            mille voix fiévreuses

vous ont déjà chantées

qui dans mon corps

tremblent encore :

versez            

                        versez

versez l'étoile encore vivante dans ma gorge


02

venez sueurs

venez tremblements

venez corps électriques

du fond du monde au rougeoiement de tout 

venez bergères étincelantes avec

vos troupeaux d'étoiles qui cabriolent au

       bord des cieux au fond des yeux


03

j'ai faim d'or et de lumière                

 j'ai faim d'aurores

j'ai faim encore et en corps


faim d'un cri sans fin qui vous implore :

gravez                 

sur mon corps vos suçons écarlates

plantez                        

dans ma peau vos drapeaux rouges

pressez

ma grappe amère et douce

dans

le velours de vos bouches

dans

le voeu lourd                             de nos corps   

mêlons nos haleines aux ailes rouges

aux vapeurs d'or

défions ensemble   

lune et soleil

le vide du ciel et sa morsure


04

faites           

de nous un asile

où l'amour est le sang du désir

sculptez         

le paradis pourpre

   dans l'infini latent

de vos corps de

    poussière


05

j'allume la flamme du désir

dans la poudrière de la nuit 

et disparais dans l'éclair

de vos corps de lumière


06

loin : loin d'ici dans l'or riant de vos visages

où l'ombre et la lumière


brûlent en leur source :

au bord du gouffre

de vos six lèvres :

loin : plus loin qu'ailleurs :

je m'abîme dans l'antre   aimanté

je m'y éteins

et rallume une flamme    aimante

brûlant le paradoxe de vos cimes profondes 


07

j'apprends

à écouter les souffles

qui blanchissent la nuit

et à leur donner visages


08

vous       l'ineffable qui sucez ma langue

                          la nuit des temps        

             le soleil de l'an dix mille

                          le passé                        

le futur

                          le va-et-vient                

et la brûlure            

vous       soupirs cramoisis

      qui tracez un cercle de feu dont

vous               êtes le centre dont

je                   suis le rayon :


vous             êtes

l'instant présent

                           qui boue le sang du monde

            vous             êtes

l'instinct pressant

               la marche le souffle l'essieu et la roue

                de ma vie d'homme nomade et affamé

              qui suit le dieu de l'amour  p

           a 
r
t

o

     u

                                        t      où il se rend


09

                                          je m'étoile où je m'ensable
entre vertiges horizontaux et verticales qui m'envolent
 à l'horizon de tout –  l'ivresse m'emporte sur ses ailes

euphoriques et j'entends            

         l'herbe pousser sous vos pas

       et je vois

les fleurs s'épanouir à votre passage

                                  je vois  

vos sourires             enjamber le ciel

et le septième ciel

embrasser vos pieds

je retiens mon souffle         et l'esprit se vide :

un corps voyant 

convoyeur d'aurores

            allume la mèche de l'invisible



10

est-il d'autre infini    

  en cette terre

qui n'est que sable

en cet enfer

qui n'est que fable

est-il d'autre infini

que ce gouffre amer

qui s'étoile au fond de vous

au tréfonds dévoué

d'où surgit la lumière

la naissance            

                                                             et la mort ?



15:46 - 57 Comments - 100 Kudos - Add Comment

12 Sep 08 Friday

L’ORPAILLEUR - Je m’étoile

je m'illumine je m'étoile
dans la nuit blanche
qui noue ses rêves
au creux de tes hanches

je m'illumine je m'étoile
dans la nuit noire de tes lunes
dans l'or rose de ton soleil
et tous les astres de ton ciel

tu es ma faim d'essentiel
tu es ma soif des cent ciels
et le million de ciels
dont tu m'offres le septième

tu es le désir en liberté
qui détale à rebours
du vide et accourt
dans les bras de l'amour

tu es l'écho du premier cri
du premier cri qui a joui
en pleine gueule de l'infini
tu es l'écho qui crie
par delà l'enfer de l'oubli   
   
tu es la rumeur divine
emportée par le souffle
de mes lèvres extasiées
dans les mers irisées
de ton corps extatique

je m'étoile je m'abandonne
à ton sexe qui se dévoile
et déploie son velours
comme le soleil déroule
son rayon virginal

je m'étoile je m'abreuve
à tes lèvres liquéfiées
dont je contemple la mer
dont j'effeuille l'atoll
et l'anneau de corail
où s'enroule le sang bleu
du lagon de tes cuisses


02:49 - 54 Comments - 111 Kudos - Add Comment

14 Sep 08 Sunday

PLUS LOIN QU’AILLEURS - Psalmodies Païennes


Lorsqu'il n'y a plus rien, il reste les cent ciels...


J'invoque la fusion des vapeurs d'or et du rouge astral dans la beauté grave des lueurs vespérales.

J'invoque la vérité de la nuit noire au temps des absorptions célestes, quand les grands luminaires se contemplent les yeux clos.

J'invoque l'aube qui s'offre aux bras de l'aurore et l'aurore qui s'abandonne aux élans du jour, proclamant en silence l'avènement de l'astre roi.

J'invoque l'astre roi, escorté par l'invisible, avançant sur un char d'or et d'azur dont la lumière est l'archer, et l'infini la cible.

J'invoque le soleil qui prend place entre ciel et terre, trônant en leur centre comme le cœur trône au centre de l'être. 

J'invoque ses spectacles qui avalent le spectateur et sont l'écho, le souvenir à leurs regards ressuscité d'une vieille gloire ensevelie.

J'invoque sa beauté qui est message, son message qui est révélation : j'invoque son grand cri d'amour encore inentendu.

J'invoque le souverain couronné d'étoiles, le miroir de ses yeux tissés d'astres et d'éclairs, reflétant les mondes outre-lambeaux, les rondes outre-tombaux où règne l'empyrée des cieux.

J'invoque les voûtes sacrées, les poumons secrets, leurs ailes offertes aux platitudes des bas reliefs.

J'invoque l'inépuisable géniteur, les pluies d'ors et de lumières fertilisant les déserts pauvres de l'en-dessous, la verge d'outre-tombe dont l'étreinte ressuscite.

J'invoque les eaux démiurges qui baignent le corps nu de l'ici-bas, les ondes claires qui ruissellent sur ses hanches, la terre qui avale la semence céleste, l'offrande délectable jaillissant de l'étreinte virginale.

J'invoque les amants des origines, le ciel et la terre, l'horizon qui est l'alcôve. J'invoque les mondes qui se noient dans l'océan de leurs bouches mêlées, leurs langues abîmées dans le sang des astres, les corps liquides jaillissant à l'unisson d'étreintes rythmées par le souffle des grands vents.

J'invoque ces vents qui alternent leurs caresses et leurs fouets dans un frottement de violons aux ferveurs aériennes. J'invoque ces vents, j'invoque ces souffles, j'invoque ces élans inusités qui nous élèvent et nous arrachent au vulgaire.

J'invoque ces spirales aux millions d'ailes qui s'offrent à nous guider, à dos d'azur, dans la chevelure terrestre qu'ébouriffent leurs innombrables mains.

J'invoque le sceau du ciel qui est un souffle, j'invoque ce souffle indomptable et inspirant, ce souffle qui pénètre, rompt, purifie tout ce qui vit au gré de ses soupirs omnipotents.

J'invoque les grands vents, les vertiges de la voilure qui nous propulsent dans l'immense,  érigeant en nos cœurs un autel libertaire et emportant dans l'éther nos finitudes.

J'invoque le refuge possible de l'impossible.




07:24 - 53 Comments - 95 Kudos - Add Comment

13 Sep 08 Saturday

L’ORPAILLEUR - La mémoire du futur


(clin d'oeil poétique à Léo F., le metamec de l'an 80 000...)


tu es mon coeur

je suis ton battement


je suis ton souffle

tu es mon poumon


tu es mon ciel

je suis tes ailes



la vérité est que



nous venons
d'un autre monde
d'un monde à venir

et en cette nuit
d'un autre monde
d'un autre monde
dans nos ventres
je vous le dis
je vous le jure
je vous le jouis
je vous l'exulte :

jamais
ô non jamais

nous ne cesserons
d'invoquer l'amour
car c'est l'amour
en nous
qui invoque l'amour

car c'est l'amour
en nous
qui s'invoque
et se convoque
par la magie bleue
d'incantations
millénaires :

comme un regard
qui sans mot dire
nous transfigure

l'amour est le miroir
qui se reflète
dans nos regards
qu'un même feu
allume

l'amour est le miroir
dans nos regards
de l'an quatre-vingt mille
quand nous ne mourrons plus
et que nous aimerons
encore

dans nos regards
de l'an quatre-vingt mille

quand nous ne mourrons plus
et que nous aimerons
encore et en corps
dans le coeur à corps
de nos sexes accordés
calices et corolles
calicules déployées
dans le choeur accord
de nos corps acquis
aux canicules
de nos ventres brûlés


quand nous serons solaires :


avec l'or
                                            de nos coeurs
lavés
                                            par nos âmes
volcans
                                            dans l'éruption
d'une transe intérieure
                                            d'où jaillit
la mémoire du futur :


illumination propulsée

outre espace

par le projecteur
inversé

de nos âmes
invisibles

par le ciel et la terre
en nos âmes
réunis

dans le vertige
des ombres
qui s'illuminent

dans l'aurore
de nos sens

dans l'or
de nos errances

dans l'ère
de nos aurores


par delà le bien

par delà le mâle

par delà la femelle

par delà la raison

par delà son contraire

par delà ces prisons

par delà les parures
de l'insigne
par delà les morsures
de l'indigne

par delà l'insuffisance
soumise et vassale
d'un vieux troupeau
désespéré
qui pointe
à heure fixe
au syndicat du vide

par delà les étoiles
désertes
de leurs éjaculations
balbutiées
dans la vacuité
de corps à corps
sans accords


alors viens
je t'emmène

loin

de leurs paradis
mièvres
loin


de leurs enfers
maudits :

je t'emmène

où les étoiles

sont peuplées

de mutants pourpres

dans le bleu du ciel

et dans le vert

de jungles divines

je t'emmène

où le bleu et le vert

ne sont plus des couleurs

mais des souffles

qui expirent

de tes lèvres à mes lèvres