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ECLAIRS D’ETERNITE (01-10)
01 vous êtes ici : au creux du ciel entre mes tempes où sifflent la mémoire et l'envol du corps brûlant de chants orgiaques de chants violents aux ailes qui claquent :
mille voix fiévreuses vous ont déjà chantées qui dans mon corps tremblent encore : versez versez versez l'étoile encore vivante dans ma gorge
02 venez sueurs venez tremblements venez corps électriques du fond du monde au rougeoiement de tout venez bergères étincelantes avec vos troupeaux d'étoiles qui cabriolent au bord des cieux au fond des yeux
03 j'ai faim d'or et de lumière j'ai faim d'aurores j'ai faim encore et en corps
faim d'un cri sans fin qui vous implore : gravez sur mon corps vos suçons écarlates plantez dans ma peau vos drapeaux rouges pressez ma grappe amère et douce dans le velours de vos bouches dans le voeu lourd de nos corps mêlons nos haleines aux ailes rouges aux vapeurs d'or défions ensemble lune et soleil le vide du ciel et sa morsure
04 faites de nous un asile où l'amour est le sang du désir sculptez le paradis pourpre dans l'infini latent de vos corps de
poussière
05 j'allume la flamme du désir dans la poudrière de la nuit et disparais dans l'éclair de vos corps de lumière
06 loin : loin d'ici dans l'or riant de vos visages où l'ombre et la lumière
brûlent en leur source : au bord du gouffre de vos six lèvres : loin : plus loin qu'ailleurs : je m'abîme dans l'antre aimanté je m'y éteins et rallume une flamme aimante brûlant le paradoxe de vos cimes profondes
07 j'apprends à écouter les souffles qui blanchissent la nuit et à leur donner visages
08 vous l'ineffable qui sucez ma langue la nuit des temps le soleil de l'an dix mille le passé le futur le va-et-vient et la brûlure vous soupirs cramoisis qui tracez un cercle de feu dont vous êtes le centre dont je suis le rayon :
vous êtes l'instant présent qui boue le sang du monde vous êtes l'instinct pressant la marche le souffle l'essieu et la roue de ma vie d'homme nomade et affamé qui suit le dieu de l'amour p
u t où il se rend
09 je m'étoile où je m'ensable entre vertiges horizontaux et verticales qui m'envolent à l'horizon de tout – l'ivresse m'emporte sur ses ailes euphoriques et j'entends l'herbe pousser sous vos pas et je vois les fleurs s'épanouir à votre passage je vois vos sourires enjamber le ciel et le septième ciel embrasser vos pieds je retiens mon souffle et l'esprit se vide : un corps voyant convoyeur d'aurores allume la mèche de l'invisible
10 est-il d'autre infini
en cette terre qui n'est que sable en cet enfer qui n'est que fable est-il d'autre infini que ce gouffre amer qui s'étoile au fond de vous au tréfonds dévoué d'où surgit la lumière la naissance et la mort ?
15:46
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