Quelles sont les origines de ces musiques? Comment se sont-elles construites au fil du temps?
Quelle est la place du GWOKA et du BELE dans la société antillaise actuelle? Comment vous vous positionnez par rapport à ces musiques?
Quelles sont leurs perspectives? ----------------------------------------------------------------------------------- Otodidakt vous invite à son Déb’acoustik le Dimanche 6 Avril 2008 à 16h30 Venez débattre autour du thème du Gwo ka et du Bèlè !!! Rendez au "Caylus Café" 18 rue des Halles- Paris 75001 ; Métro: Chatelet
1962: La guerre d'Algérie se termine. Aux Antilles, la misère sévit et des mouvements sociaux secouent la région. La France a un besoin urgent de main d'oeuvre non qualifiée. Elle organise une migration de masse vers l'hexagone. C'est l'époque du BUMIDOM (Bureau pour le Développement des Migrations dans les Départements d'Outre-Mer). Il fournira pendant 20 ans postiers, douaniers, agents RATP, femmes de ménage...
Ce film témoigne de ces voyages, souvent sans retour. Les exilés nous parlent des luttent, des réussites et des échecs, de leurs espoirs et de la difficulté d'être Français noirs, donc à part. Aujourd'hui, leurs enfants portent en eux l'héritage de cette génération et subissent les difficultés d'intégration propres aux populations issues de l'immigration.
Ce film raconte une histoire cachée ou même ignorée par nombre d'Antillais et de Français de la métropole.
Avec les témoignages de Aimé CESAIRE, Henry BANGOU, Lilian THURAM, Daniel BOUKMAN et bien d'autres aux Antilles et en région parisienne.
Un film réalisé par Antoine LEONARD-MAESTRATI et co-sénarisé par Michel REINETTE sur une musique de Fred DESHAYES.
______________________________________________________________ Cinéma LE REFLET DE MEDICIS 3 Rue de Champollion - 75005 PARIS ______________________________________________________________
Toujours à la recherche de mon identité, d'une identité...
Certains disent: "je suis antillais!" Mais moi je ne sais pas ce que c'est un antillais. Un métisse: pour ceux qui veulent voir dans l'Antillais un brassage ethnique et culturel (une richesse). Un "batard": pour ceux qui voient dans ce métissage la preuve vivante d'une perdition culturelle originelle et ancestrale (un viol).
Mais naïvement, j'ai envie de dire: "je suis noir, donc mon continent c'est l'Afrique!"
Mais certains disent: "je suis antillais!" Mais moi, je ne sais pas ce que c'est un antillais... C'est peut-être un habitant des Antilles après tout?
-Toi l'antillais quelle est ta nationalité? -Je suis de nationalité française Monsieur!
Mais demande à l'antillais s'il se sent français. Que répond t-il? Probablement NON!! Il revendique la continuité territoriale. Il voudrait les mêmes droits que les français "de souche". Mais pourquoi fait-il celà? "Parce-que je suis français", répondrait-il sans doute! Et il ajouterait, "je suis français autant que n'importe quel blanc né en France!" Cherchez l'erreur...
"Ti moun an pa zanmi aw!" "Pa palé ban mwen kon sa ti moun" "On se connait à peine et il me parle créole..." "Arrête de faire ta vieille négresse..."
Ce sont ce genre de réactions qui m'ont amené à me poser la question de la place du créole dans la société Guadeloupéenne. En effet, bien que parlé par une frange importante de la population, le créole est aujoud'hui encore l'objet d'un "tabou": tantôt taxé d'être "trop familier", tantôt de "vulgaire" ou d'irrévérencieux.
Il faut préciser a ce stade que le rapport au créole dans notre société est fonction du milieu social. Il n'est pas rare de croiser dans les campagnes des individus (à condition de vie très modeste) s'exprimant exclusivement en créole et dont la première langue parlée dans le foyer est le créole. En revanche plus on monte dans l'échelle sociale et/ou hiérarchique, plus l'usage du créole est implicitement proscrit. Ex: un enfant ne s'adresse pas à un adulte en créole, encore moins a un inconnu. Les élèves ne s'adressent pas à leur professeur en créole (l'inverse serait toléré), tandis qu'à la récré les mots de créole fusent...
Il y a donc là clairement une notion de respect et de contexte lié à l'usage du créole. Le créole OUI, mais pas n'importe où et surtout pas avec n'importe qui! D'ailleurs, comme on doit le respect aux femmes, il ne nous (les hommes) viendrait pas à l'esprit de nous adresser à une belle inconnue en créole: quelle manque de tacte, et quelle offence!! Pourtant "Belle Inconnue" de Pascal Valot est bel et bien en créole... Et les zouk love qui ont accompagné mon adolescence, étaient tous des textes régorgeant de magnifiques déclarations d'amour en créole... Là encore le créole OUI, mais dans les chansons uniquement, pas avec ma copine entre deux calins!! Un complexe...??? Sans doute!! Mais le créole est un héritage, une langue créer par nos ancêtres pour notre plus grande fierté, c'est la langue de la liberté. Le créole est d'ailleurs LANGUE OFFICIELLE à Haïti, langue officielle mes amis! L'heure est venu de dire à nos enfants que ce n'est pas mal. L'heure est venu de briser les chaînes qui emprisonnent encore nos esprits: "Imancipate yourself from mental slavery" (Robert Nesta Marley)
"kilti an nou sé chenn èvè kòd"...
G-Nòm.
__________________________________________________________ Faites moi part de vos réactions et de votre propre expérience par rapport au créole. -Quelle place occupe le créole dans votre quotidien? -Quelle place occupe le créole dans vos rapports avec vos parents? -Quelle place occupe le créole dans vos relations amoureuses, ou simplement avec la gente féminine (masculine pour les femmes)? Toutes les remarques sont les biens venues! Merci