Frédérique

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Aug 4, 2008

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Tuesday, April 29, 2008

Supplique

S'il me faut hélas un jour revenir
Peupler de ma présence cette terre
Faites de moi un arbre.
Un feuillu contre lequel pleurer
Et auxquel des corps
Viendront se pendre…
Laissez-moi les bercer
Du chant de mes branches
Lors de l'oscillation létale,
Laissez-moi juste être las
De la vie, qui vient, qui va
Et dont le monde se balance.
Laissez-moi hurler à plein vent
Tout ce que j'ai du taire
Et que ma plainte hante
Les rêves mièvres des tièdes.
Je veux une écorce scarifiée
De bons sentiments à trahir
Et être encore là pour témoigner
de ces serments à présent amnésiés.
Laissez-moi grandir arbre,
S'il me faut absolument revivre,
Mais, de grâce, ne m'abattez pas
Avant que j'ai pu crier
Tout ce que j'avais à vous dire.

04:03 - 0 Comments - 2 Kudos - Add Comment

D-boire

Les cravates en soie ne sont plus au goût du jour.

Là-bas, il pleut sans cesse.

Là-bas, le bleu n'existe pas.

Là-bas, l'atmosphère est crue et vous goûte les os.

Le temps est archer. Il étire, épuise, bande la chair et le cerveau. Il conduit les limites physiques et nerveuses jusqu'au point de non-retour. Tout à coup, l'oxygène fait défaut. Les minutes deviennent des siècles, au point que l'on en vient à espérer franchir la frontière qui nous sépare de la délivrance.

Au loin dans la tête, une porte claque. Tout siffle, vibre et ondule. Et peu à peu, on se sent ramollir jusqu'à se restreindre à n'être plus qu'une masse inerte nimbée de silence.

Les cravates imperméabilisées sont à présent à la mode. Luisantes à souhait, elles sont moins onéreuses et plus pratiques. D'accessoire esthétique, elles se sont transformées en objet fonctionnel ; ce sont des bavoirs pour adultes de plus en plus infantilisés.
Et je cherche une cravate bleue, en soie, si douce pour enserrer fermement le cou de mon ami.

Il fut une époque où, d'un claquement de doigts, je pouvais changer la couleur des pierres. Il fut un temps où je volais au-dessus de forêts de magnolias.

A présent, le ciel est pourpre. Une vibration sourde imprime à l'existence une sensation de tremblement permanent. C'est la peur qui gronde, les entrailles qui crient, la rythmique infernale des os qui s'entrechoquent. Et je sais, qu'il est proche, qu'il arrive, puant et mugissant.

Il ne me tuera pas, je le sais, je le connais.

Me malmener, me pourrir le cerveau, voilà ce qu'il souhaite. Nothing more, nothing less.
Il sait que je suis docile. Il sait que je ne me débats pas. Je suis déjà défaite, j'ai signé mon acte de capitulation à la naissance.

Et pourtant, j'aimerais remuer mes pieds d'airain, j'aimerais. Seulement voilà… Je ne suis plus qu'une enclume.

Le rendez-vous est fixé à un peu plus tard. Je l'ai accepté. Je n'ai besoin de rien à l'exception d'une lampe torche. Il a tout de même glissé dans le creux de ma terreur qu'un petit suisse ne lui déplairait pas. Soit !

« Dis, Mamour, si le diable te demande un petit suisse, crois-tu qu'il parle de fromage blanc ou bien d'un Helvète de petite taille ou de première fraîcheur ? ».

J'opte pour la première solution, je n'ai pas vraiment d'autre choix. Je mets la lampe torche dans la poche de ma veste, l'heure de la rencontre est bientôt arrivée.

La rue dans laquelle je marche est sombre et quelque chose d'indéfinissable suinte des murs. J'ai le souffle court. Toujours cette putain d'impression de manquer d'air qui me colle à la peau. Il faut se cacher, il faut se protéger. Je ne sais pas pourquoi mais je le sens au fond de mes tripes.

Je remarque au loin la devanture éclairée d'un magasin. Sans hésitation, je cours vers cette lumière.
Arrivée devant la vitrine, je réalise qu'il s'agit d'un salon-lavoir. Peu importe, je pénètre dans les lieux. Le contraste entre les ténèbres de la rue et la lumière blanche m'aveugle. J'entends les machines qui ronronnent. Je sens l'odeur de la lessive. Peu à peu, mes yeux remarquent leurs tambours qui tournent en cadence les uns avec les autres. Je suis seule en ce lieu, je suis seule en moi-même.

Un immense comptoir pousse au centre de la pièce. Les quatre angles du lieu sont équipés de téléviseurs allumés.
A l'extérieur, le bruit se rapproche.
Je me précipite derrière le comptoir, m'accroupis et me love en son ventre. De ce poste d'observation, je vois distinctement les images diffusées par un des écrans de télévision. J'y vois la rue et ce qui s'y passe. A vrai dire, il ne se passe rien. Mais pourquoi suis-je donc en proie à un état de terreur irrationnel alors que tout semble calme ? Je réalise soudain le ridicule de la position dans laquelle je me trouve, blottie sous le comptoir d'un salon-lavoir. N'importe quoi… A se demander comment on a osé me laisser sortir de l'hôpital avec de tels comportements. « Tout va bien, Madame, vous êtes en voie de guérison. La psychiatrie n'est plus un endroit pour vous ». Franchement, par moment, je me demande si la psychiatrie n'est pas le seul endroit où je me sente chez moi, acceptée telle que je suis. Tu veux crier ? Tu cries. Tu veux pleurer ? Tu pleures. Tu veux dire « merde, qu'on me foute la paix ! », tu le dis et puis basta !

Je pense abandonner ma position mais un mouvement dans le téléviseur attire mon attention. Deux gaillards traînent une femme. Celle-ci ne se débat pas, elle à l'air assommée. Elle dodeline légèrement de la tête mais rien de plus. Arrivé au centre du rectangle de lumière dessiné par l'éclairage de la devanture, le trio s'arrête net. Un des gars saisit la femme par les aisselles afin de la maintenir debout tandis que son compère commence à descendre la fermeture éclair qui court le long du dos de leur poupée humaine. Tout à coup, je réalise que cette femme ne porte pas de vêtements, que la tirette est greffée à même la peau à l'endroit de la colonne vertébrale. Mais c'est dégueulasse ! Pire ! C'est purement atroce à regarder. Au plus la tirette descend, au plus des paquets gluants s'extraient du corps. Certains tombent directement sur les pavés, d'autres s'accrochent à la peau et glissent lentement. Le gars enfonce ses avant-bras dans le corps et en fait sortir tout ce que ses mains peuvent saisir avant de balancer ces viscères, ces os et différents organes sur le sol. Il y a à présent tellement de déchets qu'un monticule prend forme. Et cette femme qui continue à bouger la tête, lentement, de droite à gauche, seul « Non » possible à ce qui est en train de se produire.
Les deux hommes laissent tomber leur proie, le tronc complètement évidé. La tête encore pleine vient s'étaler dans le coussin sanglant des entrailles en un son mou et humide : Splaoutch !

Je n'en peux plus. Je m'en veux de mon inertie, de n'avoir pu décrocher le regard de cette scène macabre, de ne pas avoir essayé d'aider cette femme. Je voudrais hurler mais aucun de son ne sort de ma gorge. Je sens pourtant une énorme contraction au niveau du thorax. A la place de gueuler, je dégueule.

Black out.

Ca fait « boum, toc, boum, toc » dans mon crâne. « Hé ! Ho ! Le génie incivil qui bosse dans ma caboche, t'aurais pas envie de prendre un jour de congé ? ».

J'ouvre les yeux et le réglage de l'image s'effectue difficilement. Je réalise peu à peu que je suis chez moi. Bonheur ! De la fumée danse dans les rayons de soleil qui filtrent dans la chambre. Une cigarette… Je ne suis pas seule et cette pensée me réconforte. Je tourne la tête, aïe ! C'est douloureux mais j'aperçois le soleil de ma vie, assis tout près de moi, le regard inquiet. Instinctivement, sa vision me fait sourire et me fait quelque peu oublier la douleur.
- Comment vas-tu ? Tu n'as pas trop mal ?
- Ça, oohhh, mon crâne, je…
- Je sais, le médecin va revenir. Il a dit que tu dois beaucoup te reposer et éviter la lumière. Tu t'es pris un fameux coup.
- Un coup ? Souviens pas… étais cachée sous… et…
- Chut ! Ne parle pas trop, tu vas te fatiguer. C'est le gérant du Lav-O-Matic qui t'a trouvée, inconsciente. Tu étais sous le comptoir, sans connaissance, la tête nageant dans, comment dire, ton sang et ton vomi. Le pauvre homme était complètement hystérique. Il te croyait morte.
- Du sang ?
- Tu as probablement essayé de te relever après avoir gerbé et tu te seras cognée la tête contre le rebord du comptoir. C'est la seule explication possible. Je me demande quand même ce que tu pouvais bien faire dans cet endroit au beau milieu de la nuit. Tu nous as occasionné une de ces frayeurs !
- Me cachais… peur.
- Allez, c'est fini.  Ne t'inquiète pas, tu as juste une belle commotion. Tu m'expliqueras tout ça plus tard. Je vais te donner un antidouleur. Tiens, voilà, ouvre la bouche et essaie de ne pas trop bouger la tête.
- …
- Je vais appeler tes parents afin de leur donner de tes nouvelles et de les rassurer. Je téléphonerai aussi à Thomas pour l'informer de la situation et pour nous excuser de ne pas venir à son anniversaire.
- cravate… ai pourtant cherché, tu sais.
- Je sais, ce n'est pas grave. Je suis allé me promener en ville et j'en ai déniché une. Tu connais mon avis sur les cravates mais bon… Puisqu'il fallait offrir une cravate…
- Merci…
- Je l'ai trouvée dans une boutique que je n'avais jamais vue et pourtant, je dois être passé devant des centaines de fois. Tu as déjà entendu parler d'un magasin appelé L'élégance retrouvée ? C'est tout près de chez tes parents, dans la galerie qui donne sur le carrefour. Ils ont de belles choses mais je trouve que c'est cher payé pour un morceau de soie.
- Suis passée par là… pas vu…
- Bah ! Tu devais être distraite ! Franchement, j'ai trouvé le type du magasin assez bizarre et peu soigné pour quelqu'un qui vend des articles de luxe. S'il n'y avait pas eu ce stupide cadeau à offrir, je serais sorti immédiatement de cet endroit tellement je m'y sentais mal. Bon, je vais te laisser te reposer. Je parle, je parle…
- Pas grave…
- Bon, je vais téléphoner. Tiens ! Je vais aussi appeler ta soi-disant meilleure amie et lui demander si elle n'est pas dingue de te laisser boire comme ça alors qu'elle sait très bien que tu prends des médicaments pour les nerfs.
- Hein ?
- Non mais, je ne suis pas né de la dernière pluie. Bon… Bisous. Je ferme la porte, je n'en ai pas pour longtemps. Si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite pas à m'appeler.
Ah oui, un dernière chose, le médecin a dit que tu devais essayer de manger quelque chose. Il n'y a pas grand-chose dans le frigo, je comptais aller faire des courses ce matin. Est-ce qu'un petit suisse te ferait plaisir 

02:42 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Tuesday, April 22, 2008

Txt

A l'autre bout de ton monde

Est un endroit circonscrit par le silence.

Les arbres y dansent,

la brise murmure ton nom.


A l'autre bout de ton monde

germent d'étranges visions

qui demain, dès ton réveil,

habilleront tes yeux d'un nouveau feu.


A l'autre bout de ton monde

Court l'enfant éternel.

Pieds nus sur le sable de ta mémoire

Il protège tes rêves de son rire.


A l'autre bout de ton monde

Là où brille cette facette invisible

Je viendrai une nuit à ta rencontre

Pour réchauffer mon âme à ton éclat.

03:00 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Friday, April 11, 2008

Nuit

A La nuit, la chaleur prend corps

Pour étreindre nos solitudes

Et les langues se délient

pour embrasser leur vérité.


A la nuit, les maisons parlent

De leurs heures de lumière

Et nuancent le silence

De leur respiration singulière.


A la nuit, la nature se relâche

Les herbes reprennent courage

Et se redressent dans l'espoir

De ne jamais plus être piétinées.


A la nuit, je retourne en moi

Recouvrer la folie de mes rêves

Et mon regard, rivé vers l'intérieur

Vous donne l'illusion que je dors.

03:30 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Promesse

Vie, comme une fracture

Qui s'insinuerait dans notre sang

Tâchant de ses éclaboussures

Nos âmes immaculées d'enfants.


Vie, comme l'espoir

De réconcilier nos rêves déçus

Recréer un espace à notre mesure,

Absolu, s'ouvrant à l'inconnu.


Un jour, c'est promis, nous rirons

A en perturber l'ordre des choses.

03:24 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Elle

Les passants dans ma rue ne marchent pas

ils dansent au rythme de mon cœur

à contretemps ou en cadence

ils cristallisent en eux la grâce des étoiles.


Je suis là, immobile, à les contempler

mes rêverie les encerclent

dans des rondes éphémères

Qui les emportent loin de ma pensée.


Et voilà qu'apparaît celle

pour qui mon chant ne peut plus rien.

Concentrée sur chaque geste posé,

elle efface par sa présence la légèreté,

impose de son pas le respect et le silence.


Elle avance lentement, au rythme des nuages,

le dos courbé en une perpétuelle révérence,

aumône involontaire à cette longue existence,

elle livre à notre regard la densité de son passé.


Son ciel se limite aux pavés

Il la conduit en quelques mètres hors de ma vue.

Son infini est le coin de la rue,

le bout monde,

un Univers.

03:22 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Tuesday, April 08, 2008

Zénith

C’est une heure en suspens,

Où l’air se charge de torpeur.

La nature épargne son souffle

Les sons se fondent en silence.

 

Ta main frôle les épis

Comme tu caresserais de la soie

Et tu t’étonnes des éclats de rire

qui naissent à fleur de tes paumes.

 

Alors que les autres somnolent

Dans la pénombre des chambres,

Le ciel repose sur tes épaules ;

Tu es souverain de l’instant.

 

Toi, tu te tiens debout,

Au zénith de ce jour à écrire

Et tu n’es pas conscient

Que ton visage chante

Sous le feu de tes cheveux.

01:28 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Au "TOI" de mon monde

Du bout des doigts, j’esquisse sur ta peau

Le début d’un songe.

Je tisse dans tes cheveux des liens

Qui tiendront à jamais mon cœur en haleine.

 

Je repars en enfance, chercher mon enthousiasme,

Mon innocence et la pureté de mon regard.

D’un baiser, je les dépose sur tes cils.

Cette nuit, je dormirai sereine.


J’efface les regrets gravés dans mes paumes

Pour bâtir un avenir à la mesure de ton espoir

Le silence est là qui te parle de ma confiance.

Ton rire ne le brise pas

Il en définit les contours.

01:21 - 1 Comments - 2 Kudos - Add Comment

Monday, December 03, 2007

Autre bla bla
Current mood: tired

Quitter son manteau d'amertume

se déployer rayonnant, champ de blé solaire,

et défier l'horizon d'un regard conquérant.

Abolir la peine et diluer les frontières

fondre l'indifférence à la flamme purifiante

 

Hier j'avais mille ans

aujourd'hui j'en ai quinze

demain, qui sait, peut-être renaîtrai-je ?

Des jours aux énergies absentes

d'autres à rire sans trop savoir pourquoi

et l'espoir tenace de vivre dans un monde

qui se serait enfin éveillé du coma.

J'ai tapissé mon âme d'un rouleau d'univers

Et maintenant des milliers d'étoiles

voyagent dans mes pensées.

 

01:54 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Tuesday, April 08, 2008

Au-delà des apparences

Je suis une enfant butée

alarme de ses propres rêves,

l’âme ecchymosée à force de cogner

contre les murs de son exiguïté.

Une enfant emprisonnée

dans un registre trop étroit

qui m’étouffe, qui m’oppresse, qui me broie,

une enfant blessée

du simple fait d’être née.

Je suis une enfant gâtée

date de péremption dépassée

depuis plusieurs éternités…

 

Et pourtant, je persiste à jouer.

Je suis un sous-marin fantôme

qui s’émeut dans la fange de l’existence.

Lentement, j’avance…

Je suis une enfant attardée

qui attend à en devenir aliénée

le bon moment pour émerger

et enfin, respirer…

01:18 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment


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