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Thursday, September 27, 2007
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Humeur
Hormis les articles publiés dans Le Monde, Le Point et divers autres magazines, ce qui retient en ce moment l'attention, c'est la polémique nous opposant (est-ce terme exact ? je n'en suis pas sûr) à une équipe du Nouvel Obs et de Chronicart suite à la réponse à l'article de Fabrice Pliskin que nous avons eu le malheur de publier sur notre site (Qui fait la France ?).
En vérité, très sincèrement, je ne sais pas trop quoi penser de tout cela, sinon que je suis heureux que des journalistes parlent, en bien ou en mal, de notre livre. Pour une raison, et une seule : pour que ce livre se vende !!
Car au-delà de ce qu'on dit dans notre manifeste, au-delà de notre démarche collective et de son caractère révolutionnaire ou pas (sûrement pas, du reste !), au-delà des critiques tantôt acerbes tantôt gentilles qui nous accompagnent, ce que nous faisons, nous ne le faisons pas pour nous, mais pour tous les gosses, les adolescents, les jeunes adultes qui habitent dans des quartiers pourris, dans des zones paumées, dans des villages où pas une âme ne rôde, bref, dans des coins où il ne fait pas - ou plus - bon vivre et où il n'y a plus ni espoirs ni perspectives.
Ainsi, tous les euros qui seront collectés grâce à la vente de Chroniques d'une société annoncée iront à notre association, laquelle a vocation à soutenir, y compris financièrement bien sûr, des projets culturels conduits par des jeunes en difficultés, quelque soit leur lieu d'habitation - la banlieue ou la rase campagne - et leurs origines.
C'est cela, pour nous dix qui avons écrit cet ouvrage, l'essentiel. Le reste est littérature...
12:58 AM
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Monday, September 03, 2007
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Chroniques d’une société annoncée, premiers échos...
Quelques bruissements commencent à se faire entendre autour de la parution, le 12 septembre prochain, de notre ouvrage collectif Chroniques d'une société annoncée (Stock) :
Le magazine LIRE nous évoque dans le cadre d'un article consacré à la rentrée littéraire.
Idem pour France Inter, dimanche 2 septembre, dans une émission consacrée à la "nouvelle vague", dont nous faisons indubitablement partie !
A très vite !
4:05 AM
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Thursday, August 02, 2007
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Le Monde - mai 2006
Point de vue L'immigration choisie, une fausse bonne idée, par Karim Amellal LE MONDE | 11.05.06 | 14h54 • Mis à jour le 11.05.06 | 14h54
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|  ous les ministres de l'intérieur successifs, depuis la phrase-vérité de Michel Rocard expliquant que "la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde", ont voulu freiner ou "maîtriser" les flux migratoires. En cela, Nicolas Sarkozy ne déroge pas à la règle. Cet objectif est en soi légitime. Ce qui est en revanche problématique, c'est la propension de nos gouvernants à exploiter ce thème en laissant accroire que l'immigration est un fardeau qui pèse ad vitam aeternam sur les épaules de la collectivité nationale tout entière. Le principe de l'"immigration choisie", que l'on nous présente aujourd'hui comme une panacée sous prétexte qu'un pays - le Canada - à l'histoire et au modèle radicalement différents du nôtre l'a mis en oeuvre avec quelque succès, vient donc conforter une tendance qui n'est pas nouvelle : sus à l'immigration, mécaniquement assimilée à un grave handicap. Outre que l'immigration choisie s'inscrit dans une véritable politique de dépeçage des pays sources compromettant leur développement, le principe relève d'une erreur d'appréciation : notre pays ne subit pas l'immigration ; au contraire, il en profite et en a besoin. Il ne s'agit pas là d'une énième considération philanthropique, mais d'une simple équation économique. Dans un contexte bien connu de vieillissement de la population active et face au manque croissant de main-d'oeuvre dans certains secteurs - conséquence du départ à la retraite des baby-boomers -, l'immigration est une solution, non un problème. Or choisir ses immigrés, ne prendre que les plus qualifiés ou les plus diplômés, c'est typiquement une fausse bonne idée. Pourquoi ? Parce que cela ne résoudra nullement la pénurie de main-d'oeuvre qui existe déjà dans certains secteurs de l'économie : industrie manufacturière, bâtiment, restauration, travaux publics, maintenance, etc., c'est-à-dire des secteurs qui n'ont nul besoin de doctorants ou de "hauts potentiels", mais de personnes peu ou pas qualifiées, volontaires et disponibles pour exercer des métiers malheureusement désertés par les nationaux parce que peu gratifiants et peu rémunérateurs. En effet, selon la Dares, environ 4,7 millions d'emplois liés aux départs à la retraite doivent être pourvus sur la période 2000-2010. Il s'agit là, en grande partie, d'emplois faiblement qualifiés face auxquels un afflux d'immigrés "choisis", c'est-à-dire diplômés et qualifiés, serait inopérant. Enfin, cette tendance au vieillissement de la population a, on le sait, un impact négatif sur l'équilibre financier de notre système de Sécurité sociale et, en particulier, sur la viabilité de notre système de retraite. Là encore, l'immigration est une solution économique, non un problème social. "Choisir" ses immigrés et sérieusement contraindre le regroupement familial, outre que cela porte atteinte au principe constitutionnel de respect de la vie familiale, c'est par conséquent se priver, pour un pays vieillissant comme le nôtre, d'un moyen important de renouveler les générations et de rajeunir la population. La France a besoin de l'immigration. A long terme, celle-ci rapporte plus qu'elle ne coûte. Tout l'enjeu réside, non dans la limitation artificielle des flux - un contresens économique qui fera exploser, de surcroît, le nombre de sans-papiers -, mais dans l'amélioration des dispositifs d'accueil et d'intégration.
Karim Amellal est maître de conférences à Sciences Po Paris. Article paru dans l'édition du 12.05.06 | ..>
4:42 AM
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Le Monde - novembre 2005
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Point de vue Une défiance colossale, par Karim Amellal LE MONDE | 10.11.05 | 14h56 • Mis à jour le 29.11.05 | 12h51
e qui se passe actuellement dans nos banlieues nous terrorise. Les mots nous manquent pour qualifier ces actes. Tous nos sentiments affluent dans une même direction : la peur. Nous sommes tous effrayés, et à juste titre. Mais face à ces événements tragiques, à ce déferlement de barbarie, que faire ? Ecarquiller chaque jour davantage les yeux devant son écran de télévision ou bien s'efforcer de comprendre. Comprendre ? Mais est-ce seulement possible ? Est-ce seulement nécessaire ? Je le crois. Pour endiguer cette violence qui submerge les "quartiers", il nous faut bien tâcher de comprendre les ressorts de cette haine. Les racines du mal sont très nombreuses. Trop longtemps ignorées, elles gonflent et affleurent désormais à la surface de notre République. Elles sautent au visage. L'analyse sociologique explique la violence par le chômage, la précarité, la relégation et la ghettoïsation. Bien, mais cela ne suffit pas. On ne comprend toujours pas. Expliquer qu'un jeune qui vit dans une cité brûle la voiture de son voisin de palier parce qu'il n'a pas d'emploi ne satisfait personne. Pire, cela énerve. Aucune violence n'est gratuite. Toutes ont un sens profond. Voler une voiture a une finalité : le voleur récolte un bénéfice, il fait un profit. Mais brûler une voiture ne procure strictement aucun avantage. Quel est donc le sens d'un tel acte ? C'est un acte radical qui, parce qu'il ne procure aucune satisfaction autre que le besoin de le perpétrer, doit retenir toute notre attention. Pas notre sympathie, notre attention. Parce que brûler une voiture est un acte ignoble de révolte, un acte de guerre même, l'acte de celui qui n'a plus rien à perdre, il doit nous interpeller. Brûler une voiture, brûler dix voitures n'est pas un jeu, contrairement à ce que disent certains, c'est une impérieuse nécessité. Dire cela, ce n'est pas faire le jeu des casseurs, ce n'est pas méconnaître l'angoisse de nos compatriotes qui, du haut de leurs balcons, surveillent toutes les nuits leurs véhicules, ce n'est pas non plus nier le ressentiment, la "haine", de ceux qui n'ont désormais plus de voiture. Dire cela, comprendre cet acte, c'est déjà lutter contre les racines du mal. Cela fait maintenant plus de vingt ans que les banlieues, à intervalles réguliers, retiennent notre attention, toujours en mal. Nous n'y voyons le plus souvent que deal, délinquance, insécurité. Les médias ne parlent que de ça. N'y a-t-il que ça ? Non. Il y a d'abord des gens qui souffrent d'être enfermés de l'autre côté de la France. Des jeunes qui souffrent d'être rejetés de la communauté nationale. Des jeunes qui souffrent de ne pas jouir des mêmes droits que les autres Français. Le racisme latent, l'ampleur des discriminations raciales, la puissance des mécanismes ségrégatifs, la défaite de l'école, la panne de valeurs et de symboles mobilisateurs, notre incapacité chronique à réduire les inégalités et à accepter la diversité culturelle : ce sont autant de facteurs qui acculent les jeunes des quartiers, et notamment les jeunes issus de l'immigration. Ceux-ci portent aussi une part de responsabilité dans cette spirale de l'échec. En quête d'identité, séduits par la dialectique du bad boy , pris dans les affres d'une surconsommation effrénée et incapables de se rassembler autour de projets intégrateurs, ils se laissent bien souvent piéger par les deux radicalismes qui les guettent : d'une part, un retour exacerbé et parfois violent à la foi, dont l'islamisme est la figure latente, et, d'autre part, la délinquance et le recours à des voies informelles, violentes, pour acquérir ou détruire des biens qu'ils ne peuvent se procurer par d'autres moyens. Aujourd'hui dans les quartiers, à force d'avoir accumulé tant d'impuissance et d'inertie, de plus en plus de jeunes entretiennent le sentiment d'être coupés du reste de la société, abandonnés aux marges, laissés pour compte. Ils se figurent que les autres, souvent les "Blancs" dans leur discours, sont des ennemis contre lesquels, désormais, il faut se battre. C'est cette représentation tragique qu'il nous faut à tout prix contrecarrer. Comment ? Par l'envoi de puissants signaux. Il ne suffit pas seulement de déployer davantage de moyens financiers, de recourir aux sempiternelles politiques sociales ou urbaines. Non, ces solutions ont déjà été employées, elles ne sont pas suffisantes. Nous devons désormais faire face à une situation inédite où, du côté des jeunes des quartiers comme du côté du reste de la France, le manque de dialogue et l'incompréhension réciproque, depuis tant d'années, ont produit une masse colossale de défiance, un gouffre de haine. Aussi faut-il rechercher, créer les conditions d'un dialogue constructif. Non avec les casseurs, mais avec l'ensemble des habitants des cités, les jeunes surtout. Il faut dès à présent songer à l'avenir. Or celui-ci ne peut s'envisager sans une refonte profonde de la politique dite, selon une formule malheureuse, "d'intégration". Celle-ci doit être adaptée à la réalité d'une France multiculturelle et multiconfessionnelle. Mais nous ne pouvons plus continuer à lutter avec les mêmes instruments contre des maux nouveaux. Le mal symbolique des quartiers défavorisés et des jeunes issus de l'immigration doit être combattu, non sur le terrain socio-économique, mais avant tout sur le terrain symbolique. Nous devons produire de nouvelles valeurs d'espérance, nous devons replacer la réussite au coeur du projet d'intégration, nous devons promouvoir la diversité culturelle partout où celle-ci est absente, c'est-à-dire dans l'ensemble des lieux où s'incarne aujourd'hui le pouvoir : la haute fonction publique, la sphère politique, les grandes entreprises, les grandes écoles. Nous avons trop attendu avant de lutter sérieusement contre les discriminations raciales et les ségrégations en tout genre qui paralysent certains individus dans des bulles de relégation. Nous avons trop attendu avant de reconnaître et d'accepter pleinement la diversité culturelle de notre pays, laquelle ne passe pas par des mesures coercitives afin de freiner d'improbables communautarismes, mais par des signaux d'ouverture et de tolérance, sans naturellement rogner les principes fondamentaux de notre démocratie. Nous avons trop attendu avant d'admettre que certaines situations exigeaient des moyens exceptionnels, et non des bricolages périphériques dont le surplus financier est mécaniquement absorbé par l'augmentation des coûts administratifs. Nous avons trop attendu avant de mettre en oeuvre une politique globale, sociale, économique, culturelle, symbolique qui donne aux jeunes des quartiers l'envie de réussir et le goût du vivre ensemble.
Essayiste, Karim Amellal, 27 ans, est l'auteur de Discriminez-moi ! Enquête sur nos inégalités, éditions Flammarion, 364 pages 2005.
4:36 AM
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Libération, Rebonds - février 2007
Il faut développer des dynamiques positives en s'appuyant sur les forces des quartiers.
Les banlieues ont des atouts Par Karim AMELLAL, Alexandre KATEB
QUOTIDIEN : mardi 6 février 2007
Karim Amellal est écrivain, Alexandre Kateb est économiste. Tous les deux sont maîtres de conférences à Sciences-Po.
Sous les projecteurs médiatiques depuis plus d'un an, les «quartiers sensibles» regroupent moins de 8 % de la population française mais concentrent nombre de problèmes. A l'approche d'échéances politiques majeures et compte tenu du silence des principaux candidats, il nous semble opportun de suggérer quelques pistes afin de mieux exploiter les atouts, bien réels, de ces territoires. D'où part-on ? De notre point de vue, ces territoires sont caractérisés par trois logiques ségrégatives qui se renforcent l'une l'autre, chacune étant la résultante des deux autres. La ségrégation spatiale, la plus évidente, «ghettoïse» les habitants dans des espaces enclavés et sous-équipés dont il est très difficile de sortir. La ségrégation socio-économique, elle, se traduit par une pléthore de chiffres noirs. En voici deux, essentiels : un revenu moyen inférieur de 30 % à 40 % au revenu moyen national et un taux de chômage deux fois supérieur à la moyenne nationale (et jusqu'à trois fois supérieur pour les personnes issues de l'immigration). Pauvreté et précarité intriquées obèrent les perspectives et suscitent des frustrations qui nourrissent la délinquance et les actes d'incivilité. La ségrégation ethnique, enfin, est la moins discernable parce que la moins mesurable. C'est un phénomène qu'il ne faut pas minorer, attribuable à la fois à des facteurs sociaux (l'homogénéisation ethnique des cités est le fruit d'une homogénéisation sociale par le bas), sociologiques (la figure de l'«immigré» effraye) ou conjoncturels (crainte de l'islam et crispation identitaire bloquent toute mobilité sociale ou territoriale). Que faire face à cela ? D'abord, il faut redéfinir le principe d'action des politiques destinées aux quartiers défavorisés. En effet, ce n'est pas par des mesures incrémentales, fragmentées et empilées que l'on viendra à bout des problèmes, mais bien par une action volontariste et massive qui se déploie simultanément dans les trois directions identifiées plus haut. D'autre part, l'imposition d'une politique uniforme, en matière d'urbanisme ou d'éducation, se heurte à la diversité des situations locales. Il faut donc renverser cette logique et favoriser l'essaimage des meilleures pratiques expérimentées, sur le terrain, par les acteurs locaux (enseignants, policiers, éducateurs, élus, associatifs). Cela suppose bien sûr un dialogue permanent entre les acteurs locaux et les autorités publiques. Une fois le principe d'action défini, l'enjeu est d'induire des dynamiques positives en s'appuyant sur les atouts des quartiers défavorisés. Il y en a trois, souvent sous-estimés. Le premier, c'est l'«attractivité» géographique. Car ces quartiers bien qu'enclavés, n'en restent pas moins situés dans de vastes agglomérations, en banlieue parisienne ou lyonnaise par exemple, près d'axes de communication majeurs. Le second atout est d'ordre démographique : ces quartiers concentrent une population plus jeune que la moyenne, et qui s'adapte donc plus facilement au changement. Enfin, troisième atout remarquable, c'est la diversité culturelle qui les caractérise, laquelle, à condition d'être bien gérée, est source de performance collective. Ces avantages compétitifs ne laissent pas indifférent. Nombre de grandes entreprises s'implantent déjà dans les zones franches urbaines ou y recrutent directement du personnel, à l'instar d'Ikea ou de la BNP. Dans le domaine de l'éducation, l'expérimentation réussie conduite par Sciences-Po avec des lycées en ZEP mériterait d'être étendue aux autres grandes écoles. Mais cela ne suffit pas. C'est pourquoi il faut tracer de nouvelles directions de travail. D'abord, la «discrimination positive», fondée sur un principe d'équité («donner plus à ceux qui ont moins») et des critères objectifs (socio-économiques ou territoriaux), doit sous-tendre l'ensemble des politiques en faveur des quartiers, tout en étant rationalisée et davantage ciblée. Le cas de la politique de la ville est édifiant. Celle-ci, repose tout entière sur le ciblage de zones vers lesquelles il faut allouer les moyens, mais ce ciblage a donné lieu à une vaste panoplie de «ZZZZ» (ZUS, ZFU, ZRU...) qui se superposent et se concurrencent jusqu'à voir leurs effets s'annihiler. Il faut donc revenir à un dispositif plus simple, plus intelligible et plus facilement gérable en intégrant, au sein d'un zonage unique les trois dimensions clés : spatiale, socio-économique et antidiscriminatoire. D'autre part, la définition du périmètre et du contenu de ces actions doit être déléguée aux acteurs locaux. Enfin ces actions doivent être soumises à une évaluation systématique. Une autre piste consiste à favoriser les synergies dans le domaine de l'éducation et de la recherche, facteurs clés de compétitivité et de croissance, qui doivent être placées au coeur du projet de développement des territoires. On pourrait par exemple créer des pôles de compétitivité autour des universités de Villetaneuse ou de Saint-Denis. C'est le principe du «cluster» dont les quartiers défavorisés doivent bénéficier en priorité, pour faire des territoires de relégation des territoires à la pointe de l'innovation. C'est faisable ! On l'a dit, les quartiers défavorisés sont souvent situés à proximité d'axes de transport stratégiques : il suffit de les utiliser (l'autoroute A1, les aéroports de Roissy et Beauvais, etc.) pour créer de nouveaux bassins d'emplois dédiés, par exemple, aux nouvelles technologies. Cela renforcera l'«attractivité» de ces territoires, créera de l'émulation et stimulera les collèges et les lycées environnants. Enfin, les «écoles de la deuxième chance», en partenariat avec les entreprises locales, pourraient remédier à la sous-qualification de la main-d'oeuvre. Mais tout cela ne pourra avoir lieu sans une participation active des habitants de ces territoires. Il faut faire des citoyens, quels que soient leur couleur de peau, leur âge ou leur niveau de formation, de véritables acteurs du changement. C'est le concept américain de community empowerment, qui a fait ses preuves outre-Atlantique. Redonner l'initiative aux habitants des quartiers, cela peut aussi passer par un développement du micro-crédit, dont la mise en oeuvre serait déléguée aux banques de proximité, et qui serait couplé à un fond national de garantie afin de mutualiser les risques de réduire les coûts pour la collectivité, tout en palliant la ségrégation bancaire. Loin des gesticulations, agir de façon cohérente et pertinente en direction des quartiers défavorisés est possible. Encore faut-il s'en donner la peine.
4:34 AM
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LIbération, Rebonds - juin 2006
..> | Une musulmane reçue sous la Coupole est un signe à ceux qui veulent assumer leur double appartenance.
Le Maghreb à l'Académie française Par Karim AMELLAL
QUOTIDIEN : vendredi 30 juin 2006
Karim Amellal est maître de conférences à Sciences-Po.
Après son élection en juin 2005, la toute récente réception de la romancière et dramaturge algérienne Assia Djebar à l'Académie française est une merveilleuse nouvelle dont nous tous, Français et Maghrébins, devons nous réjouir en des temps marqués par la distance, les crispations et la méfiance réciproques. C'est une merveilleuse nouvelle pour la France et les Français, d'abord, qui honorent leur tradition libérale et intellectuelle, dans le sillage de 1789, en accueillant une grande dame des lettres et une militante, une combattante acharnée de l'émancipation des femmes. C'est une merveilleuse nouvelle pour les Maghrébins, ensuite, qui voient saluée une vaste partie de leur littérature et, au-delà, tous les écrivains, journalistes, enseignants francophones dont la lutte s'est avérée décisive dans des pays où la liberté de penser et d'écrire s'acquiert parfois au prix de la vie. C'est une merveilleuse nouvelle pour l'Académie, enfin, qui trouve là un nouvel élan et, disons-le, une nouvelle jeunesse, en poursuivant son ouverture aux femmes et aux écrivains étrangers francophones. Pour tous les Français issus de l'immigration, la puissance du symbole ne peut passer inaperçue. Elle donne de nouveaux espoirs et ouvre de gigantesques perspectives. La présence d'une femme, d'une Algérienne, d'une musulmane, sous la coupole est un signe envoyé à tous ceux qui désespèrent de pouvoir assumer librement leur double appartenance, leur double culture, leur double identité, d'ici et d'ailleurs, de France et du Maghreb, d'Europe et d'Afrique. La reconnaissance désormais incontestable de la littérature maghrébine d'expression française, dont Assia Djebar porte haut, avec bien d'autres, l'étendard historique, souvent taché de sang, est un pas supplémentaire en faveur du rapprochement entre les deux rives de la Méditerranée. Depuis les indépendances, combien d'écrivains et d'intellectuels ont milité dans cet esprit, et combien ont été enterrés sous la poussière de l'ignorance ou, pire, de l'indifférence ? Pensons par exemple, pour mémoire, à ces grandioses écrivains, poètes et dramaturges que furent Jean Sénac, Kateb Yacine, Tahar Djaout ou encore Rachid Mimouni. Avec Assia Djebar, les plumes de lance de la littérature maghrébine francophone sont nombreuses et respectées, désormais. Parmi les plus célèbres, Tahar ben Jelloun, Abdelwahab Meddeb, Abdellatif Laâbi, Boualem Sansal, Fatima Mernissi, Yasmina Khadra, Rachid Boudjedra, Tahar Nekri, Driss Chraïbi, Albert Memmi poursuivent le même combat : rapprocher les cultures et mettre l'Autre en lumière par-delà toutes les obscurités. Pour les jeunes issus de l'immigration, ceux des «quartiers» ou d'ailleurs, cette littérature est essentielle. Elle contribue à la réappropriation raisonnée du pays d'origine et à l'acceptation positive de la double culture, laquelle est une richesse collective et un moteur individuel. Reste cependant à la promouvoir davantage, dans les manuels scolaires notamment. Car cette littérature n'est pas étrangère. Elle est aussi nôtre. Dans son discours de réception à l'Académie, Assia Djebar reprit à son compte l'expression de Diderot dans sa Lettre sur les sourds et muets, «Il faut être à la fois au-dehors et au-dedans»,pour faire l'éloge de son prédécesseur Georges Vedel. Sans doute cette expression pourrait-elle trouver un écho encore plus ample parmi tous ceux qui s'acharnent à défendre les vertus de la diversité culturelle : on saisit bien mieux le monde à travers l'expérience et l'intelligence de l'altérité.
Dernier ouvrage paru : Cités à comparaître,Stock, 2006. © Libération | ..> .. type=".."> .. function setXiti(s2, p) { xtnv = document; xtsd = "http://logi8"; xtsite = "197813"; xtn2 = s2; xtpage = p; roimt = ""; roitest = false; visiteciblee = false; xtprm = ""; } //--> setXiti('', 'rebonds::Q::G::Le Maghreb à l'Académie frança'); ..>.. src="/_looks/liberation/scripts/xtroi.js" type="..">..> .. ....
4:31 AM
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Sunday, July 29, 2007
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Collectif Qui Fait la France - Présentation
Le collectif Qui fait la France ? est né d'indignations communes et de coïncidences. Qu'ils soient auteurs publiés ou débutants, les membres de ce collectif partagent le goût d'une littérature du réel, sociale et revendicative, militant pour une reconnaissance sensible des territoires en souffrance et de ses habitants, et plus largement pour tous ceux qui n'ont pas voix au chapitre de ce pays.
C'est à l'occasion d'un reportage magazine qu'il a été décidé de sortir de l'aventure solitaire de l'écriture pour fonder ce collectif, à la fois entreprise intellectuelle et association juridiquement constituée. Le livre Chroniques d'une société annoncée est, en effet, la première et plus littéraire étape, puisque ...
tous les droits d'auteur de ce livre alimenteront cette association pour financer sur le terrain des projets en direction des habitants de ces territoires en souffrance. Ce recueil de nouvelles est donc l'acte de naissance du collectif, et affiche clairement la couleur.
Le manifeste expose un constat – relativement indéniable – puis certaines revendications pour une autre idée de la littérature et de la France.
Les dix nouvelles, quant à elles, parlent toutes de la chair de la France, chair meurtrie d'un jeune tabassé dans un commissariat (M. Razane), rêves incarcérés dans le décor de la cité (M. Rachedi), splendeurs et misères, surtout, des candidats quotidiens à l'«intégration» (K. El Bahji, M. Habiba), mirage mercantile tel que vu par un Africain (D. Goumane) puis l'envie, forcément, de fuite, d'évasion et de refuge dans les pays oniriques (J.-É. Boulin), le mythe du retour (T. Ryam), les virtualités mythomanes (F. Guène) ou l'oubli impossible de la souffrance (K. Amellal), hors de soi-même en tout cas (S. Ouazene).
"Chroniques d'une société annoncée"
Editeur : Stock (12 septembre 2007) Langue : Français ISBN-10: 2234060737 ISBN-13: 978-2234060739
Prix 16.50 €
9:35 AM
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