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Khalid ElBahji

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Aug 26, 2008

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Tuesday, September 16, 2008

Réagir ou Mourir


bouche_cousue.jpgDécidément, la pilule passe toujours aussi bien. Météo plus ou moins généreuse, « secret story », « l'île de la tentation », « T'empêches tout le monde de dormir » et consorts qui rempilent une nouvelle fois avec leur dégueulis de bêtises.

Dehors, c'est la fin des soldes ensorcelants, le début des autoroutes pleines à craquer,  des tacots brûlants, pare-choc contre pare-choc s'entassant aux péages comme à l'usine, les économies d'une année ou plus qui partent, avalées par la hausse du prix du pétrole dans l'indifférence la plus « Total ». Les bikinis, les beuveries estivales, les barbecues, les parties de pétanque, tout cela suffit à s'auto convaincre que le problème le plus grave du moment est d'avoir assez de RTT pour pouvoir en profiter. Non pas qu'il est interdit de prendre du bon temps, bien au contraire, mais l'été, c'est connu, est la période critique des consciences. Le moment où l'intellect baisse la garde et laisse découvertes ses surfaces vulnérables, oubliant la kyrielle d'arnaques politiques subies durant l'année.

Côté médias, la chaleur n'a pas entamé la ferveur des éditorialistes. Toujours la même frénésie, la même obscénité, la même obsession à glorifier la grandeur d'un Nicolas Sarkozy plus arrogant que jamais. Entre la libération d'Ingrid Betancourt et l'UPM (Union Pour la Méditerranée, dont le sigle fait étrangement penser à celui d'un parti politique), l'habituelle et  consternante manière dont l'information est triée, orientée et traitée fait de plus en plus frémir. Heureusement qu'un peu de scepticisme bienvenu suffit à pousser une poignée de curieux sur internet ou dans quelques livres pour dénoncer, diffuser et révéler l'énormité des bananes qu'on essaye de nous mettre, jour après jour. S'agissant de l'Union Pour la Méditerranée, comment avoir sereinement confiance en ce projet ? Le chef d'Etat égyptien Muhammad Hosni Mubarak serait, dit-on, pressenti pour être l'un des premiers présidents de cette Union.  Quelle incarnation de démocratie et quel choix progressiste ! Mais a-t-on demandé aux égyptiens ce qu'ils en pensaient ? A-t-on pris la température au sein du reste de la population arabe ? Au 27 européens ? Aux français ? Quels mécanismes de représentation a-t-on appliqués pour désigner Mubarak-le-très-libertaire à cette fonction ? Pourquoi lui et pas un autre ? Et qui a pris cette décision ? Vu l'opacité de la chose, tous les ingrédients sont réunis pour se méfier de cette nouvelle salade qu'on voudrait nous faire avaler.

Ingrid Betancourt. Double victime malgré elle. De ses ravisseurs d'abord, puis des médias français ensuite. Sept années de capture aux mains des FARC et, c'est certain, un courage exemplaire. Je me réjouis profondément de sa libération et me joins sincèrement au bonheur de ses proches. Mais ce matraquage appelle inévitablement à l'interrogation lorsqu'on pense aux détenus de Guantanamo enfermés, pieds et poings liés, depuis presque sept ans et au sujet desquels Nicolas Sarkozy n'a jamais prononcé ne serait-ce qu'une syllabe. Quoi ? certains enlèvements, certaines séquestrations, certaines prises d'otages vaudraient plus que d'autres ? Et certaines fautes moins que d'autres ? Pourquoi ce silence au sujet de l'immonde prison américaine, alors que le président français et ses porte-flingues sont les premiers à l'ouvrir lorsqu'il s'agit de taper sur la Chine (et encore), le Zimbabwe (Mugabe) ou le Soudan ? Pourquoi le 20 novembre 2003, lors de l'émission « 100 minutes pour convaincre », Nicolas Sarkozy et son ex-femme Cécilia faisaient mine de tomber des nues lorsque, face à eux, Tariq Ramadan appelait à un moratoire concernant la peine de mort dans le monde musulman, alors que ne les gêne en rien le fait que la peine capitale soit toujours de rigueur aux Etats-Unis ? Deux poids, deux mesures. Deux intérêts, deux vitesses. Deux cultures, deux visages. C'est aussi simple que cela. L'Histoire se répète et nous prouve que les lâches se rangeront toujours du côté de ceux que l'on voit comme forts. Tout le monde le sait. Mais la peur du coup de pression de qui l'on sait, fait que le monde se tait. La dignité, le refus de se soumettre aux Hommes et la liberté de penser sont les seules choses qu'aucune puissance militaire ne pourra jamais nous retirer. L'injustice, quel que soit le peuple qui la subit, doit être combattue avec la plus grande des rages. Qu'elle soit l'œuvre d'Uribe, Olmert, Mubarak ou G.W. Bush, aucune clémence. Si ce n'est pas par les armes, faisons le par la langue, si ce n'est pas par la langue, engageons la plume, si la plume n'y est pas, animons au moins les cœurs. Et si rien de tout cela n'y est,  n'empêchons pas de réagir ceux qui en brûlent d'envie. En effet, je suis de ceux qui pensent qu'il vaut mieux mourir que de n'être qu'un tas de chair sans réaction. La justice doit rester l'objectif et  une vie entière mérite d'y être consacrée.

Khalid El Bahji

 article disponible aussi sur le: www.quifaitlafrance.com

8:52 PM - 2 Comments - 4 Kudos - Add Comment

Friday, September 12, 2008

Do, Ré, Mi...

Do, Ré, Mi…


11septembre.jpg11 septembre 2001. La Terre entière se souvient de la tragédie. Des Boeing,  des flammes, des cris et des corps, innocents et désolés de l'être, venant se meurtrir sur le par terre New-Yorkais. Le monde entier se rappelle du bruit sourd que produisaient les réacteurs et les carlingues des machines au moment des collisions. Des vies humaines à l'intérieur des tours. Des corps vivants, qui appelaient à l'aide et qui hurlaient de terreur. Oui, des comme nous. C'était, et ça le reste encore, insoutenable. L'horreur des images matraquées jusqu'aujourd'hui par les tubes cathodiques restent sans nom. Trauma, depuis presque dix ans, sans cesse réimprimé au cœur de la psychologie collective. Nous nous souvenons aussi de la vitesse à laquelle le gouvernement américain, alors que ses citoyens, aux fenêtres du World Trade Center, suppliaient qu'on les aide, avait réussi le tour de magie de dénicher les auteurs de ces « attaques» quelques minutes seulement après le télescopage du deuxième avion. Etonnant. Surtout lorsqu'on apprend par la suite, grâce à une vidéo authentifiée et diffusée sur la chaîne Al Jazeera, que la semaine suivant ce séisme émotionnel, le saoudien maudit Oussama Ben Laden avait démenti toute implication dans ces atrocités, bien qu'il s'en fût candidement réjouis quelques temps plus tard (cf.http://www.voltairenet.org/article7617.html). Etonnant encore, que les boîtes noirs des quatre appareils restèrent introuvables ou jugées inexploitables par la CIA, alors que l'un des passeports des soit disant pilotes kamikazes ait traversé la déflagration et fut retrouvé dans les décombres absolument intact. Quatre boîtes noires déclarées quasi indestructibles qui disparaissent dans le feu des collisions et un passeport en papier, écrit en arabe, que l'on retrouve complètement lisible. « God bless America  » c'est tout simplement miraculeux. Encore plus troublant est le nombre d'experts artificiers contestant le Rapport de la Commission d'Enquête américain. Tous déclarent encore qu'après avoir visionné les vidéos et effectué de simples calculs, que l'effondrement aussi rapide des tours jumelles ne pouvait être dû à la combustion du kérosène ou aux deux trous béant laissés par les engins. L'architecture des bâtiments avait spécialement été conçue pour y résister, ainsi qu'aux pires intempéries. Le fait que ces constructions pharaonique n'aient penché ni à droite ni à gauche, mais tombées à pic comme des cailloux en chutant, trouve son explication dans l'étude ultra rapprochée de toutes les images, amateurs ou professionnelle, ayant pu être récoltées toutes ces années. Les étages, réglés comme un métronome, y explosent les uns après les autres à la manière d'une banale destruction d'immeuble. En effet, l'accusation est grave. Mais non sans fondements. Pour comprendre et discerner, il est nécessaire aujourd'hui de dépassionner le débat. De mettre à l'écart l'émotion suscitée par le choc, afin de laisser place à l'analyse, la critique au sens philosophique du terme,  et à la raison. Bien sûr, une connaissance fine de la géopolitique américaine, entre autres au Moyen Orient, est du plus grand besoin afin d'y voir plus clair.

 La chronologie des évènements en avalanche ayant suivi le 11/09 est connue de tous. Axe du bien/axe du mal, invasion de l'Afghanistan, frappes sur l'Irak, menaces sur la Syrie, le Yémen, embrasement des territoires occupées de Palestine suite à la traque aux terroristes demandée par l'administration Bush, attentats de Madrid, puis de Londres, tensions avec l'Iran, remodelage du Moyen Orient comme le prédisait Condi Rice, etc. Résultat, après presque dix ans ? Aucune armes de destruction massive en Irak, Exécution de Saddam Hussein, humiliation massive à grands coups de médias sophistiqués, assassinat du commandant Ahmad Shah Massoud, une terre afghane partagée comme un gâteau entre les armées occidentales, « L'ogre » Ben Laden toujours terré « dans sa grotte », le gouvernement israélien toujours impuni pour ses violations des résolutions de l'ONU concernant les droits élémentaires du peuple palestinien, et j'en passe. Ce n'est tout de même pas peu comme éléments pour au moins se questionner sur l'attitude d'une partie de l'Occident à l'encontre, non pas du monde musulman (le manichéisme est un piège), mais du moindre individu, quel qu'il soit, osant élever la voix contre cette tyrannie des consciences, notamment concernant le 11 septembre.

Bref, ce qui est intéressant, aujourd'hui, ce n'est pas tant de reconstituer l'ordre, les conclusions douteuses et les conséquences de ces événements, mais d'observer la récente nervosité de la presse anglo-saxonne et surtout française suite à d'anciennes déclarations de l'Oscar de la meilleur actrice, Marion Cotillard. Tout commence le 16 février 2007, il y un peu plus d'un an, lors de l'émission « Paris Dernière », où Marion Cotillard était l'invitée spéciale de la soirée. Le cadre semblait agréable jusqu'au moment où l'actrice avouait émettre des doutes sur la version officielle des attentats de New York. «Je pense qu'on nous ment sur énormément de choses : Coluche, le 11 septembre. J'ai tendance à être plutôt souvent de l'avis de la théorie du complot». […] «Pas parano, non, pas parano… On peut voir sur Internet tous les films du 11 septembre sur la théorie du complot, c'est passionnant, c'est même addictif » […]  « Ca, vraiment, je m'interroge, en tout cas je ne crois pas tout ce qu'on me dit, ça c'est sûr.» (ndlr : concernant le fait que l'Homme ait un jour marché sur la lune).
La presse, avec toujours ce même ton inquisiteur, ne tarda pas à réagir face à ces déclarations, allant même jusqu'à menacer Marion Cotillard de lui retirer son oscar fraîchement obtenu. C'est à s'y méprendre mais cela ressemblerait presque à du chantage.

Méchante fille, pas gentille, pan pan sur la main si tu essaye de penser par toi-même ! Sous entend d'une même voix l'écrasante majorité des patrons de presse. Déplorable.

Vendredi 5 septembre 2008, rebelotte. La canalisation médiatique se perce une nouvelle fois. L'humoriste Jean-Marie Bigard donne un nouveau coup d'épaule au château de carte, sur Europe 1, dans l'émission « on va s'gêner », animée par Laurent Ruquier. L'animateur propose un petit jeu où le but était de compléter une phrase du candidat à la présidentielle américaine, John Mc Cain. Chacun y va de sa petite phrase et s'y essaye, sans succès. L'échange tourne rapidement autour de la guerre en Irak et du cache-cache avec Oussama Ben Laden, puis vire doucement sur le 11 septembre. C'est à ce moment précis que Jean Marie Bigard prend ses c……., comme on dit, et se lâche en commençant à faire allusion au documentaire canadien Loose Change, qui décortique point par point la catastrophe américaine.

"On est absolument certain que les deux avions [celui qui s'est écrasé sur le Pentagone et le vol 93, écrasé en Pennsylvanie] n'existent pas ! Il n'y a jamais eu d'avion. C'est un mensonge absolument énorme." Avança l'humoriste avec conviction. « On commence à penser très sérieusement que ni Al Qaïda, ni aucun Ben Laden n'a été responsable des attentats du 11 septembre. » […] «  Il est juste très, très vraisemblable que la version américaine ne ressemble tellement pas à la réalité… Ils refusent tellement de montrer ! Pourquoi ils ne nous montrent pas les caméras de surveillance ? Ils ont tout intérêt à nous montrer un avion qui frappe le Pentagone, mais non , c'est un missile américain qui frappe le Pentagone, tout simplement ! Ils ont provoqué eux-mêmes ! Ils ont tué eux-mêmes des Américains !" Ajouta t-il en enfonçant le clou face à un animateur et des invités cherchant leur mots et s'éclipsant d'abord dans un silence empli de gêne, pour ensuite  s'esquiver en balançant une ou deux blagues vaseuses sur la grossesse de Rachida Dati, histoire de dissiper le stress.


Concernant le drame 11/09, le verdict est sans équivoque, une volonté était bel et bien présente, derrière ces attentats, de nuire à la vie humaine. Nous ne reviendrons pas là dessus. Oser le faire serait une insulte de plus aux victimes et à leur familles. Mais observez les réactions médiatique sur le sujet. C'est absolument édifiant. Hubert Vedrine, ministre (PS) des Affaires étrangères de 1997 à 2002, c'est-à-dire pendant les attentats du 11 Septembre, a été invité par l'animateur Nicolas Demorand a réagir aux « élucubrations » de Bigard.

«Que vous inspirent ces thèses conspirationnistes?» a interrogé le journaliste.


«Rien. C'est grotesque, a déclaré l'ancien ministre de Jospin. Il y a toujours eu des gens pour croire qu'on leur cache des choses, qu'on leur cache tout. Il y a des gens qui ont des visions, et il y en a qui ne voient pas ce qui est évident. Cela fait partie de l'espèce humaine.»

Et Védrine de conclure: «Simplement, maintenant, ça se voit plus, car il y a un écho médiatique. Autrefois, ça aurait été un gars au café dans un village qui aurait dit «tout ça c'est pas vrai, on nous ment. Et ça n'aurait pas eu plus de portée que cela...»

Et si « le gars au café » avait vu juste ? Le « gars au café » ne pourrait-il pas voir juste ? Et pourquoi donc ? C'est à pleurer. On tourne au ridicule, on fait passer pour fou ou paumé, on presse, on harcèle, on fait chanter celui ou celle qui ose questionner le dogme de la pensée unique. Pour preuve, Marion Cotillard et Jean Marie Bigard on été accusé d'être « de mèche » avec Thierry Meyssan (L'Effroyable imposture, Carnot, 2002), et ont été contraints de retirer leurs propos publiquement. La règle, avant la guillotine, pour ne pas mettre en péril une carrière artistique.

Jean Marie Bigard : "Je demande pardon à tout le monde pour les propos que j'ai tenus vendredi dernier pendant l'émission de Laurent Ruquier sur Europe 1", écrit Jean-Marie Bigard. "Je ne parlerai plus jamais des événements du 11 septembre. Je n'émettrai plus jamais de doutes. J'ai été traité de révisionniste, ce que je ne suis évidemment pas" Ecrivait-il dans un court texte transmit à l'AFP.

Mr Vincent Toledano (avocat de Marion Cotillard)  a indiqué qu'elle «n'a jamais eu l'intention de contester ni de remettre en cause les attentats du 11 septembre 2001 et regrette l'interprétation donnée à des propos anciens sortis de leur contexte».

Pourquoi ont-ils changé d'avis aussi vite ? Pourquoi cette nouvelle omerta ? Pourquoi de si plates excuses alors que se présente là l'occasion rêvée d'engager le débat ? Pourquoi s'installe ce sentiment d'insécurité lorsque certaines certitudes en rapport avec le 11/09 sont remises en question ? Quels sont les véritables enjeux ? A qui profite le crime ? Qui en a vraiment les moyens logistiques ? Qui ? Quoi ? Quand ? Pourquoi ? Oui, la conscience humaine ne cessera jamais de chercher, de fouiller, de retourner, de déterrer l'Histoire telle une pelleteuse pour comprendre le présent. Et ce, jusqu'à en avoir le cœur net. Cette nature, commune à tous, reste et ne change pas. Au-delà de cela, une autre chose demeure tout aussi certaine, c'est que cette date historique reste celle d'un crime trop grand pour que les questions sans fin qu'elle appelle restent sans réponse. Or, le problème est également là. Les réponses acceptables font défaut du côté américain et la théorie de « l'attaque » extérieure ne tient plus à l'épreuve de l'étude et de l'analyse. Matraquage médiatique et entretient de la peur, elles, restent de rigueur pour couvrir un gouffre de vide et d'obscurité.

La chorale est parfaitement organisée dans les coulisses et sur la scène de l'information, mais dans le cœur de beaucoup de femmes et d'hommes le doute persiste et gagne de plus en plus de terrain. Qui que vous soyez, où que vous vous trouviez sur cette planète, femmes et hommes de conscience, agissons et ne nous laissons pas endormir.





Khalid El Bahji.

www.quifaitlafrance.com
www.myspace.com/khalidelbahji

10:44 PM - 9 Comments - 4 Kudos - Add Comment

Sunday, May 11, 2008

Mais de quel monde parle-t-on?

« Nous sommes le Tiers-Pays, celui qui n'a rien et qui veut tout », celui qui vit là et qu'on ne voit pas, celui qu'on accuse de tout et forcément coupable du pire. La fable se poursuit. Charentaises fourrées aux pieds, je me place devant mon écran de télé, un sandwich en sursis entre les doigts et les deux yeux collés à une apparente fenêtre sur le monde. Mais de quel monde parle-t-on ?

Je scrute la téloche avec une dalle des grands jours en espérant y trouver un reflet du bout de ma rue. J'attends naïvement le réalisme de Géricault étalé dans de grandes fresques d'hommes et de femmes multicolores où toutes les nuances se chahutent de la cour de récré jusqu'aux pavillons universitaires. Je plisse les yeux devant mon écran pour tenter d'y reconnaitre quelque chose.

 

Le constat est navrant. Sur des plateaux étriqués, des joueurs de flute s'astiquent l'amour propre tout en se méprisant d'un sourire émail. Les divertissements servent du rêve en buffet froid aux smicards avides de beurs dans les épinards. Les pigeons se dandinent sous des puits de lumière dans des talk-shows taillés sur mesure selon les courbes de Miss Médiamétrie. Tout est passé en revue selon le prisme officiel : les jeunes casseurs, les vieillards inutiles, les immigrés parasites, les fonctionnaires oisifs, les banlieusards zonards… Leurs vérités de ventriloque nous enterrent à grands coups de faits divers devenus dogme politique. L'insécurité se vend sans état d'âme pour capter la ménagère entre le fromage et le dessert. Le Zoo de Saint-Denis creuse l'appétit. Quant à moi j'ai la digestion mauvaise,  la France qu'on me serre passe mal.
Alors de quel monde parle-t-on ? L'imposture est pourtant flagrante. Le doigt sur l'estomac, je prends le maquis des insurgés. J'embarque sur la chaloupe des oubliés qui tente d'amarrer la proue des âmes errantes. Comme moi rejoignez l'agitation. Ensemble nous flinguerons à balles réelles le consensus mou des biens pensants, le barillet chargé de cartouches d'encre rouge et de saillies bien placées. Ensemble on secouera des banderoles au dessus des esprits en disette pour réveiller une France qui avance à cloche pied.


Que l'étincelle d'aujourd'hui annonce le brasier de demain pour que la France s'illumine de toutes ses couleurs, de toutes ses odeurs, de toutes ses musiques, qu'elle se regarde comme autant de richesses, comme autant de chances, comme autant de visions du monde. Que les danseurs claquent le pas chassé, que les écrivains cassent les chasses gardés, que les chanteurs lâchent les cris du coeur, que les poètes saignent les figures de styles, que les cinéastes chassent les clichés ternes, que les pigistes signent en première page, que les artistes vernissent les salons privés. Passer de la masse des invisibles aux listes des éligibles, voilà le plan.

 

Rédouane Kibou

http://www.myspace.com/redouanek 

12:54 PM - 1 Comments - 2 Kudos - Add Comment

Thursday, May 01, 2008

L’an VI de la révolution.


L'an VI de la révolution.

http://www.wschmid.ch/_zdocs/63/compositions_personnages/387767884375________la_colere_copier_a.jpg

Le pire du scénario risque de bientôt se réaliser. Ca et là,des grognements nerveux se font entendre au sujet de ce « groupuscule prétentieux » nommé « Qui fait la France ? ». D'agacement, certains contractent discrètement la mâchoire, faisant mine de n'avoir rien vu, rien entendu. D'autres, en dernier recours, tentent de ridiculiser l'évènement en le réduisant à «l'ennuyeuse et lancinante complainte de l'indigénat » ou au mieux, à une nouvelle aubaine politiquement récupérable. Foutaises. Aujourd'hui, les écuyers du show-biz s'essuient encore le visage après ce traître et premier mollard craché d'on ne sait où, le 15 avril 2008, sur M6, tard dans la nuit.


« Le libre arbitre est la condition de la certitude » disait Maurice Schumann. Libres. Libres de choix, de contrats, de fortune à thésauriser, de penser, de clauses, d'agir, de chantage, de carrière à sécuriser, oui, nous le sommes.  Mais au delà de cela, nous restons convaincus d'une chose aussi. C'est que les mailles du filet de l'information sont à géométrie variable et que le chalutier des médias n'est commandé, finalement, que par un petit équipage maladroit. Un pernicieux comité de censure aussi gauche qu'officieux. En effet, quelle meilleure manière pour faire disparaître une chose, que de faire en sorte que celle-ci ne soit, aux yeux de tous, jamais apparue ? Aucune. C'est de loin la meilleure. Paranoïa ? Raisonnement simple ? Simpliste, même. Oui, c'est exactement cela et c'est redoutablement efficace. S'agissant de la paranoïa dont il est de coutume d'affubler toute opposition, l'excuse de nos détracteurs est si candide que nous passerons outre. Voilà quasiment une année que notre premier délit, « Chroniques d'une société annoncée » a été commis aux éditions Stock. Une année à parcourir la France d'Est en Ouest, de Nord en Sud, à défendre bec et ongle ce recueil  auquel il nous tient tellement à cœur de faire découvrir à nos semblables. Oui, une année passée sous le nez hautain des sphinx de la presse, sans qu'aucun de ceux-ci ne lève le doigt (ou plutôt le pouce de César) afin de porter au plus loin cette heureuse nouvelle qu'est la création de ce collectif d'écrivains révolutionnaires. Rien. Absolument rien . Ou si peu. Mais ce n'est pas dramatique. La gravité aurait été de pleurnicher sur notre sort, le regard tourné vers d'autres contrées. Ce n'est pas le cas, car faire la guerre nous rend heureux, juste ciel ! Et notre adage est simple : Ce qui ne nous terrasse pas, nous rend prodigieusement belliqueux. Nous savons désormais, et de source sûre, que la machine médiatique a pour stratégie d'éliminer tout danger potentiel par une mise à mort silencieuse. Par étouffement, par asphyxie. La technique est vieille comme le monde : Rendre invisible une initiative jugée dangereuse en verrouillant tous les ponts importants de communication, afin de la tuer dans l'œuf. La bonne annonce est là, cette tentative de strangulation organisée nous avoue, dans son répugnant souffle, que nous sommes dangereux. Insécuritaires. Nuisibles comme des guêpes autour d'un cageot de miel.  Nous aurions voulu nous tromper, faire fausse route sur ce que nous pensions de la majorité de la presse écrite, télévisée, des émissions dites culturelles, etc. Mais, hélas, nous constatons d'une triste joie qu'il a fallu et suffit d'une poignée de minutes « car-jackée » en direct à la télévision pour faire connaître nos positions, nos idées, nos buts, à l'échelle nationale et internationale. 


Plusieurs centaines de réactions nous sont parvenues. Des virulentes, des touchantes (de loin majoritaires), des glaciales, des passionnées et, en effet, le résultat que nous attendions est là. La masse est bien plus que réceptive, accueillante, et curieuse de ce mouvement qui, avant d'être politique au sens noble du terme, reste une démarche purement littéraire et fort porteuse d'espoir. Le constat est unanime. Nul ne peut aujourd'hui être témoin, contribuable, citoyen et amoureux du sol français sans vouloir faire valdinguer le potage avarié de son espace audio-visuel. Arracher au pied de biche cette tyrannie puante, ce patronnât tentaculaire enraciné le plus souvent depuis plus d'un quart de siècle et légué de père en fils, telle une couronne de guigne. C'est fini, la coupe est pleine. Aujourd'hui nous prévenons afin d'avoir le moins à guérir plus tard. Demain, si ça se gâte, imaginatifs que nous sommes, nous changerons de méthode. Notre fourberie n'aura pour limite que notre honneur. Nous avons déjà prévenu par un premier crachat dans la face boursouflée du show-business que nous n'hésiterons pas à grimper dans les échelons de la dureté si les portes-flingues à eau et les fouilles merde de la lucarne magique ne cessent d'infantiliser et de culpabiliser le peuple. De l'accabler de fautes, de l'accuser d'abandon,  pendant qu'en tête de liste, les macs de la « real tv », les proxénètes de la misère humaine, les trafiquants malhonnêtes du chagrin des HLM, les allumeurs de mèches religieuses, les démons de l'affront des sexes, des ethnies, des civilisation, figurent parmi les plus grands responsables de la chute et du pourrissement de la culture française. Nous le disons clairement, nous ne craignons aucun Homme, aucun pouvoir, aucun lobby. Nous n'avons pas peur et nous promettons que plus un seul cocher des carrosses médiatiques ne trouvera le repos si les choses ne changent pas. C'est dit.


An VI de la révolution.


                                                                                                                           



Khalid El Bahji


« Politiser les masses, c'est s'acharner avec rage à faire comprendre aux masses que tout dépend d'elles. »  (Frantz Fanon)

12:13 PM - 1 Comments - 2 Kudos - Add Comment

Saturday, April 26, 2008

Nous sommes le tiers pays, celui qui n’a rien et qui veut tout ... Appel à l’action



Vous êtes chaque jour plus nombreux  à vouloir rejoindre « Qui fait la France ? » pour participer au mouvement  d'agitation citoyenne  que nous avons lancé depuis notre intervention chez FOGIEL.

Vous êtes des citoyens qui se sentent mis au ban,  des invisibles de ce pays, des crèves la faim, des mecs des quartiers, des sans papiers, des précaires, des dominés, des indignés, des blancs, des noirs, des rebeus, des asiatiques, hommes et femmes de bonne volonté, ceux qui ont mal à la France et au monde, habitants des quartiers populaires et des bourgs de nos provinces.

Vous partagez le même espoir : rendre visible la France invisible.

Nous vous proposons un mode d'action : investir l'espace public.

Il s'agit  bien sûr d'intervenir au cœur du cirque médiatique  pour en dévoiler l' obscénité, la sclérose, le mépris pour le peuple, le profond racisme, l'ignorance, les mensonges. Tous les espaces publics  peuvent devenir nos terrains d'expression et de révolte. Entrons dans le combat, celui de notre dignité.

« Qui fait la France ? » vient d'ouvrir des forums à travers toute la France de manière à ce que vous puissiez réunir vos énergies et obtenir de notre part un fort soutien organisationnel (celles et ceux déjà inscrit-e-s sur le site auront à se réinscrire sur le forum).

Et tout aussi concrètement le collectif mettra à votre disposition des supports, des conseils, des contacts et  des propositions d'actions.
Nous n'avons pas la parole ? Alors prenons-là. Tous unis, faisons entendre nos aspirations pour un vivre ensemble réel dans une société juste et démocratique, donc plus apaisée.... Lire la suite.

7:42 AM - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Tuesday, April 22, 2008

MERCI.

Vous avez été très nombreux-ses à nous écrire, bien au-delà même de nos espoirs. Ceci nous rassure sur la justesse de notre appel tant ce dernier a trouvé échos auprès de vous. Nous vous remercions très sincérement pour vos encouragements. Nous allons répondre personnellement à chacun-e d'entre vous, cela prendra un peu de temps car il s'agit de plusieurs centaines de mails à traiter.

Par ailleurs, vous êtes nombreux-ses à vouloir rejoindre le mouvement, à nous demander comment agir. Restez attentif-ve-s, nous allons bientôt répondre à ces sollicitations et vous proposer un mode d'action.

 

Tous unis, et par la NON VIOLENCE, nous ferons entendre nos aspirations communes pour un vivre ensemble dans une société apaisée, donc plus juste !

 

Collectif "Qui Fait La France ?"
www.quifaitlafrance.com

2:35 PM - 1 Comments - 2 Kudos - Add Comment

Wednesday, April 16, 2008

Collectif de banlieue? Connivence avec Fogiel?

ça et là, quelques voix s'élèvent pour, après notre prise de parole chez Fogiel hier, s'indigner de l'émergence d'un collectif renfermée sur la problématique banlieue, et d'autres d'affirmer que notre intervention aurait été convenue préalablement avec Fogiel...

 

1. Si la souffrance des banlieues est la plus spectaculaire, la plus démonisée, il y a d'autres souffrances aussi profondes dont le collectif "Qui Fait La France ?" se veut le porte-parole. Ce sont les invisibles que nous représentons...

La suite sur le www.quifaitlafrance.com

2:50 PM - 1 Comments - 2 Kudos - Add Comment

1er coup au coeur de la machine.

Appel lancé dans l'émission "T'empêche tout le monde de dormir"

Trois membres de notre collectif sont intervenus chez Fogiel hier, une opération de prise de parole dans l'espace public sans y être invité.
Le texte de l'appel adressé aux téléspectateurs-trices en direct :

Nous sommes le collectif qui fait la France, collectif d'artistes et d'écrivains, et nous voulons juste adresser aux téléspectateurs un message d'espoir et de résistance. Puisque nous n'avons pas la parole, nous la prenons, même au sein d'une émission de qualité comme la vôtre.

D'un bel élan, la France célèbre mai 68. Jeunesse révoltée aujourd'hui canonisée. Le formol gagne du terrain. La jeunesse d'aujourd'hui a la bouche scellée. Seuls parlent les intellectuels autorisés, les entrepreneurs médiatiques, les dominants de tout genre. Nous n'y trouvons pas notre compte, alors que la colère gronde. Celle-ci est juste en mal d'énonciation, alors énonçons-là, préparons les mai 2008, 2018, 2068... Suite

10:30 AM - 1 Comments - 2 Kudos - Add Comment

Monday, April 07, 2008

Mohamed Razane, le norvégien!

Sortie de "Dit Violent" en Norvège

Mohamed Razane a été traduit en norvégien et sortira donc en Norvège le 15 Avril. Edité chez Minuskel, il porte le titre de "Leve, Overleve" (vivre, Survivre). Mattez- moi cette couverture, si elle a pas de la gueule!  ;-)



Norvégiens, norvégiennes, mon peuple de France vous passe le bonjour!!

@+ La mif, on vous tient au courant!

Khalid.

1:55 PM - 2 Comments - 4 Kudos - Add Comment

Juif! / ...

Juif! / Arabe!


J’arpente les chemins de ton Histoire, ce temple. Yeshivas dont les murs chutèrent
Ultime reconstruction. Edifice de sève qui fléchira, si le passé reste ainsi sous terre
Imagine moi assis à ton repas, honoré, te souhaiter le bon Pessahh
Folie de l’ignorant, qui ne voudrait pas de l’amitié d’un disciple de Mûsa ?

Et
Toi ?

Amin, répondit celui qui annonça. Qui enseigna par la mine
Reflet du soleil de Médine sur les âmes humbles de Shefayim
Ashkénaze érudit. Séfarade aussi. Largeur de nos épaules brunes
Beersheba vit à Fès, et Lûbnan à Ashqelon
Etoile du Croissant ou de David, ensembles. Ainsi, Les terrains ne peuvent acheter l’Homme.




Précisions.

Yeshivas: Ecoles Talmudiques

Talmud: litt.: "étude". Le Talmud est le corpus des discussions rabbiniques. Est composé entre autre de la Michna et de Guemara ainsi que des nombreux commentaires ultérieurs.)

Pessah: Passage. La pâque juive. commémore la sortie d’Egypte.

Mûsa: Moïse en langue arabe.

Médine: Ville historique de la péninsule, appartenant aujourd’hui au Royaume d’Arabie Saoudite.

Shefayim: Ville israelienne, au nord de Tel-Aviv.

Ashkénaze: Juif originaire d’Europe de l’Est

Séfarade: Juif généralement originaire du Mahgreb

Beersheba: Ville situé dans le desert du Neguev, au sud d’Israël.

Lûbnan: "Liban" en langue arabe. "Lebanon" en hébreu.

Ashqelon: Ville situé au Sud de la côte israëlienne et donnant sur la méditérrannée.

7:02 AM - 4 Comments - 7 Kudos - Add Comment


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