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Apr 24, 2008

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Yoann MOESS

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Saturday, September 15, 2007

Les corps Antérieurs (Roman)

LES CORPS ANTERIEURS


Le 28 mai. Une belle journée de printemps s'achève. Le soleil fond. Il se dissout peu à peu. S'il continue comme ça, il n'existera plus demain. Je voudrais lui crier d'arrêter mais je sais qu'il ne m'entendra pas alors je capitule. Le soleil est plus fort. Son coucher fait naître des couleurs iréelles qui s'écrasent sur le ciel de paris. Je suis sur ma terrasse. Les derniers rayons éclatants viennent se poser sur mes bras, mon visage. Je suis bien finalement. Je ne pense à rien, où plutôt je me dis que je ne peux rien faire contre son agonie alors je laisse faire. La voisine écoute du raï. Il s'écrase sur les parois de sa fenêtre avant de s'échapper pour me pénétrer. Mon corps danse malgré moi. Le soleil fond de plus belle et je suis bien.

Un oiseau vient se planter sur le rebord de la terrasse. Je le regarde. Il me regarde. Il me parle. Il me dit qu'il a faim, qu'il a une famille à nourrir lui. Que déjà il traverse la France de tout son long deux fois par an et que maintenant il est fatigué. Il m'insulte, me provoque. Je fais mine de ne pas comprendre. Il me menace. Même pas peur. Finalement je me lève pour aller chercher du pain dans la cuisine. J'émiette un morceau de pain dur acheté la veille. Quand je reviens, l'oiseau est parti. Ils ne savent pas ce qu'ils veulent les oiseaux.

Le soleil est presque mort. Il se traine encore un peu, juste au dessus du sacré c--ur. Ca lui donne une couleur magnifique. Orange puis rose puis bleutée. Le raï de la voisine continue de se disperser. Je suis sur ma terrasse. J'ai deux bras, deux jambes et deux parents. J'ai soif. Je rentre dans mon appartement pour me servir un verre de whisky. Avec un peu de coca et deux glaçons. Je retourne sur ma terrasse. Le soleil est parti mais les oiseaux chantent toujours. La première gorgée me brûle toute la bouche, puis la gorge. Je la sens ensuite descendre tout le long de mon --sophage pour remonter dans mes tempes et dans mon front. Les gorgées suivantes se fondront dans le moule et après je ne sentirai plus rien. Dans l'immeuble d'en face, un couple gesticule. Ils s'engueulent apparamment. La nuit tombe sur Paris. Quand le soir arrive, je me sens toujours mieux, apaisé. Une nouvelle vie commence.

Quand j'étais gamin, j'enviais les personnes qui travaillaient dans les péages. Dans ma tête de gosse elles avaient une vie deux fois plus longue et plus remplie. Finalement je suis devenu architecte. Je suis architecte. Enfin j'étais architecte jusqu'au 10 avril dernier. Un jour mon chef m'a convoqué dans son bureau. Il m'a expliqué que les frais de structures étaient trop importants et qu'il fallait supprimer mon poste. L'entreprise ne gagnait pas assez d'argent alors il fallait se séparer de précieux collaborateurs. Mes qualités n'étaient pas du tout remises en cause mais il avait fallu faire un choix et c'était tombé sur moi. Cet homme c'était le diable, il en avait le regard vicieux et les cornes. Dès le premier jour je m'en suis aperçu mais j'ai préféré me taire. Plus tard j'ai sondé mes collègues pour voir s'ils s'étaient également aperçus de la véritable identité de cet usurpateur mais personne n'a semblé sensible à mes propos. Alors je me suis résolu à travailler avec le diable. J'ai travaillé comme un âne, sans relache. Et puis il a décidé de se séparer de moi. A ce moment j'ai eu envie de lui arracher ses cornes pour les montrer à tout le monde ; leur exhiber la preuve que cet homme était bien le diable. Mais je n'ai rien fait. On a organisé un pot pour mon départ, on m'a offert un beau cadeau passé en note de frais et je suis parti avec toutes mes affaires dans un sac muniprix. C'est là que je me suis dit que ça ne tenait pas à grand chose une vie. 5 ans de vie dans un sac muniprix.

16:12 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Wednesday, April 25, 2007

La normalité

Marre d'un univers aseptisé

lignes de conduites aménagées

chemins de verre déjà tout tracés

voir aux réactions préfabriquées

Moi je commence être lassé

de ces langues qui ne savent qu'imiter

de ces bouches qui ne font qu'expirer

sans cesse des refrains rabâches

Marre de se vautrer dans des moules clonés

se morfondre dans des portraits mal léchés

respirer l'air qu'on nous a insufflé

exit les schémas types usés

La normalité

c'est comme vous voulez

en tous cas, très peu pour moi

très peu pour moi

Marre de ces modèles démodés

cas de figures mal imposés

de ce monde au jeu de glace teintés

killer de toute originalité

Moi je voudrais pouvoir m'allonger

la où les autres ne peuvent pas marcher

et sans voir la morale me saper

ce qui me reste d'excentricité

Marre de ces saveurs informatisées

jouer le jeu de la morosité

des personnes sans personnalité

exit les idéaux délavés

La normalité

C'est comme vous voulez

en tous cas, très peu pour moi

très peu pour moi

La normalité

c'est comme vous voulez

en tous cas, très peu pour moi

très peu pour moi

09:57 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

En l'air

Mon amour

J'espère que tu n'as pas trop mal

là, couché sous le voile

sans fard ni lumière

nos rêves dans les airs

et l'espoir accroché 

à mes mots murmurés

Ta vie si fragile

petit cœur sur un fil

Croix de bois, croix de fer

Si tu mens, j'irai à la mer

Le souffle chaud, un corps de pierre

les anges ne cessent de t'observer

Je sais bien que tu as sommeil

Est-ce que tu rêves des merveilles ?

Mon cœur a dix pieds sous terre

se bat pour toi même en l'air

Mon amour

J'espère que tu n'as pas trop froid

là , blotti dans ce drap

sans peur ni reproches

ta vie qui s'accroche

à mes mots susurrés

Couchée à tes côtés

tu sais j'ai peur du noir

Petit cœur en retard

Croix de bois, croix de fer

Si tu meurs, j'irai en enfer

08:56 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Notre esquisse

Comme le futur

sans le passé

Comme la lune

mal raccrochée

Notre amour n'a pas eu le temps

Notre amour soufflé par le vent…

Notre amour n'a pas eu de vent

Notre amour soufflé par le temps…

Comme une peinture

inachevée

Comme une esquisse

trop regardée

Notre amour n'a pas eu le temps

Notre amour soufflé par le vent…

Notre amour n'a pas eu de vent

Notre amour soufflé par le temps…

Comme l'encre noire

qui a coulé

d'un beau voilier

ou d'un plumier

Notre amour n'a pas eu le temps

Notre amour soufflé par le vent…

Notre amour n'a pas eu de vent

Notre amour soufflé par le temps…

Notre amour n'a pas eu le temps

Notre amour soufflé par le vent…

Notre amour n'a pas eu de vent

Notre amour soufflé par le temps…

09:55 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Petite mélodie urbaine....

Sur l'asphalte

troublante

de la ville

toi et moi

hécatombe

toi et moi                                

je t'aime

dans la ville                             

photographique                       

une ombre

deux ombres

trois ombres

hématome

sur l'asphalte

Urban jungle

Urban jungle

C'est l'enfer

mouvant

mutant

de la ville

toi et moi

erratum

toi et moi

je t'aime

dans la ville

pornographique

une tour

deux tours

trois tours

chacun le sien

en enfer

Urban jungle

Urban jungle

Alors j'entends

cette petite mélodie urbaine

j'entends...

12:51 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Thursday, January 11, 2007

En attendant Matisse...

Viens ma petite esquisse

humide délice

portrait craché

bleu

mouillé

trempé

Viens petite esquisse

en attendant Matisse

I'm Waiting for Matisse

moi j'attends Matisse

j'attends Matisse

Viens ma petite exquise

désirs couchés

portrait léché

bleu

passé

souillé

Viens petite esquisse

en attendant Matisse

I'm waiting for Matisse

moi j'attends Matisse

j'attends Matisse...

Moi j'attends Matisse

J'attends Matisse...

02:03 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Wednesday, January 10, 2007

Un rien de toi

On en a connu des matins

bonheurs heureux, bonheurs chagrins

où tu me gardais dans tes bras

comme un enfant que je n'étais pas

On en a connu des pleines lunes

des rêves velours, doux comme la plume

On s'en est construit des souvenirs

des châteaux de sables et des empires

On en a écrit des musiques

c'était grisant, c'était magique

On s'était dit « c'est pour toujours »

ça ne compte pas, c'est de l'amour

Mais si demain tu n'es plus là

Je garderai au fond de moi

cette mélodie du toi et moi

Même si demain toi tu t'en vas

Je garderai au fond de moi

ce petit air, ce rien de toi

Je garderai ce rien de toi

Un rien de toi

On en a connu des futurs

des « oui », « peut être » et des « bien sûr »

des jeux de rôles, des jeux de mains

et même parfois des lendemains

On en a écrit des portées

des « si », des « la » dans toutes les clés

On en a écrit des histoires

des tristes, des gaies, des dérisoires

On en a soufflé des bougies

On a pleuré, on en a rit

On s'était dit « c'est pour la vie »

Même en plus moches, en plus vieillis

Mais si demain tu n'es plus là

Je garderai au fond de moi

cette mélodie du toi et moi

Même si demain toi tu t'en vas

Je garderai au fond de moi

ce petit air, ce rien de toi

Je garderai ce rien de toi

Un rien de toi…

21:17 - 1 Comments - 1 Kudos - Add Comment

Laisse Moi

Puisque ce matin est le dernier

qu'ensuite ton cœur va s'enterrer

laisse moi m'envoler haut, plus haut

laisse moi être heureux de nouveau

Puisque le temps mort aura passé

sur le futur qu'on a tracé

laisse moi profiter de l'instant

laisse moi sourire même si je mens

Même si les anges sont tombés

moi je veux encore y croire

à ces amours illusoires

ces promesses d'éternité

qu'on a couché sur le papier

Même si nos ailes sont brûlées

moi je veux encore y croire

à ces amours illusoires

ces promesses qu'on a semé

derrière nous comme ces baisers

Puisque après il ne restera rien

qu'une empreinte, un souvenir loin

laisse moi écrire nos dernières heures

laisse moi précéder la douleur

Puisque l'hiver long va se poser

sur notre amour, l'emprisonner

laisse moi m'envoler haut, plus haut

laisse moi être heureuse de nouveau

Même si les anges sont tombés

moi je veux encore y croire

à ces amours illusoires

à ces promesses d'éternité

qu'on a couché sur le papier

Même si nos ailes sont brûlées

moi je veux encore y croire

à ces amours illusoires

ces promesses qu'on a semé

derrière nous comme ces baisers

Moi je veux encore y croire

à ces amours illusoires

laisse moi y croire

même pour un instant

même si je me mens

Laisse moi...

17:17 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Monday, January 08, 2007

Dans le dos

Je ne sais pas où j'en suis

si je souffre ou bien je suis

ce chemin qui mène là où

seuls les anges restent debout

devant nos coeurs trop ouverts

si tu n'es plus la lumière

mais seulement l'ombre de nous même

que ta volonté soit mienne

Toi tu m'as laissé sur le carreau

nous donner du temps était trop beau

tu me l'as planté bien dans le dos

notre amour ami à demi mot

Je ne sais plus où je vais

si je meurs ou tu renais

de nos cendres et la poussière

du fond de mon corps ouvert

vois, sulfure est dans mes veines

et toi à l'ombre de nous même

tes jambes ne nous portent plus

que le temps soit mon élu

Toi tu m'as laissé sur le carreau

nous donner du temps était trop beau

tu me l'as planté bien comme il faut

notre amour ami à demi mot

Je ne sais pas où j'en suis

si je sème ou bien je fuis

nos promesses d'éternité

petites gouttes de sang séché

devant toi ma plaie ouverte

s'effondrent mes fêlures secrètes

puisque imparfaits l'un pour l'autre

que ma souffrance soit la tienne

Toi tu m'as laissé sur le carreau

nous donner du temps était trop beau

tu me l'as planté bien dans le dos

notre amour ami à demi mot

bien dans le dos...

10:07 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

C'est quoi ma vie

Dans les rues  je marche alone

dans la vie, j'avance, un clone

un pas bien devant l'autre

un de trop me dit l'autre

On me dit que j'ai du temps

de l'amour et de l'argent,

la jeunesse et son onguent,

mais devant moi il n'y a rien,

alors je m'assois,

C'est quoi ma vie,

une goutte de sang dans l'océan

Je suis là, je l'attends,

envers et contre tous

de déboires en déveines

je suis las du latent

des jours où l'on se fige

posés devant la scène

c'est ça ma vie

semée aux quatre vents

Je suis là, je l'attends,

à ne plus savoir qu'enfer

Dans les rues je marche alone

dans la vie, j'avance, aphone

ne pas se retourner

pour ne pas regretter

le tout et les petits riens

les apparences et les liens

couché sur mon avenir

je ne vois plus rien venir

alors je m'assois

C'est quoi ma vie,

une goutte de sang dans l'océan

Je suis là, je l'attends,

envers et contre tous

de déboires en déveines

je suis las du latent

des jours où l'on se fige

posés devant la scène

c'est ça ma vie

semée aux quatre vents

Je suis là, je l'attends,

à ne plus savoir qu'enfer

10:02 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment


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