Sign: Capricorn
City: Paris
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31 Aug 08 Sunday
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E la nave va...
Il était un petit navire... (chanson populaire)
... Avant de passer à autre chose, je cède ici rapidos à une petite vanité d'auteur . Voici donc une ballade que j'ai commise en juin dernier, en surveillant à nouveau le bac (le bon, celui-ci). J'avais l'intention de la lire au 'pot' rituel de fin d'année, et puis, sagement, je me suis dit 'non, je pars: paix aux hommes de bonne volonté !'. Dont acte.
Mais bon, les passions sont maintenant apaisées, donc, sourions-en. Vous noterez tout de même que ce que j'ai quitté, ce ne sont pas les 'sauvageons' indisciplinés, mais la coque, et le capitaine...
Au lycée Marcelin Berthelot, ballade
Comme le Titanic, c’est un lourd paquebot,
Bruissant de mille voix, du pont au bastingage;
Il navigue au jugé, étrange pilotage,
Qui range dans des clans le moindre matelot.
Avant que sur l’écueil sa coque n’ait pris l’eau,
On croyait au progrès, à la science, au partage,
Et qu'on pourrait sauver les enfants du naufrage,
Dans les murs du lycée Marcelin Berthelot.
Certes, sont arrivés des ordis à gogo,
Des claviers, des écrans (bonjour le piratage!)
Car il urge soudain de faire un recyclage
Des savoirs attachés au livre et au stylo.
Gérant la pénurie et endiguant le flot
Des marins détournés sur un autre mouillage,
Vogue donc la galère ! On apprendra la nage
Dans les murs du lycée Marcelin Berthelot.
Dans le sérail, on dit que je suis virago,
Et que mon CDI n’est pas très à la page.
Foin des animations, de mes auteurs vintage:
Fitzgerald et Mahfouz, Stevenson et Rimbaud !
Eprise de Jaurès comme de Picasso,
Retoqueuse de slam, et même cinéphage,
Je me voulais passeur:j'ai fait du gardiennage,
Dans les murs du lycée Marcelin Berthelot.
ENVOI:
Prince, quand la Méduse a largué son radeau,
Le capitaine avait lâché son équipage;
C’est ainsi qu'on devint un jour anthropophage
Dans les murs du lycée Marcelin Berthelot.
02:06
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26 Sep 08 Friday
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Entre les murs
Evidemment!
Songez à ne pas passer votre vie à hair et à avoir peur (Stendhal, dans Lucien Leuwen)

... Entre les murs de Laurent Cantet, Palme d'or 2008 à Cannes, donc, donc. Comme la plupart des enseignants, j'y suis allée en traînant les pieds, exaspérée à l'avance par tout ce battage médiatique et tout ce que j'en avais déjà lu.
Eh bien j'avais tort: ce film est MAGNIFIQUE: courez-y!!
Car entre les murs de l'école, c'est exactement comme cela: EXACTEMENT: notre école, mais surtout notre société. Il confortera donc chacun dans les certitudes qu'il a déjà... Pour moi, paradoxalement, ce film a la pêche, et me donne de l'espoir, sans occulter les impuissances et les ratages.
D'abord, Laurent Cantet est décidément un metteur en scène formidable, qui voit et filme tout, et si bien, d'une façon frontale: les ambiguïtés de la mixité sociale et les décalages abyssaux, les rapports de force, les humiliations ordinaires, les enjeux du langage, l'aspect terriblement affectif des rapports maître/élève, le Conseil de discipline comme un thriller. Tout cela est très juste: seule (petite) réserve: son 'équipe pédagogique' est un peu trop idyllique: unie, solidaire, motivée (mais ça arrive ). Mais, au delà de l'anecdote, ce n'est pas un film sur l'école, mais sur la société (n'oublions pas que c'est une fiction: ici, l'école n'apparait que comme le microcosme symbolique de la société française actuelle, qu'on l'aime ou pas). C'est ce qui différencie ce film des multiples films déjà sortis sur l'école et la banlieue, et prouve l'immense talent de Laurent Cantet, et son sens des raccourcis significatifs, de la litote, de la bonne distance à adopter, et même une forme d'opacité dans son discours. C'est en quoi il diffère de Bégaudeau qui jusque là expliquait à tout le monde ce qu'il fallait faire, et qui ici apparait parfois comme un pauvre type dépassé par les évènements, pas forcément sympathique, et inégal, comme tout le monde. En fait, Cantet l'a utilisé aussi: il est François Marin, et pas l'ineffable FB qui qui sait tout sur tout, et qui m'exaspérait à travers son livre et ses interviews. Et les gosses sont formidables! Une palme culottée, et ultra méritée, donc: bravo Sean Penn et les autres (enfin, ça aurait été encore mieux s'ils avaient donné aussi le Grand Prix du jury à Valse avec Bachir)
00:55
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Cuauhtli, le retour
Bon, nouveau lieu, nouveau travail, nouvelle vie, nouvel âge ... Je remets en circulation ce blog abandonné depuis plus d'un an. Tiendrai-je le cap? La Terre n'a qu'un soleil (poème touareg) 
Pour commencer, 5 résolutions à mettre en pratique chaque jour (pas si évident): - Faire une chose emmerdante - Rire au moins une fois aux éclats - Manger un truc délicieux - Se bouger physiquement - Faire un truc créatif A suivre...
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08 Sep 07 Saturday
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re-Ballade de rentrée
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Afin de me remotiver en cette rentrée 2007 - eh oui, pour moi l'année va de septembre à septembre! -, je fais remonter ici cette ballade composée en décembre 2006, en attendant d'en commettre une nouvelle: ....
Le voyage n'est nécessaire qu'aux imaginations courtes. Colette

Hier et ce matin au lycée, en surveillant (interminablement) le bac blanc de mes élèves, j'ai commis quelques vers, pour passer le temps. Les voici:
De Mexico à Bruxelles, ballade
Ai-je besoin de m'exiler Pour m'évader, d'aller chercher De grands frissons à Cipango? Alors qu'en montant vers l'Escaut, Et sans plomber mes escarcelles, Je retrouve un monde nouveau, Car Mexico devient Bruxelles.
J'ai connu l'éternel été, Le maïs en guise de blé, La pyramide et le llano, Les jardins de Xochimilco Où Carlota brûla ses ailes. ... Suspends ton vol, petit gerfaut, Car Mexico devient Bruxelles.
Au plat pays, j'ai retrouvé, Le squelette et le bénitier: Pour rire tout près du sanglot, Ensor vaut bien Frida Kahlo. Enveloppée dans ses dentelles, la Catrina se fait Margot, Car Mexico devient Bruxelles.
Envoi: Prince, le grand Carlos Quinto, Du monde tenait les ficelles; Il te reste l'Eldorado, Car Mexico devient Bruxelles.... | ..
18:31
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18 Jul 07 Wednesday
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Nopal: nouvelle(s) édition(s)...
Avant de peindre un bambou, laisse-le d'abord pousser dans ton for intérieur. Proverbe chinois

... Où se trouvent donc ces superbes raquettes mexicaines? A Bruxelles, peut-être? Perdu! C'est simplement la porte des Editions du Nopal, 4 rue de Castiglione, 75008 Paris
On y trouve du liberty en rouleaux, des almanachs à l'ancienne, des tableaux du peintre argentin Antonio Segui, mon fantôme déguisé en photographe, et, en cherchant bien, sans doute un raton-laveur...
14:23
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08 Jul 07 Sunday
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The Other
Je me crois en enfer, donc j'y suis. Arthur Rimbaud

Hier, à la Cinémathèque de Bercy, j'ai enfin vu ce film-culte de Robert Mulligan. Bien qu'il soit très connoté "années 70" (il date de 1973), notamment dans le jeu de ses acteurs (très Actor studio!), il m'a frappée par sa beauté oppressante, sa puissance, sa violence intérieure, et son mépris des tabous concernant l'enfance. Dans la lignée du Tour d'écrou d'Henri James, il donne réellement la chair de poule.
Après Mulligan, nombre de réalisateurs (Amenabar notamment, limite plagiaire avec The Others ) ont repris cette thématique, mais ils sont loin d'avoir atteint la même intensité, en dépit des moyens d'aujourd'hui. Lisez plutôt cet article qui résume tout le bien que je pense du film:
The Other
... J'aime énormément tous les films de Robert Mulligan, qui sont toujours d'une sensibilité extrême, y compris le dernier: Un Eté en Louisiane. Mais j'ai une tendresse particulière pour l'un de ses premiers, tiré du célèbre prix Pulitzer de Harper Lee, soudain remis au goût du jour l'an dernier: To kill a mockingbird:

23:50
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30 Jun 07 Saturday
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7 choses que les autres ne savent pas sur moi
Une fois que l'on sait une chose, on ne peut plus jamais ne pas la savoir. Anita Brookner.

Bon, mon amie Nemo m'a taggée (je découvre avec ravissement ces petits rites qui circulent de blog en blog) et je dois renchérir. Une fois n'est pas coûtume, je ne vais donc pas parler aujourd'hui de livres ou de films, du Mexique ou de la Belgique, mais je vais énumérer 7 choses que vous ne savez pas sur moi (enfin, pas toutes, et pas tous):
1) J'ai très peur des insectes, et les criquets en particulier me rendent complètement hystérique, depuis qu'au Sénégal -j'avais 12 ans-, l'un d'entre eux, long d'au moins 8 cm, a sauté sur mon épaule nue et s'y est agrippé.. Dans ma famille, on n'a d'ailleurs pas de chance avec les criquets (sales bêtes! ce sont eux ce qui ont fait chuter mon frère à "Questions pour un champion").
2) Contrairement aux autres droitières (observez-les!), je porte toujours mon sac en bandoulière à gauche, afin de pouvoir fouiller dedans de la main droite sans m'arrêter de marcher.
3) Malgré ma maladresse, je sais coudre minutieusement, et je réussis à merveille les réparations, reprises et finitions à l'ancienne (genre boutonnières passepoilées, par exemple )
4) J'ai une garde-robe étourdissante, particulièrement fournie en créateurs belges ou japonais, mais de peur de salir ou d' abîmer mes belles fringues, je porte toujours -enfin, souvent- les mêmes vieilleries. Et en particulier des "tenues de maison" particulièrement hideuses.
5) Je suis, hélas, une "shopaholic" de la plus belle eau (oui, ça a un rapport avec le point 4 )... Et je fais partie aussi de la confrérie des lectrices compulsives de Sophie Kinsella (l'auteur-culte de Confessions d'une accro du shopping, publié chez Pocket au prix de 6 euros). Dites, ça vaut peut-être pour deux choses, là, non? Mais bon, comme le point 3 n'était qu'un demi-scoop...
6) Je ne sais pas conduire. Et ça vaut mieux, car j'ai aussi du mal à distinguer la droite de la gauche (pour ce faire, il faut que je fasse semblant d'écrire. Evidemment, en conduisant ...)
7) Je découpe/décolle parfois discretos des affiches de cinéma dans la rue, le métro ou les lieux publics. J'ai même un couteau à parmesan réservé à cet usage dans mon sac -celui-la même que je porte à gauche-.
Voilà. Et maintenant, je tagge The Cheshire Cat. A toi, gatita!
04:07
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06 Jun 07 Wednesday
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Une Vieille maîtresse
Mieux vaut pécher par excès que par insuffisance. Jules Barbey d'Aurevilly

Bon, nous l'attendions depuis des années, car Catherine Breillat avait annoncé depuis des lustres qu'elle envisageait d'adapter au cinéma Une Vieille maîtresse de Barbey d'Aurevilly. Dont acte.
Retour en arrière: il y a cinq ans, avec les petits camarades de mon club littéraire, nous avions partagé ce roman avec passion: certains l'avaient adoré, d'autres détesté, quant à moi, j'avais été "retournée" au cours de ma lecture, au point qu'après avoir violemment clamé ma détestation de ce dandy réactionnaire (l'auteur), j'étais devenue une fervente avocate de ce chef-d'oeuvre (le livre).
Suite à nos échanges verbaux enflammés, des mails vindicatifs avaient fusé de tous nos ordis, et finalement, nous nous étions retrouvés durant l'été 2002 dans le Cotentin, à Carterêt, fief de Barbey et centre de l'intrigue, pour arpenter les rudes chemins de douaniers hantés encore par Vellini et Ryno, ou nous allonger ensemble sur la falaise devant des couchers de soleil fastueux. Mais cela est une autre histoire...
Bref. Hier soir, donc, séance de ciné en bande au MK2 Biblithèque, suivi d'un débriefing dans un café voisin. Verdict:
Là encore, l'un adore, un autre déteste, les autres sont partagés. Moins de passions s'expriment, néanmoins: le temps a passé... Globalement, nous avons surtout fustigé quasiment à l'unanimité une grosse erreur de casting: Ryno de Marigny est ici incarné par un joli jouvenceau à la moue boudeuse qui n'est guère crédible en séducteur patenté traînant une liaison torride depuis dix ans: du coup, tout le film en est déséquilibré, au point qu'on se demande si Catherine Breillat a vraiment bien compris l'enjeu de cette histoire (??).
Pour le reste, les avis divergent. Perso, je retiendrai l'interprétation d'Asia Argento: ridiculement déguisée en gitane, elle n'est pas totalement le personnage de Vellini, mais elle y apporte son intensité coutumière; et puis aussi les scènes érotiques très physiques, jamais hamiltoniennes et parfois limite crades, comme souvent chez Breillat. Mais comme nous sommes loin du livre, à la fois brûlant et glacé! Comment, d'ailleurs adapter au cinéma une oeuvre aussi "littéraire"? Un conseil, donc: voyez le film, peut-être? Mais surtout, lisez Une Vieille maîtresse!
00:50
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02 Jun 07 Saturday
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Jeune fille
L'Amour, ce n'est pas un sentiment honorable. Colette

Je viens de lire avec passion ce livre/souvenir d'Anne Wiazemsky, dans lequel elle raconte sa rencontre avec Robert Bresson à l'âge de dix-huit ans, en tant qu'actrice principale du film Au hasard, Balthasar.
Outre le récit technique (fragmenté et subjectif) du tournage, sujet toujours passionnant pour les cinéphiles, elle y développe sa relation très ambigüe avec Bresson, dont apparaissent ici les zones d'ombres: on le voit attiré émotionnellement -et sexuellement?- par la fraîcheur et la naïveté de sa jeune interprète qu'il tente de dominer, à moins que tout cela ne soit qu'un jeu visant à obtenir des émotions et un malaise sur le tournage?...Car en fin de compte, QUI a manipulé QUI, dans cette histoire et dans ce film, qui tous deux nous parlent de l'aridité du coeur, et aussi du désespoir, à travers les petites figures sacrifiées de Marie (jouée par Anne), et de l'âne Balthasar?
Cette mise en abyme est en tous points passionnante, et Anne Wiazemsky, aujourd'hui écrivain reconnu, préserve un certain mystère qui, à mon sens, ne sera dissipé que par la vision du film. Je me suis empressée de l'acheter hier en DVD. Sujet à suivre, donc
00:20
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04 Apr 07 Wednesday
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Et tournent les chevaux de bois, suite
De Quetzalcoatl à Pepsicoalt... Carlos Fuentes

Bon, je l'ai fini hier.
Il s'agit d'un roman "noir" (policier, un peu façon Chandler, contemporain de l'auteur) bien ancré dans la fin des années 1940 (après guerre). Les chevaux de bois constituent un contrepoint onirique face au réalisme des personnages (flic, sénateur corrompu, petit voyou issu des bas-fonds de Chicago) et à la noirceur classique de la situation: violence, fric triomphant, racisme, pauvreté, mort omniprésente, etc.
Dorothy Hughes, l'auteur, a longtemps vécu à Santa Fe, et elle sait apparemment de quoi elle parle. Malgré la déplorable traduction, parfois même absolument grotesque (erreurs grossières: on s'enveloppe dans "une serape" -sic-, on prend une cuillérée liquide de tortillas versées dans son assiette à la louche, le pluriel de "ciudad" est ciudads" -re-sic-, etc.) j'ai vraiment (re)senti qu'il s'agissait d'un très bon livre, remarquable, même, par son pouvoir d'évocation, et d'un très bon auteur: je vais maintenant me procurer (en français) ses autres romans qui se déroulent tous , semble-t-il, sur les côtes est (New-York) ou ouest (Los Angeles) des Etats-Unis.
A suivre donc. Et je reste à l'affût de toutes les infos complémentaires que vous auriez là-dessus, et de vos opinions. Et des livres eux-mêmes, bien sûr, en anglais.
04:43
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01 Apr 07 Sunday
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Et tournent les chevaux de bois
A cheval donné, on ne regarde pas les dents.
 
... Aux Etats-Unis, le roman policier de Dorothy B. Hughes Ride the pink horse (titre français: Et tournent les chevaux de bois) est paru en 1946. Un film en a été tiré en 1947 par et avec Robert Montgomery. Film-culte pour les connaisseurs, dit-on.
Je suis tombée un peu par hasard sur ce livre dont j'ai immédiatement entrepris la lecture (en effet, comme vous le savez, dès que je vois le mot Mexique ou ses dérivés sur le dos d'un livre, je degaine mes lunettes!). L'action s'y passe dans une ville imaginaire du Nouveau-Mexique, San Pablo (en fait, Santa Fe) durant une fête populaire où se cotoient des marginaux "blancs", des indiens et des mexicains.
.. Comme je ne suis qu'au début de ma lecture, et que je n'ai pas -encore- vu le film, je ne développerai pas ici son propos, son intrigue, l'intention de l'auteur, ses qualités, etc. (j'y reviendrai sans doute plus tard). Il s'agit pour l'heure, comme souvent, d'un billet d'humeur pour fustiger d'exaspérantes erreurs de traduction qui m'ont presque amenée à jeter rageusement ce livre à peine entamé. En fait, elles sont récurrentes dans les romans -et les sous-titres des films- nord-américains qui mettent en scène des personnages mexicains ou chicanos, régulièrement qualifiés d'"espagnols", par opposition aux "indiens" (??) Des exemples? Au hasard: América de T. C. Boyle, ou même Vertigo d'A. Hitchcock (d'après Sueurs froides de Boileau-Narcejac)
J'ai longtemps essayé de comprendre en quoi les Mariachis (sic), les villages du sud de la Californie ou les habitants de Santa-Fe étaient "espagnols". J'ai seulement pris conscience récemment qu'il devait s'agir, dans la version originale en anglais, du nom ou de l'adjectif "hispanic", bêtement traduit par "espagnol", surtout dans les traductions anciennes (il serait intéressant de vérifier si dans les versions récentes cette absurdité a été corrigée ou non). Et je proteste!!! Est-ce que ce type de contresens grossier passe toujours inaperçu? Et ne dérange vraiment personne?
Amis anglicistes: à l'aide! Je ne parle pas assez bien anglais pour lire les livres anglo-saxons dans le texte, ce que je peux faire par contre en espagnol pour les latinos-américains, mais listons ensemble, si possible, les traductions à fuir, celles propres à décourager le lecteur francophone d'un éventuel chef-d'oeuvre. Qu'en pensez-vous?
.. Bon. C'était en quelque sorte la suite de mon sujet Babel (voir ci-dessous). Comme vous le voyez, il y a encore de quoi faire! 
10:02
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22 Mar 07 Thursday
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Cinema mexicain
Los suyos son mejores murales, porque ellos viajan, los mios no*. Le grand peintre muraliste David Alfaro Siqueiros, à propos du chef-opérateur Gabriel Figueroa

Amigos, me revoilà, après une (aussi ) longue absence… Désamour du blog, peut-être durable? Veremos.
En tous cas, ces deux derniers mois n'ont pas été inactifs: j'ai lu, vu des expos, des films… Et puis, j'ai décidé d'apporter ma toute petite pierre (d'obsidienne, comme de juste) à la pyramide du remarquable site créé par André Siscot (un belge!):
Les gens du cinéma
J'ai donc commis pour ce site quelques bio/filmographies d'acteurs, ou de réalisateurs mexicains: Katy Jurado, Jorge Fons, Salma Hayek, Maria Rojo et Pina Pellicer. Premiers d'une longue série?
En tous cas, au-delà de mes minces productions, il vous suffit de taper "mexicain" sur la page d'accueil du site pour découvrir les 480 (environ) mexicains et assimilés déjà recensés dessus. Pour chacun, vous accédez alors à une page de base, et s'il y a une bio/filmo disponible, elle est indiquée par le petit cercle jaune en bas à droite.
*: Ses fresques sont meilleures que les miennes, parce qu' elles voyagent, les miennes non.
09:50
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17 Jan 07 Wednesday
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Babel...
Ah, ah, fit-il en portugais. Alexandre Dumas

Bruxelles, samedi 13 janvier à 20h: Le Flagey (voir photo ci-dessus), célèbre lieu culturel/cinéclub, programme devant un public cinéphile Aguirre, la colère de Dieu du cinéaste allemand Werner Herzog, lequel est invité à débattre après le film avec un journaliste, et les spectateurs.
Avant la séance, la Directrice de la Cinémathèque nationale (ou royale?), présente le film en quelques mots, alternativement en français et en néerlandais, à cause des deux composantes du public bruxellois. Le film (beau film, d'ailleurs, avec un souffle et une créativité qui n'ont pas vieilli) est projeté, en VO allemande, avec un double jeu de sous-titres, puis les lumières se rallument . Réapparition de Werner Herzog, qui explique que, ne parlant aucune des deux langues sus-mentionnées, il va maintenant s'exprimer et échanger... en anglais.
A ma grande surprise, le public semble trouver cela absolument normal.. Je suis sans doute la seule dans la salle à tomber des nues: comment, nous nous trouvons dans un pays qui a 3 langues officielles: le français, le néerlandais et l'allemand (celui-ci n'est certes parlé que dans l'est du pays; néanmoins, il est tout de même langue nationale), et voilà qu'un intervenant européen ne parlant pas les deux autres langues de la Belgique va pourtant en choisir une quatrième, qui n'est celle de PERSONNE, avec l'aval général!!! Tous les échanges qui dureront ensuite environ 1h30 vont donc se dérouler en anglais, parlé plutôt bien par W. Herzog, le journaliste qui l'interroge, et les spectateurs qui interviennent. Merdre! dirait le père Ubu...
A la sortie, je commente la chose avec mes deux amis belges accompagnateurs, et m'étonne que l'on n'ait pas plutôt traduit simultanément l'échange, en français et/ou en néerlandais. Mais c'est que tu ne connais rien à la Belgique, me disent-ils: traduire dans une langue et pas dans l'autre aurait inmanquablement fait fuir les flamands de la salle si cela avait été en français, et les wallons dans le cas inverse. Et traduire dans les deux langues aurait été trop lourd: l'anglais est donc d'USAGE dans ces cas récurrents; d'ailleurs, TOUT LE MONDE parle anglais en Belgique (enfin, disons, dans la salle..)
Dont acte. Néanmoins, je suis stupéfaite de voir qu'apparemment personne ne s'interroge là-dessus: pour moi (opinion française ou universelle?), une langue n'est pas un simple code, mais aussi une façon de PENSER. Malgré cela, l'anglais est donc devenu si consensuel qu'à l'intérieur d'un pays ses propres ressortissants en arrivent à préférer s'exprimer entre eux dans cette langue qui n'est pas la leur, ni celle de l'interlocuteur, pour des histoires de préséance*? Ou bien est-ce un nouvel effet du surréalisme belge?...
* comment réagit(rait) d'ailleurs un spectateur appartenant à cette fameuse minorité germanophone? Apparemment, ce cas n'est pas prévu par ses compatriotes)
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11 Jan 07 Thursday
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Apocalypto
De Quetzalcoatl à Pepsicoatl....Carlos Fuentes

Sorti hier sur les écrans, ce film a déjà suscité des commentaires indignés et diverses polémiques. La plupart des journaux dénoncent la balourdise de Mel Gibson, son goût du gore et ses approximations historiques et autres. L'un des articles les plus mesurés est celui du Monde , très bien documenté et très exact. J'y souscris entièrement (attention, je crois que le lien n'est actif que durant 3 jours après la publication de l'article concerné, en l'occurrence le 10 janvier).
Pourtant, contre toute attente, je voudrais défendre (un peu) cet Apocalypto :
Certes, on n'y trouvera pas des informations détaillées (et encore moins une réflexion) sur la grande civilisation Maya, dont ici les représentants sont réduits à une sorte de horde sanguinaire et exotique à la façon des sauvages de King Kong... On conçoit avec raison que les mexicains n'aient pas apprécié du tout l'image qu'en donne le film.
Néanmoins, pour ce qui est des costumes, des décors, du langage, de l'environnement géographique et même du mode de vie et des sacrifices humains, je trouve l'ensemble des media soudain bien pointilleux avec Mel Gibson. A l'évidence, il s'est documenté d'une façon précise : les codex* de l'époque, et aussi les fresques de Bonampak montrent des couleurs, des parures, des armes assez semblables à sa reconstitution. Les pyramides (voir ci-dessus celle de Chichen Itza), aujourd'hui austères et nues, étaient à l'époque polychromes.
... Que les acteurs soient en majorité des mexicains/indiens non mayas; qu'ils parlent un yucatèque ancien/moderne avec un accent qui n'est pas d'origine, qu' apparaisse dans la forêt une panthère noire (originaire de l'Afrique) au lieu d'un jaguar américain; que l'action ait été déplacée d'environ 500 km pour des raisons de décor, tout cela ne m'apparait pas si pendable, et on a été moins sourcilleux me semble-t-il avec Sofia Coppola, Ridley Scott ou Oliver Stone dans des circonstances comparables: leurs anachronismes étaient bien pires!
Mais revenons au grief principal que l'on fait à Mel Gibson: la violence de son film et la COMPLAISANCE avec laquelle il filme les sacrifices humains.
Certes, cet acteur/metteur en scène (que perso je déteste pour des raisons évidentes) a montré depuis Braveheart un goût récurrent pour les scènes sanguinolentes et la violence gratuite, et une parfaite démagogie envers un public jeune avide de sensations fortes... Mais ici, hélas, il est largement rattrapé par la réalité : les sacrifices humains (qui chez les Mayas ont bel et bien existé, quelques siècles auparavant et quasiment sous la même forme que chez les Aztèques, n'en déplaise aux exégètes) ETAIENT le comble de l'horreur et du gore!
Maintenant, fallait-il les montrer? Sans doute pas: on aurait pu les évoquer, les filmer de loin. Mais nous savons que Mel Gibson ne fait pas dans la litote... Au moins nous a-t-il épargné les cris des victimes, les agonies qui duraient, la vermine et les charognards qui grouillaient au milieu des cérémonies. Et nous ne percevons pas non plus l'abominable odeur de charnier qui s'exhalait en permanence des autels et de leurs abords, celle des rigoles pestilentielles de sang séché sur les marches des pyramides, de la peau des suppliciés que l'on revêtait parfois pendant plusieurs semaines, et d'autres détails plus insoutenables encore.
La mort, et la mort violente et sacrificielle étaient tellement inscrites dans le quotidien des indiens précolombiens du Mexique que notre regard horrifié n'a forcément rien à voir avec le leur. Un exemple: ce mur de crânes en pierre (qui n'est pas maya mais bien aztèque, je crois):

Nous voilà bien loin d'Apocalypto! ... Je crois donc qu'il ne faut pas chercher dans ce film autre chose qu'un habillage nouveau -et pas si irréel- autour d'une sempiternelle histoire de combat inégal du bon contre les méchants, de David contre Goliath, etc. Et, sur ce point, le film fonctionne: il s'agit d'un spectacle très rythmé, assez prenant, parfois même beau, dont le clou est une poursuite haletante qui dure plus d'une heure -à pied dans la forêt: voilà qui change des poursuites hollywoodiennes!-
Et, pour conclure, quelqu'un qui a été capable d'imposer sur des écrans américains durant 2h30 des indiens parlant leur dialecte -aux belles et émouvantes sonorités, pour moi pleines de souvenirs, même si l'accent n'est pas d'origine-, avec des sous-titres en anglais n'est peut-être pas tout à fait mauvais? ;-)
*Codex: Manuscrit précolombien qui se déplie en accordéon et qui représente et raconte, dans un mélange de glyphes et d'images, divers épisodes historiques ou légendaires (l'ancêtre de la BD!)
07:14
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Images mayas
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Fresques de Bonampak
 
Statuettes et masque mayas
 
Couteau sacrificiel en obsidienne et pierre/autel
 
Sacrifices humains Site de Tulum (Yucatan)
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