Gender: Female
City: Rat des villes. Yes baby, yes
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Thursday, October 02, 2008
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Elle (part 2)
' Tu as ton flingue ? ', qu’elle m’avait demandé… Ces mots résonnent encore dans le fin fond de mon esprit chaque matin et s’en vont ricocher dans un endroit sombre de mon cœur... Comme une balle qui se faufilerait dans les plus obscurs recoins, de mon âme jusqu’à mon corps. Combien de fois m’avait elle demandé ça par la suite ? Combien de fois ? Des centaines ? Des milliers ? Durant ces 11 années qui ont suivie, elle n’a jamais cessé de me demandé ça, ' Tu as ton flingue ? ', ' Tu as ton putain de flingue ? '
Au début, le soir où je l’ai recroisée et que notre histoire a vraiment commencé, j’ai cru que c’était juste un jeu, qu’elle avait envie de réaliser un fantasme ou un truc du genre, et j’me suis dit qu’elle devait pas avoir seulement bu du champagne, vu l’effet que ça lui a fait, quand je l’ai sorti, mon foutu flingue. On avait été consumé l’étincelle de notre rencontre comme deux animaux sauvages dans la cave à vins de la baraque où avait lieu cette satanée fête. C’est elle qui m’avait entraîné d’un pas décidé, et elle avait l’air de bien connaître les lieux. L’immense et vieille table en bois massif qui ornait la presque totalité du caveau seulement éclairé d’une faible lueur ocre, avait été l’autel de nos fornications fiévreuses et impudiques. On s’était rageusement envoyés en l’air au beau milieu de délicieux nectars dormant sous la poussière et on avait failli foutre le feu à la baraque tant la température de nos deux corps enchevêtrés était montée haut. De la haute voltige dans les bas fonds, M’sieur Dame, ouais… Le calibre, j’avais été obligé de le sortir, elle me l’avait réclamé encore une fois, me décrochant un regard soutenu et grave, sans sourire, mais avec toujours cette petite étincelle d’insolence qui l’éclairait de l’intérieur. Elle avait la rétine assassine, j’m’étais dit… Il était pas chargé, j’étais pas de faction, mais elle le savait pas et j’avais rapidement compris que mon canon l’excitait, qu’elle devait avoir envie de baiser avec la Mort qui nous regardait, pour lui faire un pied de nez ou un truc comme ça. Enfin, c’est c’que j’ai pensé à ce moment là… Cette fille avait pas l’air totalement branque en plus, je veux dire, elle m’avait pas parue complètement tordue ni pathétique dans son désir de tâter de mon semi-automatique, sinon j’l’aurais envoyé baladé tout de suite, alors je m’étais exécuté, décidé à lui offrir le frisson qu’elle attendait. Je la sentais déjà se fondre en moi quand j’ai sorti l’engin de son étui… Des années après, j’avais parfois regretté d’avoir sorti mon arme la première fois et d’avoir accepté ce petit jeu, parce qu’ensuite, on avait bien essayé de baiser sans ce foutu flingue entre nous, mais ça n’avait jamais été aussi incroyable et dingue qu’avec ce morceau de métal froid et dur qui se promenait sur sa peau. J’en avais fait l’expérience directement le premier soir : j’ai eu l’impression qu’elle était entrée en religion. Ce fût une révélation… Je me dis souvent que toutes les fois où on a fait l’amour après ce soir là ont dû être des tentatives pour retrouver cette sensation étrange et puissante. On avait été shootés au désir extrême et propulsés dans un univers de démence sensuelle ; un truc de dingue, et même moi je me suis laissé happer par son obsession. Au début, j’essayais de me faire croire que je le faisais pour elle, mais c’était nier l’évidence : au fil du temps, on était devenus un diabolique ménage à trois. Elle, moi, et mon putain de SIG-Sauer…
© MiSs hYDe 2OO8 (et pour la suite, faut voir avec Marsupilator)

16:02
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Monday, September 22, 2008
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Brève de chevet
Sur le fil du temps, je danse, je m'accroche et je file, les secondes ; je tisse, ma toile, je plonge, sans filet. A contre rythme ou faisant corps, ma vie s'écoule et je glisse sur cette corde raide. Une pirouette, et je retrouve mon équilibre ; un arrêt du souffle, celui qui me guide, pour mieux ressentir les secondes qui passent ; je me penche dans le vide et inspecte ce miroir sans fond : celle que je vois, c'est celle que je suis devenue. Si elle me plait pas, tant pis. C'est elle et pas une autre et elle me regarde et me fixe. Et elle me sourit. Ou me fait des grimaces. Mais au moins, elle est vivante. Ou bien ?
Et si c'était la mort ? La mort qui me sourit, la mort qui me fait des grimaces… Son rictus se reflète sur mes joues et je me prends ça en pleine gueule. Le temps fait bien les choses, et souvent pas à moitié, même quand c'est pour ruiner une vie toute entière. Oui, peut être suis-je tout simplement morte ? Je respire et sens du chaud qui coule dans mes veines mais peut être que ce ne sont que des cauchemars, ceux qui m'habitent, ceux qui m'ont assiégée, peut être m'ont-ils tout bonnement dévorée ?
Je frémis un instant et ricane à mon tour. L'écho est interminable, avalé par le néant qui s'offre à moi. Je n'aperçois qu'un sac de nœuds. Il flotte à mes côtés, et je sais déjà qu'il recèle mes plus sombres secrets : un tas d'angoisses entremêlées, un nid de vipères sorties de mon crâne de gamine et qui me poursuit depuis la nuit des temps. Un héritage d'une autre vie ? Une création épouvantable ? Ce que je sais, c'est que je n'ai cessé de le nourrir et qu'il est maintenant énorme et menace souvent de prendre le contrôle. Des années passées à lui donner à bouffer, des années entières à lui donner des coups de fouets, aussi, pour lui montrer que le maitre à bord, c'est moi. Mais il gronde, gronde de plus en plus et je suis obligée de l'embrasser pour ne pas me faire mordre, pour ne pas me faire bouffer tout crue…
Chienne de vie, comme dirait l'autre…
Chronos, pourquoi existes-tu si ce n'est pour nous rappeler que la fin approche ?
J'écris dans le noir, mon visage seul éclairé par l'écran, je ressemble à mon avatar en négatif ; en clair-obscur et ça me va. J'entends la respiration de ma fille qui dort à mes côtés, elle est calme et profonde, je vois ses rêves passer au dessus de moi et virevolter dans le noir, on dirait des morceaux d'arc en ciel qui vont se fracasser sur les murs dans un bruit étourdissant ; elle bouge un peu, émet des petits sons de vie, son corps est chaud, elle respire, elle inspire, elle éponge mes doutes et mes interrogations, tous. Dans un instant, j'irai me lover tout juste à côté d'elle, et je sombrerai dans la nuit à ses côtés. Nous respirerons le même air, nous partagerons le même noir, et le même silence. Ca me va aussi, ouais…
Alors, le temps pourra bien s'arrêter …
© MiSs hYDE 2OO8
09:00
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Tuesday, September 16, 2008
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Elle
Cette fille, je l'avais rencontrée pendant sa garde à vue, au commissariat. C'est pas moi qui l'avais interrogée, c'est Franck, mon collègue. Quand j'étais rentré dans le bureau, elle était assise sur une chaise, le regard perdu dans ses cheveux blonds, le visage penché en avant. Elle avait quelque chose de sauvage. J'ai juste vu un bout de son profil et j'ai ressenti un truc. J'sais pas quoi, mais quelque chose. Probablement, que cette fille allait me causer des graves emmerdes et me chavirer l'esprit et les tripes et tout ça. Probablement, qu'à cause d'elle, j'allais plus pouvoir dormir ni même bouffer ou respirer. Probablement, que je sentais tout ça, ouais, juste à regarder des bouts d'elle, des bouts de cheveux, des bouts de son visage, des bouts de ses cils, des bouts de sa peau, des bouts de la chair de ses mains…
J'ai même pas cherché à savoir pourquoi elle était là. J'ai crû comprendre que c'était pour une histoire de stups'. De toutes façons, cette fille, elle sentait la came. Pas qu'elle avait l'air d'une junkie, non, au contraire, loin de là, mais elle avait l'air dans la marge. De l'air dans la marge de ceux qui fricotent avec la came. Un truc comme ça, dans son profil, dans sa façon de fourrer son regard dans ses cheveux blonds.
Elle était assise, muette et calme, l'air pas du tout angoissée, très sûre d'elle, et a demandé une cigarette à Franck. Sa voix…Oh putain, sa voix…Je le savais…Que j'allais avoir des emmerdes… Il lui tendu une clope et elle a rétorqué d'un ton poli mais ferme qu'avec ses menottes, ça allait pas être facile. Il lui a enlevé, et elle a levé les yeux sur moi, qui étais debout, près du bureau voisin, à farfouiller dans les paperasses en la matant d'un œil. Elle m'a regardé, et elle m'a fait un grand sourire. J'ai vu dans ses yeux…ouais, j'ai vu tout ça, j'ai senti, j'ai pressenti… J'ai pris le flingue sur mon bureau, et je suis sorti, j'avais du boulot. Je l'ai même pas regardée en partant.
Je l'ai revue, quoi, environ deux-trois ans plus tard, à une soirée chez des potes où y'avait pas que des flics. Quand je suis arrivé, j'ai filé vers le bar et c'est là que je l'ai recroisée, une coupe de champagne à la main et la clope au bec, rigolant avec des gens. Je l'ai reconnue tout de suite, à la seconde où j'ai vu son visage. Je suis allé exprès tout juste à côté d'elle pour demander un verre, et nos regards se sont croisés. Elle a eu un temps d'arrêt de quelques millimétriques centièmes de secondes, perceptibles uniquement par ceux qui ont l'œil à l'affût et savent respirer le même souffle que les autres. Et j'faisais partie de ceux là. Et elle m'a décoché un grand sourire. Deuxième fois. J'ai bien vu qu'elle aussi, m'avait reconnu. Elle m'a maté avec ses grands yeux bleus, ornés de longs cils noirs, et son regard était…comment dire…tenu, et obstiné… Une petite lueur insolente les faisait briller. Voilà, on y était…
Je l'ai regardée, ne pouvant retenir un sourire que je gardais en coin, et j'ai foncé vers elle. Elle m'a attrapé par la nuque et m'a attiré vers elle pour me claquer deux bises, comme si on se connaissait depuis des lustres. Elle sentait divinement bon, elle sentait les nuits qui ne finissent jamais, les nuits qui ne peuvent jamais finir… Elle me dit : « Tu as ton flingue ? » Comme ça. Direct. Premiers mots jamais échangés… J'ai été un peu surpris. Même si j'aurais du m'en douter… « Tu as ton flingue ? » qu'elle me dit… « Ouais », je lui ai répondu. « Viens, suis-moi »…
Je l'ai suivie. Et depuis ce jour, j'ai plus jamais réussi à m'arrêter de la suivre. Ouais, ça y est, on y était. On était en plein d'dans… Putain de nom de Dieu...
© MiSs hYDe 2OO8 (et la suite, quand je serai guérie, ouais, ouarf ouarf !)

17:01
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Sunday, September 14, 2008
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Secondes grasses
Les grasses matinées, j'les ai bien méritées, grasses, je n'vais plus m'en passer, lasse de ne plus les avoir dégustées. Avec un p'tit café, j'm'en s'rais bien délectée, plus tôt mais pas trop, de ces matinées, que j' n'ai pas volées, grasses. Et ouais, désormais, je vais profiter, et me prélasser, surtout m'adonner, à ces instants qui passent, ces instants fugaces, au rythme nonchalant, un brin chaloupant, de la vo-lup-té. Maintenant qu'j'y ai regoûté, aux grasses matinées, je sais c'que j'ai manqué, ce que j'ai raté, je suis désolée, pendant toutes ces années, n'avoir fait que ça, courir et voler, trop tôt me lever, sans jamais m'accorder la grâce, de ces grasses matinées. Maintenant je le sais, j'pourrai plus m'en passer, puis j'les ai méritées, ces grasses matinées et je sais qu'désormais, dés que j'serai réveillée, la première chose que j'ferai, c'est de me r'coucher, puis de m'étirer, de la tête aux pieds. Puis ensuite, j'le prendrai, le temps, ouais, j'le prendrai, pour ouvrir un œil, puis les deux, de les refermer, si j'veux, à ma guise je ferai, et j'm'abandonnerai, à ces doux moments, délices exquis, infimes secondes, qui glissent et s'étiolent, s'étirent élastiques, et me plongent dans un état, Ex-ta-tique.
Quelle heure il est ? j'sais pas. j'm'en fous, ouais, de cette grasse matinée, j'entends bien profiter.
© MiSs hYDe 2OO8 (fait la demande officielle pour un permis de tuer, assorti d'une grasse matinée)

17:09
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Monday, September 08, 2008
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Les poils
Ouais, les poils tout azimut, j'écoute ce foutu violoncelle qui me déchiquète et fait frémir jusqu'à la plus infime et millimétrique des mes pores…
Et puis il y a cette image, que je savoure en boucle, la faisant défiler, danser, ondoyer dans mon kaléidoscope mental perso… Image de cet homme, ou plutôt sa nuque, ouais, sa nuque, parce que, j'aime les nuques, j'adore les nuques, je croque les nuques ; et ses lèvres, qui s'approchent de ce mystérieux trou noir, l'effleurant à peine pour pouvoir y chuchoter, et y déverser ses secrets, ses regrets, ses espoirs, et les y enfermer pour, au moins, une éternité.
Il s'abandonne totalement, l'ombre d'un instant, à la suave et triste réminiscence du souffle qui a guidé sa vie toute entière, et d'un murmure, délivre ses peines, ses joies, faisant offrande aux fantômes de ses amours, au creux des vieilles pierres, sous l'œil bienveillant des esprits reposant sur Angkor Vat…
Et cette image, Et ce son, me déchirent, Ce son me transperce, Me retourne, Me berce et me bouleverse ; Tout, Bouleverse tout Au fond, Au fin-fond De moi.
© MiSs hYDe 2OO8
(j'écoute le violoncelle de la dernière scène de « In the Mood for Love » et la regarde en boucle…)
05:02
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Tuesday, September 16, 2008
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Pique-nique
J'étais en train de me dire « pique ou niquer, il faut choisir », quand soudainement, j'ai dérapé : « Pique ! Vas-y ! Oh oui, pique moi fort ! » « Ca sert à rien si tu serres pas fort », j'lui disais… Et on aurait pu en rester là si on avait pas été higher. Il m'abreuvait de ses mots et je buvais jusque dans son lit. Pour autant que je me souvienne, j'me rappelle plus de rien. A part qu'il faisait tellement chaud que j'ai viré chienne. Sans aucun jeu de mots, on a joué avec le mal.
Quitte ou double On est quitte ou j'te quitte ? Je rafle la mise Atout cœur Trèfle & pique, Pique et nique.
© MiSs hYDe 2OO8
08:15
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Friday, August 08, 2008
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Cicatrice 2
(Réédition, un brin retouchée, de « Cicatrice », paru sur mon blog l'été dernier)
Trebuchet MS. J'ai trébuché SM... Improvisation totale. 24° à Paname. Dommage, il faisait beau et j'étais devant mon écran. J'écrivais, sans but, et je ne savais pas du tout où ça allait me mener, mais c'est ça que j'aime. Comme une errance… Lorsque je suis entré dans ce bar qui semblait abandonné en rase campagne, je l'ai tout de suite vue, elle. Elle… Ma voiture était tombée en panne peu de temps auparavant. On roulait, moi et mon vague à l'âme, sur une large route désertée et cernée des deux bords par des champs de roseaux à perte de vue. Et le moteur s'est arrêté, comme ça, sans prévenir. J'allais vraiment pas vite et la musique était à fond. J'écoutais Wicked Game de Chris Isaak, encore, ouais, en pleine nuit, noire et glacée. Du coup j'ai pas senti tout de suite quand le moteur a cessé de tourner. La musique couvrait le ronronnement de ma vieille Cadillac jaune déglinguée. J'ai juste remarqué au bout d'un petit moment qu'on glissait, moi, ma bagnole, et mes volutes de fumée, dans la nuit, au son de cette balade envoûtante, et qu'on ralentissait de plus en plus. Au bout d'un moment, j'étais à l'arrêt. Mes phares éclairaient la route : une ligne droite, sans trait, et des deux côtés, ces murs de roseaux, assez hauts. C'était plutôt flippant. Si mes calculs étaient bons, j'étais au moins à 45 bornes du prochain village et plus loin encore de celui que j'avais dépassé auparavant. En panne sèche. Pas d'essence dans le coffre. Mais la jauge était à moitié pleine, donc ça pouvait pas être ça. Pas de portable non plus. Le moteur ne fumait pas, mais moi, de toutes façons, j'y connaissais que dalle en mécanique. Je restais donc quelques minutes devant le capot ouvert de ma vieille copine, qui avait bien choisi son moment pour un plan foireux. Je décidai de finir ma clope tranquillement. Au bout d'un moment, je me mis à greloter et me rendis compte que j'étais encore debout, dans la lueur de mes phares, et que ma cigarette était terminée depuis longtemps. Curieusement, impossible de me rappeler combien de temps exactement je venais de passer devant ma caisse, au cœur de cette nuit frigorifique. La musique continuait. C'est comme si Chris Isaak ne s'arrêtait plus de chanter. J'eus l'impression, plutôt désagréable sur le coup, d'être resté des heures ainsi, sans même m'en rendre compte. Quand j'eus la sensation d'avoir récupéré mon corps et mon esprit, j'avais les mains complètement glacées et je frissonnais. Putain, ça caillait ! Je commençais à me demander comment j'allais me sortir de ce merdier quand j'entendis un moteur et vis la lueur de phares de voiture s'approcher, derrière moi. J'ai pas hésité, je me suis mis au milieu de la route et j'ai commencé à balancer les bras pour arrêter cette caisse. Elle s'est arrêtée. Et à son bord, une femme. Je suis resté en arrêt quand elle a baissé sa vitre. La petite loupiote intérieure était allumée et quand j'ai vu son visage, je ne savais plus quoi dire. C'est bien simple, cette femme était tout simplement la plus belle femme qu'il m'ait été donné de rencontrer de ma vie entière… Son regard vert me transperça et j'eus l'impression qu'elle venait de m'envoyer plusieurs salves de flèches, piquantes et sucrées à la fois. Il me sembla même entendre le sifflement au dessus de ma tête. Putain, c'était le genre de femme qui avait du envoyer des quantités d'hommes à l'asile, en taule ou six pieds sous terre. Pour sûr qu'ils devaient être un paquet à avoir bataillé pour un seul de ses regards… Mais ce qui était bien plus encore spectaculaire, je ne l'avais pas remarqué tout de suite, c'était cette énorme cicatrice rosée qui barrait son cou, tel un collier de chair encore boursoufflée. Quand mes yeux se fixèrent dessus, je fus subjugué. Je restais muet. Mais elle, me dit avec une voix rauque qui acheva de me déchirer : « En panne ? Venez, je vais vous emmener. » Je montai dans sa voiture, et elle démarra lentement. Il flottait dans les airs un parfum vénéneux. Là, dès lors que je fus installé auprès d'elle, côté passager, j'eus exactement la même sensation diffuse qu'auparavant, sur la route : le temps devint élastique et je serais incapable de vous dire combien de minutes ou même combien d'heures s'écoulèrent pendant le trajet… Sensation très désagréable de revenir à moi après un long moment, et de ne pas être sûr de ce qu'il venait de se passer. C'était comme si je venais de me réveiller, après une nuit bouleversée par des rêves ou des cauchemars entêtants, et que je ne savais plus quel jour, ni quel mois on était. Je me sentais engourdi. M'étais-je endormi ? C'était comme si. J'étais furieux. C'était pas possible, bordel, de s'endormir aux côtés d'une telle créature ! Je vous ai dit que jamais je n'avais vu de femme aussi belle, et je savais d'avance que plus jamais il ne me serait offert de passer quelques instants auprès de ce genre de fille. C'est bien simple, je pouvais affirmer qu'elle était la somme de toutes les femmes fantasmées, réelles, ou rêvées que j'avais vues, de loin, sur papier, à l'écran, face à moi, ou tenues dans mes bras ! Une beauté qui vous flingue et vous crève, sans compromission ! C'est sûr, cette femme devait faire un véritable carnage sur son passage… Ralentissant et s'arrêtant devant une vieille bâtisse mal éclairée, apparue soudainement sur le bord de route, au milieu de nulle part, elle me dit : « Voilà. On y est. Dans ce bar, vous aurez de l'aide. Je connais le patron, il vous dépannera sans problème, et il s'y connait en mécanique ». Je ne savais pas quoi faire, quoi dire. Alors je descendis de la voiture. Et dis « Merci ». Elle me fit un immense sourire et je pus entrevoir une lueur diabolique traverser son regard. L'espace d'un instant, je fus terrorisé par son air. Elle redémarra aussitôt et sa voiture s'éloigna, sans un bruit, s'engouffrant et disparaissant dans la nuit noire, à travers les roseaux… Je me sentais étrange. Incapable d'expliquer comment, ni pourquoi. Je mis ça sur le compte de ses beaux yeux verts et me dis que vraiment, l'homme est bien peu de choses, face à la beauté d'une femme, surtout comme celle-là. Je décidai de me ressaisir et me dirigeai vers cet espèce de bar. Il fallait quand même que je sois à Fullwest avant le lendemain après-midi. Il n'y avait aucune enseigne, rien. Juste une faible lumière qui filtrait par les fenêtres. Je rentrai. Et quand je franchis le seuil, la première chose que je vis, ce fut, elle. Elle… La femme à la cicatrice. Celle que je venais de quitter et qui s'était évaporée avec sa Corvette quelques instants auparavant… Elle se tenait derrière le bar. Et il y avait quelques clients attablés, sirotant dans le silence leur Whisky, probablement frelaté. Etrange, car je n'avais vu aucune voiture sur le terrain défoncé qui devait tenir lieu de parking. Elle, elle me regarda droit dans les yeux, sans aucune expression, et me dit : « Bonsoir ». J'en avais marre, soudainement, d'être incapable de comprendre ce qui se passait depuis que j'étais tombé en panne, sur cette route damnée ! FUCK ! Je me sentais fatigué, que dis-je, exténué ! Et en colère. Merde !..ait quoi ce plan ? Je décidai de foncer vers les toilettes, pour me foutre la tête sous l'eau froide et dégriser. J'avais des bouffées de chaleurs, je me sentais vraiment de plus en plus mal ! J'entrai dans les chiottes, et la première chose que je vis, ce fut pas elle, non. Mais ce fut pire : La première chose que je vis, c'est cette énorme cicatrice, énorme et rosée, qui barrait mon cou tel un collier de chair encore boursoufflée… A la vue de cette mutilation encore saignante et ecchymosée, je tombai dans les pommes, d'un coup. Saisi par la vision insoutenable de cette plaie hideuse. Quand je me réveillai, il faisait jour. J'étais dans ma voiture. Chris Isaak continuait de chanter. Je ne comprenais pas comment j'avais atterri là, derrière mon volant. Avais-je rêvé ? Je dirais plutôt cauchemardé ! J'avais épouvantablement mal au crâne. Le moteur était éteint. Je le rallumai. Il se mit à tourner en ronronnant, et je repris la route, tout doucement. Je n'osai pas… Et pourtant, si, il le fallait. Quelques instants plus tard, mes yeux s'étaient fixés dans le rétroviseur et je ne pouvais plus m'empêcher de lorgner ma cicatrice. Immonde, épouvantable, et qui faisait désormais partie intégrante de moi… Et je roulais, subjugué.
(Merci à Arnaud Contreras : cette courte "rOad nouvelle" a fait partie des contributions à l'hommage à Jack Kerouac, "MemOry Babe", exposition présentée le 23 septembre 2OO7 à Paris. (http://www.myspace.com/tribute2kerouac) © MiSs hYDe 2OO8.
18:18
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Friday, August 01, 2008
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Errance / Depardon

Ouais, moi je dis, doit pas y avoir de hasard…
Errance / Raymond Depardon Extraits choisis :
« Un matin, je me retrouve dans le bureau du rédacteur en chef d'un grand magazine illustré, à l'initiative d'un commercial de mon agence. Nous avons parlé de voyages, de sujets, il me savait réticent à certaines photographies. Habile et sympathique. Nous avons parlé des écrivains voyageurs. Un mot revenait toujours dans la conversation, c'était le mot "errance". Mais comment photographier cette errance et d'abord, qu'est-ce que ça voulait dire ? Je promis d'y réfléchir… Je rentrai chez moi et regardai la définition d'"errer" dans le dictionnaire : « aller ça et là, à l'aventure », « aller ..é et d'autre en parlant des choses », « qui ne se fixe pas, qui s'égare ». Par contre, pour la définition d'"errements", cela devenait plus confus. Il y avait « s'égarer, se tromper, faire fausse route » et la racine du latin médiéval – iterar – « voyager, aller droit son chemin ». Quelques jours plus tard, un ami croisé dans la rue par hasard, qui prétendait bien me connaître, m'affirma que je ne serai jamais dans l'errance car j'avais toujours un projet derrière chaque voyage. J'écoutais tel photographe qui confondait l'errance et le carnet de voyage, un autre voyait le portfolio comme une errance. Plus la définition devenait insaisissable, plus l'idée de ce défi me plaisait.
Je parlais de mon projet au docteur Grivois, qui dirigeait encore à cette époque le service psychiatrique de l'Hôtel Dieu à Paris où j'avais tourné le film Urgences. Il connaissait bien l'errance des errants qu'on amène à l'hôpital. - Est-ce qu'on peut être normal et errer ? - L'errance, c'est une conduite sans but déclaré. Moi, je considère que l'errance est un phénomène normal dans l'humanité, comme si le fait d'être ensemble, partout, engendrait de l'errance. Mais il y a une errance très différente, une façon psychotique d'errer. On parle d'errance, ici à l'Hôtel-Dieu, car l'errance est étroitement liée à l'entrée en psychose. Souvent ça tourne mal. Cette errance-là nous ne la voyons jamais ou très tard. Justement parce qu'elle est assez normale.
…
- Comment l'errant se conduit-il ? - Il erre d'un lieu à un autre, d'une rue à la suivante, d'une personne à l'autre. Il navigue au sein de l'espèce humaine. Une autre chose qui frappe aussi, c'est le contact uniforme qu'il a avec tout le monde, et tous les lieux qu'il traverse. C'est comme s'il ne connaissait qu'un homme à travers chacun de ceux qu'ils côtoie, le même homme, le même lieu aussi, et comme si chacun, homme ou lieu, lui procurait la même impression à travers son errance. C'est comme s'il ne tenait plus compte des différences d'âge, de fonction, de niveau social ou de sexe, de pays, de paysage…
Ce point de vue qui faisait de l'errance une maladie mentale me surprenait et m'inquiétait. Le docteur Grivois tenta de me rassurer : - Mais vous voyez, le Bateau Ivre de Rimbaud « Comme je descendais des fleuves impassibles, je ne me sentis plus guidé par les haleurs »…C'est extraordinaire ce poème, c'est prodigieux, cela résume une errance qui se termine bien. Je pense que c'est le privilège des artistes, des créateurs de religions et puis peut être de certains individus, que cela puisse se terminer bien. - J'ai une chance alors ? Le docteur Grivois ne répondit pas. Il continuait. - Les errants sont extrêmement séduisants, je veux dire qu'ils ont quelque chose…Ils sont à la fois dans l'émerveillement, ils rayonnent, et ils ont peur. Pas toujours, il ne faut pas généraliser, dit-il en souriant.
J'étais averti.
…
Un jour, je reçois par télécopie un étrange texte qui va finir de me rassurer. Il est signé de monsieur Alexandre Laumonier : « Errance ou la pensée du milieu ».
« L'errance, terme à la fois explicite et vague, est d'ordinaire associée au mouvement, et singulièrement à la marche, à l'idée d'égarement, à la perte de soi-même. Pourtant le problème principal de l'errance n'est rien d'autre que celui du lieu acceptable. »
C'était la première fois que je voyais cette définition écrite. C'étaient enfin les mots que je cherchais.
« L'errant en quête du lieu acceptable se situe dans un espace très particulier, l'espace intermédiaire. A l'espace intermédiaire correspond en fait un temps intermédiaire, une temporalité que l'on pourrait qualifier de flottante. Ce temps flottant est le temps du regard sur l'histoire, où l'errant s'interroge sur le passé en même temps qu'il réfléchit sur son futur proche. »
« L'errant s'efface, devient silencieux, il se livre à l'expérience du monde, c'est pourquoi il ne peut y avoir d'errance immobile. »
« Les lieux semblent se ressembler de plus en plus, tout est partout en même temps, la singularité s'efface au profit d'une globalisation, non plus celle des lieux, mais celle de tous les lieux ».
« L'errance est certainement l'histoire d'une totalité recherchée. »
Le texte continuait :
« Car l'errance n'est ni le voyage ni la promenade, etc. Mais bien : Qu'est ce que je fais là ? »
Cette question est essentielle.
11:30
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Wednesday, July 30, 2008
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Au moins Dr Jekyll & MiSs h.
Ouais. Au moins ça, Au moins double, Voir triple Personnalités. Et comme les chats Je retombe sur mes quatre pattes, Et 7 vies j'ai, 7 vies, Et autant de visages en un seul...
Lilloise Ardéchoise Québécoise Gantoise Etc, Etc…
Marrakchi NY City girl Paname City rat, Moi je dis, Et après ?
Babas supra cool Etudiants jeunes et frais Musiciens, comédiens Et toxicos paumés, Friqués ou fauchés Tricards ou fêtards, Oiseaux de mes nuits et de mes jours, aussi, Gangsters en cavale Taulards à l'air libre Punks anars et ex soixante-huitards, Intellos et bobos Ou révolutionnaires, Des marxistes-Léninistes Et des idéalistes, Touristes en goguette Alcoolos & poètes, Joyeux drilles Déjantés, Voyageurs Ereintés, Tout azimut, Je vous ai Croisé Et/ou aimé Et/ou détesté Et on a rigolé Et/ou pleuré, Ensemble…
Puis un jour, Je m'en suis allée, Comme d'hab'…
Mon alter ego Est mon home, Sweet home, Compromis Arrangeant Pas chiant, Entre Celle que Je fus, Celle que Je suis devenue, Celle que Je rêve d'être, Et celle que Je serai, Demain Hier Maintenant, Elle Moi Elles Nous… Ensemble…
Puis un jour, Je m'en irai, Comme d'hab'…
Mais, Of course, Je n'oublierai Personne.
Jamais.
© MiSs hYDe 2OO8
11:32
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Monday, July 28, 2008
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Des yeux et un volcan (remix)
Dans la série recyclage, aujourd'hui, je me la joue DJ, et comme les rois des platines, j'ai décidé de faire un remix de l'été. Ce texte est donc un ancien texte paru sur mon blog l'été dernier, mais remixé à la sauce « été 2008 ». Ouarf ouarf ouarf !
Voici, donc (bouge pas j'lance le skeud) :
« Des yeux et un volcan » (remix)
Quand il a sonné à la porte, je ne savais pas ce que c'était. Je n'attendais personne. Pas de rendez-vous. Rien.
J'ai ouvert.
Je suis restée un instant à le regarder. Quelques micro-secondes. Le temps d'un demi-souffle. Je n'ai rien dit. Même pas souri. Rien… Rien, parce que j'ai tout de suite su que, quand il allait enlever ses lunettes de soleil, il allait me flinguer. Je le sentais. Je le savais. J'ai toujours eu des intuitions fulgurantes lorsque les moments forts de ma vie étaient imminents.
Je lui ai dit « oui ? » et là, il les a enlevées… Il a enlevé ses putains de lunettes de soleil, et, exactement, précisément, comme je l'avais prévu et pressenti au millimètre, son regard m'a flinguée... Je le savais. Je le sentais. Des yeux comme ça, ça passe au travers des lunettes. Des yeux comme ça, ça vous fusille même lorsqu'ils sont fermés. Des yeux comme ça, ça me tue d'un seul coup franc et direct. Snipée sur place…
Il a enlevé ses lunettes, donc, et moi, je suis restée immobile, impassible, pas bronché, pas bougé, d'un poil… De marbre. De glace. Je l'ai regardé plonger en moi.
A l'intérieur, ce fut le feu d'artifice…Que dis-je ? Ce fut, A-TO-MIQUE… Je sais quand je perds les pédales, je le sens, ça aussi, physiquement, profondément, ce liquide chaud qui coule dans mes veines, qui m'irradie et me consume. Un volcan, mais sous-marin. Comme une intense brûlure qui part d'en bas pour venir exploser sur le plexus. Personne ne peut rien voir, à part ceux de la même race. Le feu sous la glace, ouais, c'est ça, c'est exactement ça…
Je n'ai pas bronché donc, pas bougé d'un poil. Je le regardais. Je tentais de.
Quelques demi-secondes, à peine le temps d'un souffle…
Je n'ai pas attendu sa réponse. Je ne sais pas ce qui m'a pris, je l'ai attrapé par le bras, je l'ai entraîné à l'intérieur, et là je me suis jetée sur lui, et lui sur moi, avec la même certitude, exactement.
Un explosif corps à corps s'en est suivi… Ca ressemblait plus à combat de tigres, soudain et brutal, ou quelque chose dans le genre. Ouais, c'est l'image qui me vient toujours à l'esprit en y repensant… Il m'a saisie par la nuque et m'a maintenue comme ça tout le temps que ça a duré, une main remplaçant l'autre, l'autre laissant place à ses lèvres, et ses délicieuses morsures…C'était une danse étrange et intense, scabreuse, et ma nuque en était le centre parfait, le diabolique point de convergence de notre ébat frénétique… On alternait fougue et moments ralentis, dans un accord de rythmes absolument impeccable. C'était complètement démentiel ! Une osmose parfaite, comme je n'en avais sans doute jamais connu auparavant. On se regardait, on se lâchait pas, on se dévorait du regard, il me tuait, me flinguait ; raide, dingue, il me laissait... Des yeux sombres comme ça, pourquoi ça existe bordel ?!! On dirait qu'ils sont noirs, brillants, profonds, mais non, il y a un peu de vert, de métal dedans. Des yeux sombres, plongés dans mes yeux clairs, ça me rend dingue. Ceux là me tuaient, intensément, mais Dieu que j'aimais ça…
Je ne sais plus combien de temps a duré ce fol ébat. Je serais bien incapable de le dire. Une poignée de seconde, ou une éternité ? Assez en tous cas pour que je m'en souvienne toute ma vie, et même dans les suivantes…
Quand il est sorti, je lui ai demandé ce qu'il voulait. Il m'a dit « je cherche Mr Pavoni ». « C'est au 3ème étage », je lui ai dit, « porte droite ».
© MiSs hYDe 2OO8
(et ouais, pirate de l'espace, passe ton chemin sacrebleu, ce texte est protégé ! ahahahah !)
05:50
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Wednesday, July 23, 2008
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Rendez-vous
De ma route, je te regardais, de loin, et tu faisais pareil, au loin. Nos chemins, jamais croisés, nos corps, jamais entrelacés, Sur le point, seulement. Souvent presque. Failli. C'est con.
Dis-moi ? Je t'ai rencontré trop tôt ? Ou trop tard ? Qui sait, après tout, peut être que, de l'âme sœur, j'suis passée à côté, juste à côté… J't'ai frôlé, effleuré, à peine caressé…
Passée, à côté de toi, juste là, à côté. De nous. Dommage, reste que des regrets. Des « C'est bête ». Et des « J'aurais dû » Et tu comprendras jamais. Car tu m'entendras jamais. De là où tu es. Loin, si loin, sur ta route, et moi sur la mienne, si loin que, je ne te vois même plus. Ouais, tu sauras jamais. Sans doute. Probablement. Dommage…
Pourtant, si tu savais… Tu veux que j'te dise ? La vérité ?
J'étais sur orbite quand on s'est rencontrés je traçais ma route fonçais vers la tienne on devait se croiser forcément, mais un accident ce jour là, un accident…
Et BANG ! Ma vie se crasha dans un bruit de tôles et d'espoirs brisés…
D'un coup, tout était fini. THE END fut signé au bas de cette page à peine commencée.
Et nous, qui n'étions pas encore nous, qui, n'étions que seulement toi, et moi, même pas encore nous, non, rien que toi, et moi… Même pas encore nous, qu'c'était déjà la fin…
THE END fut écrit au couperet, guillotinée d'un seul coup sec et vif notre histoire sacrifiée… Quel dommage…
Un Gâchis ? Qui sait ? Peut être ? Ou Pas ? Resteront, des interrogations, des questions sans réponses, des bouteilles à la mer, des baisers dans le vent, ton corps contre le mien, brûlant dans mon rêve et déchirant l'aube, un petit matin au parfum triste, de fin…
© MiSs hYDe 2OO8
12:31
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Bilan con
Category: Games
Et ouais…
L'heure d'un bilan tragi-comique et surtout très con, a sonné.
C'est l'été.
Et moi, l'été, je fais des bilans semi-annuels.
J'attends pas le 1er janvier de l'année suivante.
C'est comme ça.
(Car les 1ers janvier des années suivantes, j'ai généralement trop la tête dans le cul pour faire des bilans cons, sauf le 1er janvier de l'année 2008, où j'avais pas la tête dans le cul, mais dans le ventre, et aussi le 1er janvier de l'année 2000, où j'avais fait une overdose de bûche glacée, ne pouvant pas faire une overdose de vodka glacée, et remarquez la vie est plutôt pas mal goupillée, car je n'aime pas la vodka glacée, mais je m'égare là, il me semble, sacrénon, mais qu'est ce que je raconte ? je sais pas…)
Bilan, donc.
Au jour d'aujourd'hui (j'ai toujours détesté cette expression, je ne sais pas pourquoi), et sachant que nous sommes le 23 juillet 2008 et qu'il est précisément 14h04 :
- Je ne rerentre toujours pas dans mon jean slim noir à boutons mini-têtes de mort spécial brindilles taille 36, que je portais non sans fierté l'année dernière…
(j'ai essayé et ça bloque quelque part entre le haut de la cuisse et la han…mais putain que dis-je ?!! je viens de le réessayer, maintenant là tout de suite just now, yes baby yes, pour ne pas raconter de grosses conneries (pas mon genre, nan nan) et que m'aperçois-je ? ô joie, ô no désespoir ! je rerentre bel et bien dedans !!!! (ce soir c'est la fête !) et je referme donc cette parenthèse qui n'attendait que ça, la pauvre)
- (Donc, je rectifie) Je rentre à nouveau dans mon mini jean (que je léguerai bientôt à ma fille, vu le rythme endiablé auquel cette dernière tète…), mais je ne le referme pas encore !
(j'ai pensé que cette précision s'imposait)
(et du coup, j'annule la fiesta de ce soir)
- Je ne comprends pas ces pères qui oublient leurs enfants dans la voiture en plein été.
(ça n'a que peu à voir avec mon bilan perso, j'en conviens, mais quand même, je le mets, car vraiment, ça me turlupine)
(euh…petite pause pour tenter de sortir de mon jean ultra, mais vraiment ultra petit !)
…
(call 911)
…
(hélas, autre petite pause pour aller nourrir ma progéniture affamée)
(oui, je sais, il est déjà 14h25 très précisément, et vous allez me taxer de mère indigne, et vous aurez sans doute raison, car j'en suis une et presque fière de l'être à part ça, mais, à ma décharge, j'ai passé plusieurs années en Espagne et j'en ai gardé un rythme un brin latino)
(ceci expliquant cela, concernant l'heure tardive du déjeuner bien sûr, et non pas la mention "mère indigne", eh oh, faut suivre un peu là !)
…
(de retour de pause « bouffailles et tripailles », le cerveau un peu ramolli car, oui, vous en conviendrez, c'est l'heure de la sieste)
…
(Mais sacré nom d'une pipe ! Impossibilité d'écrire car La Goulue – c'est ainsi que j'ai nommé, non sans tendresse, ma mini MiSs – me réclame à grande voix (qu'elle a déjà belle. Za, la relève est assurée), le bec ouvert, et l'œil de biche à faire craquer même le plus revêche des cœurs)
…
séance dévorage de pastèques en vue, si je ne m'abuse.
(à moins que je ne choisisse l'option congélation)
…
Suite du bilan à la con, ou parenthèse débile, appelez ça comme vous voulez, pour ce qu'on en a à foutre !
(En plus, avec toutes ces conneries, il est déjà 16h17 et mon rendez vous de tout à l'heure est en péril, fichtre !)
Donc, loin de moi de ne vouloir m'en tenir qu'à d'infâmes et superficielles considérations d'ordre physique et esthétique, mais je reviens à la charge, après inspection de mon reflet dans mon (pas tendre) miroir :
- Force est de constater que je ressemble à un zombie, plus blanc que blanc (vert, donc), et le regard qui accusent directement ces nuits dans le brouillard, qui m'empêchent de me donner à Morphée depuis mars dernier, et donnant lieux à d'étranges corps à corps avec ma petite tourterelle.
(et pourtant, ma fille et moi sommes des hiboux, vous l'ignoriez ?)
- Ce qui me fait arriver directement à une autre de mes turlupinades (une de +), concernant ces stars qui accouchent de 3-4 bébés à la fois, dont au moins 2 adoptés, et posent, à peine deux semaines plus tard dans le plus simple et splendide appareil, pour le bonheur des lecteurs médusés de Glamorous Bitch …
Sidérant…
- Sinon, je vais bientôt m'auto proclamer voyante tellement je clair-vois, ces derniers temps…
- Sinon bis, le hasard ne cesse de me jouer des tour, le petit fripon (et il sait que je l'adore, donc sans rancune, va), et c'est super drôle car je me baladais dans la librairie de mon coin, et au moment de passer à la caisse, que ne vois-je pas, par Belzébuth ? Une demoiselle avec un bouquin dans les mains, portant le titre que j'ai provisoirement donné au bébé que j'ai mis en route il y a quelques temps !
(non non, je vous rassure, je ne vais pas vous la jouer « La Baleine 2, le grand retour », ce bébé là sera constitué de pages et de mOts, s'il voit le jour un jour, inch'Allah ; ou plutôt si je veux bien me bouger le cul, surtout)
De plus, sur la couverture de ce bouquin, il y a la photo d'une route comme je les aime. En noir & blanc. Traçant vers l'infini.
Of course.
Ca ne s'invente pas…
A part ça, diverses anecdotes, sans grand intérêt :
- Je me suis achetée une poudre-dentifrice bio, totalement naturelle, aux arômes de citron, censée te blanchir grave de chez grave – dixit la vendeuse – tes dents, et tout cela sans aucunement agresser ton précieux émail.
Le truc marrant c'est que chaque fois que j'ouvre le pot pour plonger ma brosse à dents dans cette poudre blanche, d'une texture absolument magnifique, une petite étincelle se produit et je rêve de me repoudrer le nez ! Diantre !
(et loin de moi l'envie de faire l'apologie de toutes ces saloperies, car je suis, comme qui dirait, rangée des voitures ; mais je suis simplement stupéfaite du petit diablotin espiègle qui sait surgir de sa boite à malice, de temps à autres, et surtout, ô surtout, quand on l'attend pas)
- L'inconnu de l'été 2007 a recommencé de me hanter.
Avec moins de turpitudes moites et fiévreuses, certes, mais quand même…quand j'y pense…hum…mmh…
- Je vais bientôt retrouver la maison aux scorpions, et je suis super heureuse, car en plus ça tombe bien, j'adore les scorpions !
Bon et bien, c'est pas tout ça, mais je dois filer, retourner vaquer à mes nobles occupations (sauvetage de la veuve et l'orphelin, auto-piratage de me, myself and I, écoutage de poussage de barbe, glandage dans les Alpages, etc, etc…)…
Ah mais j'oubliais, j'ai rendez-vous…
Avec…
© MiSs hYDe 2OO8
08:24
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Tuesday, July 08, 2008
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Voyage
Obligée de voyager immobile, à l'horizontale, l'esprit à la verticale, de moi, je me tends, tends vers cet ailleurs, cet horizon, hypothétique, indicible, immobile, sur la corde raide, je funambule, je bulle, sur les rotules, je danse, je divague, à l'âme, sur le fil, assise, précise, incisive, je vois, je clair-vois, j'imagine, je rêve, d'elle, la route, encore et toujours, elle, la route, qui m'appelle, qui me crie, me réclame, m'attire, à elle, encore et toujours, elle, qui m'appelle, qui me crie, me réclame, elle, que j'appelle, que je crie, je réclame, et je hurle, et je crie encore et encore et encore…
Tu me manques tant.
© MiSs hYDe 2OO8
08:25
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Thursday, June 26, 2008
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Autrement
Ouais bébé, tu as raison, la vie aurait dû être autrement...
Mais n'est-ce pas toujours le cas ?
La boulangère aurait voulu être actrice et l'actrice, pianiste. La pianiste aurait voulu danser, et la danseuse, elle, rêve de chanter. Le golden-boy aurait préféré être une star, et la star donnerait tout pour redevenir incognito, et quant à l'écrivain qui rêve d'être Dostoïevski, il n'est même plus que l'ombre de lui-même…
Mais tout de même. Autrement, ouais, ça aurait été mieux.
On se serrait serré dans les bras pendant encore 50 années.
On se serait bien marrés.
On aurait fait le tour du monde.
Fait l'amour dans une maison qu'on aurait construite de nos mains, au milieu de nulle part.
Vécu d'amour, vins & fromages.
Ecrit, peint, dansé et chanté.
Beaucoup, beaucoup parlé.
Fait plein d'amis.
Des tonnes d'amis.
Autant de photographies.
Quelques bébés peut être ?
Puis non.
Juste toi et moi.
Le monde à nos pieds.
Une bagnole pour tracer la route.
Fendre le bitume.
« T'as du feu bébé ? »
« Ok passe moi une clope »
Mets la musique à fond.
Allez, c'est parti !
On met les voiles.
Non ?
© MiSs hYDe 2OO8 (et encore de la route à faire)
04:15
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Saturday, June 14, 2008
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In the mood for Chuck
Bon allez, je ne résiste plus, voici quelques unes de mes citations préférées, dégotées sur le site qui relate la fantastique légende de Chuck Norris :
Chuck Norris ne dort pas. Il attend.
Chuck Norris et superman on fait un bras de fer, le perdant devait mettre son slip par dessus son pantalon.
Quand Chuck Norris se présente à un entretien d'embauche, c'est Chuck Norris qui pose les questions.
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