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About me : Le côté obscur - my non-musical side
English translation below
COMMISSION en direct - Marie de Condé
La spiritualité boudhiste et le chant funky sont les deux passions de Marie de Condé
D’après votre nom, vous êtes originaire de l’Afrique de l’Ouest… Camara, c’est bembara ?
C’est soussou, mais on le trouve dans toutes les ethnies. Ma mère est malinké, l’équivalent guinéen des Bembaras. Et mon père est soussou. Mes parents ont quitté la Guinée-Conakry quand je n’avais pas encore un an. Mon père travaillait à l’ambassade de Rome, où mon unique soeur est née. «Camara», cela signifie «qui a eu le pouvoir ».
Vous êtes musulmane ?
Plus maintenant, je me suis convertie au bouddhisme. J’ai grandi dans l’islam africain, qui est différent, puisque mélangé à nos coutumes. Parallèlement au cours de religion islamique, j’ai essayé de suivre des cours d’arabe, mais je n’ai jamais pu me faire à l’alphabet. J’ai donc lâchement abandonné !
Quand vous êtes-vous convertie au bouddhisme ? Etait-ce plus pour rompre avec l’islam ou plus par intérêt pour le bouddhisme ?
J’ai toujours été très attirée par le Tibet, le Népal… Depuis mes douze ans, je m’intéresse à cette philosophie. Fin 99, à un moment crucial de ma vie, j’ai croisé beaucoup de bouddhistes, et j’ai commencé à fréquenter un centre bouddhiste, — japonais, et non tibétain ! Un an après, je me suis convertie. Mais j’ouvre mon esprit à d’autres bouddhismes, car il y a une multitude d’écoles. Je suis actuellement les cours et les enseignements de lamas tibétains. C’est une recherche de calme et de pondération.
Ce n’est donc pas parce que vous auriez été déçue par l’islam ?
J’ai cessé de fréquenter les cours de religion islamique quand il y a eu la vague de professeurs venus d’Arabie saoudite. Ce qu’on m’apprenait ne ressemblait plus du tout à ce qu’on m’apprenait avant. Ce n’était plus le même islam. C’était: et pourquoi tu te maquilles, et pourquoi tu mets des jupes courtes…
Votre famille s’est-elle montrée hostile à votre choix ? Le bouddhisme ne vous demande pas de renoncer à l’islam…
Non, mais il faut prononcer des voeux. Ou, plus exactement, on «prend refuge» dans le bouddhisme. Je considère qu’il faut choisir. Il existe une critique religieuse dans le bouddhisme, ce qui entraîne un investissement spirituel. Je me sens incapable de me partager. Pourtant, je continue de me sentir musulmane. C’est ainsi qu’au lendemain du 11 septembre, j’ai éprouvé avec force cette appartenance au monde musulman, que, souvent, on assimile abusivement à l’intégrisme. Quant à ma famille, elle a trouvé que le bouddhisme m’avait «améliorée».
Et que reste-t-il des croyances africaines antérieures à l’islam ?
Elles demeurent très vivaces. On croit à l’esprit qui reste vivant. C’est ainsi que lorsque je traverse des périodes émotionnellement intenses, je mets près de mon chevet un verre d’eau pour ma grand-mère défunte, verre que je vide le matin. Chez nous, tout ce qui relève de la magie perdure, mais, pour moi qui ai grandi en Europe, hormis le rituel dont je viens de vous parler, la magie n’a pas de place. Si elle avait un réel pouv oir, les choses auraient changé depuis longtemps de manière positive pour l’Afrique ! On dit aussi chez nous que tous les marabouts qu’on trouve en Europe sont des arnaqueurs et que les bons sont dans leurs villages.
Comment surmontez-vous les contradictions inhérentes à un tel mélange de spiritualités et de traditions ?
Très simplement, car ce que je tente de faire, c’est de trouver un chemin vers ce que je suis réellement et les valeurs auxquelles j’accorde de l’importance. Le seul «problème » que je rencontre est d’ordre culturel : je réfléchis avant de dire «oui», alors que chez nous, «non» ne se dit pas. C’est le seul « choc » culturel que je rencontre avec des gens de chez moi. Même si je n’ai pas grandi en Afrique, j’ai été éduquée par des Africains et j’ai côtoyé beaucoup d’Africains. D’un autre côté, j’ai grandi et j’ai été scolarisée en Europe ; avec l’âge, j’ai de plus en plus d’amis européens. Je suis bien consciente d’être à cheval entre deux cultures, mais le plus difficile, ce n’est pas d’accepter les valeurs des uns et des autres, c’est de se faire accepter entièrement par une communauté et par l’autre. Pour les Africains, je suis une Européenne, et pour les Européens, je suis une Africaine.
Comment occupez-vous vos loisirs ?
Je chante. J’ai commencé par le chant européen classique, les vocalises. Aujourd’hui je chante en anglais. Ma famille appartenant à la caste des nobles, je ne devrais pas me produire sur une scène, car les nobles chez nous ne chantent pas, cet art étant l’apanage des griots. J’ai néanmoins monté un groupe — Marie de Condé (Condé, c’est le nom de ma mère) — qui fait des reprises disco, agrémentées d’interventions rap et raggamuffin. Nous animons de nombreuses soirées et nous avons tourné jusqu’en Italie. Renata Kamara, la rappeuse, est originaire de Sierra-Leone. Par contre, les excellents musiciens qui nous accompagnent – un bassiste, un batteur, un guitariste et un claviériste — sont blancs et belges, mais le talent n’a pas de couleur!
Interview par Bernard Langnickel
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– numéro 239 • du 26 avril au 2 mai 2002 – Personally Speaking Marie de Condé
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The on line COMMISSION
Boudhist spirituality and the song funky are both passions of marie de Condé
According to your name, you are originating in West Africa… Camara, it is bembara?
It soussou, but it is found in all ethnoses. My mother malinké, the Guinean equivalent of Bembaras. And my father soussou. My parents left the Guinea-conakry when I did not have any year yet. My father worked in the Rome embassy, where my only sister was born "Camara", that means "which had the power".
You are Moslem?
More now, I converted to Buddhism. I grew in the African Islam, which is different, since mixed with our habits. At the same time during Islamic religion, I tried to follow courses of Arabic, but I never could be done to the alphabet. I therefore gave up loosely!
When are you converted to Buddhism? Was this more to break with Islam or more by interest in Buddhism?
I very have always been attracted by Tibet, the Nepal… For my twelve years, I have been concerned with this philosophy. End of 99, at a crucial moment of my life, I crossed many Buddhists, and I started to attend a Buddhist, Japanese—, and non tibetan centre! A year after, I converted. But I open my spirit to other Buddhisms, because there is a crowd of schools. I am currently courses and the lesson of spangled tibetan. It is the calm and weighting search.
It is not therefore because you would have been disappointed by Islam?
I ceased attending the Islamic religion courses when there was the wave of professors from Saudi Arabia. It that me was learned did not resemble any more it that me was learned before. It was no longer the same Islam. It was: and why you you made up, and why you put short skirts…
Did your family be hostile with your choice? Buddhism does not ask you to give up Islam…
No, but wishes must be pronounced. Or, more exactly, one "takes refuge" in Buddhism. I consider that one must choose. There is religious criticism in Buddhism, which involves spiritual investment. I feel unable to share myself. However, I continue feeling to me Moslem woman. Thus the day after 11 September, I felt with strength this membership of the Moslem world, that, often, one treats wrongly as the integrism. Regarding my family, she found that Buddhism "had improved" me.
And what does he remain of the African beliefs prior to Islam?
They remain very long-lived. One believes in the spirit which remains live. Thus when I cross émotionnellement intense periods, I put near my bedside a water glass for my late grandmother, glass that I empty the morning. On our premises, all that involves the magic lasts, but, for me which grew in Europe, except the ritual from which I have just spoken you, the magic does not have any place. If it had a real pouv oir, things would have changed for a long time in a positive way for Africa! It is also said on our premises that all the marabouts that are found in Europe are arnaquors and that orders are in their villages.
How do you overcome the contradictions inherent in such a mixture of spiritualities and of traditions?
Very simply, because what I try to make, it is to find a way towards what I really am and the values to which I grant of the importance. The only "problem" that I encounter is of a cultural nature: I reflected before saying "yes", while on our premises, "not" does not say himself. It is the only cultural "shock" that I meet with people of at me. Even if I did not grow in Africa, I was educated by Africans and I bordered on many Africans. On the other hand, I grew and I was educated in Europe; with the age, I have increasingly European friends. I am quite aware of being to horse between two crops, but the most difficult one, it are not to accept the values of the ones and of the others, it is to have himself accepted entirely by a community and by the other. For the Africans, I am a European, and for the Europeans, I am an African.
How do you occupy your leisure?
I sing. I started with the vocalised traditional European, song. Today I sing in English. My family belonging to the caste of the noble, I should not occur on a scene, because noble on our premises do not sing, this art being the privilege of the griots. I nevertheless assembled a marie —group de Condé (Condé, it is the name of my mother) —which makes resumptions disco, decorated of interventions rap and raggamuffin. We manage numerous evenings and we turned to Italy. Renata Kamara, the rappous, is originating in Sierra Leone. On the other hand, the excellent musicians who accompany to us – a bassist, a beater, a guitarist and a claviérist —are white and Belgian, but the talent does not have any colour!
Interview by bernard Langnickel
– number 239 •from 26 April to 2 May 2002 – Personally Speaking marie de Condé
4:38 PM
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