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Winter Circus 2004 (Memento Vrac des Années Noires)
Je ne demande pas la lune, la lune est pour tout le monde.
Et personne n'a le droit d'éteindre la nuit comme çà.
Je suis une grande d'âme sans talons, j'ai peint mes ruines en bleu, pour que çà fasse moins mal aux yeux…
Je me costume tous les jours, surtout quand ce n'est pas carnaval, dans des habits toujours à la taille maximale pour protection optimale.
J'ai la mâchoire des crocodiles affamés mais c'est moi qui me suis faite manger.
Je me laisse aimer même quand mon cœur ne bouge pas.
Je me laisse toucher même quand mon corps ne se réjouit pas.
Mais si jamais le visage en face commence à rougir, je ne le laisse pas brûler en y jetant du papier glacé.
Parfois c'est trop tard, et même déguisée en pompier zélé, je ne peux que regarder, impuissante, ma pyromanie dévaster.
Carmen, sors de mon corps, s'il te plait.
J'ai des amoureux à chaque main et je n'en prends aucun.
Intacte, sans impact et sans pacte…
C'est quand on me regarde que je peux me voir..
J'ai acheté des nougats juste parce que je n'aimais pas çà.
Et j'ai tout mangé, même le paquet.
Tais toi.
J'ai les poings fermés mais ne dors jamais.
Dormir ?
J'ai l'oreiller vide.
Les moutons ont foutu l'camps.
Restent les barrières.
Sauter par-dessus ?
Pas envie de me tordre une cheville.
J'suis déjà bancale des yeux, alors bas les pattes.
Mon plafond est troué d'partout, pas pour autant que j'vois du ciel au travers.
…
La nuit, elle, je la vois, oui.
Noire, bien noire.
Une vraie robe de veuve.
Pas envie de me prendre les pieds dans ses ourlets.
Alors j'rallume les lumières.
Plein phares, pleine gueule.
Aveuglée.
Je dompte la nuit et joue les funambules entre ciel et ceux..
On me craint parce que j'ai subjugué l'apparat, sublimé les combats. On me plaint parce que j'ai dorloté, aimé, protégé les mauvais soldats, et surtout ceux là.
J'ai pris leurs sanglots entre mes jambes, coincé leurs traits abîmés entre mes rondeurs lissées et les ai laissé glisser.
Mon sexe en champ de bataille.
J'ai retroussé mes merveilles et j'ai fait sourire les saules.
Mon cœur en miettes, çà nourrira les oiseaux.
J'ai eu des bleus là où les boxeurs n'en n'ont jamais.
Dans une baignoire, je les ai compté : 26.
J'ai pris le tuyau à eau, et je les ai lavé.
Maquillage bonne qualité, savonner n'y a rien fait.
Je crache sur le miroir et je l'essuie juste après.
Ne jamais oublier de l'essuyer.
Ne jamais oublier de l'essuyer.
Ne jamais oublier.
Ne jamais.
Maître chanteuse des dicos, j'ai inventé des mots.
J'ai arraché les pages des livres que je n'ai pas lu pour tapisser les murs d'histoires pas finies.
Pas assez de raison sur le dos,
J'ai regardé les escargots s'enrouler et les ai piétinés.
Gamine jalouse de leur maison que je n'aurai jamais.
J'ai sonné à des portes pour qu'on m'ouvre les sommets,
Puis me suis demandé si j'étais à la hauteur.
Alors j'ai fait l'amour avec un échassier pour lui voler ce qu'il voyait.
Caprice de l'impatiente, avec toi me v'là plus grande.
Des écrases-mouches à mes pieds, sans intentions talonnées, j'me mets sur tes épaules, histoire de regarder d'l'autre côté du pôle.
"Nord!" Dit, le chevalier des mer, montre au poignet. "Ici, là bas, plus haut, plus bas!" Réponds, le corps-aïe déboussolé.
Oui c'est vrai, j'ai vu, vu, vu.. ...Et m'suis perdue. Heureusement qu'j'avais encore dans la caboche deux trois allumettes pas trop mouillées, pour m'sortir des puits à dangers.
Mais avec trois allumettes, on r'fait pas le tour de la planète.
Pour çà et pour "sûr", faut au moins une lampe torche et des piles par paquets..
Et toi, au pied de la pluie, t'es venu, tout endimanché,
De la lumière plein le sac à outils pour gens mourus. Cà m'a fait peur au début, moi et mes poches trouées,
D'voir un gars avec un établi beau-marché. Et puis toi, t'as tout recousu.
J't'ai raconté des tas de volets d'histoires à faire peur. Tu m'répondais pas, fermais les fenêtres l'air de rien et montais le radiateur.
Alors moi j'ten voulais d'rien m'dire. D'oublier d'me soutenir.
De penser au coupe-bois, alors que je criais sur le toit.
Mais ce que j'oubliais de voir, moi.. Belle imbécile, paillettes sur cils, C'est qu'pendant c'temps là..... ... j'avais plus froid.
A force de chialer dans les creux et de frotter mes yeux, j'en ai perdu la couleur.
Pour-Temps, nettoyée à sec, je vais bien.
Le conditionnel est plus qu'imparfait, je n'aime que le présent.
[CLIC] Tiens.. j'ai perdu mon ombre... [CLIC] Ah, non la revoilà.
4:34 PM
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