PARADA

Last Updated:
Feb 26, 2008

Send Message
Instant Message
Email to a Friend
Subscribe

Blog Archive
[ Older     Newer ]


Saturday, October 27, 2007

Les retours humanitaires forcés : un nouveau concept !

Le ministre de l'Immigration a bien du mal à atteindre l'objectif de 25.000 reconduites à la frontière qui lui a été fixé pour 2007… Il s'en était justifié en août dernier en mettant en avant « la difficulté d'expulser Roumains et Bulgares », dont les pays sont désormais membres de l'UE, ce qui rend les procédures « plus complexes ». Il vient de trouver une solution : des dispositifs d'aide au « retour humanitaire », instaurés par une circulaire de décembre 2006, ont été utilisés à plusieurs reprises pour habiller des opérations d'expulsion de ces nouveaux citoyens européens.

A Bondy (93) le 26 septembre dernier, à Saint-Denis le 10 octobre, Bagnolet le 24, et dans d'autres villes encore, la police a investi à l'aube des terrains occupés par des Rroms, ressortissants bulgares ou roumains selon les cas, a fait monter les habitants dans des bus affrétés tout exprès, et leur a donné à choisir entre « la prison » ou « l'expulsion immédiate avec l'aide au retour ». Personne n'a été autorisé à récupérer ses affaires, ni à présenter les documents qui auraient pu prouver qu'il remplissait toutes les conditions pour avoir le droit de rester durablement en France. Ceux qui avaient sur eux leurs passeports se les sont vu confisquer. Les bus ont emmené tout le monde directement en Bulgarie ou en Roumanie, quasiment sans faire de halte.

À l'arrivée, des chèques correspondant à la fameuse « aide au retour » ont été remis à chacun des passagers de ces bus, d'un montant de 153 euros pour les adultes et de 46 euros pour les enfants.

Les expulsions de terrains occupés parfois depuis des années par des Rroms, de quelque nationalité qu'ils soient, ne sont pas exceptionnelles. Dès le début de l'été, ces expulsions ont été accompagnées de distribution en rafales d'OQTF (Obligation à quitter le territoire français), motivées de façon plus que fantaisiste. Les opérations de ces dernières semaines sont, elles, d'un genre tout nouveau, où se conjuguent brutalité et mépris total du droit.

Les victimes de ces retours forcés sont en effet des citoyens européens, et depuis janvier 2007, Bulgares et Roumains, à l'instar des ressortissants des dix Etats devenus membres de l'UE en mai 2004, jouissent du droit à la libre circulation en Europe.

En cas de contestation de ce droit en France, il doit leur être remis une OQTF dûment motivée. Seulement voilà : une mesure administrative est susceptible de recours, et la procédure qui s'ensuivrait empêcherait d'exécuter l'expulsion du territoire ou rendrait difficile de l'exécuter rapidement. Or il faut faire du chiffre ! Et peu importe que les personnes chassées reviennent quelques semaines après…

Par bonheur, une circulaire de fin 2006 [1] organise des retours dits « humanitaires », gérés par l'ANAEM, pour les étrangers en situation irrégulière ou de dénuement. Quelle aubaine ! Partout en France on s'est empressé d'utiliser ce dispositif.

Certes, la circulaire détaille toute une procédure à mettre en --uvre : information, préparation d'un projet de réinstallation, accompagnement personnalisé avant le départ et le cas échéant à l'arrivée dans le pays de retour. Dans les opérations des dernières semaines, rien de tout cela n'a été respecté : ni vérification du droit au séjour des intéressés, ni notification d'une OQTF, ni information, ni enquête sociale… Rien, sinon les 153 euros, gages apparemment qu'il s'agit bien de la procédure ANAEM de retour « humanitaire ».

Nicolas Sarkozy, lors de sa récente visite en Bulgarie, a déclaré, évoquant le sauvetage des infirmières bulgares, que tout « opprimé (…) devient automatiquement français » !! Le paradoxe entre les larmes versées sur les infirmières bulgares (en Bulgarie) et le traitement réservé aux Bulgares (en France) est aussi éclatant que celui qui associe l'idée d'aide au retour « humanitaire » avec le sordide de ces rafles menées au petit jour, dans la précipitation, sous les menaces et le chantage, avec destruction de tous les biens des personnes raflées… Nouvelle figure de l'humanitaire, ces citoyens européens enfermés à bord de bus roulant à tombeau ouvert ?…

Le 26 octobre 2007

Signatures :

* ASAV
* Association de solidarité aux familles roumaines de Palaiseau-Massy-Chilly-Wissous
* Association de solidarité Roms Val d'Oise
* CLASSES
* Collectif d'aide aux familles rroms de Roumanie pour le Val d'Oise et les Yvelines
* Fnasat
* GISTI
* La voix des Rroms
* LDH (Ligue des Droits de l'Homme)
* PARADA
* PROCOM (à Bordeaux)
* Réseau de solidarité Rroms de St-Etienne
* Réseau Solidarité Roms Val d'Oise
* Romeurope

03:38 - 0 Comments - 1 Kudos - Add Comment

Saturday, October 13, 2007

Situation des Roms en Roumanie

A BUCAREST LES ROMS TRINQUENT...

Malgré la belle rhétorique des autorités roumaines, la santé des Roms ne semble pas peser lourd dans l'agenda gouvernemental. Le plus grand quartier rom de Bucarest reste un véritable taudis dans lequel toutes sortes de maladies se développent aisément. L' accès aux soins médicaux demeure très compliqué pour les Roms, malgré les injonctions de l'Union européenne à ce sujet.

Par Marian Chiriac et Daniel Ganga

Presque chaque matin, dès l'aube, Gogu prend son chariot rempli de bouts de métaux hétéroclites récupérés ici et là, et le tire lentement en direction du centre de recyclage. Il vide là son chargement, en échange d'une somme d'argent dérisoire qui suffit tout juste à lui assurer sa pitance pour la journée. Puis il retourne chez lui.
Ce que Gogu - aussi connu sous le nom de Ion Gogonet - fait chaque jour n'est pas du tout insolite pour beaucoup de gens qui habitent Ferentari. Situé à la prériphérie sud de Bucarest, Ferentari est un vaste quartier à mi-chemin entre un bidonville et un ghetto. Plusieurs entrepôts, quelques bars douteux, une poignée de boutiques tombant en ruine, un petit parc plus gris que vert et une gargotte qui vend de la soupe : bienvenue sur la rue Zabrautului.
La zone est bien connue pour ses appartements d'une pièce, empilés dans d'horribles édifices de cinq étages, aux petites fenêtres décorées de vêtements en train de sécher et où, de temps à autre, la tête d'une femme surgit pour crier quelque chose aux enfants qui jouent au ballon en bas, à côté de chiens plus ou moins errants qui fouillent les montagnes d'ordures.
C'est ici, dans ce monde grouillant aux allures de ghetto fétide, que vit Ion Gogonet, un Rom d'une cinquantaine d'années. Son appartement d'une pièce ne fait pas plus de 16 mètres carrés, dont une minuscule cuisine et une salle de bain de trois mètres carrés. Le logis est néanmoins équipé de l'électricité et de l'eau courante, ce qui - de l'avis des habitants de l'immeuble - représente une amélioration majeure, puisqu'il n'y a pas si longtemps encore, ces bâtiments étaient dépourvus de ces services publics de base.
C'est là la demeure de la famille Gogonet, c'est-à-dire de sa compagne Ilie Stela, 33 ans, et de leurs trois enfants, dont deux fréquentent déjà l'école primaire. Le père doit dormir sur un lit séparé car il a eu la tuberculose. Il a développé 72 perforations aux poumons et, en raison de ses conditions de vie particulièrement malsaines et de son existence difficile, il a été très malade. Il a longtemps refusé de voir un médecin, en partie par nonchalance et en partie par peur de ne plus pouvoir voir ses amis. Il y a seulement deux ans, un conseiller médical a fini par le persuader d'entreprendre un traitement contre la tuberculose. Il est en bonne santé aujourd'hui, bien qu'il subisse les séquelles de sa maladie. Au moins, il n'est plus contagieux.
Ion Gogonet n'est que l'un des bénéficiaires de la campagne de prévention et de traitement de la tuberculose mise sur pied par plusieurs ONG, surtout américaines. Le financement provient de l'Agence pour le Développement international des États-Unis (USAID). Cette campagne a été lancée justement parce que la Roumanie présente le plus haut taux d'incidence de la tuberculose en Europe, et que le nombre de cas y a doublé au cours des années 90. Selon les statistiques officielles de 2006, l'incidence de la tuberculose à travers la Roumanie s'élevait à 117,8 par tranche de 100.000 habitants.
Mais, toujours d'après les chiffres officiels, les communautés roms sont environ dix fois plus touchées par la tuberculose que le reste de la population. Cet état de fait s'expliquerait par un faible accès aux services publics de soins médicaux, une grande méconnaissance des questions relatives à la santé, l'analphabétisme très répandu, la cohabitation dans des lieux surpeuplés et insalubres, et la pauvreté en général.

Taves bahtalo !
Les Roms se saluent chaque jour avec ces paroles : « Taves bahtalo », ce qui signifie « Sois en pleine santé ! ». Si une bonne santé est naturellement une chose que chaque être humain apprécie à sa juste valeur, et cela peu importe son origine, elle est particulièrement importante en Roumanie, où le système de santé public est toujours dans un piètre état. Si l'on en croit un sondage mené en avril par le Centre roumain pour les politiques économiques (CEEROPE), la somme consacrée à la santé en Roumanie s'élève annuellement à environ 470 dollars per capita (environ 330 euros) par an, soit loin de la moyenne mondiale qui atteint 650 dollars per capita (environ 460 euros) par an.
« La Roumanie se trouve dans une position difficile, du moins dans le domaine de l'accès aux services médicaux, avec une distribution inégale des ressources qui désavantage beaucoup les régions rurales et les communautés pauvres qui vivent en marge de la société », peut-on lire dans le rapport. « L'une des explications est l'insuffisance du financement des services publics de soins de santé, ajoutée à la crise prolongée des fonds d'assurance médicale et à la faible part du budget destinée à la santé, soit entre 3% et 4% du PIB, contre les 8% à 10% des pays les plus développés de l'Union européenne (UE). »
> Or, dans ce portrait déjà sombre de la pauvreté du système de santé national, les Rroms se distinguent nettement. Officiellement, on compte à peu près 550 000 Rroms, soit environ 2,6% des 21 millions de personnes qui composent la population roumaine. Mais plusieurs études statistiques tendent à démontrer que la véritable population rrom se situe entre 1 million et 1,5 million.
> La situation à Ferentari est particulièrement alarmante. À seulement huit kilomètres du centre-ville de Bucarest, plusieurs milliers de Roms vivent dans des conditions affligeantes. « Nous ne pouvons rien faire, mon fils. C'est comme ça qu'ils sont habitués à vivre. Le camion qui ramasse les ordures ne vient presque jamais par ici, mais le fait est que les gens sont mauvais. Ce n'est pas comme quand Ceaucescu était vivant, alors les gens faisaient plus attention, parce qu'ils avaient peur », raconte une vieille femme, évoquant les jours du dictateurs communiste, Nicolae Ceaucescu, tandis qu'elle fait rôtir des graines de tournesol.

L'un des plus grands problèmes dans cette partie de la ville est que les habitants n'ont pas de travail, ce qui les empêche d'avoir une assurance médicale. « Si vous n'avez pas de fiche d'emploi ou un quelconque certificat de votre employeur qui prouve que vous payez des impôts, vous ne pouvez pas vous inscrire auprès d'un médecin de famille. C'est là la source du problème », constate Ioana Constantin, une conseillère médicale de Ferentari. Les gens aimeraient bien avoir un centre médical dans le quartier. « Le plus proche est à une quinzaine d'arrêts d'autobus... Les gens sont découragés par la distance et les frais de transport. En réalité, il y a bien un centre médical plus près d'ici, mais il est privé, alors c'est trop cher », poursuit Iona.

Une priorité, vraiment ??

À ce jour, le ministère de la Santé publique (MSP) ne possède pas de programme spécifique pour les communautés rroms. Cela parce que la mentalité qui prévaut veut que la maladie et la souffrance n'aient rien à voir avec les origines ethniques des individus. Depuis 2001, l'année où la Roumanie a adopté la réglementation de l'UE qui supprime toute classification des patients en fonction de l'ethnicité, il n'existe pratiquement aucune donnée officielle faisant l'inventaire des problèmes de santé des Roms.

Il est aussi fréquent qu'étonnant d'entendre des fonctionnaires affirmer que les Roms forment la principale cible des stratégies du gouvernement en vue de promouvoir la santé et de combattre la pauvreté. De toute façon, le ministre de la Santé publique ne peut pas faire grand chose pour les habitants de Ferentari. « Actuellement, cette zone ne représente pas du tout une priorité pour le ministre. Les choses ne changeront que si l'Autorité pour la santé publique de Bucarest (ASPB), ou encore une ONG, identifie des problèmes spécifiques et propose un plan concret pour améliorer la situation dans cette partie de la ville », affirme Hanna Dobronauteanu, médecin et ancienne conseillère aux questions roms pour le ministère de la Santé publique.

Pour l'instant, à Ferentari, en l'absence d'efforts soutenus du gouvernement, seules des initiatives autonomes d'ONG ou des projets individuels semblent donner des résultats - mais dont la portée reste très limitée. Des centaines de milliers d'euros ont été dépensés dans toutes sortes de programmes, comme la lutte contre la tuberculose, pour l'éducation sexuelle et le planning familial, le dépistage du cancer du sein, etc.

Tout cela n'a toutefois donné jusqu'ici que peu de résultats visibles. « Les programmes menés jusqu'à maintenant ne devraient être que le prélude d'une campagne cohérente et à grande échelle visant à traiter l'ensemble complexe des problèmes de santé de la population rrom de Ferentari », croit Alina Constantinescu, travailleuse sociale pour l'organisation américaine Médecins du Monde. « Bien entendu, ces initiatives ont été très utiles, mais elles n'ont pas toujours pris pour cible les besoins les plus criants. « Car les causes profondes sont la pauvreté, le chômage et le manque d'éducation », rappelle Constantinescu. Elle prévient : « En outre, puisque la Roumanie est devenue un État membre de l'UE, les États-Unis et les autres pays occidentaux ont cessé de financer beaucoup de projets roumains, parce que la Roumanie est désormais considérée apte à régler ses problèmes toute seule. Eh bien, personnellement, j'en doute. »

Planifier, c'est ce que nous faisons le mieux !

Lorsqu'il s'agit de cibler la question rom, le ministère de la Santé publique se contente de soutenir les conseillers médicaux qui sont membres de la communauté locale et qui sont formés pour faciliter les contacts entre patients et médecins. Ainsi, les 500 conseillers médicaux désormais à pied d'--uvre partout en Roumanie - et qui, fait à noter, sont toutes des femmes - doivent entrer dans les maisons des gens, identifier leurs problèmes de santé et tenter de trouver des solutions. Dans les faits, elles ne s'occupent pas que des problèmes reliés à la santé, mais elles aident aussi les Roms à obtenir leur carte d'identité ou leur certificat de naissance, quand elles ne signalent pas des problèmes sociaux aux autorités.

Même si, avec l'assistance des conseillères médicales, des progrès significatifs ont été faits, les problèmes sont encore très loin d'être résolus. Tout d'abord, les conseillères ne sont embauchées que pour une période limitée, habituellement d'un an. Leur contrat n'étant renouvelé que pour une autre année à la fois, leur poste demeure donc incertain. Ensuite, leur salaire - payé par l'Autorité de la santé publique - est loin d'être motivant : il s'agit d'un maigre 125 euros pour la majorité d'entre elles. Pire, elles rencontrent des difficultés en ce qui concerne l'accès des Roms aux soins de santé publics.

Tandis que des responsables du ministère de la Santé publique assurent que les choses se sont améliorées, les ONG locales ont une opinion différente. Daniel Radulescu, coordinateur du projet de santé communautaire de l'organisation rom Romani Criss, demeure sceptique : « Même si plus de gens sont aujourd'hui inscrits au bureau du médecin, cela ne veut pas dire qu'ils ont un accès égal aux soins fournis par le médecin. Très souvent, les Roms nous informent que certains médecins présentent des attitudes racistes ».
>
> Même le secrétaire au ministère de la Santé publique Ervin Zoltan Szekely confirme l'existence de cas semblables. « Nous avons récemment été informés du cas d'une femme rom enceinte qui a déposé une plainte pour ne pas avoir reçu une aide médicale appropriée, ce qui a provoqué de sérieux problèmes lorsqu'elle a donné naissance à son enfant. Les responsables ont examiné la situation et imposé des sanctions disciplinaires à ce médecin, non pas pour avoir commis une discrimination, mais parce qu'il n'avait pas fourni l'assistance médicale adéquate. Il n'a donc pas été sanctionné pour discrimination, car c'est difficile à prouver. »

Romani Criss rapporte également des cas de discrimination dans des hôpitaux - ce qui est illégal en Roumanie - mais admet que cela est aussi dificle à prouver. « La discrimination et la ségrégation n'ont pas été des priorités pour nous jusqu'ici. Néanmoins, nous avons décidé d'inclure ces phénomènes dans le champ de notre travail de recherche », explique Szekely. Beaucoup de Roms espèrent que ces promesses pourront provoquer un changement dans l'attitude des fonctionnaires, afin d'améliorer le financement des soins médicaux qui leur sont destinés.

05:10 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

UN ENFANT ROM OUBLIE DANS UNE EXPULSION GROUPEE !

Parada France, association qui vient en aide aux populations roms, s'insurge contre le traitement qui a été réservé à un jeune garçon découvert seul après l'expulsion de sa famille et de ses proches à Saint-Denis.
Ce mercredi 10 octobre à 6 heures du matin, la police a surgit dans un terrain de roms situé Boulevard Anatole France à Saint-Denis, ce terrain dit du "Hanul bis" abrite depuis plus de trois ans une communauté de 80 personnes environ.
Aux familles toutes présentes les forces de police ont brandit des OQTF ( obligation à quitter le territoire français) et donné le choix entre les suivre au poste ou monter dans deux bus en partance immédiate pour la Roumanie.
Après le départ des familles, au moment où la police procédait à la destruction de leurs affaires, un jeune garçon de 10 ans a été découvert seul et en pleurs.
Présents sur les lieux, trois membres de l'association Parada se sont vus interdire d'approcher et de parler à l'enfant. Pourtant l'association connait bien les enfants de ce terrain pour y animer avec eux des ateliers cirque depuis plus d'un an.

Parada France s'insurge contre l'interdiction qui lui a été faite d'entrer en contact avec l'enfant et de lui porter assistance et s'inquiète du traitement qui lui a été réservé.

L'association s'insurge également contre ce qui apparait être le nouveau scénario d'expulsions en vigueur : l'arrivée des forces de l'ordre avec des bus pour une reconduite immédiate au pays d'origine. ( La même chose s'est produite dans un terrain de bulgares la semaine dernière à Bondy)

Cette procédure dite "d'expulsions groupées" ne respecte pas la loi : elle distribue des OQTF collectives et sans raisons notifiées et elle ne laisse pas aux familles le délai légal d'un mois pour obtempérer.


Photo Sharing and Video Hosting at Photobucket
Partis pour la Roumanie

Le lendemain, en faisant des recherches sur le sors de l'enfant en question, nous avons pu découvrir qu'il n'était pas le seul dans cette situation et que 3 adolescents avaient également été oubliés sur les lieux de l'expulsion !!!


Dans le Figaro du 11 Octobre on peut lire :
"Soixante-douze Roms d'origine roumaine, dont 22 enfants, ont été expulsés aujourd'hui d'un bidonville installé sous l'autoroute A86 à Saint-Denis (Seine-St-Denis) avant de se voir proposer une aide au retour humanitaire, majoritairement acceptée, a-t-on appris auprès de la préfecture.

Suite à un examen "au cas par cas" de leur situation..."
Etant sur place au moment où cette expulsion se déroulait, nous nous permettons de compléter un peu cette information dont la seule source est la préfecture:


1. Pas plus qu'à Bondy il y a quelques jours, IL N'Y A EU AUCUN EXAMEN AU CAS PAR CAS! Et pour cause, les policiers ont fait vite. Toute la zone était encerclée et même les véhicules ne pouvaient circuler à proximité.


2. PERSONNE N'A SOUHAITE BÉNÉFICIER DU RAPATRIEMENT VOLONTAIRE, et pour cause, ils ont du laisser sur place quasiment tout. Les caravanes ont été mises en fourrière, comme on le voit sur la photo. Les policiers et l'ANAEM ont menacé, comme cela devient d'usage: soit vous acceptez l'aide au retour, soit on vous embarque.


3. Un enfant et trois adolescents se sont retrouvés tout seuls, leurs parents ont "souhaité bénéficier du rapatriement volontaire". Voilà combien il a été volontaire, le retour.
Parada avait commencé un travail sur la scolarisation et certains enfants espéraient pouvoir aller à l'école. Mais voilà, "rapatriement volontaire" oblige, ils n'iront pas!


Il faut du chiffre, alors on fait du chiffre. Dans le courant de la semaine prochaine, nous reverrons ces Roms revenir en France, et on aura plus de détails sur la manière dont les choses se sont déroulées. On peut aussi se demander pourquoi la police a catégoriquement interdit à toutes les personnes sur place, associatifs ou journalistes, de s'approcher des VOLONTARISTES AUX RETTOUR.


« Où les enfants vont aller à l'école ? » « Où irons-nous, à présent, on ne veut de nous nulle part ? ». « Qu'allons-nous devenir ? ». « Comment pourrions-nous retourner en Roumanie ? C'est pire. Ici, au moins, on mange ! » Veut-on notre mort, voyez comme nous vieillissons vite ! » Etc…
Tous menacés d'expulsion,voilà des questions que se posent les Roms des bidonvilles au quotidien.
Cet acharnement contre les Roms est troublant !
Oui ou non les Roumains peuvent-ils vivre en France ? Si non, pourquoi, depuis des années, les a-t-on laissé venir et s'installer ? Pourquoi a-t-on accepté l'entrée de la Roumanie dans l'Union Européenne ? Si oui, notamment depuis le 1er janvier 2007 et l'entrée de la Roumanie dans l'Union européenne, pourquoi les pourchasse-t-on, les expulse-t-on, les harcèle-t-on ? Ici on les prive d'eau, là on leur dresse un procès-verbal quand ils empruntent un chemin d'accès limité ou jettent un malheureux papier par terre, quasiment partout on se refuse à leur procurer les bennes à ordures qui permettraient l'élimination d'une partie, au moins, des déchets ménagers et limiteraient les risques sanitaires. Que peut-on exiger d'eux si le minimum pour s'abriter quelque part ne leur est pas accordé ?

Une vague de romaphobie s'abat sur cette population chargée de tous les maux ! Les maires des communes concernées, excédés par l'impuissance des pouvoirs publics, ne sont pas les derniers à tout confondre et à considérer que les Roms sont, dans leur ensemble, des malfaiteurs dangereux. Et ils le disent ! Ce qui, convenons-en, n'encourage pas les habitants à manifester quelque solidarité que ce soit ! Ceux qui s'y emploient néanmoins, sont considérés au mieux comme des naïfs, au pire comme des troubles faits.
Cette situation ne peut pas durer.

On ne règle pas un problème en le déplaçant !

Les Roms de Roumanie ne sont pas des gens du voyage. Pour qu'ils puissent travailler, scolariser leurs enfants, nettoyer leur aire de vie, vivre dans la dignité, il importe qu'ils ne soient pas constamment expulsés ! Au reste, beaucoup sont « en règle » et sont donc inexpulsables (de France) mais alors pourquoi les expulse-t-on… (d'une commune à l'autre) ?

Les premières victimes de ces mesures impitoyables sont des enfants !

Les mineurs sont de loin, les plus nombreux.
Il ne suffit pas de le savoir, il faut aller les voir ! Quiconque, les voit vivre ne peut plus penser qu'on puisse les éloigner sans se préoccuper de ce qu'ils vont devenir ! Et surtout, qu'on ne les sépare pas de leurs parents qui les protègent et s'occupent d'eux, en pareilles circonstances, bien mieux que nous ne saurions faire ! Des dizaines de jeunes enfants sont nés en France. Dans les familles présentes depuis cinq ans (ou plus !), des jeunes, devenus francophones, sont interprètes de leurs parents.
Il est grand temps d'aborder la question des Roms en respectant les recommandations du Parlement européen (délibération du 28-04-2005).

Cessons de mettre en oeuvre des procédures qui aboutissent à leur interdire de vivre ! Les Roumains, Roms ou pas, peuvent rechercher un emploi (62 métiers leur sont ouverts) ; ils peuvent scolariser leurs enfants (l'Éducation Nationale l'accepte) ; ils peuvent se soigner et mettre leurs enfants au monde (les services de santé leur sont ouverts), mais pour cela, il faut encore qu'ils se logent ! Une solidarité étroite leur a permis, jusqu'ici, de résister (ils se connaissent tous)
Nous devons sortir de cette impasse et renoncer à repousser plus loin, sans cesse, les questions difficiles que nous pose la présence de ces concitoyens européens, car ils le sont !


Alors l'aide au retour c'est quoi pour un Rom ?


( Le Monde du 11 Octobre nous éclaire assez bien à c sujet) :

Billet simple pour la Roumanie

"Les bagages n'ont pas encore été déballés et il règne dans le foyer une atmosphère de veillée funèbre. Les voisins, curieux d'accueillir ces revenants, osent à peine rentrer. Les hommes à l'extérieur parlent à voix basse. Prostrée sur son lit, Gyongyi, 37 ans, remâche son désespoir. Avec sa fille, Lena Jeanna, 12 ans, et son compagnon, Mircea Doraban, elle vient tout juste de regagner Tinca, après six mois d'errance dans des bidonvilles de l'agglomération lyonnaise.

Gyongyi soulève, dégoûtée, l'espèce de couverture en plastique qui masque le sol. Sa maison en pisé, une unique pièce de 20 m2, n'a pas de fondations, l'humidité suinte de partout et la pluie draine une boue nauséabonde. "Ici, nous n'avons rien", se lamente-t-elle. Pas d'eau courante, pas de sanitaires, deux lits, un poêle antique et, seul luxe, une télévision. Dehors, les ruelles sont à peine praticables. Les enfants s'y ébattent pieds nus, embourbés jusqu'aux chevilles. Deux mille Roms survivent ainsi dans un bidonville à l'écart du village de Tinca, à proximité de la frontière hongroise. La plupart y sont nés, comme leurs parents.

Le 1er janvier, la Roumanie entrait dans l'Union européenne. En février, la famille de Gyongyi, suivant l'exemple des voisins du bidonville, tentait sa chance en France. Sans argent pour se loger, ils ont vécu dans les gourbis insalubres de Villeurbanne puis de Vénissieux, aux portes de Lyon. Mircea vendait dans les rues de Lyon un journal de sans-abri, Gyongyi mendiait un peu, sa fille allait au collège. Une vie de misère mais qui, explique Gyongyi, les nourrissait. "Ici, nous n'avons même pas assez d'argent pour manger une fois par jour."

Visée par une invitation à quitter le territoire délivrée par la préfecture du Rhône, la famille a accepté l'aide au retour proposée par la France : 157 euros par adulte, 47 euros par enfant. Elle est rentrée comme elle est partie, sans le sou, avec dans ses valises des vêtements, quelques provisions et des objets distribués par des associations caritatives. Le pécule remis par les autorités françaises a déjà fondu avec le taxi qu'il a fallu payer pour rejoindre Tinca. Mircea n'a ni voiture ni charrette. Il ne possède rien.

C'est du département de Bihor, à l'ouest de la Roumanie, non loin de la frontière hongroise, que 80 % des Roms immigrés ces dernières années à Lyon sont issus. Contrairement à ceux qui, à la fin des années 1990, venaient non seulement d'une même ville, Craoiva, mais aussi d'un même quartier, Fatalunci, les derniers migrants sont des ruraux, originaires de villages reculés, situés dans un rayon de 40 km autour d'Oradea et d'Arad. C'est dans ces grandes cités que les autorités françaises les ont débarqués avant de leur remettre leur pécule et leur passeport.

Au début des années 2000, les Roms ont fait renaître à la périphérie des agglomérations ces taudis que la France espérait avoir définitivement éradiqués en 1960. Ils font désormais partie des populations à évacuer prioritairement. Plusieurs fois par semaine, des cars affrétés par les préfectures de Lyon, Toulouse et Paris rapatrient en Roumanie ces citoyens européens qui ne rentrent pas dans le nouveau cadre migratoire français. Depuis le 13 août, l'Anaem, l'Agence nationale des étrangers et des migrations, l'organisme créé en 2005 pour gérer l'accueil des étrangers en France et l'aide au retour dans les pays d'origine, a organisé le rapatriement de plus de 614 Roumains. La France se dit déterminée à mener des programmes de réinsertion pour aider dans leur pays ces populations refoulées. Mais comment ? Avec quels moyens ? Et que deviennent ces familles une fois la frontière passée ?

Mircea lève les bras au ciel. "Ici, il n'y a pas de travail." Depuis la chute de Nicolae Ceausescu, en 1989, la ferme d'Etat, qui employait 60 % des Roms de Tinca, a fermé, plongeant les familles dans une misère totale. Il y a bien encore une fabrique de grains, mais seules une trentaine de personnes y travaillent. Et pas un Rom. Seuls les mois de récolte assurent aux familles un revenu régulier. Le reste de l'année, il faut compter sur les allocations du gouvernement, environ 20 euros par mois et par famille. Chaque matin, les hommes descendent guetter sur la place du marché le passage d'un employeur en quête d'une main-d'oeuvre bon marché. La plupart retournent les bras ballants au bidonville. La nourriture se résume pour ceux-là à quelques champignons et des pommes, ramassés par les femmes dans les bois.

A leur arrivée à Oradea, un représentant de l'Anaem a brièvement évoqué la possibilité d'une aide financière pour les familles désireuses de monter un "projet". Le fonctionnaire français leur a indiqué qu'une fondation roumaine devait reprendre contact avec eux. Pourtant, Elizabetha, une autre rapatriée de Vénissieux, rentrée deux semaines plus tôt avec la première vague de retour, n'a toujours aucune nouvelle de la fondation Kelsen, dont le siège se trouve à plusieurs centaines de kilomètres, dans les Maramures, la région la plus reculée de Roumanie. Pas plus que les Roms de Belfir, un hameau voisin.

Installée à Bucarest, la direction de l'Anaem en Roumanie assure que la France a conduit depuis 1999 en Roumanie 465 projets. Pour quels bénéficiaires ? Le responsable, Fabrice Basile, évoque "des Roumains en grande précarité" mais se refuse à distinguer la minorité rom, la plus fragile de Roumanie, la moins scolarisée, celle dont l'insertion paraît la plus délicate. "Nous disposons de l'adresse des rapatriés. Nous demandons à nos opérateurs locaux, des fondations ou des associations sur lesquelles nous nous appuyons, de reprendre contact avec eux. S'ils ont un projet, nous menons une étude de faisabilité que nous soumettons à l'ambassade de France, puis nous les formons, nous finançons leur projet à hauteur de 3 660 euros et nous les accompagnons pendant un an. Notre but, c'est de les stabiliser dans leur pays, pas de faire de l'assistanat."



06:52 - 6 Comments - 6 Kudos - Add Comment

Monday, July 02, 2007

Saint-Ouen - Epopée



Django Reinhardt est  un musicien connu et reconnu. Rom manouche, il passe une partie de sa jeunesse à Paris et ses alentours en roulotte avec sa famille. A cette époque, la condition des Roms n'est pas bien différente qu'aujourd'hui et les préjugés à leurs égards sensiblement les mêmes. (menteur, voleur, parasite, magouilleur, malpropre, la liste des est sans fin dès que l'on parle de Roms ou de Tsigane, quelle que soit l'époque de l'histoire, et cela dans tous les pays d'Europe)
Samedi 23 juin, on célèbre à Saint-Ouen l'inauguration d'une Place portant son nom.
Sur cette petites place au coeur des puces se trouvent les puciers bien sûr, toutes sortes de passant, et des gens spécialement venus  pour l'occasion.

Parmi eux se trouvent un groupe de Roms, hommes, femmes, enfants de tous âges. Les Roms font partie de ces gens que l'on appelle aussi Tsiganes.

Saint-Ouen est une ville qui rend hommage Gjango Reinhardt et l'on pourrait croire que les Tsiganes fiers de ce père du jazz manouche sont venus làeux aussi pour honorer sa mémoire.



Il n'en est rien ....

Depuis un an maintenant, des familles Roms ont élu domicile à Saint-Ouen. Elles se sont installés dans un bâtiment désafecté, et sur deux deux parcelles de terrain vagues le bordant où elles ont construit des cabanes.

Vu du bloc, ça donne ça :



Pendant la cérémonie d'inauguration de cette toute nouvelle place Django Reinhardt, ce sont les familles Roms de ce bidonville qui sont là. Elles distribuent des tracts à tous ceux qui veulent bien les prendre, sur lesquels on peut lire :

 

« SAINT-OUEN, SOIS REELLEMENT HUMAINE ET SOLIDAIRE !

NON à l'expulsion sans solution de relogement des familles de la rue ... !

Nous sommes un certain nombre de familles, pour la plupart roms, qui habitons dans la zone des docks, rue .... Depuis quelques mois, notre lieu de vie est menacé d'expulsion. Une décision d'expulsion a été rendue en effet, notamment en raison de « troubles de voisinage », troubles inexistants dans les faits, puisque nous n'avons pas de voisins proches. Après quelques mois de calme, nous avons reçu une notification de l'expulsion qui devrait intervenir le lundi 25 juin. La mairie de Saint-Ouen est restée muette depuis le mois de Janvier date à laquelle elle avait demandé à la préfecture l'ouverture d'une table ronde. De même elle fait la sourde oreille devant nos demandes de scolarisation de nos enfants, alors que selon les enseignants de Saint-Ouen il y aurait 15 places libres dans les CLIN, ces classes d'accueil pour les élèves non francophones.

Si l'expulsion venait à avoir lieu, nous nous trouverions dans la rue avec nos enfants, nos personnes âgées, nos malades... Par conséquent, nous demandons :

  1. Qu'aucune exécution de la décision d'expulsion n'intervienne sans qu'une solution soit trouvée pour notre relogement
  2. Que la mairie accepte les demandes d'inscription de nos enfants dans les écoles de Saint-Ouen
  3. Que la mairie demande la tenue d'une table ronde avec tous les services concernés, afin de trouver des solutions durables de relogement et d'insertion de nos familles.

Nous attendons une réponse à ces demandes et l'ouverture d'un dialogue avec la mairie, car des solutions sont possibles. Ce qui a fonctionné ailleurs ( Aubervilliers, Lieusaint ) devrait pouvoir fonctionner aussi chez nous, à Saint-Ouen, ville communiste, humaine et solidaire. »

… En théorie                                                            


Hé oui, c'est que Saint-Ouen, c'est aussi la ville qui expulse les Roms qui y ont trouvé un toit et si l'on y célèbre un Rom manouche le 23 Juin, le 20 la police vient annoncer à 300 autres Roms qu'ils ont 5 jours pour quitter les lieux sans se soucier le moins du monde de leur devenir.

  

Pendant son discours Mme. le maire parle d'ouverture, de diversité, de mixité sociale de dialogue etc….

Il ne faut cependant pas s'y méprendre car en dehors de ses interventions publiques, c'est bien la même qui refuse les demandes de scolarisation des enfants Roms.

.



Et voici justement en face d'elle aujourd'hui ces mêmes familles avec ces mêmes enfants qu'elle refuse de scolariser depuis le mois de septembre et qui durant toute l'année scolaire n'ont pu mettre les pieds dans une école !!!

D'après la loi L131-1 du code de l'éducation « L'instruction est obligatoire pour les enfants des deux sexes, français et étrangers, entre six ans et seize ans.

 A la fin de la cérémonie d'inauguration, chacun des badauds de l'assistance est invité à écouter un petit groupe de jazz manouche autour d'un verre non loin de la petite place. Là encore les portes se ferment devant les Roms.
Et on nous parle de dialogue ????

Autant dire que toute cette petite manifestation s'est déroulé dans

l'Indifférence LA PLUS TOTALE !!!




Dès le lundi matin, un rendez-vous est organisé avec les associations et les citoyens de Saint-Ouen sensibles à la vie des familles du bidonvilleafin d'être là pour les soutenir en cas d'expulsion. Personne ne vient, et un courrier est envoyé à Mme le Maire l'invitant à cesser de faire la sourde oreille. La semaine passe et chaque jour quelqu'un se rend là-bas tôt le matin.
Samedi, afin de sensibiliser la population locale à la gravité que représente une expulsion pour ces familles, un "pot" est organisé sur le terrain par les Roms et leurs soutiens.</font>

 

Quelques dizaines de personnes se rendent là-bas le samedi 30 juin. C'est l'occasion de se connaître un peu pour certains, ou un peu mieux pour d'autres. Et ça marche... Autour d'un verre, et de quelques gâteaux préparés par Dinarka et Isabelle, d'autres grignotages apportés par les invités, ça discute de l'expulsion éventuelle, de projets, de la scolarisation des enfants, de l'emploi des adultes. Des sujets de la vie courante .. Les musiciens du terrain sont là eux aussi, et ils font danser l'assemblée avec leur cuivres.

             

Et puis on se redonne rendez-vous pour lundi 2 juillet, à 19 heures, afin de maintenir cette dynamique de dialogue et d'action, en attendant aussi toujours des nouvelles de la mairie...



..

08:28 - 2 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Saturday, June 09, 2007

PROJET ROMS EN ILE DE FRANCE


L'association Parada France naît en 2001, afin de récolter des fonds pour financer les programmes de la Fondation Parada en Roumanie, et pour sensibiliser l'opinion publique aux conditions de vie des enfants des rues de Bucarest. Parallèlement elle cherche à apporter par tous les moyens matériels et intellectuels possibles, un soutien aux enfants et personnes en situation de rupture sociale partout où elle le peut. En 2002, les autorités françaises contactent Parada France pour lui demander d'intervenir auprès des mineurs isolés roumains, de plus en plus nombreux dans les rues de Paris. L'association participe dès lors activement à la mise en place d'un dispositif visant à sortir les jeunes de la rue et à les orienter vers des structures existantes (foyer pour jeunes). Des dissensions entre les acteurs du projet font que Parada France se scinde en deux : l'association Hors la Rue voit le jour et continue de travailler avec les mineurs isolés à Paris, tandis que Parada France s'oriente vers un travail avec la population Rom en difficulté.
Afin de contribuer aux campagnes UN NEZ ROUGE CONTRE L'INDIFFERENCE et en s'appuyant sur l'expérience de la Fondation Parada en Roumanie, Parada France met en place un programme avec les populations Roms de la Seine Saint-Denis qui commence en septembre 2005. Il a pour vocation d'améliorer les conditions de vie de cette communauté, de lutter contre son exclusion, tout en préservant sa culture.
L'action a débuté par des ateliers théâtre à l'intention des enfants d'un terrain de Saint-Denis. Des ateliers cirque dans un autre terrain à Aubervilliers se sont mis en place par la suite en Mai 2006. Ces ateliers s'adressaient à des enfants non scolarisés pour la plupart et ne sortant que très rarement de leur campement. La régularité des ateliers a permis au fil du temps de tisser des liens avec les parents et ainsi d'étendre le champs d'actions de l'association avec ces populations. Depuis que la Roumanie est entrée dans l'Europe en janvier dernier, les besoins s'accélèrent, l'accompagnement et le suivi de ces familles sont de plus en plus nécessaires. Le projet associatif de Parada France, aspire à élargir le nombre de bénéficiaires afin que chacun d'entre eux aient la possibilité de vivre sa vie de citoyen dignement tout en vivant dans des conditions de vie décentes en adéquation avec leurs droits.
Ce dossier présente les différentes actions menées par l'association Parada France auprès des Roms de Seine Saint Denis, et énonce la nécessité d'une collaboration associative et institutionnelle dans l'élaboration d'un processus d'insertion de cette population Européenne.
Contexte du projet : Les Roms en France Signification du mot Rom.
Le mot Rom désigne un peuple dont les ancêtres ont quitté la vallée du Gange au début du 11ème siècle après Jésus-Christ. Capturés et vendus comme esclaves, ils ont été conduits de l'Asie mineure jusqu'au Bosphore, puis se sont dispersés à travers toute l'Europe, même un peu partout dans le monde. Aujourd'hui, les Roms forment un peuple sans territoire compact, lié par une conscience identitaire, une origine, une histoire et une langue communes. Il faut cependant distinguer trois grands groupes : les Roms orientaux, les Manouches (ou Sintés) et les Gitans (ou Kalés). On évalue à plus de 10 millions le nombre de Roms en Europe, particulièrement nombreux en Roumanie et en Bulgarie.
Histoire des Roms : Après la chute du mur de Berlin et la dislocation du bloc communiste, plusieurs pays de l'est sont brutalement passés à un régime démocratique parlementaire avec une économie de marché. Nombre de travailleurs se sont alors retrouvés au chômage, notamment les Roms qui ont toujours été en proie au racisme et aux discriminations. C'est ainsi que quelques milliers d'entre eux ont préféré partir à l'étranger. Bien entendu, on ne peut pas parler de mouvement migratoire de masse. Certains arrivent de la campagne, de villages pauvres et dépeuplés, dont les principales ressources proviennent d'une agriculture potagère et de métiers artisanaux. D'autres arrivent de la ville, de banlieues pauvres et surpeuplées, dont les principales ressources proviennent de la récupération et de la mendicité. Tous manquent cruellement d'argent. Le départ vers l'étranger représente une activité lucrative, principalement motivée par la nécessité de subvenir aux besoins de la famille. Il s'agit bien d'une migration économique. Pour les chômeurs et les petits salariés, l'appât du gain est considérable. Par exemple, le salaire moyen d'un français peut être cinq fois supérieur à celui d'un roumain ou d'un bulgare. En tant que nouveaux ressortissants de l'Union Européenne, les roumains et les bulgares partagent un même espoir, celui de travailler à l'étranger. Seulement, les restrictions concernant le droit au travail sont telles que la plupart des émigrés continueront à travailler au noir et à vivre dans la clandestinité.

Situation en Ile de France

Situation administrative et juridique : Depuis le 1er janvier 2007, la Roumanie et la Bulgarie sont entrées dans l'Union Européenne.Cela ne signifie pas pour autant que les ressortissants de ces pays soient devenus des citoyens européens à part entière. Une période transitoire est prévue comme lors du dernier élargissement pour l'accès au marché du travail des anciens Etats membres. Ainsi, les ressortissants roumains ne se verront pas opposer la situation de l'emploi pour l'un des 61 métiers relevant des sept secteurs d'activité dans lesquels ont été identifiés des besoins de main d'œuvre.Concernant les inactifs, ils devraient jouir d'une liberté de circulation a priori sans entrave. Selon la directive adoptée le 29 avril 2004, tout citoyen de l'Union a le droit de séjourner sur le territoire d'un autre Etat membre pour une durée de plus de trois mois. Une distinction est cependant établie entre les étudiants et les citoyens disposant de ressources suffisantes et d'une assurance maladie.
Logement : Les Roms, en l'absence de possibilité pratique d'accéder à un hébergement, s'organisent par eux-mêmes pour trouver un abri :
- Vieilles caravanes délabrées qui ne sauraient rouler, (les Roms d'Europe de l'est ne font pas partie de ce qu'on appelle les « Gens du voyage »)
- Habitations de fortune bricolées à l'aide de planches, de vieux sacs, de cartons, de divers matériaux de récupération souvent adossées à des caravanes, créant de véritables bidonvilles.
- Squats dont la qualité dépend fortement de l'état initial du bâtiment.
 - Hébergement chez des amis ou dans la famille, voire locations à un pair.
Conditions Sanitaires : Elles sont d'une façon générale déplorables :
- Eau : généralement un seul point d'eau pour un groupe de 100 à 300 personnes.
- WC : il n'y en a jamais sur les terrains à l'exception d'un ou deux terrains, aussi ils sont amenés à construire des cabanes avec des trous dans le sol.
- Electricité : absente également sauf exception. Il y a parfois des branchements de fortune, potentiellement dangereux. L'absence d'électricité a des conséquences sur le mode de chauffage qui consiste le plus souvent à laisser allumée une plaque de cuisson à gaz butane, d'où accidents, et intoxications.
- Ordures : le ramassage des ordures est une bataille permanente avec les municipalités qui semblent toujours craindre de pérenniser la présence des Roms s'ils ramassent les ordures. Conséquence de quoi, les ordures s'accumulent et attirent les rats.
- Boue : très fréquente sur des terrains qui ne sont pas stabilisés.
Acces aux soins et à la santé : Un énorme progrès a été réalisé avec le droit à la CMU, mais les dysfonctionnements restent nombreux pour l'obtention de ce droit.
Ressources : Depuis le premier janvier 2007, lorsque les roumains se déplacent pour un séjour touristique de moins de trois mois, ils bénéficient, en tant que citoyens européens, de la libre circulation : une simple carte d'identité leur suffit. Cependant, leur Etat n'entrant pas encore dans l'espace Schengen, ils doivent toujours, lors d'une interpellation, justifier de moyens de subsistance suffisants. Leur droit au travail étant limité, et celui aux allocations inexistant, ils doivent donc se débrouiller pour trouver des moyens d'existence : petits travaux au noir, vente de fleurs, de journaux, lavage les pares-brise, ramassage de ferraille.

Objectifs de l'Association

Généraux- Lutter contre l'exclusion- Améliorer les conditions de vie de cette population en France et/ou en Roumanie
Opérationnels- Favoriser l'insertion socioprofessionnelle - Montrer une image positive des Roms - Proposer des activités culturelles et artistiques aux familles - Favoriser la pratique de la langue française des enfants et des adultes - Développer un partenariat avec les associations de terrain travaillant avec les Roms.
Ce projet tend à rendre les personnes adultes autonomes, actives et citoyennes au sein de leur commune. Plus encore, il entend valoriser le travail de création des enfants (présentation à la fête de l'école, de la ville…) tout en permettant la rencontre et l'échange entre Roms et « Gadje ».
Pour cela plusieurs actions ont été initiées :
Conseiller, informer : Le médiateur social qui parle le roumain et le romani, est présent sur les différents lieux d'interventions. Ainsi il renseigne les bénéficiaires sur ce que propose l'association comme sur les diverses structures auxquelles ils peuvent s'adresser. Le médiateur travaille sur les terrains à temps plein, son expérience et sa connaissance maîtrisée de cette population facilite l'identification des besoins réels des bénéficiaires.
Objectifs :
Pallier aux situations d'urgence. Permettre aux bénéficiaires de comprendre les rouages administratifs français Accompagner et suivre les familles des terrains de la Seine Saint Denis au cours de leur migrations internes au département.
Créer une relation de confiance
Enseigner la langue française : 4 bénévoles travaillent par petits groupes de discussions pour faciliter l'échange en Français. Aujourd'hui, ils ne sont présents que sur un site à Saint-Ouen, deux fois par semaines, afin d'aider la population à s'exprimer et à se faire comprendre en français.
Objectifs :Savoir se présenter en français. Pouvoir demander des informations. Comprendre ce qui est écrit sur les principaux papiers administratifs dont ils ont besoin en France.Connaître le vocabulaire lié à la santé, à l'école et en rapport avec leur futur métier.Comprendre les conversations en français. Etre capable de suivre une formation en français
Favoriser l'insertion professionnelle : Le médiateur social, en partenariat avec d'autres associations, recense les entreprises qui pourraient accueillir les jeunes Roms en apprentissage. Ces informations et cet accompagnement devront leur permettre d'accéder à une formation professionnelle qui leur donnera accès à l'emploi.
Objectifs : Faciliter l'entrée dans la vie active
Rendre autonome et responsable ce jeune public d'adultes.
Participer à des activités culturelles collectives : Les objectifs pédagogiques de chaque atelier artistique et leurs aboutissements diffèrent selon les terrains auxquels ils s'adressent. La migration permanente de nombreux enfants bénéficiaires exige une grande flexibilité. En effet, près de 95 % de la population Rom mondiale est sédentaire. Toutefois, l'amalgame entre Roms et gens du voyage est pratique courante. En réalité, tous les Roms ne sont pas des voyageurs et tous les voyageurs ne sont pas des Roms. Loin s'en faut. Quant à l'appellation gens du voyage, elle désigne en fait un statut juridique applicable aux voyageurs français. La confusion est d'autant plus grande qu'une bonne partie des Roms étrangers vivant en France habitent en caravane, comme les voyageurs. Ce sont pourtant de véritables sédentaires. La caravane est en fait un habitat parfaitement adapté à un mode de vie précaire.
Atelier théâtre : Cette première initiative, débutée en septembre 2005, concerne 12 enfants d'un terrain. Celui-ci a la particularité d'avoir établit une convention avec la ville de Saint-Denis ce qui lui garanti une certaine stabilité. Une fois par semaine, cet atelier réunit les enfants dans un préfabriqué au sein même du terrain. Le théâtre apprend aux enfants à travailler avec les autres, à écouter ses partenaires. Cette activité aide à surmonter la timidité de certains, à enrichir leur vocabulaire et à améliorer leur capacité à se concenter. La démarche artistique et pédagogique repose sur trois axes : l'émotion, l'expression et la création. Une pièce a déjà été représentée au mois de décembre. La petite troupe travaille aujourd'hui à la mise en scène d'une nouvelle pièce, plus ambitieuse.
Ateliers cirque : Initiés en Avril 2006 afin de préparer à une meilleure scolarisation, cet atelier concerne environs 30 enfants de 6 à 12 ans, répartis sur 4 campements à Saint-Ouen, Saint-Denis et Aubervilliers. Chaque samedi après-midi, une moyenne de 15 enfants y participe, dans une salle d'Aubervilliers : La Fabrique de Mouvements. Le cirque est un outils pédagogique et éducatif au service de la personne. Les techniques diverses et variées permettent à chacun d'être valorisé dans une pratique qui lui correspond. Les animations tiennent compte de la personnalité et des aptitudes des participants. A l'atelier plus qu'ailleurs, le respect de la personne et de sa spécificité est capital. L'atelier cirque n'est pas seulement un lieu de créativité fondé sur une pluridisciplinarité des moyens d'expression, c'est aussi un moyen de reconstruction personnelle visant l'émancipation de chacun.
Arts plastique : Créé en février 2007, pour répondre à un besoin des plus petits ( 3 - 6 ans) et par nécessité de préparer les plus jeunes à la scolarisation, cet atelier élargit les domaines d'expressions artistiques de l'association. L'activité s'inscrit dans une ambiance sympathique, centrée sur l'imagination et la création personnelle. Elle contribue à dégager le potentiel créatif de chaque jeune. Les jeunes font l'expérience de différents gestes, matières, techniques, formats... Les ateliers d'arts plastiques sont un moment privilégié de la création sous toutes ses formes : dessin, peinture, création d'objets, de décors, de costumes... L'atelier est particulièrement destiné aux jeunes enfants non scolarisés.
Objectifs des ateliers : Faciliter l'intégration scolaire, acquérir un répertoire de français. Valoriser chaque jeunes dans ses productions artistiques et culturelles Faire découvrir aux jeunes le plaisir de s'exprimer et de s'ouvrir à un univers imaginaire et créatif. Apprendre à respecter et travailler ensemble, à écouter, à se concentrer, a persévérer, se connaître et se faire confiance, être solidaire et assumer le regard de l'autreAppréhender une image positive de soi et reprendre confiance.Instaurer une rigueur de travail, avec ses règles et ses devoirs.
Organiser des sorties culturelles en Ile de France : Théâtre, cirque, marionnettes, musée …. Tous les prétextes sont bons quand l'occasion se présente pour aller découvrir le monde. Destinées aux enfants qui participent aux ateliers, et à de nombreux autres aussi, ces sorties facilitent la rencontre dans un contexte nouveau.
Objectifs : Permettre le développement personnel par l'ouverture à la culture. Découvrir le milieu artistique et sortir de ses habitudes.
Montrer une image positive des Roms : Stéréotypée car souvent méconnue, cette population est confrontée aux regards suspicieux de l'autre. La créations d'évènements culturels tels que Roms en Scène* , l'organisation de repas Tsiganes, de concerts de soutien, d'expositions, sont autant de moyens de sensibiliser le tout public, que de provoquer des rencontres interculturelles et de travailler cette image.
Objectifs :Organiser des spectacles dans les écoles. Pérenniser Roms en Scène en organisant des manifestations culturelles avec expositions photos, concerts, projections vidéo, débats, ateliers artistiques et spectacles avec des Roms.Organiser des spectacles et/ou stands d'information et de sensibilisation lors de manifestations culturelles.

Et d'ici peu …Proposer des ateliers de soutien de Français aux enfants : Les ateliers de soutien scolaire visent à offrir, aux cotés de l'école, les ressources dont les enfants ont besoin pour réussir à l'école (et dans leur vie). Appuis qu'ils ne trouvent pas toujours dans leur environnement familial et social. Les conditions de vie de cette population sont peu propices au suivi d'un cursus scolaire adéquat aux exigences de l'Education Nationale, et les enfants roms sont victimes d'un échec scolaire évident. Il faut dès a présent mettre en place un atelier de soutien scolaire en partenariat avec les écoles.
Objectif : Proposer une aide aux devoirs adaptés à chacun.
Favoriser un appui méthodologique, une aide personnalisée, une remise en confiance, un progrès vers l'autonomie. Motiver l'envie de savoir, lire et apprendre. Offrir de bonnes conditions de travail. Servir de lien entre la famille et l'école. Créer une ludothèque et une bibliothèque jeunesse. Etablie dans le préfabriqué de Saint-Denis elle permettra aux enfants de s'évader par le jeu, et la lecture. Le jeu est une activité indispensable au développement cognitif et sensori-moteur de l'enfant. En ce sens, c'est une activité qui doit être prise très au sérieux par les parents et les éducateurs qui souhaitent le développement harmonieux de la personnalité de ces enfants.
Objectifs : Permettre aux bénéficiaires de s'épanouir dans des activités ludiques et pédagogiques. Susciter et développer le goût du jeu, de l'échange et de la communication entre les enfants et leurs parents. Améliorer, le comportement civique de chacun : apprendre ensemble à respecter le matériel collectif.......

16:07 - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Saturday, May 05, 2007

A l'origine...Un fondateur singulier



Dans la nuit de Bucarest, j’avais peur, j’avais froid et j’avais honte d’avoir peur et d’avoir froid. Je n’avais jamais faim. Je faisais des feux, des feux immenses, repérables de loin, avec des bouts de plastique et des cartons d’emballage. Ces feux c’étaient la fête, une famille. Un coin de rue, un trottoir, isolé, réchauffé. Des chants, des danses, Mia, Rafaël, Mihai le gitan, et les petits grelottants de sourires et de soucis.
C’est la curiosité qui attirait d’abord les enfants et puis plus tard la certitude que le grand énergumène français serait là. Aux policiers qui arrivaient je prétendais ne pas comprendre ou parler le roumain. Parfois je jouais de l’accordéon, parfois je faisais apparaître et disparaître des balles.



Il y a eu la première fois où Marian a su à son tour faire apparaître et disparaître ces balles et la première fois où Marian, Corina, Daniel et Cesare ont jonglé.
Marian je l’avais rencontré dans une rame de métro. Il faisait la manche et moi dans mon sac, j’avais des oranges ! Je ne voulais pas les lui donner, je voulais le surprendre. J’ai jonglé, il s’est assis et nous sommes devenus amis. Quinze ans plus tard, il est le référent des activités cirque au centre de jour de Parada.     
À cinq amis, autour d’une table, en jouant au tarot, nous avons dessiné les contours d’un rêve et ce rêve s’est concrétisé bien au-delà de ce que nous pouvions imaginer.                         
Il y a eu les premiers ateliers dans les jardins de la ville, les halls d’immeuble, le métro ou le canal, dans le froid, la neige et le Viscole, ce vent qui soufflait glaçant, terrifiant, de jour comme de nuit. Ateliers prétexte à la rencontre, l’apprivoisement, l’apprentissage de la confiance et d’un respect partagé. Créer un rapport direct, simple et permettre à l’enfant de se restituer une dignité en acceptant d’apprendre de lui avant de prétendre lui transmettre quoique ce soit, c’était une de nos clés.
Cent onze gamins nous suivaient, nous les avons écoutés, entendus, dans leur diversité. D’eux est né le premier centre de jour, aux murs repeints de leurs couleurs et de leurs mains. Le mot "maison" prenait un sens avec des règles à respecter, mais le sentiment d’être les maîtres du lieu. On faisait les courses ensemble, on cuisinait ensemble, on mangeait ensemble, avec des bénévoles de plus en plus nombreux. On apprenait à se laver, à dire bonjour, à vivre le quotidien, à rédiger ensemble le règlement intérieur. À donner un sens à la justice là où il n’y en avait pas. Interminables discussions, jour après jour sur le bien et le mal, le blanc et le noir, le paradis et l’enfer, le canal et la lune…



Parada était né.
Il y a eu les premiers spectacles dans les rues de Bucarest, puis le festival d’art médiéval à Sighisoara. Il y a eu ce défilé en haillons bricolés, dans un hôtel de luxe de la capitale. Puis il y a eu la première tournée, en France, à Bordeaux. Puis l’Italie, notre bus bloqué à la frontière slovène et  les Paradas qui couraient dans les ruelles de Venise, en retard pour le spectacle. Vingt trois Paradas qui ont marqué ce soir-là l’histoire de nos tournées. Les larmes d’Enrica, Dennis, Philippo et Maurizio, le spectacle achevé sur la Place Saint Marc.
Il y a eu les premières familles d’accueil et cet élan de français, d’italiens et de roumains qui portaient les Paradas, inventaient pour eux de nouvelles alternatives : "Caravana"  le bus de nuit, qui sillonnait les rues de Bucarest, les appartements sociaux, un médecin, une psychologue, des animateurs de rue, des éducateurs. Professionnaliser sans institutionnaliser. Rester atypique mais s’ouvrir à la collaboration avec les autorités, les institutions et d’autres ONG. Après six ans de système D, Parada s’était transformée.
Il y a eu ceux qui donnaient et donnent de leur temps, ceux qui donnaient et donnent encore des fonds, en silence, peu s’ils ne peuvent pas plus, beaucoup parfois, avec passion, fidélité et patience. Il y a toujours un Conseil d’administration où les mêmes et d’autres se confrontent, s’accordent, s’inquiètent. Il y a l’argent qui manquait et qui manque encore, nerf de la guerre de cette lutte qui continue à Bucarest, mais devient aussi celle des banlieues de Paris, de Milan, de Lisbonne…
Enfants chassés des centres-villes, violence, prostitution, les maux sont les mêmes et le visage de cette enfance s’est encore durci.
Il y a eu, il y a, les enfants du Népal qui vivent sur des tas d’ordure, jouent avec des roues crevées, dorment à vingt par chambres dans les centres de Shandrodaya quand ils veulent bien accepter d’y coucher. Il y a eu l’échange fécond avec Valéria, GRT et les éducateurs de CWIN, ONG népalaise, et ces enfants qui voyaient un clown pour la première fois.
Il y a eu le Honduras où des enfants pas encore propres se promènent armés et finissent dans des prisons surpeuplées, 800 détenus pour 60 surveillants et l’éternelle loi des plus forts. Enfants en prison / enfants en danger, abandonnés, plus jamais éduqués. Et les ateliers, les spectacles que nous avons montés, la réflexion sur le travail possible. Une goutte d’eau sûrement…
Il y a eu en Somalie, ces enfants et adultes handicapés, enchaînés aux murs, soi-disant possédés par le démon. Ces quinze enfants de rue, chassés par la guerre, placés là faute de mieux, et avec qui nous avions construit un spectacle somalo-roumain. Improbable projet pourtant si accompli.
Il y a ces règles fragiles que chacun à sa manière essaie d’instaurer dans les structures d’accueil de ces divers pays et ces enfants que personne n’a construit sommés de s’y plier, le lent travail pour les apprivoiser et leur redonner le goût du rêve.
 Il y a la résilience de ceux qui ont pu saisir la chance et ceux qui sont restés sur le chemin. Cathy, Moschu, Cesare, Christina, morts, C, L, M, drogués à l’héroïne…
On ne dompte pas la rue, elle se donne ou pas.


 
Il y a eu les naissances : les enfants de Gigi et Monica, ceux de Kiera et Isabella, de Colas et Carmen, tous parents mineurs.
Et ce bébé trouvé dans les poubelles de la Gare du Nord que l’hôpital m’accusait d’abandonner. Ce chauffeur de taxi roumain qui avait arrêté son compteur et sillonnait pour nous la ville, avec d’hôpital en hôpital, le même refus.
Il y a eu Nazim qui s’était battu près d’un feu, était tombé dans les flammes. Ses deux joggings de polyester en torche, ses cris de souffrance et l’anesthésie réservée aux riches, refusée à l’enfant qui hurlait. :  "Milou Milou Milou".
Il y avait les crânes des enfants rasés en file, leurs corps nus lavés au jet d’eau dans les centres dits de "trie" où l’on détenait les mineurs. Prochaine étape l’orphelinat. Et deux fois par an, ces rafles qui nettoyaient la rue. Autorités roumaines, sourdes, dépassées dans le chaos de l’après-Ceaucescu.
Il y a eu les chefs de bande et l’obligation d’être à la hauteur. Ne jamais installer la violence mais ne pas la refuser, avoir peur mais ne jamais le montrer. Choisir le chef et le placer au centre du spectacle. Protéger le plus faible en déstabilisant le plus fort. Le ridiculiser sans l’humilier. Instaurer le doute et puis cracher le feu dans les étoiles histoire de mettre tout le monde d’accord. Nous n’étions pas là pour juger.
Je n’aimais pas ces enfants par compassion, mais parce que rien ne me plaisait plus que d’être avec eux et que ma rage était égale ou plus grande que la leur. Comprendre leurs règles, désamorcer, redistribuer les rôles, c’était aussi un jeu qui me passionnait.
Toutes ces vies d’adultes, croisées dans ces corps d’enfants, enfants clochards si loin des clochards parisiens et de tout ce que nous avions connu.
Et pourtant nous dormions quatre heures par nuit et nous dansions jusqu’à l’aube.

   
Alors c’est quoi Parada ?
Parada ce sont des gens, des enfants, du cirque et des bus de nuits, des pyramides humaines et des logements sociaux. C’est difficile à résumer. C’est un état d’esprit aussi. Mêler le savoir-faire et l’imagination. Voyager et faire partager. Parada c’est un réseau de gens tissé au fil des années, des enfants extra-ordinaires accueillis chez des parents dits ordinaires, des enfants dits normaux éblouis par ces enfants d’ailleurs. Des vies transformées, un engagement inconditionnel à Parada et à la cause de ces enfants. Et des lettres d’amour aussi dans mes poches, d’enfants français ou italiens aux enfants roumains…
Parada aime séduire, éblouir, rêver et faire rêver. Émotions partagées, sourires, feux de Bengale contre le froid, la faim, la violence, la solitude, l’exclusion…
Saltimbanques d’un cirque désargenté nous avons inventé des nez rouges contre l’indifférence … 


14:32 - 0 Comments - 0 Kudos


About  |  FAQ  |  Terms  |  Privacy  |  Safety Tips  |  Contact MySpace  |  Promote!  |  Advertise  |  MySpace Shop

©2003-2008 MySpace.com. All Rights Reserved.