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City: Mwanza
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02/16/07
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Sunday, December 16, 2007
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Ah, les petites Françaises !
Me voilà donc en France. Dans le froid : -3°C aujourd'hui, finis le short et les tongs ! Mes investigations arushaises ont été fructueuses – plusieurs propositions de boulot dans les agences, dont une chez la mafia indienne ; dans son grand bureau tout en marbre et en verre, le big boss m'a sorti "On est la plus grande boîte de safari en Tanzanie, on fait ce qu'on veut. Alors si tu nous quittes avant la fin de ton contrat, nous, on te laissera pas bosser ailleurs"…
Mais en fait mes projets ont encore changé tout récemment… En rentrant j'ai retrouvé Marie, la jolie Française avec qui j'avais passé de si merveilleux moments en septembre, quand elle était venue en Tanzanie avec mon frère. J'ai envie de rester auprès d'elle. Je sens que nous pourrions construire quelque chose ensemble, et ça c'est plus important que tous mes projets tanzaniens (ça ne les écarte pas de façon définitive non plus). Et avec elle, je me vois rester et travailler en France pour la première fois depuis que je suis parti en Tanzanie en 2003...
Niveau boulot, ce que j'aimerais vraiment, c'est bosser dans une agence de voyage qui propose des circuits un peu hors des tours classiques, qui fait du sur-mesure et qui emploie des gens qui ont une vraie connaissance de leurs produits. Je serais dans mon élément…
Donc voilà, désolé pour ceux qui comptaient me retrouver en Tanzanie pour un safari…
PS : J'ai enfin posté la vidéo de Nyakato, là où j'ai vécu tout ce temps.
07:38
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Monday, November 19, 2007
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Au revoir Mwanza ?
Depuis que je suis rentré de safari, les choses ont pas mal changé pour moi. D'abord j'ai bossé comme géologue pour Protocol Mining, une boîte d'exploration d'or sud-africaine. J'étais basé sur le terrain, tout près de la frontière ouest du Serengeti, et chargé de la cartographie - l'art de créer une carte des roches et de leurs caractéristiques à partir des observations de terrain. Le boulot en lui-même était intéressant, d'autant que certaines zones étaient peuplées de tous les animaux que l'on peut trouver dans le Serengeti et que les paysages étaient somptueux, mais un peu trop solitaire ; au camp on était quatre, le cook, la "femme de ménage", l'askari (gardien) et moi. J'étais le seul à parler anglais… 
Et aussi, l'isolement m'empêchait de faire quoi que ce soit en rapport avec mon projet ou de trouver un autre job. Du coup, après un mois et une semaine, j'ai démissionné… Et dans une semaine je m'envole pour la France - j'ai vraiment besoin de rentrer un peu, me poser et faire le point. Mais en attendant je suis à Arusha, la capitale touristique tanzanienne, pour essayer de dégoter un boulot dans une agence de safari. Ca ne peut qu'être bon pour mon projet, en me donnant de l'expérience et des contacts dans le milieu, et pour ma vie sociale, en me faisant rencontrer plus d'expats, et surtout des Français… Là déjà, je suis logé par Fred, un gars que je connaissais pas il y a une semaine ! Voilà, donc Mwanza c'est fini, au moins l'instant - j'ai toujours ma maison là-bas, payée jusqu'en avril... Ca a fait un peu bizarre de quitter mon Nyakato quand même, et je me suis rendu compte que j'avais jamais rien mis sur mon quartier dans ce blog, ce qui est bien dommage. Alors je vais poster une vidéo… (dès que j'ai réussi à la couper parce qu'elle est trop grosse…)
07:54
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Saturday, October 06, 2007
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Aventures Africaines ou le voyage de trois Français au cœur de la Terra Incognita
+ de photos
Retour à Mwanza. Le coeur gros mais la tête pleine. Pleine de souvenirs magiques, d'émotions intenses, de moments inoubliables et de rencontres extraordinaires. Trois semaines de bonheur.
 Partie 1 : Le Grand Lac
Tout a commencé par l'arrivée de mes deux vaillants compagnons de route, mon fréro, François, et Marie, une de ses potes de promo – ils viennent d'être diplômés kinés – ils sortent de l'oeuf quoi… Et là, tout s'est enchaîné. Notre périple a commencé par la visite de deux îles du lac Victoria, Rubondo et Ukerewe…
A Rubondo National Park, petite île paradisiaque, notre banda (bungalow), située au bord d'une plage au large de laquelle s'ébattaient des hippopotames, a été le point de départ de safaris à pied dans une forêt où se cachent singes, sitatungas (une espèce d'antilope) et éléphants, et d'un safari en bateau à la rencontre d'une multitude d'oiseaux et de quelques crocodiles gigantesques. C'est aussi à bord de ce frêle esquif que nous avons été les cibles d'une charge subaquatique menée par nos voisins hippopotamesques. Non content de nous malmener sur l'eau, ils ont également hantés nos dîners, pris sur la plage par des nuits d'encre où chaque bruit semble provenir de leur mâchoire fantastique.
 Après ces premières émotions fortes, plongée dans la Tanzanie "humaine" sur l'île d'Ukerewe, que je ne présente plus. A vélo, je les ai amenés dans mes coins préférés. L'accueil incroyable de ses habitants n'a pas changé. Dans un des villages traversés, nous avons été invités pour le riz et les patates douces (François les préfèrent sautées), tandis que près de la capitale Nansio, des gamins rayonnants nous ont accompagnés un bout de chemin… Nous avons dormi chez l'habitant, pour tout dire chez l'extraordinaire Mama Agnes, qui nous accueillis par des "karibu !" de joie, alors même que nous arrivions de nuit et sans avoir prévenu !
Puis le ferry nous a ramenés chez moi et après une (trop) courte visite de Mwanza, nous sommes partis pour la région la plus visitée de Tanzanie : l'immense écosystème du Serengeti National Park et de la Ngorongoro Conservation Area.
Partie 2 : Sur la terre des lions
 Après avoir voyagé "à la tanzanienne", dans des bus dont la peinture multicolore semble la seule chose dont on a pris soin depuis vingt ans – l'un d'entre eux n'avait même pas de tableau de bord – et qui roulent pleins à craquer sur des pistes défoncées, se retrouver dans un 4x4 avec chauffeur donnait une impression mitigée de confort et d'éloignement, comme si on passait du statut d'acteur à celui d'observateur.
Malgré un chauffeur aussi incompétent que borné – Mwanza a bien besoin d'une agence de tourisme de qualité –, le Serengeti-Ngorongoro nous a offert comme à son habitude son cortège d'animaux, du mignon petit daman jusqu'à l'éléphant, en passant par une multitude de zèbres, de girafes, d'antilopes, de babouins et d'oiseaux multicolores. Tout ça dans des paysages à couper le souffle ; douces collines parsemées d'acacias ou plaines infinies, jaunies par trois mois de saison sèche, au Serengeti ; caldeira géante – immense cratère – contenant plaine, lac, rivière et forêt au Ngorongoro. Les grands moments ont été un guépard et ses deux petits, une lionne se prélassant sur un rocher dominant la plaine où broutaient des gazelles de Thomson, et une féroce bataille d'hippopotames !
 Même dans un lieu si hautement touristique, nous sommes restés atypiques et routards dans notre façon d'aborder le safari – nuits sous ma tente, popote au camping gaz de Marie – la plupart des safaristes dorment dans des lodges et les autres font du camping "de luxe" avec grande tente et cuisinier. L'avantage de camper, c'est que c'est frissons garanti ! Nous avons eu des visiteurs chaque nuit. Du haut de son rocher à quarante mètre de nous, une lionne nous a observé monter la tente à notre premier camp, et des buffles sont venus brouter à proximité. Puis nous avons eu une (des ?) hyène se "baladant" entre les tentes, et les cinquante mètres qui séparaient la tente de la cuisine sont devenus une immensité noire où l'on ne s'aventurait plus seul ! Enfin, des éléphants – dont un énorme qui m'a surpris à la sortie de la douche – sont venus boire dans la réserve d'eau du camping du Ngorongoro ! Ne souhaitant pas revivre le coup du lion qui gratte à l'auvent comme en 2004, nous laissions allumée une lampe à pétrole devant la tente, mais avec une flamme de trois centimètres, je doute que ça aurait arrêté une charge de buffle ou un lion affamé… Bref, les nuits ont été peu reposantes pour certains…
 En sortant du Ngorongoro Crater, le chauffeur nous a laissé dans le village massai de Nainokanoka, et a commencé ce qui s'est révélé être la plus belle aventure de ce voyage…
Partie 3 : Un pied dans un autre monde
 C'est en effet à pied, accompagnés de notre guide Laizer, que nous avons parcouru pendant trois jours le mythique pays massai. Partis de Nainokanoka en milieu de journée, la marche nous a amené dans des paysages grandioses de hauts plateaux, ondulant, jaunes et secs, et bordés de volcans auxquels s'accrochaient les nuages bas. Nous avons bien sûr croisé des massais, vêtus de leurs shukas rouges, violettes, ou bleues roi pour les femmes, leur bâton ou leur lance de guerrier à la main, leurs oreilles trouées, portant de grands bijoux de perles blanches mis en valeur par leur peau foncée, et nous tâchions de les saluer dans leur langue – "hapari ya sopai" pour les hommes plus agés, "ero sopai" pour les plus jeunes, "yeyo takwenya" pour les femmes – ce qui les faisait parfois éclater de rire… Les gamins laissaient parfois les vaches qu'ils gardaient, ou sortaient des "bomas", petits groupes de maisons rondes de terre et de paille construites autour d'un enclos à bétail circulaire fait de branchages, et accouraient à notre approche pour mieux nous observer.
 Les massais sont un peuple de bergers nomades et vivent en harmonie avec les animaux sauvages qu'ils ne chassent pas. Aussi nous avons pu marcher à quelques dizaines de mètres de zèbres sans qu'ils ne soient effarouchés – une expérience bien plus intense et authentique que l'observation depuis un 4x4 ! Nous étions dans l'Afrique, nous sentions l'Afrique, nous la respirions et la vivions. Nous avions repassé la barrière, nous étions à nouveau acteurs…
Après une nuit passée près du village de Bulati, le deuxième jour nous a amené, à travers des forêts d'altitude couvertes de fantomatiques lichens, jusqu'à Empakaai, large cratère au lac salé habité d'innombrables flamands roses. Depuis le bord du cratère et alors que nous contemplions cette merveille de la nature dans la lumière du soir, nous avons assisté muets d'admiration au départ de dizaines de groupes de ces mêmes flamands, volant en cercles pour prendre progressivement de l'altitude et chacun de leur passage accompagné d'un bruit d'ailes surnaturel. La nuit passée à Empakaai fut d'une douceur inoubliable...
 La silhouette fumante de l'Oldoinyo Lengai, volcan conique au sommet duquel habite le dieu des massais, nous a accompagnée tout au long de notre descente depuis Empakaai, tel un gardien veillant sur notre marche. Empruntant un chemin ignoré de la plupart des agences de tourisme, nous avons descendu le gigantesque mur du Grand Rift Africain, cette immense fracture de la croûte terrestre qui court de l'Ethiopie au Mozambique et dont la formation est intimement liée à l'histoire de l'Homme. En perdant de l'altitude, les paysages devenaient de plus en plus secs, jusqu'à laisser la place à une mer de poussière si fine qu'elle se soulevait en nuage sous nos pas. C'est au milieu de ce désert aux couleurs ternes que nous sommes arrivés à la fin de notre marche, au petit village d'Engaruka Juu. Jour de marché oblige, des dizaines de massais, pour beaucoup des femmes, y étaient réunis, et, telle l'arrivée de navigateurs sur une terre inconnue, notre irruption a stoppé net les bavardages et les marchandages. Pendant un instant, le temps sembla comme suspendu, et, fixés par d'innombrables paires d'yeux surpris, nous fûmes frappés d'émerveillement par cet extraordinaire île de couleurs et d'authenticité.
Une dernière journée en pays massai et nous avons pris un bus bringuebalant pour rejoindre la "civilisation" et la petite ville de Mto Wa Mbu.
Partie 4 : Paisible Afrique
 De Mto Wa Mbu, nous sommes reparti en safari dans les parcs du Lac Manyara et du Tarangire. Leur relativement faible fréquentation nous a permis de faire des safaris plus intimistes. Nous avons pris le temps de nous imprégner de l'atmosphère des lieux, de contempler les superbes paysages offerts par le lac et le rift à Manyara et par les baobabs et les marais à Tarangire. Nous attendions que les animaux viennent à nous et non l'inverse, nous avons observé le rythme de la nature et la vie de ses habitants, par de longs arrêts, ici pour des impalas dans la chaude lumière du petit matin, là pour des babouins occupés à s'épouiller,… Au lac Manyara, un bébé éléphant apprenait à se servir de sa trompe et jouait au foot avec une pierre, tandis qu'à Tarangire, la rivière, rare point d'eau en cette saison sèche, attirait successivement éléphants, cobes defassa, zèbres, phacochères et bubales de Coke.
Dans le cadre d'un "Cultural Tourism Program", dont les profits reviennent à la communauté, nous avons également fait du vélo au pied du rift, au milieu de bananeraies, et jusqu'au bord du lac Manyara, en passant au milieu d'un troupeau de zèbres. A Tarangire, nous avons fait un safari de nuit et un safari à pied, tout deux malheureusement assez décevants pour ce qui est des animaux.
Et pour notre dernière nuit de safari, une fois n'est pas coutume, nous nous sommes offert un super lodge ; notre "maison", perchée sur une falaise, dominait la plaine immense, à l'horizon de laquelle se détachaient nos prochaines destinations, les deux plus hauts pics de Tanzanie, les Monts Kilimandjaro et Meru…
Partie 5 : Au pied du Meru
Arusha, capitale du tourisme en Tanzanie, était étonnamment vide de Blancs, et, à l'exception du centre où se concentrent les agences de safari et les boutiques de souvenirs que nous avons visitées à la recherche désespérée de bijoux que François avait dû voir en rêve, nous n'avons pas été trop embarrassés par les rabatteurs et autres arnaqueurs.
Nous avons fait deux excursions depuis Arusha, une sur les pentes basses du Mont Meru, haut volcan conique qui domine la ville, où nous avons observé des singes guérézas et appris à transformer des grains de café, récoltés dans les nombreuses plantations de la région, en un apparemment succulent breuvage ; une autre au lac de cratère Duluti, d'où la vue sur le Meru était tout simplement à couper le souffle.
 Le lac Duluti marquait pour moi la fin de cette fabuleuse aventure, et il me fallait rentrer à Mwanza, une fois n'est pas coutume, pour travailler… Pour notre dernier soir ensemble, nous avons retrouvé Marie, une française que je connaissais de mon premier séjour en Tanzanie et qui travaille dans l'aviation charter. A peine lui ai-je dit que je m'apprêtais à rentrer en bus qu'elle a attrapé son téléphone et m'a dégoté en quelques minutes un vol gratuit pour Mwanza le lendemain matin !!! Elle m'a fourni une belle chemise blanche, et je me suis fait passer, avec la complicité du véritable pilote, pour le copilote ! Après d'émouvants au revoir à François et Marie au terminal du bus qui allait les amener à Moshi, au pied du Kilimandjaro, et d'où ils allaient tenter d'atteindre le toit de l'Afrique, j'ai donc survolé les régions et les parcs que nous avions traversé pendant ces dernières semaines ; le Grand Rift et le cratère du Ngorongoro étaient particulièrement impressionnants. Nous avons atterri à plusieurs reprises pour charger ou décharger les riches touristes qui payaient pour moi, et dans le nord du Serengeti, nous avons dû survoler la piste une première fois pour faire fuir les gnous qui y broutaient… Finalement, la vue sur le lac Victoria annonçait la véritable fin du voyage…
PS : Depuis que je suis rentré à Mwanza, j'ai bien sûr suivi les aventures de mes deux routards en herbe, et j'ai eu la joie d'apprendre qu'ils avaient réussi à atteindre Uhuru Peak, le sommet du Kilimandjaro et ses 5895 m. A l'heure où j'écris ces lignes, et après quelques péripéties à l'aéroport de Nairobi, ils viennent d'atterrir à Toulouse-Blagnac dans cette contrée lointaine appelée Ufaransa, et qui vient de renvoyer les Néo-zélandais sur leur île…
23:12
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Monday, September 03, 2007
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Evacuation
Mambo vipi ? ("Salut, comment va ?"). Ici ça va plutôt bien ! Je viens de trouver un job de deux mois (octobre-novembre) avec une boîte d'exploration ici à Mwanza. Ca va être prise de tête je le sens – très peu de terrain, la journée entière sur l'ordi – mais je me plains pas, ça fait quatre jours que j'ai commencé à chercher du boulot ! Y'a un vrai manque de géologue, c'est dingue. Ca va malheureusement pas me faire obtenir le permis de résidence, mais je vais continuer à chercher un contrat long pendant ce temps. Par contre, ça va faire une bonne rentrée d'argent qui sera bien utile pour le démarrage de mon projet – j'ai pas encore signé le contrat, mais je devrais gagner 18 fois ce que j'ai dépensé pendant le mois de juin ! Y'en a qui doivent les avoir en or dans le coin… Et peut-être plus important encore, avec mon frère qui arrive demain, je vais partir en safari l'esprit serein…
Autre énorme nouvelle, qui surpasserait presque la première : J'ai enfin, après quatre mois et demi de trimbalage de seaux dégueulasses pesant un âne mort, l'évacuation de l'évier de la cuisine !

05:48
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Monday, August 27, 2007
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La Perle de l’Afrique
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C'est bon, ça a marché, je suis de retour et j'ai mon visa et trois mois supplémentaires ! Mais ça a pas été facile de convaincre les gars de l'immigration à la frontière ougando-tanzanienne – pendant un moment, j'ai bien cru que c'était foutu… J'ai dû sortir tout mes talents d'acteur et y aller au bluff, et ça a fini par passer… Je devrais me mettre au poker…
Du coup là, je vais recommencer à chercher du taf… Mais surtout, la semaine prochaine, François, mon frère, et Marie, une de ses potes, viennent me rendre visite, et on va se faire trois semaines de safaris et autres aventures africaines… Vous allez dire "il bosse pas mais il enchaîne les vacances !"… C'est que ça fait évidemment un moment que ce voyage est prévu et croyez moi, ça m'aurait bien arrangé que ça tombe à un autre moment ! Et puis si jamais ce sont mes trois derniers mois en Tanzanie, autant en profiter au maximum tout de suite !
Quelques mots sur mes deux semaines passées en Ouganda… Je suis surtout resté à Kampala où j'étais logé par Charmaigne, mais j'en ai quand même profité pour bouger un peu… Churchill avait surnommé le pays "la Perle de l'Afrique" et je lui donne bien raison ! Je suis resté dans la moitié sud du pays, traversée par l'équateur, et j'ai rencontré d'impressionnants paysages beaucoup plus verts et boisés qu'en Tanzanie, où poussent d'innombrables bananiers – le "matoke", sorte de purée de bananes plantains, est la nourriture de base. A l'est de Kampala, à Jinja (cf. carte ci-dessous), je suis allé voir avec Mus, Joe et Ben la "Source du Nil" – en fait l'endroit où le Lac Victoria se déverse pour former le Nil Victoria, qui devient, après être passé par le Lac Albert dans l'ouest ougandais, le Nil Albert, qui devient, en traversant la frontière ougando-soudanaise, le Nil Blanc, qui devient enfin, en se mélangeant au Nil Bleu (à Khartoum), le Nil, le vrai !
 C'est dans le sud-ouest du pays que j'ai vraiment trippé, avec ses lacs de cratère, ses champs de thé au vert lumineux et ses forêts vierges pleines de singes – près de Fort Portal, Kibale Forest National Park possède apparemment la plus grande concentration de primates au monde – tels le magnifique guéréza noir et blanc, le furtif hocheur blanc-nez du Congo ou le placide mangabey à gorge blanche.
 Mais l'Ouganda se situe à l'ouest du Grand Rift Africain (en tout cas de sa branche orientale), et de ce côté-ci, le climat est resté humide et les forêts n'ont pas, comme en Tanzanie, laissé la place à la savane qui a contraint l'évolution vers la famille des hominidés… Les grandes stars sont donc ici de la famille des pongidés : le gorille et le chimpanzé ! Je n'ai malheureusement pas pu aller voir le premier, caché dans ses forêts à la frontière du Congo et du Rwanda (500 US$ pour une journée de marche et une heure d'observation, ça fait mal), mais j'ai fait une marche au fond de la Kyambura Gorge, dans une forêt habitée d'un groupe de chimpanzés qui criaient à notre approche, nous observaient du haut des arbres puis se remettaient à leur repas de fruits. Certains sont descendus sur la terre ferme à quelques mètres de nous, et l'un d'eux, certainement dans le but de nous intimider – et ça a marché – s'est mis à courir tout en criant et à taper du poing sur une racine contrefort d'un des arbres géants comme s'il s'agissait d'un tambour ! Impressionnant ! La Kyambura Gorge fait partie du Queen Elizabeth National Park où j'ai passé deux jours merveilleux. Le parc se situe autour du Kazinga Channel, entre les lacs Edward et George et est un des meilleurs endroits pour faire un safari en Ouganda. Bien que beaucoup moins peuplé que les parcs tanzaniens – la faune ougandaise a énormément souffert pendant la dictature d'Idi Amin Dada et la guerre civile qui pris fin en 1986 –, les paysages à couper le souffle poussent à la contemplation. Accompagné de Meike, une allemande rencontrée par hasard et avec qui j'ai partagé les frais des safaris, nous sommes restés une demi-heure devant la plus belle scène d'éléphants dont j'ai été témoin. Et, gros avantage sur la Tanzanie, nous étions absolument seuls ! (avec notre chauffeur, évidemment…). L'attraction la plus courue du parc est un tour en bateau sur le Kazinga Channel – des centaines d'hippopotames et de buffles, quelques crocos, toutes sortes d'oiseaux, et, à nouveau, des éléphants…
 Devoir quitter ce lieu magique brise le coeur, mais ça vaut définitivement le coup !
En plus de ces attractions naturelles, l'Ouganda est un pays très accueillant, les gens sont extraordinairement amicaux – même dans la capitale, ce qui m'a vraiment surpris. En plus, la langue nationale est l'anglais, et beaucoup le parlent au moins un peu, ce qui facilite bien les choses comparé avec la Tanzanie. Le pays est plus "développé" que cette dernière, et le centre de Kampala est très occidental, avec ses grands immeubles et ses centres commerciaux, même si les dala dala (ici bizarrement appelé taxis) sont bien présents et la circulation anarchique… Autre agréable surprise pour moi, les dala dala kampalais ne prennent "que" quatorze passagers, et tous assis !
Et pour finir sur une note culturelle, j'ai assisté ce week-end au mariage musulman à la nubienne du cousin de Charmaigne (sa famille est en partie originaire du Soudan). Tambours et danses traditionnelles étaient de la fête…
14:50
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Sunday, August 12, 2007
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Mes premiers bêta-testeurs !
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Aujourd'hui, une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne, c'est que j'ai trouvé un nid de jeunes wazungu pas très loin de chez moi ! (Pour ceux qui suivent pas, les wazungu, c'est pas des oiseaux, c'est le swahili pour "hommes blancs"…). Bref, j'ai rencontré des Américains qui gèrent une clinique ici à Nyakato (où aucun étranger n'habite), et ils prennent des volontaires en permanence (si vous êtes étudiants en médecine et intéressés, faites le moi savoir !). Et ce week-end, j'ai amené deux anglais (Joe et Mus) et une américaine (Misha) sur Ukerewe (cf. blog "Fantastic Ukerewe"). On a loué des vélos et j'ai fait le guide pour la première fois ! Ben je suis bien content car ils ont adoré ! J'ai ensuite enchaîné avec la route qui permet de rejoindre la porte du Serengeti depuis Ukerewe. Elle est tout a fait praticable, pas longue du tout, et le paysage est intéressant. Donc maintenant c'est sûr, j'ai un premier tour – qu'il me reste à affiner pas mal quand même…

La mauvaise nouvelle, c'est que les enf*~!°" de l'université, à dix jours de l'expiration de mon dernier visa, m'ont annoncé que finalement ils n'allaient pas m'embaucher en septembre ! Ce qui veut dire, en plus du fait que je suis sans travail, que je n'aurais pas le permis de résidence… La seule solution (temporaire) que j'ai trouvé est de "fuir" en Ouganda (le pays voisin au nord du lac Victoria), d'y rester deux semaines – ce qui entre nous sera certainement bien cool – et de demander, en revenant, un visa touriste de trois mois. Si ça marche, j'aurai ce temps pour trouver un job. Si non, ???... Je pars ce soir avec un ferry puis un bus. Je devrais arriver à Kampala, la capitale, demain soir et y retrouver Joe, Mus et un de leurs potes, Ben, qui y sont allés en avion hier. De toute façon, je commençais à vraiment avoir besoin de (vraies) vacances – vivre seul ici c'est un boulot en soi !
03:47
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Saturday, July 28, 2007
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Les Sukuma
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Occupant le sud du Lac Victoria (et donc la région de Mwanza), la "tribu" Sukuma est la plus représentée des 128 (!) ethnies que compte la Tanzanie. Ils sont principalement cultivateurs (maïs, manioc, riz, coton, cacahouètes) mais possèdent aussi du bétail ; certains de leur zébus ont d'immenses cornes qui doivent facilement dépasser le mètre ! Ils croient dans les pouvoirs magiques de guérisseurs et de sorcières, pour le plus grand malheur de ces dernières qui se font régulièrement assassiner, par peur de leur magie mais aussi pour des raisons bien plus terrestres – argent, terres… En 1995, 500 sorcières ont ainsi apparemment été brûlées… De façon plus joyeuse, la magie est également associée à des compétitions de "ngoma" ("danse" ou "tambour"), comme celle à laquelle j'ai assisté ce week-end (cf. photos). Deux sociétés de danse, groupes de joueurs de tambours et de danseurs originaires d'un village ou d'un autre, s'affrontent : ils exercent simultanément et la foule circule entre les deux. Celui qui attire le plus grand nombre de spectateurs gagne… Ces compétitions ont été initiées au milieu du 19ème siècle pour déterminer qui de deux guérisseurs avait la meilleure "médecine". Des grigris, amulettes, lotions et autres substances douteuses sont en effet utilisés par le guérisseur de chaque société pour attirer la foule. A Kisesa, le patelin où je suis allé voir la compétition avec trois anglais qui gèrent un orphelinat, un gars qui avait l'air shooté nous a en effet aspergés avec une décoction de je sais pas trop quoi… On était les seuls wazungu à des kilomètres à la ronde, et tous les gamins se sont approchés pour mieux nous observer… résultat il y avait plus de monde autour de nous que des danseurs ! Malheureusement on est vraiment pas resté longtemps car les anglais devaient retourner s'occuper de leurs bambins – d'où le peu de photos… Ces danses sont un bel exemple de mélange d'ancien et de moderne, et constitue une véritable culture vivante, qui évolue chaque année, alors ne vous attendez pas à voir des danseurs vêtus de peaux de bête et de plumes…
06:51
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Wednesday, July 25, 2007
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Fantastic Ukerewe
+ de photos
Bonne nouvelle pour vous tous qui mourrez d'impatience pour venir visiter "solidairement" la Tanzanie ! Mon projet a fait un grand pas – parmi de nombreux autres restants à franchir – ces dix derniers jours, que j'ai passés à visiter Ukerewe jusque dans ses recoins les plus secrets… Et j'ai "découvert" une île rurale très peu touristique (en dix jours je n'ai pas vu un seul mzungu) bien que très agréable, avec ses paysages parfois époustouflants et sa population extraordinairement accueillante. Grâce à son isolement, les voitures et autres véhicules motorisés y sont quasi absents, et comme les pistes sont pour la plupart tout à fait praticables – là c'est la saison sèche, reste à voir en saison humide ce que ça donne –, c'est parfait pour circuler à vélo. C'est donc accompagné de mon fameux vélo chinois Phoenix que j'ai pris le ferry pour Nansio, "capitale" et seule ville de l'île. J'ai fait de la maison de Raymond, le chef de projet de l'ONG avec qui je pense pouvoir monter un partenariat et qui m'a très gentiment logé, mon QG pour l'exploration de l'île. Et de là, j'ai avalé les kilomètres (l'île fait quand même environ 40 km sur 20), en prenant un maximum de notes (amis géologues, des fois j'avais l'impression de faire de la carto…), et de m'arrêter ou de bifurquer pour aller voir ici une baie, là une plage, un village ou un sommet. Les photos que j'ai chargées en diront plus que tout ce que je pourrais écrire sur les paysages rencontrés…

Très peu habitués à voir des blancs – surtout seuls et à vélo – les locaux, pour la majorité de l'ethnie Kerewe, stoppaient leurs activités pour me regardaient passer et certains riaient lorsque je les saluais en kikerewe (j'ai juste appris comment dire bonjour dans cette langue, j'enchaînais autant que je pouvais en kiswahili pour le reste de la conversation). Certains me lançaient des "karibu nyumbani" ("bienvenue à la maison") et, assis sur de petites chaises en bois dans la cour où papillonnaient gamins, poules et canards, on mangeait quelques oranges, produites en très grande quantité sur l'île. J'ai même dormi une nuit chez l'habitant ! Enfin, j'ai planté ma tente tout à côté de la maison de Deus, chef de groupe du projet de Raymond dans le village de Murutanga. Je me suis pointé dans le village à la fin de ma journée de vélo, ai demandé pour Deus – que je n'avais jamais rencontré auparavant –, on m'a indiqué sa maison, je me suis introduis et Deus et sa famille, bien que très surpris, m'ont accueillis à bras ouvert – à la tanzanienne. Nous avons partagé le plat commun (lors du déjeuner du lendemain, on a même mangé les dagaa, tout petits poissons dont sont fous les tanzaniens, pêchés la nuit même par Katunana, le fils aîné). J'ai stupéfié la famille entière par le montage et le pliage de ma tente. J'ai rencontré les voisins, qui m'ont bien évidemment invité chez eux pour les fameuses oranges. Bref, ça a été une authentique tranche de vie tanzanienne que j'ai eu la chance de partager. Le soir, Deus m'a accompagné jusqu'à une plage à une quinzaine de minutes de la maison, et là, après maintes hésitations et questions concernant la présence éventuelle de crocodiles et de bilharzia, un parasite des escargots aquatiques qui se transmet à l'homme, je me suis, littéralement parlant, jeté à l'eau ! Mon premier bain dans le lac Victoria !!! Quel bonheur ! Avec la chaleur qu'il fait ici, je peux vous dire que ça faisait longtemps que ça me titillait… et que j'avais tous les yeux rivés sur moi… certainement la première fois qu'ils voyaient un mzungu se laver…
J'ai également parcouru, à pied cette fois, des collines inhabités (l'île est de façon générale très peuplée) et qui peuvent constituer un bon coin pour une petite rando d'un ou deux jours. Et alors que je pensais l'île dépourvue d'animaux dignes de ce nom – à l'exception des aigrettes, bec-ouverts, aigles pêcheurs et autres oiseaux de bord de lac – j'ai eu la bonne surprise d'y observer des damans, des groupes de singes vervets ainsi qu'une famille de babouins !
Il me reste dans les prochaines semaines à visiter quelques autres coins, en particulier entre Ukerewe et le Serengeti, et j'aurais un proto tour avec lequel travailler…
08:13
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Wednesday, July 04, 2007
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Le cri de détresse de la girafe masaï
C'est un jour triste pour la faune africaine. Le gouvernement tanzanien a décidé de transformer le Parc National du Serengeti en un supermarché haut de gamme pour le tourisme de masse.
Un aéroport va être construit à quelques kilomètres à l'ouest du parc, sur un site qui, d'après ma carte, se trouve en plein sur la route de la plus grande migration de mammifère au monde – plus de 2,5 millions de gnous, zèbres et autres antilopes. Des hôtels cinq étoiles vont faire passer le nombre de lits de 940 aujourd'hui à un terrifiant 4500 ! Autant dire que, lorsque ce projet sera réalisé – pour une fois, je suis heureux que les choses se fassent lentement en Tanzanie – c'en sera fini du troupeau d'éléphants ou de la famille de lions observés en solitaire. Les Land Rover blanches remplaceront les acacias parasols en arrière-plan des photos et le bruit des moteurs les chants d'oiseaux sur les films. S'il y a encore de quoi prendre des photos ! La Tanzanie, qui s'était pourtant jusqu'à présent démarqué par sa politique de conservation, suit maintenant l'exemple du Kenya, alors qu'il est connu que les parcs kényans sont moins intéressants que ceux de Tanzanie, les animaux ayant fui, harcelés par les touristes. Cela sonne comme une condamnation à mort pour le guépard, l'animal le plus sensible à la présence des voitures qui le perturbent pendant ses chasses exclusivement diurnes et au rendement "naturellement" faible. Dans The Citizen, on parle de "elaborate investment plans to turn [the Serengeti] into a serious economic zone" in order to "attract tourists for the development of our country". Voilà, le mot magique est lâché, le développement économique nous sauvera tous ! Mais économique pour qui ? Pour le compte en banque déjà bien rempli de gros investisseurs – peut-être même pas tanzaniens –, certainement. Pour les locaux, paysans, artisans, commerçants, villageois sans eau courante ni électricité, certainement pas. Grâce à cet aéroport à quelques minutes de l'entrée du parc, les touristes ne seront même plus dérangés dans leur confort par les images de pauvreté perçues à travers les vitres de leur 4x4, ni par les (hypocrites ?) scrupules qui les accompagnent. Mais voilà, tout cet argent – qui, entre nous, aurait pu servir à goudronner, par exemple, la route entre Dodoma, la capitale politique, et Mwanza, la deuxième plus grande ville du pays, ou, mieux encore, servir à la formation d'instituteurs dignes de ce nom – va sûrement passer, entre Dar es Salaam et le Serengeti, par la case "poche de politicien"…
Bref, on est loin, très loin du tourisme solidaire que j'espère d'autant plus pouvoir vous proposer comme alternative dans les mois à venir. Si vous avez des amis à WWF ou Greenpeace, c'est le moment de les contacter – ici les gens ont d'autres chats à fouetter que de s'occuper du sort de la genette tigrine ou du guib harnaché…
Bon, je comptais vous parler un peu de moi, mais je me suis un peu emballé là, alors ça sera pour une prochaine fois…
Viva la revolución !
00:32
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Wednesday, June 06, 2007
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Back to business!
+ de photos
Quoi de neuf à Mwanza ? Je continue à bosser comme prof, ça me plaît vraiment, et j'ai de bons retours de mes étudiants – apparemment le prof qu'ils avaient avant, un Burundais, c'était vraiment pas ça… Là c'est la dernière semaine de cours avant les exams… J'espère qu'ils vont avoir de meilleures notes que les autres classes... que ça justifie mon emploi à plein temps pour l'année prochaine... Puis pendant les vacances d'"hiver austral" – en fait plutôt la saison sèche, un hiver à 25-30°C à l'ombre n'étant pas vraiment un hiver – je vais enseigner le français au "senior staff" de l'univ – ça aussi ça va être un gros test…
Mon swahili progresse petit à petit, j'apprends de nouveaux mots tous les jours. Hier j'ai eu ma plus longue conversation sans avoir à dire "sielewi" ("je comprends pas")... bon, c'était juste avec la vendeuse de bières...
Rapport à mon projet, j'ai visité quelques programmes d'ONG. Certains ont l'air intéressants, à la fois "socialement" et "touristiquement" parlant. Des coins bien perdus, bien typiques, jolis paysages avec le lac en fond, maisons en terre et toit de "chaume", paysans visiblement pas habitués à voir des wazungu près de chez eux, etc... Un des projets est sur l'île d'Ukerewe, une grande île juste au nord de Mwanza. C'était la première fois que je prenais un bateau sur le lac… Trois heures de traversée pendant laquelle on a croisé pas mal de boutres, ces bateaux typiques à voile triangulaire. L'idée, c'est de monter un tour qui part de Mwanza. Là on prend le ferry jusqu'à l'île (en bateau sur le lac Victoria, source du Nil, la grande classe), on visite le(s) village(s), rencontre la communauté, admire les paysages côtiers, on fait un tour avec des pêcheurs à bord de leur boutre, etc… Puis on sort de l'île par l'extrémité est, qui est tout près du "continent" et surtout en direction du Serengeti, le plus fameux parc de Tanzanie… et c'est parti pour un safari inoubliable !
A Isamilo, le village visité hier, l'ONG fait de la formation en apiculture – jusqu'à présent les "bee keepers", en bons autodidactes, cherchent des ruches naturelles dans les arbres et y foutent le feu pour tuer les abeilles et pouvoir récupérer le miel en sécurité… Autant dire que c'est pas du développement durable… Aucun dala dala n'empruntant la piste défoncée qui mène au village, on a pris un taxi-brousse, une vieille rogne de marque inconnue qui a dû être refusée au contrôle technique quelque part en Europe dans les années 70… La tôle de ce bolide ironiquement appelé "Corona Deluxe" était tellement rouillée que je voyais la piste défiler sous mes pieds… Mais bon, tant que ça roule !
01:13
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