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Tuesday, September 09, 2008
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Ramadan Moubarak
Current mood: tired
Je me suis posé sur le bord de mon lit avec une seule idée en tête : me réveiller avant l'aube pour faire le plein, ma survie en dépendait. Dans le silence de la chambre, la minute sentait le sérieux. Comme chacun sait, il s'agit d'une question vitale pour tous les caféofiles du levé. J'ai saisi fermement mon téléphone portable entre le pouce et l'index de ma main la plus sûre et j'ai commencé à tamponner la bestiole. Menu principal, outils, réveil, régler alarme, 5, 0… et voilà ! Je suis maintenant prêt à me mesurer au petit matin siffleur. Je m'allonge sur le coté, déballe la couette en colimaçon depuis la veille et me la rabat sur l'épaule. Les mondes fantasmagoriques de mon inconscient peuvent prendre place. Jusqu'ici les choses semblent se conformer à la feuille de route, tout est en place, R.A.S. Mais voilà, cela n'a pas duré et – comme aime à le dire une célèbre voix-off de reportage sur la banlieue – « Et là c'est le drame… » Endormi du sommeil du juste, il ne s'est trouvé que le chant connu des klaxons matinaux pour venir perturber mon cercueil. J'ouvre un œil difficilement et voit avec effroi quelques rayons de lumière se détacher de la fenêtre. Quelle heure est-il ? crie désespérément mon estomac en disette. Trop tard répondent en coeur mes yeux grands ouverts sur l'écran du LG qu'à cet instant je rêve de broyer contre le sol. Je ne cherche pas d'explications plausibles sur le moment, je pense à un complot international, à un génie malfaisant (ou farceur selon le point de vue), ou encore à un farfadet gracile (ne m'en veuillez pas, il est 8h00 du mat et mon esprit est encore au pays des songes). 8h15 je ronchonne seul sous l'oreiller contre mon muezzine en cristaux liquide qui m'a joué ce vilain tour. 8h30 je quitte enfin le lit et commence ma journée de jeûne avec un mal de tête de toxicomane et une envie instinctive d'investir dans un réveille-matin pour malentendant.
Un bon Ramadan à tous ceux qui le font ainsi qu'à tous les autres… ;)
3:04 AM
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Friday, May 09, 2008
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Mais de quel monde parle-t-on ?
Current mood: excited
« Nous sommes le Tiers-Pays, celui qui n'a rien et qui veut tout », celui qui vit là et qu'on ne voit pas, celui qu'on accuse de tout et forcément coupable du pire. La fable se poursuit. Charentaises fourrées aux pieds, je me place devant mon écran de télé, un sandwich en sursis entre les doigts et les deux yeux collés à une apparente fenêtre sur le monde. Mais de quel monde parle-t-on ? Je scrute la téloche avec une dalle des grands jours en espérant y trouver un reflet du bout de ma rue. J'attends naïvement le réalisme de Géricault étalé dans de grandes fresques d'hommes et de femmes multicolores où toutes les nuances se chahutent de la cour de récré jusqu'aux pavillons universitaires. Je plisse les yeux devant mon écran pour tenter d'y reconnaitre quelque chose. Le constat est navrant. Sur des plateaux étriqués, des joueurs de flute s'astiquent l'amour propre tout en se méprisant d'un sourire émail. Les divertissements servent du rêve en buffet froid aux smicards avides de beurs dans les épinards. Les pigeons se dandinent sous des puits de lumière dans des talk-shows taillés sur mesure selon les courbes de Miss Médiamétrie. Tout est passé en revue selon le prisme officiel: les jeunes casseurs, les vieillards inutiles, les immigrés parasites, les fonctionnaires oisifs, les banlieusards zonards… Leurs vérités de ventriloque nous enterrent à grands coups de faits divers devenus dogme politique. L'insécurité se vend sans état d'âme pour capter la ménagère entre le fromage et le dessert. Le Zoo de Saint-Denis creuse l'appétit. Quant à moi j'ai la digestion mauvaise, la France qu'on me serre passe mal. Alors de quel monde parle-t-on ? L'imposture est pourtant flagrante. Le doigt sur l'estomac, je prends le maquis des insurgés. J'embarque sur la chaloupe des oubliés qui tente d'amarrer la proue des âmes errantes. Comme moi rejoignez l'agitation. Ensemble nous flinguerons à balles réelles le consensus mou des biens pensants, le barillet chargé de cartouches d'encre rouge et de saillies bien placées. Ensemble on secouera des banderoles au dessus des esprits en disette pour réveiller une France qui avance à cloche pied. Que l'étincelle d'aujourd'hui annonce le brasier de demain pour que la France s'illumine de toutes ses couleurs, de toutes ses odeurs, de toutes ses musiques, qu'elle se regarde comme autant de richesses, comme autant de chances, comme autant de vision du monde. Que les danseurs claquent le pas chassé, que les écrivains cassent les chasses gardés, que les chanteurs lâchent les cris du coeur, que les poètes saignent les figures de styles, que les cinéastes chassent les clichés ternes, que les pigistes signent en première page, que les artistes vernissent les salons privés. Passer de la masse des invisibles aux listes des éligibles, voilà le plan.
http://www.quifaitlafrance.com
http://www.myspace.com/qflf
3:04 PM
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Saturday, April 26, 2008
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L’aimé Césaire...
Current mood: blessed
L'homme de Basse-Pointe a élevé les tronches bien au delà de l'essaim des siens. Le nègre fondamental brille sur les hommes quelque soit la nuance de l'épiderme ou l'ascendance culturelle. Césaire m'a appris l'humanisme du réel celui qui court dans la chair de tous les êtres. Cet homme m'a appris à être fier de ma teinte cendrée, ni mieux ni pire seulement dans la fraternité universelle. Une pensée et une poésie qui ont marqué ma vie et celle de tous les damnés de la terre.
N'en déplaise au pygmée de l'Elysée qui pense que l'homme africain n'est pas assez entré dans l'histoire, Aimé Césaire fait depuis longtemps parti de mon histoire.
Non, je vous le dis Césaire n'est pas mort.
2:10 AM
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Thursday, April 17, 2008
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1er coup au coeur de la machine.
Appel lancé par le collectif "Qui fait la France" dans l'émission "T'empêche tout le monde de dormir"
Trois membres du collectif sont intervenus chez Fogiel hier, une opération de prise de parole dans l'espace public sans y être invité. Le texte de l'appel adressé aux téléspectateurs-trices en direct :
"Nous sommes le collectif qui fait la France, collectif d'artistes et d'écrivains, et nous voulons juste adresser aux téléspectateurs un message d'espoir et de résistance. Puisque nous n'avons pas la parole, nous la prenons, même au sein d'une émission de qualité comme la vôtre.
D'un bel élan, la France célèbre mai 68. Jeunesse révoltée aujourd'hui canonisée. Le formol gagne du terrain. La jeunesse d'aujourd'hui a la bouche scellée. Seuls parlent les intellectuels autorisés, les entrepreneurs médiatiques, les dominants de tout genre. Nous n'y trouvons pas notre compte, alors que la colère gronde. Celle-ci est juste en mal d'énonciation, alors énonçons-là, préparons les mai 2008, 2018, 2068..."
12:24 AM
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Friday, April 11, 2008
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Outrages en réunion et circonstances aggravantes
Current mood: crushed
Les hommes se maudissent jusqu'après la mort. Aujourd'hui le jour est 148 fois plus sombre qu'hier. Les têtes de porc sont venus remplacées les gerbes de fleurs dans le carré musulman de Notre Dame de Lorette. La terre s'est obscurcie d'un coup de pelle dans le cœur. Quand on fête nos morts avec des croix gammées en guise de guirlandes, la nécropole des héros d'hier souffre. Dans la nuit de samedi à dimanche, l'After tendance c'était au cimetière militaire d'Arras. Une bande de jeunes trublions aux crânes lisses et à la cafetière qui fuit déversent leurs chargement de haine sur le marbre gris. La pierre est souillée d'une giclée de venin dans l'épitaphe. Je reprends mon souffle tant l'air me manque. Le repos du guerrier est contrarié de la pire des manières ; l'avanie en porte parole des profanateurs de tombes nouveaux crus insultent et se vident le colon sur les tombes des anonymes de la république. Une grappe de nazillons nostalgiques du bras tendu et de la purification par le vide urine sur l'histoire avec la haine en bandoulière. Le crime est total. La mémoire s'atrophie sur les jeunes recrues d'Afrique venues conclure leur épopée sur le sol givré des plaines de France. Plus haut dans le souvenir les brodequins maculés ont témoigné des hécatombes dans les rangs. On tombe par pack de milles sous le feu allemand mais on continue d'avancer la merde collée aux gencives. 90 piges plus tard, les restes sont bafoués sous des Doc Martens boueuses. Il ne suffisait pas que les vivants luttent pour niveler leurs pensions d'anciens combattants alors que l'état traîne la paluche. On gagne du temps en attendant qu'ils rejoignent leurs pairs allongés dans le carré. Non il fallait plus ; on touche aux symboles même de notre histoire commune, à ce qui nous rassemble ; poil à gratter insupportable dans la botte des fachos. Alors on se sent tout permis, le climat est clément pour l'islamophobies. Le croissant n'a pas la cote, c'est TF1 qui le dit. Ce fait divers pourrait ne rester qu'à l'état de détails malheureux du quotidien, expressions idiotes de paumés narcissiques, supporter animal du virage de Boulogne, adorateurs sataniques qui s'ennuient ; mais voila l'époque est autre. On ne peut accepter que cette bande de haineux ne vienne mettre du gasoil sur le feu. Les temps présents ne pardonnent rien. Alors oui je demande une sévérité exemplaire pour ces actes aussi imbéciles que symbolique. Que l'on mette tout en œuvre pour retrouver les coupables quitte à – soyons fous – utiliser les mêmes moyens que pour les scooters volés. Pour que le mot fraternité inscrit sur la façade lézardée de nos mairies ait un sens. Il est temps.
4:36 AM
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Saturday, March 22, 2008
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Un poil de yack dans la soupe chinoise
Current mood: vexed
Sur les hauts plateaux, l'empire du milieu n'aime pas entendre le son des sandales venir lui chatouiller l'oreille. Un grain de sable vient de se glisser dans la mécanique bien huilés de la préparation des prochains jeux olympiques de Pékin. Le Tibet s'égosille pour rappeler qu'il existe et que l'oxygène lui manque. La dissension caresse les rues de Lhasa pendant que le géant cherche à étouffer le cri dans le gosier. Comprenez nous sommes à l'aube d'un des événement populaire majeur pour tous les mordus de galipettes et de sauts dans le bac à sable. La cour de récré en multidiffusée est prévue pour bientôt quelques kilomètres à l'est. Mais au Tibet, les jeux ont commencé avant l'heure, la police s'entraîne au tir sur les bonnes centaines de moines venus rappeler le principe du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Quelle drôle d'idée. Des bonzes en uniforme d'apparat déambulent revendiquant une histoire façonnée au cour de plusieurs siècles d'inspiration. Une mémoire que l'on cherche aujourd'hui à confisquer dans la plus pure tradition des empires coloniaux. J'ai comme une vieille blessure de guerre qui me relance la poitrine quand, j'entends dire que la chine est venue apporter liberté et modernité à une théocratie réglée à l'heure du moyen age. Le vieux reflex du colonisateur inspiré par un élan généreux de civiliser ses barbares qui ne comprennent définitivement rien à la bonne marche du progrès. L'histoire bégaye. Le Tibet appelle à l'aide profitant du mégaphone olympique pour attirer l'attention de l'opinion internationale. On agite les fanions sur une lutte pour la survie culturelle d'un peuple plurimillénaire. Sans se réclamer des indépendantistes bornées, ici on milite pour une autonomie réelle. On résiste contre une intégration à marche forcée, reléguant les tibétains à des citoyens de seconde zone. Le Dalaï Lama alerte sur la disparition d'une partie de la mémoire de l'humanité dans l'avancée aveugle vers une modernisation qu'on nous présente comme la seule voie possible de survie. Et si autrement était possible. Et si le choix de refuser de courir obstinément après une croissance à deux chiffres n'était pas si irresponsable. Et si la quête spirituelle valait largement leur conteneur de progrès qui défigure l'architecture, enterre les traditions et noie un mode de vie. Mais le mépris pour ce genre de considération s'affiche en banane sur les visages arrogants des geôliers. Lorsque le sage septuagénaire parle de préservation d'un patrimoine culturelle et religieux, ils entendent archaïsme et dictature oligarchique stérile. Tout est une question de posture. Alors il insiste toujours avec calme et persévérance. Mais la non violence perd patience, la soif de liberté tape du pied et les moines osent le cri. Les souliers de cuir foulent la poussière quitte à se faire rougir les côtes. L'appel est entendu mais il se perd rapidement dans la cacophonie des intérêts économiques. En Europe, les délégués de classe baissent la tête de peur qu'on leur demande leur avis. La technique a fait ses preuves. Washington fait mieux en retirant la Chine de sa liste de mauvais garçons des droits de l'homme, pour rajouter la Syrie, le Soudan et l'Erythrée. On ne condamne pas, mieux, on absout. A charge de revanche. Alors allez jouer à la marelle olympique si cela vous chante mais surtout qu'elle devienne le prétexte pour parler de l'essentiel, les droits humains. Que s'élèvent des mains gantés sur les podiums et que le sport joue son rôle essentiel de vecteur de solidarité entre les peuples. Pour que le spectacle soit complet, il faut que ses jeux soit la tribune de tous les sans droits, tous les prisonniers politiques, tous les journalistes incarcérés injustement, tous les petits broyés par l'ogre du progrès économique. L'important c'est de participer disait le compatriote, il est temps de rentrer dans la partie.
3:08 PM
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Monday, March 03, 2008
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Hiver chaud et meurtres de sang froid
Current mood: infuriated
La pluie tombe sur la bande de gaza et elle est de fabrication israélienne. Un empire colonial s'exprime. L'action se passe en directe, travelling avant sur la plus grande prison à ciel ouvert du monde. On édifie des murs dans le désert où les checkpoints poussent comme des champignons. Les territoires palestiniens sont quadrillés par de la bleusaille pleine de zèle qui aime faire attendre ses clients. Acculé au grillage, la populasse s'étouffe et jure qu'elle ne craquera pas. Les opérations meurtrières de Tsahal ont fait plus de 100 morts en quelques jours sous les yeux mi-clos de nos énarques enterrassés au Fouquet's. On condamne du bout des lèvres, une main posée sur la hanche et l'autre nous tapotant le dos. Circulez, vous n'aurez rien d'autres. Et notre ministre fashion des affaires étrangères où en est il ? Quel est le point de vue du chef de la diplomatie française sur le processus de paix habillé en treillis par Ehud Olmert ? Que pense notre french doctor des chirurgiens d'Ehud Barak qui soignent les hémorragies à la tronçonneuse ? Pas de réponse. La réception est mauvaise. New York autres décors même scénario. L'ONU chuchote des résolutions qui n'intéressent plus personne. Les discussions comblent les fonctionnaires de la bureaucratie au pays de l'hypocratie. Les plans de relance s'enchaînent et les feuilles de route n'emmènent nulle part. Les conversations virevoltent au dessus des bureaux de bois vernis où des drapeaux étoilés s'ennuient. Institution reconnue d'inutilité publique. Les pays arabes, parlons en. Des dirigeants autistes qui sentent la viande avariée, des animaux domestiques qui font mine de ne rien voir bien éduqué par leur maître-chien en uniforme de gendarme du monde. Plus la souffrance crie et plus on se regarde la babouche. Une population qui pousse pour sortir de la médiocrité de la pensée mais qui se fait remettre au rang au nom des intérêts stratégiques. Coincé entre le marteau et l'enflure, le monde arabe s'asphyxie sous son propre poids et se retourne sur lui-même comme pour échapper à un mauvais rêve. L'injustice finit par vous apprendre à haïr et l'indifférence vous incite à passer à l'acte. Quand je serais grand, je serais un dommage collatéral. Retour en terre sainte, Matan Vinaï, vice-ministre israélien de la défense, menace d'exposer à une shoah le frangin d'en face. Les mots dépassent la pensée, en tout cas, ici, ils sont lourds de sens. Le symbole fait écho dans les cervelles et attise les traumatismes. On souffle sur le brasier à poumons détendus. L'histoire s'épuise à nous rabâcher sans cesse que la peur n'amène rien de bon sinon à perdre la mémoire. Alors non messieurs de la Knesset, n'en déplaise aux va-t-en guerre sioniste la paix ne s'obtient pas à coup de canon dans le bide. Rien ne justifie le sang. Tout comme il faut condamner sans équivoque les tirs de rockets sur les civils, il est de notre devoir d'Etre humain de s'insurger contre l'usage disproportionné de la force qui durcit les haines et nourrit les amertumes. J'en exhorte à refuser l'escalade de la folie au nom des principes fondamentaux qui caractérisent la dignité humaine. Depuis que le monde est monde, on se renvoie ces fautes en pleines figures, il est tant d'arrêter d'être prisonnier de son histoire et de prendre en main sa destinée. Israël doit sans attendre renoncer à sa politique expansionniste injuste, illégale et inhumaine pour construire avec son frère monozygote un destin commun. La paix mondiale en dépend.
8:57 PM
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Thursday, September 27, 2007
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A la table des carnassiers - Part 2
Current mood: angsty
Ce soir je suis invité à dîner à la table des carnassiers Au menu cette nuit on se délecte de coq au vin et de fables cadenassées. Un nouveau concours de circonstances me convie au coeur des idées constantes. Une telenovela aux accents de terroir et un scénario de film des années trente Le générique d’introduction défile et nous dévoile sans surprise les héros du soir Un massif de notable du pays de gaulle, la jet set d’en bas au 1er rang de cette histoire Ici l’air a un goût de cigarette au maïs et les conversations une odeur de souffre Plus moyen de me soustraire à l’office, me voici attablé en équilibre au bord d’un gouffre Les bedaines s’agitent devant le spectacle qui anime la lucarne du service publique Chronique des faits divers, le récit partisan de la vie au-delà du périphérique Les mets sont raffinés comme peuvent l’être le frometon et le pinard Les faits sont affirmés comme ils peuvent l’être à un comptoir de bar Sous mes yeux j’assiste à une déferlante d’un autre temps, d’un autre lieu, d’un autre monde On y déverse à l’unisson contre le voisin d’en face, coupable désigné de la France moribonde Une parodie de l’existence, promu d’emblée à un multiple de sans Sans foi sans loi sans règles sans gènes sans-papiers sans sentiment Les intouchables de la république se voient affliger d’une étoile jaune en plein visage Un déluge de fantasmes et de caricatures. La pièce est envahit d’effluves d’un autre age. Les esprits s’enflent de certitude et se couvrent de poncifs malsains. Les rires bedonnant s’entrechoquent au rythme des toux asthmatiques du parrain La haine brûle comme le soleil sur la peau du nourrisson Leur étroitesse m’entoure la gorge et paralyse ma respiration J’ai les oreilles qui sifflent et les babines qui me démangent Cette fois la France profonde a dépasse le borgne, plus rien ne la dérange Lassé d’assister silencieux à une gesticulation de pantins désarticulés Je ne peux plus rester muet dans ce dialogue de sourd que l’ignorance a aveuglé Devant le tissu de mensonge qui panse leur plaie je me propose de poser un garrot ; Tu penses si ça leur plait. Alors je revêts mes instruments de prof d’histoire, thérapeute des mémoires ankylosés Pour rappeler à mon auditoire que les effets ont des causes et que la violence n’est pas innée Si les casiers ont de l’acné c’est que les poupons grandissent dans des crèches de béton Contraint à la pénitence d’une vie tracée à la craie, éternels enfants de l’immigration La France a enterrée sa chair et son sang au panthéon des damnés Rejetés comme si ils n’étaient que les fils de Marianne et du palefrenier Sentez leur colère, des décennies qu’ils attendent un regard d’intérêt Des Minguettes au château de l’Élysée la marche s’est soldée par un point de coté. Les seconds rôles de la citoyenneté passe toujours de l’amphi à l’enfer sans purgatoire La bombe d’espérance s’est muée en pétard mouillé. Triste épilogue de l’histoire. Alors assis sur leur trône de ciment, ces princes des parpaings attendent en vain l’ogre mangeur de secondes. Un conte sans fin où la fée a troqué depuis longtemps ces clochettes contre un casque et une fronde. Quand l’espoir est rongé par l’arthrose et que les rongeurs s’en prennent aux nouveaux-nés Les proscrits ne se servent que ce dont ils disposent, le brasier n’est que rage du condamné. Comprenez moi mes amis ne sous estimer pas la force sous ces capuche. Il y a de l’or dans ces MJC. J’espère que vous me comprenez ? Mais c’était trop attendre de mes aînés, rappelez vous je dîne à la table des carnassiers. Je tente un lâché de colombes sur les artilleurs mais mes idées ricochent contre des crânes d’acier Les villageois brandissent leurs torches et se mette en chasse de la créature mutante L’humeur s’assombrit, les coeurs aussi. En occident la météo est souvent changeante Entendez moi mes amis la France autiste doit reprendre conscience de ce qu’il entoure. La nation est humaine quel que soit notre nom, notre religion ou notre parcours Je suis de la race d’où sont issus les mauvais garçons voila ce qu’ils m’ont dit. La chasse à l’insoumis est ouverte désormais n’espère pas qu’ils m’oublient. Plus encore le sourire ne fait pas l’ami, il préfigure une imposture. Définitivement je reste un zèbre à points noirs parmi les zèbres à rayures.
6:38 AM
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Wednesday, September 26, 2007
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A la table des carnassiers - Part 1
Current mood: sassy
Ce soir je suis invité à dîner à la table des carnassiers. Au menu cette nuit on se délecte de colombes aux olives et de fables cadenassées. Les anciens convient souvent nos barbes naissantes pour que leurs idées soient nôtres. Le théâtre du nihilisme se met en place et la cène installe ses apôtres. Les acteurs habillent leur rôle au rythme des coups de butoir du metteur en scène. Un demi lettré aux airs de bigots couvrent l’histoire au couleur de chrysanthèmes. Un tartuffe aux dents absentes nous invite à le rejoindre aux pays de l’ignorance souveraine. Un endroit où la négation du présent conseille quand l’amnésie du passé règne. Derrière quel paravents pudibonds ces robe longues vont il encore se dissimuler. La réponse pris le temps d’une bouchée de pain de seigles pour s’affirmer. Sous mes yeux j’assiste à une déferlante d’un autre temps, d’un autre lieu, d’un autre monde. La foule acclamant la disparition de géants, 16 siècles déjà qu’ils nous surplombent. Instant tragique où s’est dissout une éternité en une seconde. Un avalanche d’égarements devant lesquelles les valeurs de l’homme succombent. Le médecin du jour fait valoir sa science devant un par terre d’ombres. Un Sganarelle des comptoirs de minbar pour qui la lumière est forcément sombre. Une opération à coeur ouvert sur notre histoire, le génocide dans ce qu’il a de plus immonde. Je ne fait que retenir mes larmes pour ne pas qu’elle deviennent des bombes. Et puis il eut ce moment ou le thé nous rappelle qu’il se fait tard. Et puis il eut cet endroit ou la vérité nous rappelle qu’elle se fait rare. Devant le tissu de mensonge qui panse leur plaie je me propose de poser un garrot ; Tu penses si ça leur plait. Alors je rappelle à leurs bons souvenirs la lumière des textes sacrés comme s’il en pleuvait. Que la beauté du passé ce n’est pas dans le sabre mais dans les écrits qu’ils nous ont laissés. De ces paroles remarquables semées de Samarcande jusqu’aux Dôme du Rocher. Averroès, Al-Farabi, Rumi je ne serais tous les citer. Comprenez moi mes frères ne résumez pas notre enfance à notre adolescence ; ce serait commettre un non sens. J’espère que vous me comprenez. Mais c’était trop attendre de mes aînés, rappelez vous je dîne à la table des carnassiers. Sur les visages je lis l’envie de tuer le messager celui qui apporte les nouvelles embarrassantes. L’humeur s’assombrit, les coeurs aussi. En orient la météo est souvent changeante. La horde se rassemblent autour de l’insoumis : reprend toi, tu t’égares dans des idées confuses. Ton esprit est pollué par ces gens ; les loups grognent contre l’odeur intruse. Ils m’accusent d’égarement, un infidèle de l’autre rive qu’une cause abuse. Je ne trahis rien mes frères puisque c’est d’un bonnet phrygien que je me coiffe tous les matins. Et que mes ancêtres sont ceux qui m’ont nourris sans forcément me donner le sein. De congénère je suis devenue proie voila ce qu’ils m’ont dit. La chasse à l’insoumis est ouverte désormais n’espère pas qu’ils m’oublient. Plus encore, la djellaba ne fait pas l’imam, elle en fait une imposture. Définitivement je reste un zèbre à points noirs parmi les zèbres à rayures.
6:34 AM
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Wednesday, October 17, 2007
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Les mots font les lettres
Current mood: melancholy
J’ai besoin de penser à Toi avec à un grand « Thé » Pour oublier que Nous avait beaucoup trop de « Haine » J’ai besoin que tu crois à nouveau en Moi avec un « Aime » Pour arrêter de choisir mon Destin avec un « Dé » J’ai besoin d’Elle avec un « Eux » et deux « Ailes » Pour voir plus qu’une Génération avec un « j’ai » J’ai besoin de le savoir chez Lui avec un « Elle » Car les Képis couvrent suffisamment de « Cas » désespérés J’ai besoin que la République cesse de prendre son grand « Air » Pour que mes Questions ne se posent plus avec un « Cul » entre deux terres J’ai besoin de sentir la Palestine avec un « Paix » majuscule Pour qu’on arrête de compter les « Gît» de Jérusalem. J’ai besoin que les Cons reconnaissent leur « Sait » minuscule Pour ne plus voir Oussama en « haut » de la scène
6:28 AM
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