REDUX

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Jul 5, 2008

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Sunday, June 01, 2008

Edito REDUX 27 (printemps 2008)

Nous y voilà donc. Au bord du précipice. Dans quelques
mois, le système marketing dominant pourrait s'écrouler de
lui-même. Les Jeux olympiques sont devenus depuis plus
de vingt ans un gigantesque barnum médiatico-publicitaire
où, sous-couvert de nobles idéaux, on fourguait au chaland
bedonnant de la camelote sous toutes ses formes : voitures,
sodas, hamburgers, déodorants, téléviseurs... Emportés par
l'hystérie "communicative", les annonceurs de tous bords
prennent peur (du moins, on l'espère). Pouvaient-ils vrai-
ment s'accommoder des peines de mort massives (plus
que dans tous les pays du monde réunis, selon Amnesty),
d'apprendre que des blogueurs, notamment dénoncés par
Yahoo, des journalistes et des opposants étaient emprisonnés
manu militari ? Ils ont dû se dire que jamais les droitsdelhom-
mistes (!) ne prendraient "les sportifs en otage". Mais ont-ils
réalisé qu'en les confiant à la "clique" des héritiers du san-
guinaire Mao – pour employer le vocabulaire du Parti –,
c'étaient les J.O. eux-mêmes que le CIO avait vendus aux
pires ennemis de l'Olympisme ?
Marketing sans conscience n'est que ruine de l'âme, pour
plagier ce cher Rabelais. Se souvient-on qu'en 1936 les Jeux
étaient tombés aux mains des nazis (on les avait attribués à
la faible République de Weimar) et que jamais leur déroule-
ment à Berlin n'a fait fléchir Hitler ? Bien au contraire, sa
propagande sinistre n'en a été que renforcée; relayée par
le brio technique du documentaire Les Dieux du stade de
la controversée Leni Riefensthal. À ceux qui objecterai-
ent que le régime chinois n'est pas belliqueux, il faudrait
rappeler qu'outre la colonisation d'un pays tiers (qui aura
valu aux Jeux de Moscou en 1980, l'absence de 50 pays qui
protestaient contre l'invasion de l'Afghanistan), le nouveau
champ de bataille est, on le sait, économique et financier.
Et cette guerre, Jiang Zemin et Hu Jintao la mènent depuis
belle lurette. Avec la collaboration d'une Internationale capi-
taliste inattendue... Décidément, on aura rarement vu au-
tant de gens de droite défendre un parti communiste !
D'un point de vue du marketing activiste, 2008 constitue
donc un anniversaire à ne pas manquer. Mais au lieu de
copier, pourquoi ne pas réinventer ? Nous sommes moins
naïfs, conscients du piège moral de la mondialisation (qui
peut se permettre de consommer 100% de biens écologiques
ou équitables ?). De ce cauchemar annoncé pourrait naître
une nouvelle manière de communiquer. À commencer par
celle que la pub a tant imitée : la rébellion. Avec l'occasion
unique pour les marques de dénoncer les contrats publici-
taires en cas de non retransmission en direct des J.O. Et après
cette belle pagaille, on pourra réaffirmer que le mécénat,
l'activisme culturel et les fondations d'art – le marketing
raisonné – valent mieux que les slogans dévoyés et martelés à
l'envi dans l'alignement pathétique des pires dictatures.

Erwann Lameignère

2:11 AM - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Friday, January 25, 2008

SALE BOULOT

Découvrez ou revoyez SALE BOULOT, un court-métrage écrit et réalisé par Erwann Lameignère (France, 2007, 15 min, 16mm) avec Corentin Lobet, Claude Rabot, Constantine Attia... Produit par Collectif Combo.

3:06 AM - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Wednesday, January 02, 2008

Un peu dur de redescendre du 31 ? Concert à la maison de Radiohead sur Current TV

Pour un atterrissage en douceur, retrouvez Radiohead pour le concert exclusif qu'ils ont proposé sur Current le 1er janvier...




8:59 AM - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Sunday, December 30, 2007

La Visite de la Fanfare (Fr-Isr, 2007, Eran Kolirin)

Il ne reste que quelques heures à 2007 pour définitivement s'éteindre. Et autant de temps pour vous inciter à aller voir La Visite de la Fanfare, sorti il y a dix jours, sans conteste la découverte de l'année, à la section Un Certain Regard à Cannes...

En plans principalement fixes à la manière d'un Kaurismaki, d'un Kitano, La Visite... raconte le débarquement en rase campagne israélienne de la fanfare de la police d'Alexandrie venue inaugurer un centre culturel arabe... Malheureusement pour eux, et au grand bonheur du spectateur, pour une lettre mal prononcée, ils se sont tout simplement trompés de village et c'est dans une banlieue-champignon, bétonnée et sans ville à entourer qu'ils vont devoir passer la nuit... Chez l'habitant(e), chez l'ennemi héréditaire, plus occidental mais pas forcément moins coincé...

Film au sujet fort (drôle), La Visite... exploite au maximum le comique de situation et évite de perdre le rythme du récit dans une succession de sketches désarticulés. Evidemment, l'histoire du conflit israélo-arabe depuis 1967 sous-tend le film, et ce quasi-non-dit joue comme un moteur redoutable d'une action ici plus lente. On redoute en permanence le clash comme les bons sentiments, et sans moralisme ou faux-espoirs, Eran Kolirin mène son petit orchestre arabe désorienté sur l'étroit chemin d'une humanité un peu dépassée par les enjeux de la politique internationale...

Un moment d'anthologie parmi d'autres : une séance de "chaperonnage" inédite en boîte de nuit est un sommet de la coopération arabo-israélienne... et rejoint le cinéma d'Elia Suleiman, de l'autre côté...

5:23 PM - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Saturday, July 28, 2007

MYCROFT

La galerie Mycroft est un espace tout à fait atypique: gratuité du contenu, quasi-anonymat des participants, activité gérée par un Baron fantôme, propositions non médiatiques et irrationnelles. Un lieu où tout change de forme et se dissout à l'instant même où, guidés par l'envie aveugle et l'humeur du moment, vous tournez la tête. Un lieu où le seul critère d'acceptation est: chiche! Les événements s'y créent en direct et priment sur les réalisations proposées car les visiteurs font plus que ceux qui les accueillent. Le tenancier, prénommé Baron, n'a rien à vendre, rien à promouvoir, rien à défendre si ce n'est une absence de sens qui permet à chacun de se forger sa propreopinion (en bien ou en mal) ou pas. Le Baron veut seulement faire en sorte que ces événements existent ou pas. Autant vous prévenir, l'interview prévue initialement avec le Baron est un joyeux barnum auquel ont participé tous les abonnés de la newsletter Mycroft. Une interview. Wah! En forme de cadavre exquis.

Texte par Claire Fercak

Redux: Pouvez-vous vous présenter?
Baron: Je suis un chien fou! C'était pas facile aujourd'hui, j'ai failli lâcher dans la dernière ascension, mais j'ai du sang belge. Je porterais un manteau pied-de-poule si le poil venait à me manquer. Mais en attendant, je n'hésite pas. Je n'hésite jamais. Vous m'entendez ? Jamais ! J'ai un penchant. Mon parcours fut celui du combattant. Je suis chanteuse portant le numéro 3 pendant le prime time, le 13 en dehors.

R: Combien de personne êtes-vous à gérer l'activité (galerie, design de site internet, etc.) Mycroft et comment cela s'organise-t-il ? Comment cela a-t-il commencé?
B: Nous sommes une petite centaine, si on ne compte pas tous les membres de la CGPME. Cela a failli commencer comme un arc-en-ciel après un violent orage. On a tout de suite décidé de regarder le ciel. Ensuite des poussières de météorites sont tombées, aujourd'hui on fait avec les retombées des premières tombées sans tomber dans l'instable, nature. Il y a beaucoup de gens du voyage qui nous soutiennent. Même si ça ne plait pas aux sédentaires. Pour tout dire j'en sais trop rien, le temps décide pour moi. Depuis longtemps.

R: Pouvez-vous nous d'écrire l'espace Mycroft?
B: Oui bien sûr. Vingt mètres carrés environ. Trois murs sublimes, avec des variantes selon les saisons, les vernissages, l'envie du jour. Une absence totale de spectateur 98% du temps. Des vernissages exceptionnels, magique et un public en expansion. Vous pouvez nous décrire l'espace? Le voisin du dessus est sympa. Il a un chien dont je me rappelle plus le nom. Il s'appelle Rouky son chien et c'est un renard ! C'est le lieu idéal pour se lancer du haut d'un zeppelin.

R: D'où vient votre nom Baron? Et le nom de la galerie Mycroft?
B: Je m'appelle Baron? Mon père était Mandred Von Richthofen!!! Et mon Parrain fan de Sherlock... Mais en réalité nous sommes une lignée ancestrale de loups- garous. Le nom mycroft permet aussi d'éviter de subir des jeux de mots débiles (Yvon Lambert a de l'art-hrose, ce genre de truc) une vraie plaie d'Egypte ce truc. D'où l'utilisation des têtes de gondole. Je m'appelle Baron? Je crois que ça vient de microsoft. Nan, je rigooole. En tout cas, ça ne vient pas de facilement! Nan, je rigooole jamais en fait. Je m'appelle Baron?

R: Quelles étaient vos intentions premières ?
B: En premier lieu, l'absence d'intentions est l'unique concept. Puis très vite l'idée de rencontrer des filles et des garçons comme on en voit dans les magazines anglo-zaïrois et néerlandais. Aussi l'envie de promouvoir un vrai désintérêt. On s'adresse surtout aux gens nus. Il y a là une vraie richesse, l'absence d'amiante est un plus. Et le quartier rempli de gens beaux et intelligents. Nous voulons surtout remettre les gens au travail sauf les gens beaux et intelligents qui ont déjà du travail. Je veux aider mon prochain. Le tout peut être remplacé par fumisterie en
corps 68.

R: Comment choisissez-vous les expos ou performances? Est-ce que vous privilégiez le graphisme, la photo, la peinture, les performances-lectures?
B: Nous sommes dans un monde de privilégiés et c'est exactement ce que nous déplorons. Les soirées de l'ambassadeur ne nous mangeront plus jamais de la laine sur le dos. Nous aimons aussi la cuisine. Et n'oublions pas le sport et ce que cela comporte de performance rythmique et sportive. Par exemple : le tantrisme. Mais évidemment mouvement dada contre les dodos. Les filles nues aux gros
seins... ou pas faisant des bulles de chewing-gum... Ou pas. Et nous n'aimons pas les riches. Là fumisterie en corps 36 seulement.

R: Quelques mots sur les 3 jours indochinois autour du livre de Chloé Delaume La dernière fille avant la guerre?
B: Hou hou ha! Le privilège de Constantinople n'a rien à voir avec les choux de Bruxelles. Je ne vois vraiment pas le rapport. C'est purement improbable à tout niveau de perception comparative. Faudrait que je présente le créateur
de Bob Morane à Bob Denard. Je n'ai rien compris...

R: Pouvez-vous nous parler des prochaines ? Seront-elles plutôt expérimentales ou, comme WAH! [http://journalwah.blogspot.com], engagées?
B: Oui, oui. Pour nous engagé et expérimental sont les deux tours de guets de nos motivations. Paris manque d'une Louve Grise! D'ailleurs, quand on nous demande de
décrire les motivations de mycroft en un mot, nous aimons utiliser «experimengagé» pour cela. Et nous ne sommes pas peu fiers. Bientôt une séance de spiritisme concep-
tuelle avec du sexe et des fraises tagada. Y'aura aussi des réglisses bleu très gros pour les plus vieux. Et rien pour les riches qui ont déjà tout. Et oui il y aura plein d'artistes contemporains fabuleux. Même si nous pensons que comme nos amis australiens nous devons nous débarrasser d'au moins trois mille artistes gris de la région parisienne, coupables d'aggraver l'érosion des sols.

R: WAH !, le journal du monde qui va bien, expérience «anti-presse»impliquant des «écrivants»dans des minis projets gratuits est un projet commun de Mycroft
et Eric Arlix [éditions ère]. Pouvez-nous parler plus en détail de ce projet?
B: Oui bien sûr. Eric Arlix, c'est pas le nom d'un personnage de BD crypto gay? WAH! d'abord se conçoit avec une briquette de Château Dusse à fond les ballons.
D'abord j'ai contacté Eric Arlix, frais comme un limaçon, qu'était planqué dans son frigo à cause de la vague de chaleur. Pas trop de la balle. Mais il a fini par répondre. On s'est accointé vaguement aux Cafés des Deux Amis, pas loin de Chez Mycroft. J'lui ai dit: «Tiens t'as vu ?» Il a répondu ouais c'est vrai. Du coup on s'est tapé dans la
main et on a fait Oh yeah. C'était trop de la boulette, je le regardais amoureusement dans le cornflakes. Il a fait Wah ! Et l'on a fini par monter Wah ! Il me verse une pension chaque mois. Pour m'approvisionner en briquettes de Château
Dusse. On a le droit de citer des marques?

R: Pouvez-vous nous parler de votre rapport à la littérature? De la soirée catch et littérature à venir?
B: Oui, bien sur si j'avais été au courant de cette soirée?!? Disons que j'aurais aimé faire une ratatouille de pages dans la glaise andalouse. Toute littérature étant
bonne à se farcir le noeud de séquelles rudes. Mais j'ai oublié la casserole sur le feu, tout a brûlé. Cravan is back? Et du coup, les gens se sont flambés la gueule allégrement à coup de POSKA rose. J'aime beaucoup L'antmingway.


Mycroft
13 rue Ternaux, 75011 Paris http://mycroft.com.fr

8:55 AM - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Monday, June 04, 2007

REDUX.24

Après des années de recherche, des mois de tests et des semaines de laboratoire, DIRTLAB est fier de présenter au monde ébahi le 24e numéro de REDUX.
Dans son shaker à neutrons graphiques, il a mélangé Bonde do Role, Justice, Twisted Charm, Turzi, Francesco Tristano pour les éléments musicaux, Convince Me et Way of the Bird (Andrew Kidman+Andy Davis) pour la partie graphique, Sueurs chaudes par Quentin Cherrier et Millennium Tango par Hélène Giansily pour la perspective photographique, et une touche de TNT avec Quentin Tarantino pour le 7e art indispensable à cette édition détonnante.
Dans les meilleurs pharmacies, galeries, concept stores et centres de création à partir du vendredi 8 juin.

6:40 PM - 1 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Monday, April 23, 2007

Amen break beat

Pour ceux qui ne l'ont pas déjà vu, indispensable documentaire de 18 minutes sur l'un des fondamentaux les plus connus de l'histoire du break beat et de beaucoup d'autres genres, de son importance historique et de son appropriation "juridiquement justifiée" mais ici dénoncée:
voir la vidéo

1:41 PM - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Wednesday, January 10, 2007

Forw>rd, exposition graphique, illustrée et plastique

Reflet et support du graphisme contemporain, REDUX change de directeur artistique à chaque numéro. Pour Forward, la revue a souhaité réunir les ..uvres de la plupart des directeurs artistiques avec qui elle a collaboré, ainsi que de nombreux artistes dont elle a parlé dans ses pages. Mais aussi tous ceux, connus ou non et de tous horizons, dont elle apprécie le travail.

Une grande partie des artistes présentés évoluent sur la scène post-graffiti, d'autres sur l'illustration, certains prolongent par la création plastique leurs recherches graphiques.

Le graphisme, art appliqué et décoratif, a fait son entrée sur le marché de l'art. Aussi, les ..uvres présentées .. bâches, toiles, moulages et tirages numérotés ou uniques .. seront mises en vente. Un aperçu de la notion de produit dérivé des ..uvres graphiques sera également montré. Enfin, une salle de projection diffusera des films et des photomontages autour du graphisme, du graffiti et du street art.

Avec 123 Klan, Ak, Aurèle, Charlotte Cheetham, Delarocca, Dirtlab, Erwan&Sophie, David Guibaud, Jerk45 & Jey, Stéphane Khiel, Koa, Koralie, Luis, Mega, Jean Nipon, Osmoze, Pierre La Police, Prunelle, Spoe, Tabas, Nicolas Thomas, Supakitch, Alexis Zavialoff.

A l'Espace Beaurepaire, 28 rue Beaurepaire, Paris 10e. République.
du lundi 29 janvier au dimanche 4 février inclus.

www.dcshoes.com
www.redux.fr
Reflet et support du graphisme contemporain, REDUX change de directeur artistique à chaque numéro. Pour Forward, la revue a souhaité réunir les ..uvres de la plupart des directeurs artistiques avec qui elle a collaboré, ainsi que de nombreux artistes dont elle a parlé dans ses pages. Mais aussi tous ceux, connus ou non et de tous horizons, dont elle apprécie le travail.

Une grande partie des artistes présentés évoluent sur la scène post-graffiti, d'autres sur l'illustration, certains prolongent par la création plastique leurs recherches graphiques.

Le graphisme, art appliqué et décoratif, a fait son entrée sur le marché de l'art. Aussi, les ..uvres présentées .. bâches, toiles, moulages et tirages numérotés ou uniques .. seront mis en vente. Un aperçu de la notion de produit dérivé des ..uvres graphiques sera également montré. Enfin, une salle de projection diffusera des films et des photomontages autour du graphisme, du graffiti et du street art.

Avec 123 Klan, Ak, Aurèle, Charlotte Cheetham, Delarocca, Dirtlab, Erwan&Sophie, David Guibaud, Jerk45 & Jey, Stéphane Khiel, Koa, Koralie, Luis, Mega, Jean Nipon, Osmoze, Pierre La Police, Prunelle, Spoe, Tabas, Nicolas Thomas, Supakitch, Alexis Zavialoff.

A l'Espace Beaurepaire, 28 rue Beaurepaire, Paris 10e. République.
du lundi 29 janvier au dimanche 4 février inclus.

www.dcshoes.com
www.redux.fr

9:27 AM - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Tuesday, December 19, 2006

Sommaire Redux.22 (sortie le 22 décembre)

REDUX#22 sort le 22 décembre !!!


Sommaire de REDUX#22


Musique

Klaxons signe le retour déjanté de l'acid house sous la forme d'un groupe de rock
The Blood Arm et Cold War Kids cassent la baraque sous le soleil californien.
The Two Gallants, les troubadours folk et littéraires.
¡Forward Russia! et son post-punk gonflé en provenance de Leeds.
The Konki Duet est un trio à cordes russo-franco-japonais à ne pas manquer !



Graphisme

Supakitch et Koralie, deux graphistes proches du graffiti signent la direction artistique du 22e Redux sous le signe de l'amour !
Marke Newton nous parle de ses multiples projets et de son énigmatique Fluo-Zine.
Luis nous explique pourquoi il est le parrain du concours de graphisme de l'opération "Tous différents, tous égaux" dont Redux est partenaire.
Dirty Handz, search and destroy, le 3e opus de la série mythique sur le graffiti, à 150 km/h à travers l'Europe, montez à bord...



Cinéma

Rencontre avec Marc Recha, le cinéaste catalan, auteur de l'envoûtant JOURS D'AOUT (sortie le 3 janvier). INLAND EMPIRE de David Lynch au cinéma le 7 février.

5:42 AM - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment

Sunday, November 12, 2006

THE HOST explose tous les canons

THE HOST
Date de sortie : 22 Novembre 2006
Réalisé par Joon-ho Bong
Avec Song Kang-Ho, Bae Doona, Hae-il Park...
Film sud-coréen.
Genre : Fantastique
Durée : 1h 59min.
Année de production : 2006
Titre original : Gwoemul



C'est l'un des plus gros chocs de l'année cinématographique 2006. THE HOST a été présenté à la Quinzaine des Réalisateurs et constituera dans les années à venir la référence absolue en matière de film catastrophe et d'action. Difficile exercice que de décrire la maestria absolue de la mise en scène de Joon-ho Bong sans déflorer le contenu de ce film époustouflant, car l'un des plaisirs des festivaliers trop pressés pour lire les résumés des catalogues, a été justement de découvrir le film de manière frontale; carrément en pleine figure !
Pour néanmoins susciter le désir, sans trop en dévoiler, le mieux est encore de déceler ce qui fait de ce réalisateur terriblement efficace un indéniable auteur. Joon-ho Bong nous avait déjà totalement sidéré avec ses MEMORIES OF MURDER (2004), vaste enquête sur des crimes en série jamais résolus dans les dernières heures de la dictature en Corée du Sud à la fin des années 80. Anti-buddy movie remarquable, le film opposait deux flics, l'un brutal et instinctif (Song Kang-Ho) et l'autre méthodique et respectueux de la procédure qui jamais (ou presque) ne feront réellement équipe. Malgré une traque haletante, dans un climat politique délétère, ni l'un, ni l'autre ne parviendront à démasquer le tueur. Et déjà apparaissaient les grandes qualités narratives de ce jeune cinéaste. Provoquer sans cesse des détours et de formidables culs-de-sac tout en maintenant une pression incroyable sur le spectateur, tirant la toile de fond du récit en véritable sujet du film. Peu importe l'issue de l'énigme, c'est son environnement pourri (la corruption de la police, de l'armée, du politique et, dans une plus large mesure, de toute la société sud-coréenne) qui permet au cinéaste de construire une satire au vitriol auquel nul ne réchappe, pas même ceux que l'on tenait pour les « bons » de l'histoire. Toute cette subtilité narrative est servie par une mise en scène ébouriffante qui se permet notamment de réinventer totalement le travelling latéral ou circulaire (ici menés à très grande vitesse, sur des distances impressionnantes, au téléobjectif le plus souvent).

THE HOST est, de ces points de vue, un pur chef d'oeuvre. Son histoire est celle d'une série B digne du BLOB (C. Russel, 1988). A Séoul, Park Hee-bong tient un petit snack au bord de la rivière Han où il vit avec les siens. Il y a son fils aîné, l'immature Gang-du (Song Kang-Ho, totalement génial en débile limite profond), sa fille Nam-joo, une championne malchanceuse de tir à l'arc, et Nam-il, son fils cadet éternellement au chômage. Tous idolâtrent la petite Hyun-seo, la fille unique de Gang-du. Un jour, un monstre géant et inconnu jusqu'à présent, surgit des profondeurs de la rivière. Les scientifiques américains présents dans les bases de l'armée sont responsables, par leur négligence, de l'apparition du mutant.

Joon-ho Bong consacre ces anti-héros au comble de l'hystérie comme peu ont essayé de le faire auparavant. La charge anti-américaine est une gifle d'autant bien infligée qu'elle explose tous les canons d'un genre hyper-hollywoodien : le film d'action. Effets spéciaux impeccables mais surtout inversement de nombreux codes qui ne fait que leur donner davantage d'efficacité (les plus grosses scènes se font de jour, et le montage son est aussi soigné que le sont les effets numériques). On va de surprise en surprise, en détours et espoirs vains, de rires aux éclats, aux larmes qui perlent. Avec un contexte encore une fois tout autant explosif que le récit lui-même. La fable est noire et pessimiste tout comme l'était le splendide LABYRINTHE DE PAN (G. Del Toro, 2006) qui lui aussi sait se jouer de l'Histoire avec brio. THE HOST, c'est le film de genre dans toute sa puissance sémantique et symbolique, qui transcende tous les mensonges à commencer par la chimère éternelle d'un cinéma politique. Action ! Action ! Action !

Erwann Lameignère.

5:36 AM - 0 Comments - 0 Kudos - Add Comment


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