A LIRE OU JE VOUS BUTE TOUS : Starlocales #2 / An interview with ByuByByu
Current mood: artistic
2 ou 3 choses que je sais d'elle (spécial dédicace to JLG, si si on peut dédicacer une itw !)
Désolé pour le titre, mais là je craque vraiment, vraiment pour celle dont je veux vous parler... Glandouillant un peu dans le monde de l'édition (ça fait bien sur les cartes de visite et j'ai une merdouille en pré-publi là où je bosse que vous avez pu découvrir somewhere on el bloug'...), je me mords les doigts de ne pas avoir plus de fric / de temps / de pouvoir éditorial pour signer la personne qui suit... C'est très bête, mais là où je bosse on fait pas dans le poétique ni le littéraire.
Comme dirait Emma Daumas "tant pis" mais c'est dommage. Dommage que la poésie vende peanuts. Dommage que les grosses machines éditoriales cherchent que des témoignages de politocards en plein déluge cérébral (cf. le truc de l'excellent maire de Meaux, JF "Et maintenant j'arrête de dire des kouneries" Copé). Ou alors que des trucs de gens déjà célèbres. Ou de vieux reconnus. Ou de gens qui ont gagné un prix quelquonque. Ou qui sont morts...
ByuByByu au détour d'une question nous sort un truc très vrai : "de moins en moins de gens lisent alors que de plus en plus écrivent". Bref, ça craint.
Et c'est un peu con quand même, car au fond entre éditeurs frileux et éditeurs spéculateurs, beaucoup de place pour le biz' et assez peu pour la découverte.
Pourtant je vous assure, ses écrits sont vraiment vraiment supers. C'est touchant. Dark. Poignant. Prenant. Emotionnant / Commotionnant. Filmesque. Musical. Je manque d'épithètes, mais je ne peut que vous conseiller d'aller faire un tour sur sa page après la lecture de l'itw, de vous en faire votre petite idée, et si ça vous plait de faire de la PUB derrière.
Et oui, je suis comme ça, un peu directorial mais bon faut ce qu'il faut...
...
Bobby Brasil : Bonjour ByuUByu et un grand merci de m'accorder quelques questions...
Peut tu nous dire quelques mots sur toi ?
ByuUByu : Je suis une jeune androgyne à la recherche de tous moyens d'expressions et de la connaissance.
BB : Comment décrirez tu tes textes à des gens qui n'ont jamais rien lu de toi ?
BUB : J'éprouve déjà un certain mal à décrire, dans mes textes, au juste mot ce que je ressent alors décrire mes textes ...mais je dirais que je suis moi-même cachée derrière ces textes par des figures et des images relativement noires et crues qui ne sont que des clins d'œil à mes arts favoris (peinture, musique...) ainsi qu'à mon passé tumultueux. Mes textes sont les descriptions d'une vie malade.
BB : Qu'est ce qui t'as donné l'envie d'écrire ?
BUB : J'ai pris ça au départ comme un besoin et cela s'est transformé en envie, voire en thérapie. J'ai écris parce qu'on me forçait à me taire. Ce qui m'a poussé c'est la liberté dans les mots et ces manques à combler.
BB : Est ce que c'est difficile de se faire éditer ? En quoi ça consiste exactement ?
BUB : Alors je ne suis pas éditeur, mais c'est très dur car de moins en moins de gens lisent alors que de plus en plus écrivent ! La sélection est dure, elle respecte certains critères et chaque maison d'édition a ses propres critères en son comité de selection. Mais les contrats restent à peu près pareils, même les contrats d'arnaques.
BB : Comment écris tu tes textes ? Où trouves tu l'inspiration ?
BUB : Je ne me force jamais ! Cela vient à force de penser et à force de rêves éveillés. Je puise dans tout ce qui me touche et m'intéresse, puis je tourne tout dans ma propre vision des choses et du monde.
Des fois c'est d'un coup, des fois c'est des mois à continuellement retoucher au texte, le laisser tomber pour le reprendre.
BB : Récemment j'ai lu un texte magnifique qui s'intitulait "Sans abris"… Dans quelles conditions a t'il été composé ?
BUB : Alors ce poème fait partie de ceux qui ont étaient encré d'un coup de crayon papier ! C'était une époque vaseuse ou l'ennui me coupait du monde: un "sans abris" affectif qui me faisait rappeler mes fugues et certaines absences. C'est aussi ces gens que je voyais dans les rues, ce poème n'est pas qu'introspectif.
BB : Le dernier vers de ce poème "Dans le fond, nos douleurs d'exilés" est tout simplement magnifique ! Cette phrase sans verbe, j'adore, ça me rappelle toute une série d'auteurs surréalistes ou nouveau roman, où au final la phrase ne compte pas tant au niveau du fond que de la forme... Là on touche à quelque chose, quand une phrase peut émouvoir quelqu'un comme ça... Ma question est la suivante : quand tu écris, tu te focalises plus sur le sens ou sur l'émotion que tu cherches à faire passer ?
BUB : Alors je joue avec le sens pour procurer l'émotion et joue sur l'émotion pour faire comprendre le ou les sens, d'où le titre du recueil "l'essence des mots / les sens des maux"...à vous de comprendre pour ressentir.
BB : Que veut tu faire passer par tes textes ? Qu'est ce que tu cherches à éveiller chez ton lecteur ?
BUB : J'aime vraiment la peur mais aussi la haine, je pense que pour l'instant ce sont mes deux émotions favorites, tellement fortes. En fait je pense que j'ai autre chose à faire que de m'efforcer à éveiller les lecteurs, c'est ce qu'ils comprennent des textes qui les éveillent, leurs propres sentiments sur ce qu'ils lisent. Au final je crois que c'est à eux de poser la question, moi je me contente de faire passer mon univers et ma personne au travers de l'expression écrite.
BB : Pourrais tu nous parler de ton projet "L'éclipse" dont le pitch figure sur ton blog. A première lecture, cette histoire d'errance adolescente sur fond de musique et de drogues, on se croirait chez Despentes, avec pour le résumé cette même écriture à la fois si belle et si urbaine…
BUB : Quel compliment et quelle comparaison ! Effectivement l'histoire est centrée sur les maux d'une adolescente, tout est décrit comme elle le ressent ; d'une façon assez psychotique et hallucinatoire. C'est un écrit que j'ai commencé dès le lycée, il traîne, il continue doucement surtout. Je ne préfère pas en parler tant que je ne l'ai pas entièrement fini.
BB : Pour ton autre projet "Dead rock", on tombe carrément dans la dimension fantastique ! Peut tu nous en dire un peu plus ?
BUB : Oui, j'ai eu envie de quelque chose d'un peu plus paranormal, on va dire, plus sur l'ésotérisme ainsi que des choses un peu plus spirituelles sans tomber dedans vraiment car l'écriture est toujours aussi psychotique ce qui laisserais penser à un délire pur d'une personne. La musique a une plus grande place dans ce livre que dans le précédant, ce qui me passionne encore plus.
BB : Je remarque dans tes deux projets que la musique semble très présente… Tu es musicienne je crois savoir, est ce que cela influence ton écriture ?
BUB : Ah, non. Du tout je ne suis pas musicienne, je ne me permettrais jamais ce mérite, je préfère me dire écrivain. La musique m'inspire à penser, rêver enfin m'évader donc à écrire mieux encore.
BB : Pourquoi ce pseudonyme au fait ?
BUB : Ahah , secret. L'origine est Japonaise
BB : Comment c'est de vivre à Paris ?
BUB : Pas facile quand on n'y a jamais habité ! Et pire encore quand on y part seule comme moi. Je possède ce petit côté aventurier poussé par la curiosité de la découverte.
BB : Ton profil myspace contient un certain nombre de photographies assez magnifiques, avec un style très rétro… Es tu soucieuse de ton image ? La photographie est elle pour toi un autre mode de création / d'expression ?
BUB : Bien sur que c'est un mode d'expression, pour tous ceux qui y trouve un intérêt. Je prends la photo avec beaucoup d'émotion, je trouve ça nostalgique d'ailleurs je n'aime pas la nostalgie ! L'appareil photo et moi c'est une grande relation, c'est l'un des appareils avec qui j'aime me confier car il m'inspire confiance et a "un regard" qui ne trompe pas : la réalité.
BB : Quels sont tes films et livres favoris ?
BUB : Impossible d'en faire une liste, tellement nombreux et différents. Je dirais les basiques comme orange mécanique, reservoir dog. J'adore le fatalisme abusé de Tarentino, l'univers mystique et zombiesque de Romero, le cru d'Almondovar…et tellement d'autres. Pour les livres ce serait Weber, SADE, Shakespeare , Baudelaire…ainsi que les petits livre de poche qui ont eu mon intérêt.
BB : Quel genre de musique écoutes tu ?
BUB : La question qui fait mal ! Je n'aime pas parler de genre ni de style car maintenant c'est presque impossible de dire, trop de fusions. Dès l'enfance je me suis habituée à écouter de tout, ma grand-mère était plus dans le roots, reggae, la chanson française et d'amour, mon grand père lui c'était que du rock, blues, country & jazz, mon oncle m'a éduqué au hard rock, punk, oï et tout ce qui pouvait me violenter pour mon âge. Puis j'ai eu de nombreuses périodes musicale à l'adolescence, la musique électronique (techno, hardtek, makina), le rap, le classique….je ne pense pas avoir suffisamment écouté de musique encore mais je sais que j'aime trop la musique pour m'enfermer dans un genre.
BB : Merci pour ta gentillesse, ton talent et tes réponses ByuUByu ! Et excellente continuation !
...
Voilà maintenant, vous allez sur son myspace, merci c'est par là...
Pour répondre à l'excellent membre du non moins excellent groupe "12" au sujet de l'éventualité de cours de Rock'n'Roll à l'école, eh bien je pense que ce serait d'utilité publique...
Du coup étant absolument convaincu que Monsieur Xavier Darkos, le nouveau PDG de l'éduc' n'acceptera pas notre initiative salutaire, je vous propose des cours de rattrapage en ligne...
En plus c'est de la vidéo alors c'est cool, ça fatigue pas trop les yeux...
COURS N°1 : Bérurier Noir / Salut à toi (en live c'est mieux !)
Rock'n'Roll hall of fame (listàlac' 1... / Flemmardise scripturale)
Current mood: thankful
Hi all you ol' sports !
Bref comme le dit si bien mon titre d'article avec mes mots de reul', j'ai pas l'inspiration right now, so ça sera un faux article avec une liste de ce qui devrait être enseigné dans les écoles en matière de rock'n'roll dans une logique d'assainissement de nos radios pas très bien aimées... Attention cet article contient des morceaux ajoutés de partis pris complétement subjectifs à tendance lourdement directotalitoriale...
Bref le Rock'n'Roll pour moi c'est :
1 / les Beatles parce que faut bien commencer quelque part, et que bon, quoiqu'on en dise leur disco est tellement riche qu'il n'y a aucune excuse pour ne pas écouter...(à écouter ? Ben tout quoi !)
2 / les Clash parce que le punk ce n'était pas que cette musique infantile et grotesque (et pourtant si entraînante) produite par Malcolm McLaren et ses pistolets sexuels (comme quoi les noms de groupes une fois traduit ça donne rien)... Les Clash c'est immense, c'est engagé, c'est beau... Une grande page de l'histoire de la zik' (en priorité les songs "Spanish bombs", "Guns of Brixton", "Somebody's got murdered" et même si tout le monde la connait, "Rock the Casbah" et l'album "London Calling")
3 / Lou Reed, pour l'homme qui a dit que "Rien ne peut battre deux guitares, une basse et une batterie"... Sa poésie me touche tout comme son jeu de gratte nerveux et sa voix au timbre si délicat... (En recommandation ultime l'album "New York")
4 / The Smiths, parce que la britpop a eu une existence avant Oasis... et pour le chanteur a la voix de velours et aux textes ultra littéraires et le guitariste aux riffs détonnants (une telle richesse de jeu se retrouve peut être seulement chez Coxon période Blur)... Et puis quand on a chanté les dimanches pourris qui méritent l'armaggedon avec Every days is like sunday, on mérite beaucoup d'attention (Albums à écouter : "Meat is Murder" et "The Queen is dead")
5 / Bérurier Noir pour la rage, le son pourri, les solos de sax morbidissimes (just listen "Manifeste" ou "Noir les horreurs")... Le punk français ce n'est pas Plastic Bertrand que no ! Encore plus minimaliste que Lou Reed, juste une voix, une guitare, un sax et une boite à rythme... Et des jongleurs, des cracheurs de feu, Ninine Despentes... (A écouter en priorité le live "Viva Bertaga")
6 / The Sisters of Mercy pour le son dark, parce que le gothique c'est class' et ça bute, parce que la voix d'Andy Eldritch a un charisme fou et pour la chanson "Adenochrome"... (A écouter ce que vous pourrez trouver mais le best of First and last and always est pas mal)
7 / Joy Division parce que c'est le fond de la bouteille, parce que plus dark tu meures et pour le charisme de Ian Curtis, raide comme un piquet mais dépressif à souhait... (Album : "CLOSER" ! Si vous l'avez pas, ça craint...)
8 / Pavement pour le côté amateur stylé, pour les sons bizarres, boiteux et créatifs... Parce que ne pas savoir jouer, c'est encore mieux quand on ne sait pas non plus écrire ou chanter. Enfin de la musique faite par des amateurs passionnés ! Attention pas de solos de guitare, gros Johnny (Satriani of course) s'abstenir ! ("Wowee Zowee" est une bonne intro, sinon la song "... and carrott rope" présente quelque part sur mon blog est aussi chouette)
9 / Cat Power pour l'émotion... Encore plus dépouillée que les précédents, encore plus déconstruite, ça sent souvent la fin de bouteille. Mais pour ceux qui ont déjà écouté Chan Marshall juste avec une guitare sèche qui a perdu le sens de la tonalité, ceux là sauront ce que je veut dire. Pour les autres n'importe quel disque de Cat Power est à recommander chaudement (Mais "Moon Pix" emporte peut être ma préférence néanmoins...)
10 / Iggy Pop, mais lui faut il encore le présenter ? (pour les veinards l'excellent live "Wild animal" de 77, très bon cru...)
Currently
listening
:
If It Was You
By
Tegan and Sara
Release date: 03 June, 2003
Vieille bédé abandonnée... + Internationale Lettriste
Current mood: amused
J'ai retrouvé en fouinant dans de vieux papiers ce WE, les restes d'une BD de SF inachevé... Bon ça ne valait pas tripette bien sur, mais ça peut servir de matériel de base pour du travail de détournement / subversion... Bref, a work in progress donc (ce qui me permet de rester fidèle à la maxime de Bucky Fuller, "Do more with less"...) !
Ce qui me fait penser que dans les lectures de la semaines, il y avait un ouvrage très intéressant compilant les maigres écrits que l'on a pu retrouver d'Ivan Chtcheglov / Gilles Ivain, pote de Debord pendant la période lettriste, interné à la suite de diverses kouneries subvertisantes (genre tenter de faire pêter la Tour Eiffel, excuser du peu !) en HP, établissement qu'il ne quittera presque pas jusqu'à la fin de sa vie...
C'est pas mal du tout, c'est bien écrit, pas toujours facile à suivre mais toujours agréable à lire, ce qui est déjà bien... Plus la bonne pioche, une sélection de son iconographie (car il était aussi peintre en témoigne ses portraits de son ami Henry de Béarn, de sa femme ou de très belles oeuvres dans le plus pur style Picasso période Guernica). Bien malheureusement Google Image est incapable de me trouver un dessin signé Ivain donc à la place ça sera la couverture du bouquin chez Allia :
Vu que les textes de Chtcheglov comme tous ceux de l'IS et l'IL sont libres de droits, je peut tout à fait vous faire part d'un lien on-line :
Comme promis depuis un petit moment déjà, voilà le grand comeback du projet Starlocales.com, où des gens connus comme pas connus seront interviewés par mes soins... Aujourd'hui et pour respecter la parité après Eleni Mandell, une interview avec une jeune artiste à l'univers musical, graphique et littéraire complétement décalé, Léa Bugin qui a eu la grande gentillesse de me consacrer un peu de son précieux temps.
...
Bobby Brasil : Bonjour Léa Bugin et un grand merci de m'accorder ces quelques questions... On commence tout de suite. Peut tu nous dire quelques mots sur toi ?
Léa Bugin : Merci à toi! J'ai 27 ans, j'habite à Lyon depuis huit ans. La musique est plus une passion qu'un réel métier puisqu'il est très difficile de se faire une place dans le milieu. Je ne peux pas encore en vivre véritablement.
BB : Comment décrirais tu ta musique à des gens qui n'ont jamais rien écouté de toi ?
LB : C'est très difficile de classer sa propre musique... Je dirais que c'est très pop, les textes sont assez déjantés et la musique est rythmée. Il ne faut pas tout prendre au premier degré bien sûr!
BB : Qu'est ce qui t'as donné l'envie de faire de la musique ?
LB : A la base, la musique est juste un passe-temps, j'en écoute énormément et ça m'amusait d'écrire des chansons. J'ai rencontré des personnes qui ont voulu me soutenir dans cette initiative pour que je fasse un premier album, et ça m'a donné envie de m'y mettre sérieusement!
BB : Est ce que c'est difficile de se faire produire ? Quelles difficultés as tu pu rencontrer dans ton parcours ?
LB : C'est très difficile, ma maison de production actuelle est un label indépendant qui ne peut pas sortir mes CDs à l'échelle nationale. Nous avons tout juste les moyens de nous promouvoir sur Internet en espèrant pouvoir un jour sortir cet album pour de bon. Nous devons sans cesse négocier.
BB : J'ai cru comprendre que derrière le phénomène Léa Bugin se cache un certain nombre de personnes... Pourrais tu me parler de tes collaborateurs ? Qui écrit les textes et fait la musique ?
LB : Nous sommes quatre au total. L'album comporte douze chansons dont une en bonus, et j'en ai rédigé six. Les autres sont écrites par Auriane Palop et Aurélien Aubrun, qui sont aussi en quelque sorte mes managers et producteurs. Frédéric Aubrun s'occupe de la musique.
BB : D'où t'es venue l'idée de la chanson "Allez Gorille !" ?
LB : Par hasard, j'ai vu inscrit sur un panneau le mot "allégorie" et j'ai immédiatement pensé à "Allez Gorille !" Je dois avoir l'esprit un peu tordu ! Ca m'a donné envie de me servir des mots pour m'amuser dans mes textes. Par exemple, j'ai une chanson qui s'appelle "Lézard - Les arts" mais je ne fais pas ça dans tous mes textes!
BB : Plus généralement tous les textes de toi que j'ai eu le plaisir d'entendre comportaient une foule de jeux de mots, de double sens et autres figures de style… Choisis tu tes textes en fonction de leur pouvoir ludique ou littéraire ?
LB : Hum... Peut-être un peu pour les deux. J'aime mettre des mots marrants, qu'on n'a pas trop l'habitude d'employer au quotidien, et lorsque ça rime c'est encore mieux ! Il faut que le texte soit mélodique, je joue pas mal avec les allitérations. Mais c'est vrai qu'il y a aussi des références directes à la littérature, dans "Mise à nue" je parle de la Mlle Lambercier des Confessions de Rousseau.
BB : Que veut tu faire passer par ta musique ? Quelle(s) emotions ou sensations cherche tu à éveiller chez ton auditeur ?
LB : Il n'y a pas de véritable message. Je fais de la musique pour divertir et me divertir, il y a une part d'égocentrisme malheureusement ! J'espère que mes chansons amusent mes gens, mes textes sont assez légers. Si les musiques restent un moment dans la tête, c'est tant mieux !
BB : Peut tu nous parler de l'album "Mise à nue" en projet ?
LB : Il nous reste quelques chansons à enregistrer. D'ailleurs, nous devons le faire d'ici fin mai/début juin. Nous avons eu des problèmes de réalisation, le projet a dû être un peu repoussé...
BB : Ton iconographie est très riche… Pochettes, video-clip, site Internet très recherché, séance photo… Es tu soucieuse de ton image ?
LB : Pas particulièrement car je suis loin des "clônes" de la musique actuelle, qui ont des brushings, de beaux maquillages et de superbes tenues !! Je me suis beaucoup amusée pendant la séance photo, et je crois que c'était l'essentiel. En fait, je n'ai pas trop pris ça au sérieux, c'est juste qu'il nous fallait des photos pour la pochette d'album. C'est mon producteur qui gère mon site internet, parce que j'en serais incapable, et je suis satisfaite du résultat !
BB : Comment c'est de vivre dans la region lyonnaise ?
LB : J'adore Lyon, c'est une ville bien située géographiquement, on est proche de la mer et de la montagne. Il y a de nombreux évènements musicaux, et des tas de choses à faire. J'aime beaucoup marcher dans les rues de Lyon. J'aurais du mal d'habiter dans une petite ville, car les sorties sont limitées.
BB : Le vidéo-clip de "Allez Gorille !" a un côté très rétro, presque Super 8… Etait ce recherché ?
LB : On voulait une vidéo de type assez "expérimental", et pour "Allez Gorille !" nous avons voulu tester quelques effets assez basiques. En ce moment, j'écoute beaucoup d'electro, je suppose que ça a dû influencer l'atmosphère du clip.
BB : Tu m'as dit l'autre jour que le clip de "Mise à nue" était en tournage… Peut tu nous donner quelques détails en exclusivité mondiale ?
LB : Le tournage est maintenant terminé. C'est un clip moins humoristique, plus personnel. Il est entièrement tourné en noir et blanc. Nous avons voulu faire un clip qui rappelle l'ambiance de l'album, lorsqu'on écoute certains textes, on entre d'une certaine manière dans mon intimité.
BB : Quels sont tes films et livres favoris ?
LB : Je vais souvent au cinéma. "Le cinquième élément", les films de Kubrick, de Tarentino, d'Almodovar et de Sofia Coppola sont mes préférés. En littérature, je lis beaucoup de Rousseau, j'aime bien "Les liaisons dangereuses" de Laclos, "Le rouge et le noir" de Stendhal, "L'enfant" de Jules Vallès, "Les fleurs du mal" de Baudelaire...
BB : Quel genre de musique écoutes tu ?
LB : J'essaie d'écouter un maximum de choses, je me tiens informée des nouveautés. J'écoute aussi bien du rap que du rock.
BB : Merci pour ces réponses et ta gentillesse, Léa Bugin !
LB : De rien, j'espère avoir répondu correctement ! Merci à toi, merci pour ton soutien !
Une introduction en tentative mineure
Current mood: working
S'interroger sur l'obéissance et le conformisme, sur le rapport de l'individu à l'autorité, revient à se poser une multitude de questions connexes touchant tant à l'identité (d'appartenance à un groupe intermédiaire ou humaine) qu'à la notion de pouvoir (son essence, son rôle, ses nécessaires limitations) et de citoyenneté (en tant que limite et fondement du pouvoir).
Il ne s'agit pas dans le cadre de cet essai de refaire une métaphysique humaine mais tout simplement de s'interroger et de dresser un constat sur notre société telle qu'elle est et telle que nous pensons qu'elle devrait être (on pourrait lancer à ce moment la maxime du vieux de la montagne : « rien n'est réel, tout est possible »).
En effet force est de constater qu'au delà des grands clichés républicains véhiculés tant par l'opinion publique que par les grandes institutions (la France patrie des droits de l'homme, la déclaration de 1789, …), l'exercice de la démocratie n'a rien d'évident en France. Il ne s'agit pas de mettre en avant l'existence d'une censure ou d'une coercition active sur les citoyens, mais bien de montrer en quoi, à l'heure actuelle les conditions pour un bon usage de la démocratie manquent désespérément de sens et de contenu.
Les travaux du sociologue Stanley Milgram sont toujours d'une actualité douloureuse. Au delà de la question de la moralité de l'expérience, il est nécessaire de constater que celle-ci pourrait être aisément reproduite, en France, en 2007, et donner les mêmes résultats.
Il ne s'agit pas de faire passer le français lambda pour un tortionnaire en puissance. Là n'est pas le propos. Mais bien de montrer en quoi, notre pensée est intimement conditionnée par les relations d'autorité.
Les médias et la télévision nous renvoient à une certaine image de la société, qui pourtant ne va pas de soi. Les lieux communs sont véhiculés de toute part, empêchant la survenance de tout débat un tant soit peu libre, la plupart des sujets ayant été tranché d'autorité par une opinion publique dont on ne connaît pas réellement la provenance.
Ainsi, au nom d'une certaine éthique de redistribution propre à l'ère socialiste, nous continuerons à considérer l'impôt de solidarité sur la fortune comme un élément de répartition des richesses, et ce, nonobstant son rendement médiocre, ses possibilités d'évasion et de fraude importante et son contrôle inexistant !
La notion de gros lieux communs, telles qu'elle a pu être mise en exergue par Alexis de Tocqueville est toujours d'actualité. Dans une société de l'immédiat, de l'instantané, il est finalement paradoxal que l'on se retranche de plus en plus derrière des vérités autoproclamées par les mass média.
Nous nous retrouvons de ce fait assez loin, des prévisions de Marshall McLuhan en matière de média. McLuhan considérait en effet la télévision, à l'inverse du cinéma ou de la littérature de son époque, comme un média froid, pauvre en informations, et qui dès lors supposait une participation active de la part du spectateur pour combler les lacunes, les blancs.
Au fond, on se rend compte que ce qui devait faire la force de la télévision en matière d'engagement citoyen, la nécessité d'un engagement du public, d'une réflexion personnelle alimentée par des agrégats informationnels, en devient l'arme la plus redoutable.
Au final, ce média famélique est devenu pour beaucoup une arme de propagande à ce jour inégalée, une arme de formation de l'opinion publique et ce, malgré un contenu pour le moins indigent. Celle-ci pourra être orientée au grès de la survenance des faits divers (criminels de préférence) et sera le fondement d'opinions ahurissantes sur la politique pénale, la réforme de l'éducation nationale, la politique sanitaire, l'immigration, etc…
On peut de plus, considérer le vecteur média comme instrument de normalisation : au fond, qui est ce que ça choque de ne pas voir la différence culturelle à la télévision autrement que sous forme caricaturale ou fonctionnalisée au sens du garçon de café sartrien ? (comme l'émission les Queer, qui nous dépeint l'homosexualité comme quelque chose de sympathique et de plutôt accepté tant que ça ne dépasse pas le domaine d'expertise gay bien connu, qu'est la décoration, le goût et la mode)
Au fond, ce média n'a rien d'immédiat. Nous ne sommes toujours pas dans le règne de l'immanence mais bien dans celui de la transcendance. Même si au fond l'opinion publique n'attend plus grand chose de la religion, de l'état ou de la politique, il ne s'agit pas pour autant d'un empowerement citoyen. C'est comme si on revenait sur le motif Nietzschéen de la mort de Dieu. L'homme n'a effectivement pas pris sa place. Celle de Dieu et la place de l'homme. Du coup, la nature ayant horreur du vide, celle-ci a été remplacée par les mass média.
Cette confiance aveugle (ou cette défiance aveugle c'est selon) ne repose pas uniquement dans la parole médiatique mais bien également dans celle de la technocratie ambiante. Combien de fois faudra t'il entendre la rengaine attentiste « Je ne suis pas compétent pour… », « Je n'y connais rien » pour enfin se décider à réagir ?
La réaction surgit de façon isolée heureusement. L'exemple d'Act Up Paris est un modèle du genre. La communauté médicale est réputée pour son hermétisme, pour sa culture du secret, pour sa lutte jalouse pour la conservation d'un certain savoir. Au fond, rien de tout ça n'aurait bien avancé, si les activistes d'Act Up n'avait pas décidé, à un moment, de se prendre en main, d'essayer de comprendre ce qui se passait sur le plan médical, des traitements, en gros de devenir acteur d'une certaine politique sanitaire. Le résultat ne s'est pas fait attendre et s'est manifesté par la mise en place d'une nouvelle éthique médicale avec la création du TRT5, des protocoles compassionnels, la généralisation à tous des traitements antirétroviraux en cas de risque de contamination… en gros remettre le malade à la place qu'il doit occuper dans la relation médicale. C'est la triade, connue depuis Hippocrate mais longtemps oubliée : le malade, la maladie et le médecin.
Un certain pouvoir a été confisqué par les experts en tout genre. Il est d'autant plus indispensable de le reconquérir que ce pouvoir n'a rien de démocratique ni de choisi. En effet, il est possible de gloser pendant des semaines sur la notion de représentation, cette manière pour les citoyens de concéder volontairement leur pouvoir de décision à une cohorte d'élus. On trouve souvent choquant le peu d'investissement de la représentation nationale dans l'exercice du pouvoir. Il est facile de se lamenter sur cette représentation quand lors des séances retransmises à la télévision de l'assemblée nationale ou du Sénat on s'aperçoit que les rangs des deux hémicycles sont pour le moins clairsemés. Comme on peut s'indigner de l'existence de certains lois ou textes (le CPE en était un très bon exemple).
Mais on ne peut enlever une chose à ces deux assemblées, c'est qu'elles ont été élues de manière plus ou moins directe (c'est la différence entre l'Assemblée Nationale et le Sénat, chambre modératrice par excellence) et plus ou moins démocratique (on peut s'interroger sur le scrutin majoritaire, sur la logique de parties…) ce qui n'est pas le cas des officines expertoriales.
Au fond, ces personnes sensées savoir ont un pouvoir important (d'influence sur telle ou telle réforme, de prendre telle ou telle décision) et ce pouvoir ils l'exercent loin de tout contrôle citoyen (car ils savent et pas nous). Pire, ils forgent l'opinion publique (c'est le fameux argument d'autorité, toujours bien placé depuis Aristote jusqu'à Schopenhauer dans l'art d'avoir toujours raison). Au fond, à l'heure d'aujourd'hui, il manque cruellement de structures comme Act Up Paris pour renverser cette gouvernementalité intolérable (pour reprendre le vocabulaire de Michel Foucault).
Gardons bien en tête cette citation de Périclès telle que rapportée par Thucydide dans sa guerre du Péloponnèse : « La démocratie ce n'est pas savoir comment on va élire le chef, mais bien de pouvoir se débarrasser d'un chef qui a cessé de plaire ».
Qui nous débarrassera de nos experts et de nos politiciens ? Qui se fera le garde fou face aux dérives sécuritaires de plus en plus nombreuses ? Qui, sinon nous mêmes ?
***
Cet ouvrage ne prétend pas fonder une nouvelle éthique citoyenne ni donner la moindre théorie ou leçon a qui que ce soit. Son objectif, plus modeste, mais peut être plus essentiel pour un empowerement citoyen, réside dans l'étude de quelques mécanismes fondateurs à toute société : il s'agit de l'obéissance, du conformisme et des rapports d'autorité. Il s'agit aussi comment ces notions peuvent être dépassées. Il s'agit au fond de se mettre dans la peau de ce citoyen Athénien qui savait dire merde, fut ce à Périclès, et ce dans l'intérêt du plus grand nombre.
Visions bioskopiques et romanesques
Current mood: awake
Hullo les boyz'n'girlz,
Un petit article de critique comme ça faisait longtemps que je n'en avais pas écrit. Ce soir je lance l'opération "un film regardé, un livre à lire", l'opération pour les bonnes soirées réussies quand on a envie de locher chez soi / quand on a des potes un peu relous / ou quand on est agoraphobes et qu'on a peur du noir...
Bref, ça donne ça :
ZE MOVIE
To be or not to be / Ernst Lübitsch (avec Carole Lombard, Jack Benny et Robert Stack)
Celui là c'est un peu un all time favorite... D'abord parce que c'est une comédie de Lübitsch et que les comédies de Lübistch me font vraiment rire. D'ailleurs, les années 30, 40, on trouve un sacré paquet de comédies d'un niveau exceptionnel (les Marx Bros, Buster Keaton, Chaplin, pour juste les plus connus...).
Ensuite c'est un film sur le théâtre. Et ça j'adore, tout comme j'ai aimé le Carrosse d'or de Renoir, La bande des 4 de Rivette ou Opening Night de Cassavetes.
Enfin c'est une comédie sur un sujet qui n'est pas très rigolo pourtant, la secone guerre mondiale et l'invasion nazie de la Pologne. Mais c'est aussi la force de la comédie engagée... Pouvoir rire de même ce qui ne fait pas rire au prime abord, rire malgré tout, pour montrer le ridicule de l'oppression et la pauvreté des idéaux barbares...
Sans spoiler le film pour ceux qui aimeraient le voir : pour sauver un réseau de résistance polonais compromis par un traitre qui va informer la Gestapo, un acteur cabotin (Jack Benny) va remplacer cet espion et tenter de leurrer la police politique nazie... Va s'en suivre des situations énormes et des quiproquos à n'en plus finir. Les répliques sont à tomber et les quiproquos à n'en plus finir !
Bref une bonne heure quarante très agréable et tout à fait rentabilisée !
ZE ROMAN
A l'ami qui ne m'a pas sauvé la vie / Hervé Guibert
Toujours perdu dans le champ SIDA, ma dernière trouvaille est Guibert, mort à 36 ans des suites de sa maladie et de nombreuses infections opportunistes (dont le monstrueux Cytomégalovirus dont il a pourtant fait un roman). Ce roman commence aux débuts des années 80, quand le virus était malconnu, à une période où les toubibs ne pouvaient pas proposer grand chose aux malades, à un moment où les tests de dépistage n'existaient pas encore et où l'on pensait que le SIDA était une sorte de cancer gay qui se transmettait pas l'usage de nitrate d'amyle, de popper's quoi... C'est une autofiction et on reconnaitra aisément sous les traits du professeur Muzil, l'immense Michel Foucault... Ce livre raconte la fin de Foucault, mais aussi l'engagement de son compagnon Stéphane / Daniel Defert dans la création d'AIDES. On y retrouvera aussi Frédéric Edelmann et Jean Florian Mettetal, piliers d'AIDES puis animateurs d'ARCAT-SIDA. Plus en spécial guest-star Marine / Isabelle Adjani !
Au delà des figures célèbres, c'est avant tout les inquiétudes du malade, ses souffrances et son quotidien qui y sont dépeints d'une manière tout à fait poignante et personnelle...
A lire aussi du même Guibert :
- Le protocole compassionnel (avec un peu d'espoir ajouté) - Cytomégalovirus (sans aucun espoir ajouté) - Mon valet et moi (sans rapport avec les précédents, mais le personnage du valet est tellement fort et il me fait tellement penser à la nouvelle de Dorothy Parker tirée de "Comme une valse" avec le valet chiant qu'il fallait que j'en parle...)
That's it !
Cordialement, B.
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London Calling
By
The Clash
Release date: 25 January, 2000