Portraits de l'Amérique profonde, en attendant le nouveau président, par Franck Cellier et Bruno Geoffroy.
Au rendez-vous des laissés-pour-compte
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....Coreen parle doucement, avec calme. Il y a quelque temps,elle a dû quitter Miami parce qu’une grande surface Wal-Mart est venues’installer juste à l'endroit où elle habitait. Tout le monde a été prié deplier bagages ; Coreen, son ami et son enfant aussi.....
Comme elle aime voir du pays, elle ne s’en plaint pasvraiment. Peut-être est-elle aussi un peu désabusée par un système qui, estime-t-elle,ne fonctionne qu’au profit de quelques privilégiés... ..Coreen a suivi jusqu’à Bloomington son ami qui y a trouvé unemploi. Et en attendant d’en trouver un à son tour, il lui arrive souvent devenir à vélo faire quelques achats à l’armée du Salut.
Regardez ici :
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Comme Coreen, ils sont de plus ne plus nombreux à devoir setourner vers les associations caritatives pour pouvoir se loger, se vêtir,manger. A l’armée du Salut par exemple, les personnes en difficulté peuventacheter de la nourriture et toutes sortes d’objets à bas prix. Chaque mois, elles peuvent aussi prendre gratuitement jusqu’à 15 euros de vêtements. Le pasteur,bien sûr, est là pour les soutenir et une crèche permet aux femmes depouvoir faire garder leurs enfants alors qu’elles partent occuper les petitsboulots mal payés.
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D'une année sur l'autre, explique Monica Clemons responsable de l’aidesociale au centre de l’armée du Salut à Bloomington, l’augmentation atteint les20% : «Nous en sommes environ à 1 600 familles par mois.»
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Regardez ici:
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Les Américains les plus pauvres prennent en pleine figure lacrise dans laquelle leur pays est entré. En un an, le prix de l’essenceest passé de 2,5 dollars à plus de 3,8 dollars le gallon (....3,78 litres). Et commetout le reste a suivi le mouvement de hausse, les poches les moins bienremplies se sont vidées.
A Bloomington, ces laissés-pour-compte doivent faireavec la population étudiante qui participe, malgré elle, à la hausse desloyers. «Ils sont en moyenne au moins 200 dollars plus chers qu’ailleurs,souligne Monica Clemons. En plus, les étudiants prennent beaucoup d’emplois àtemps partiel et les pères ou les mères de famille qui cherchent un boulot se retrouvent sur le marché dutravail en compétition avec ces jeunes gens. Si bien qu’avec la crise, le nombre desans-abri a augmenté. Je ne sais pas combien ils sont, mais je vois bien qu’ilssont plus nombreux.»
Thomas Coex AFP ¦ Arrivée au Palais de justice de Paris de M'Hamed Bellouti, l' automobiliste avec lequel Jean Sarkozy , s'est accroché en octobre 2005 à Paris
«C'est le soutien populaire qui m'a convaincu de faire appel», a déclaré M'Hamed Bellouti dans une interview accordée ce vendredi au site «Le Post». Car ce mercredi, le tribunal de Paris a non seulement relaxé Jean Sarkozy accusé d’un délit de fuite à scooter lors d’un accrochage à Paris en 2005, mais il a aussi condamné le plaignant à payer 2.000 euros au fils du président de la République pour «procédure abusive et téméraire».
Un soutien moral
«Je veux que la Cour d'appel annule les dommages et intérêts», a-t-il précisé. Son avocat, maître Christophe Launay, a indiqué sur le même site que «l’appel sera formé le 8 octobre». «On ira devant la Cour d'appel à une date que l'on communiquera dans quelques semaines», a précisé l’avocat.
M'Hamed Bellouti a aussi annoncé sur «Le Post» la création d’un comité de soutien moral et financier inspiré par les témoignages qu’il a reçus et qui l’ont encouragés à faire appel: «Ce soutien moral m'a fait chaud au cœur. A défaut d'être soutenu par des politiques qui ne se sont pas manifestés...», a-t-il conclu.
Thomas Coex AFP ¦ Arrivée au Palais de justice de Paris de M'Hamed Bellouti, l' automobiliste avec lequel Jean Sarkozy , s'est accroché en octobre 2005 à Paris
Soutien Hervé Eon: "casse toi pov'con". Pétition !!!!
Sous l’ère Sarkozy, le rétablissement du crime
de lèse-majesté ?
Défendons la liberté d’expression ! Les mêmes
droits pour tous!
Lors de la venue de Nicolas Sarkozy à Laval(Mayenne), le 28 août 2008, pour y annoncer la généralisation du RSA(revenu de solidarité active), Hervé EON militant mayennais de PRS(Pour la République Sociale), association politique, a voulu se rendreà la manifestation organisée contre le chef de l’Etat pour l’occasion.Se déplaçant à vélo sur le parcours du cortège présidentiel, aprèsavoir été immobilisé et isolé sur le trottoir par des policiers encivil, il a brandi au passage du cortège une pancarte où il avaitinscrit « casse toi, pov’con », pancarte qu’il avait prévue pour lamanifestation...
Cette expression d’opinion lui a valu une interpellation ainsi qu’une convocation pour :
le 23 octobre 2008 à 14h00 devant le tribunal correctionnel de Laval pour 'offense' au Président de la République Française,
Traduit en justice, Hervé Eon ne doit pas l’être pour délitd’opinion mais alors pour plagiat, puisque l’auteur de ces propos estNicolas Sarkozy. Sauf à considérer que ce qui est sanctionnable pourl’un, ne le serait pas pour le Président, pourtant garant de l’égalitérépublicaine.
Premiers soutiens : Syndicat National de la Magistrature,CGT, FSU, LCR, Les Verts, PCF, PRS 53, NPA, PRG, Sud Education,Jean-Pierre Bernard Hervé, Michel Ferron (Conseillers Généraux) ,Monique Doumeau (Maire), Gérard Pigois (Secrétaire RégionalSNETAP-FSU), Michel Rose (Président de la ligue de l’enseignement 53)
Les signataires invitent tous ceux qui veulent lui apporter sonsoutien et rappeler leur attachement à la liberté d'expression au 'paysdes droits de l'Homme' à signer la pétition ci-dessous et à demanderque les poursuites à son encontre soient abandonnées.
Le 24 septembre 2008, le président des États-Unis, George W. Bush, a tenu, d’après les commentateurs et journalistes du monde entier, un discours "inhabituel". Son allocution télévisée a en effet annoncé sans détour quels tourments allaient s’abattre sur "le peuple américain" : "Il s’agit d’une période extraordinaire pour l’économie des États-Unis. Depuis quelques semaines, de nombreux Américains éprouvent de l’anxiété au sujet de leur situation financière et de leur avenir. [...] Nous avons observé de grandes fluctuations à la Bourse. De grands établissements financiers sont au bord de l’effondrement, et certains ont fait faillite. Alors que l’incertitude s’accroît, de nombreuses banques ont procédé à un resserrement du crédit. Le marché du crédit est bloqué. Les familles et les entreprises ont plus de difficulté à emprunter de l’argent. Nous sommes au milieu d’une crise financière grave [...] toute notre économie est en danger. [...] Des secteurs clés du système financier des États-Unis risquent de s’effondrer. [...] l’Amérique pourrait sombrer dans la panique financière, et nous assisterions à un scénario désolant. De nouvelles banques feraient faillite, dont certaines dans votre communauté. Le marché boursier s’effondrerait encore plus, ce qui réduirait la valeur de votre compte de retraite. La valeur de votre maison chuterait. Les saisies se multiplieraient. [...] De nombreuses entreprises devraient mettre la clé sous la porte, et des millions d’Américains perdraient leur emploi. Même avec un bon bilan créancier, il vous serait plus difficile d’obtenir les prêts dont vous auriez besoin pour acheter une voiture ou envoyer vos enfants à l’université. Au bout du compte, notre pays pourrait sombrer dans une longue et douloureuse récession". L’économie mondiale touchée par un séisme financier
En réalité, ce n’est pas seulement l’économie américaine qui menace de "sombrer dans une longue et douloureuse récession" mais l’ensemble de l’économie mondiale. Les États-Unis, locomotive de la croissance depuis soixante ans, entraînent cette fois-ci l’économie mondiale vers l’abîme !
La liste des organismes financiers en très grande difficulté s’allonge ainsi chaque jour :
En février, la huitième banque anglaise, Northern Rock, a dû être nationalisée sous peine de disparition.
En mars, Bear Stearns, la cinquième banque de Wall Street, est "sauvée" en étant rachetée par JP Mogan, la troisième banque américaine, via des fonds de la Banque fédérale américaine (la FED).
En juillet, Indymac, l’un des plus gros prêteurs hypothécaires américains, est mis sous tutelle des autorités fédérales. Il est alors le plus important établissement bancaire à faire faillite aux États-Unis depuis vingt-quatre ans ! Mais son record ne tiendra pas longtemps.
Début septembre, le jeu de massacre se poursuit. Freddie Mac et Fannie Mae, deux organismes de refinancement hypothécaire pesant près de 850 milliards de dollars à eux deux, évitent la faillite de justesse par un nouveau renflouement de la FED.
Quelques jours plus tard seulement, Lehman Brothers, la quatrième banque américaine, se déclare en faillite et cette fois-ci la FED ne la sauvera pas. Le total des dettes de Lehman Brothers s’élevait à 613 milliards de dollars au 31 mai. Record battu ! La plus grosse faillite d’une banque américaine à ce jour, celle de Continental Illinois en 1984, mettait en jeu une somme seize fois plus modeste (soit 40 milliards de dollars) ! C’est dire la gravité de la situation.
Pour éviter d’être frappée du même sort, Merrill Lynch, autre fleuron américain, a dû accepter son rachat en urgence par Bank of America.
Il en a été de même pour HBOS rachetée par sa compatriote et rivale Lloyds TSB (réciproquement deuxième et première banques d’Écosse).
AIG (American International Group, l’un des plus grands assureurs mondiaux) a été renfloué de justesse par la Banque centrale américaine. En fait, les finances de l’État américain sont, elles aussi, au plus mal ; c’est pourquoi la FED avait décidé de ne pas porter secours à Lehman Brothers. Si elle l’a tout de même fait pour AIG, c’est qu’en cas de faillite de cet organisme, la situation devenait totalement incontrôlable.
Nouveau record ! Deux semaines seulement après Lehman Brothers, c’est au tour de Washington Mutual (WaMu), la plus importante caisse d’épargne aux États-Unis, de mettre la clef sous la porte ! 1
Inévitablement, les Bourses sont aussi dans la tourmente. Régulièrement, elles s’effondrent de 3, 4 ou 5 %, au fil des faillites. La Bourse de Moscou a même dû fermer ses portes pendant plusieurs jours, mi-septembre, suite à des chutes successives dépassant les 10 % ! Vers un nouveau 1929 ?
Face à cette cascade de mauvaises nouvelles, même les plus grands spécialistes de l’économie s’affolent. Alan Greenspan, l’ancien président de la FED (considéré comme un président "mythique" par ses pairs) a ainsi déclaré sur la chaîne de télévision ABC, le 15 septembre 2008 : "On doit reconnaître qu’il s’agit d’un événement qui se produit une fois tous les cinquante ans, probablement une fois par siècle [...] Il n’y a aucun doute, je n’ai rien vu de pareil et ce n’est pas encore fini et cela prendra encore du temps." Plus significative encore fut la déclaration du prix Nobel d’économie, Joseph Stiglitz qui, voulant "calmer les esprits", a affirmé très maladroitement que la crise financière actuelle devrait être moins grave que celle de 1929, même s’il fallait se garder d’un "excès de confiance" : "On peut bien sûr se tromper mais le point de vue général est que nous disposons aujourd’hui d’outils [...] pour éviter une autre Grande dépression 2" ! Loin de rassurer, cet éminent spécialiste de l’économie, mais pas fin psychologue, a évidemment provoqué l’affolement général. En fait, involontairement, il a dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas : allons-nous vers un nouveau 29, vers une nouvelle "dépression" ?
Depuis lors, pour nous rassurer, les économistes se succèdent sur les plateaux télé pour expliquer que si, oui, la crise actuelle et très grave, elle n’a rien à voir avec le krach de 1929 et que, de toute façon, ça finira par repartir. Tous ceux-là n’ont qu’à moitié raison. Lors de la Grande dépression, aux États-Unis, des milliers de banques ont fait faillite, des millions de gens ont perdu leurs économies, le taux de chômage a atteint 25 % et la production industrielle a chuté de près de 60 %. Bref, l’économie s’est comme arrêtée. En fait, à l’époque, les dirigeants des États n’avaient réagit que très tardivement. Pendant de longs mois, ils avaient laissé les marchés livrés à eux-mêmes. Pire, leur seule mesure fut de fermer les frontières aux marchandises étrangères (par le protectionnisme) ce qui avait fini de bloquer le système. Aujourd’hui, le contexte est très différent. La bourgeoisie a appris de ce désastre économique, elle s’est dotée d’organismes internationaux et surveille la crise comme le lait sur le feu. Depuis l’été 2007, les différentes banques centrales (principalement la FED et la Banque centrale européenne - la BCE) ont injecté près de 2000 milliards de dollars pour sauver les établissements en difficulté. Elles sont ainsi parvenues à éviter l’effondrement net et brutal du système financier. L’économie est en train de décélérer très très vite mais ne se bloque pas. Par exemple, en Allemagne, la croissance pour 2009 ne devrait être que de 0,5 % (d’après l’hebdomadaire allemand Der Spiegel du 20 septembre). Mais contrairement à ce que disent tous ces spécialistes et autres docteurs ès-science, la crise actuelle est beaucoup plus grave qu’en 1929. Le marché mondial est totalement saturé. La croissance de ces dernières décennies n’a été possible que par un endettement massif. Le capitalisme croule aujourd’hui sous cette montagne de dettes ! 3
Certains politiciens ou hauts responsables de l’économie mondiale nous racontent aujourd’hui qu’il faut "moraliser" le monde de la finance afin de l’empêcher de commettre les excès qui ont provoqué la crise actuelle et de permettre le retour à un "capitalisme sain". Mais ils se gardent de dire (ou ils n’ont pas envie de le voir) que la "croissance" des années passées a justement été permise par ces "excès", c’est-à-dire la fuite en avant du capitalisme dans l’endettement généralisé 4. Ce ne sont pas les "excès des financiers" qui sont les véritables responsables de la crise actuelle ; ces excès et cette crise de la finance ne font qu’exprimer la crise sans issue, l’impasse historique dans lesquelles se trouve le système capitaliste comme un tout. C’est pour cela qu’il n’y aura pas de véritable "sortie du tunnel". Le capitalisme va continuer de s’enfoncer inexorablement. Le Plan Bush de 700 milliards de dollars, censé "assainir le système financier", sera forcément un échec. Si ce plan est accepté 5, le gouvernement américain va récupérer les créances douteuses pour apurer les comptes des banques et relancer le crédit. A l’annonce de ce plan, soulagées, les Bourses ont battu des records de hausse en une seule journée (9,5 % pour la Bourse de Paris, par exemple). Mais depuis, elles font du yo-yo car, au fond, rien n’est vraiment réglé. Les causes profondes de la crise sont toujours là : le marché est toujours saturé de marchandises invendables et les établissements financiers, les entreprises, les États, les particuliers... croulent toujours sous le poids de leurs dettes.
Les milliers de milliards de dollars jetés sur les marchés financiers par les différentes banques centrales de la planète n’y changeront rien. Pire, ces injections massives de liquidités signifient un nouvel accroissement des dettes publiques et bancaires. La bourgeoisie est dans l’impasse, elle n’a que des mauvaises solutions à offrir. C’est pourquoi la bourgeoisie américaine hésite tellement à lancer le "plan Bush" ; elle sait que si dans l’immédiat cela évite la panique, cela revient surtout à préparer de nouveaux soubresauts d’une extrême violence pour demain. Pour George Soros (l’un des financiers les plus célèbres et respectés de la planète), la "possibilité d’un éclatement du système financier existe". Une vague de paupérisation sans précédent depuis les années 1930
Les conditions de vie de la classe ouvrière et de la majorité de la population mondiale vont se dégrader brutalement. Une vague de licenciements va frapper simultanément tous les coins de la planète. Des milliers d’usines vont fermer. D’ici la fin 2008, pour le seul secteur de la finance, 260 000 emplois devraient être supprimés aux États-Unis et en Grande-Bretagne (d’après le quotidien français les Échos, du 26 septembre). Or, un emploi dans la finance génère en moyenne quatre emplois directs ! L’effondrement des organismes financiers signifie donc le chômage pour des centaines de milliers de familles ouvrières. Les saisies immobilières vont encore augmenter. 2,2 millions d’Américains ont déjà été expulsés de chez eux depuis l’été 2007, 1 million encore devraient se retrouver à la rue d’ici Noël. Et ce phénomène commence à toucher l’Europe, en particulier l’Espagne et la Grande-Bretagne.
En Angleterre, le nombre de saisies immobilières a augmenté de 48 % au 1er semestre 2008. Depuis un peu plus d’un an, l’inflation a fait son grand retour sur le devant de la scène. Le prix des matières premières et des denrées alimentaires a explosé, ce qui a provoqué des famines et des émeutes dans de très nombreux pays 6. Les centaines de milliards de dollars injectés par la FED et la BCE vont encore accroître ce phénomène. Cela signifie une paupérisation de toute la classe ouvrière : se loger, se nourrir, se déplacer va devenir de plus en plus difficile pour des millions de prolétaires !
La bourgeoisie ne manquera pas de présenter la note de sa crise à la classe ouvrière. Au programme : diminution des salaires réels, des aides et des allocations (pour le chômage, la santé...), allongement de l’âge de la retraite, hausse des impôts et multiplication des taxes. D’ailleurs, Georges W. Bush a déjà prévenu : son plan de 700 milliards de dollars sera financé par les "contribuables". Les familles ouvrières devront débourser plusieurs milliers de dollars chacune pour renflouer les banques au moment même où une grande partie d’entre elles n’arrive même plus à se loger !
Si la crise actuelle n’a pas l’aspect soudain du krach de 1929, elle va faire subir les mêmes tourments aux exploités du monde entier. La vraie différence avec 1929 ne se situe pas du côté de l’économie capitaliste mais du côté de la combativité et de la conscience de la classe ouvrière. A l’époque, alors qu’il venait de subir l’échec de la Révolution russe de 1917, l’écrasement des révolutions en Allemagne entre 1919 et 1923 et les affres de la contre-révolution stalinienne, le prolétariat mondial était totalement abattu et résigné. Les coups de boutoirs de la crise avaient bien déclenché des mouvements de chômeurs importants aux États-Unis, mais cela n’avait pas été plus loin et le capitalisme avait entraîné l’humanité vers la Seconde Guerre mondiale. Aujourd’hui, c’est totalement différent. Depuis 1968, la classe ouvrière a soulevé la chape de plomb de la contre-révolution et si les campagnes de 1989 sur la "fin du communisme" lui avaient porté un coup violent, depuis 2003, elle développe sa lutte et sa conscience. La crise économique peut être le terreau fertile sur lequel vont germer la solidarité et la combativité ouvrières !
Françoise (27 septembre) CCI.
www.internationalism.org
1) A l’annonce de toutes ces faillites en chaîne, on ne peut qu’être indigné en pensant aux sommes faramineuses empochées ces dernières années par les responsables de ces différents organismes. Par exemple, les dirigeants des cinq premières banques de Wall Street ont touché 3,1 milliards de dollars en 5 ans (Bloomberg). Et aujourd’hui, c’est la classe ouvrière qui subit les conséquences de leur politique. Même si la démesure de leur salaire n’explique pas la crise, elle révèle ce qu’est la bourgeoisie : une classe de gangsters qui a le plus grand mépris pour les ouvriers, les "petites gens" !
22) La "Grande dépression" correspond à la crise des années 1930.
3) Les "créances douteuses" (c’est-à-dire risquant fortement de ne pas être remboursées) se situent aujourd’hui, au niveau mondial, entre 3000 et 40 000 milliards de dollars, suivant les évaluations. L’imprécision de cette fourchette provient du fait que les banques se sont vendus mutuellement ces prêts à risques, à ce point qu’elles ne parviennent plus aujourd’hui à les évaluer réellement !
4) Comme l’a dit un journaliste sur le plateau d’une émission de "C dans l’air" sur France 5 : "Les États-Unis ont joué les prolongations grâce au crédit" .
5) A l’heure où nous mettons sous presse, les discussions entre le gouvernement et le congrès sont toujours en cours.
6) Lire "Crise alimentaire : les émeutes de la faim montrent la nécessité de renverser le capitalisme".
Jesuis né le 18 septembre 1962 à Genève. Je suis acteur, metteur en scèneet auteur. A Genève, je dirige une compagnie, le théâtre Spirale, jeco-dirige le théâtre de la Parfumerie et m’occupe également du festival’De bouche à oreille’. Dans le cadre de mes activités artistiques, jeviens régulièrement au festival d’Avignon pour y découvrir desspectacles du ’ in ’ et du ’ off’. Notre compagnie s’y est d’ailleursproduite à trois reprises. Cette année, je suis arrivé dans la régiondepuis le 10 juillet et j’ai assisté à de nombreux spectacles.
28 juillet 2008
Le lundi 21 juillet, je sors avec mon amie, ma fille ettrois de ses camarades, de la représentation d’une pièce très dure surla guerre en ex-Yougoslavie et nous prenons le frais à l’ombre duPalais des Papes, en assistant avec plaisir à un spectacle donné par uncouple d’acrobates.
A la fin de leur numéro, je m’avance pour mettre unepièce dans leur chapeau lorsque j’entends le son d’un Djembé (tambourafricain) derrière moi. Etant passionné par la culture africaine, j’ aimonté plusieurs spectacles en Afrique et j’ai eu l’occasion d’y fairedes tournées. Je m’apprête à écouter les musiciens. Le percussionnisteest rejoint par un joueur de Kamele Ngoni (sorte de contrebasse surtoututilisée par les chasseurs en Afrique de l’Ouest.)
A peine commencent-ils à jouer, qu’un groupe de C.R.Sse dirige vers eux pour les interrompre et contrôler leur identité.Contrarié, je me décide à intervenir. Ayant déjà subi des violencespolicières dans le même type de circonstances il y a une vingtained’année à Paris, je me suis adressé à eux avec calme et politesse, lesouvenir de ma précédente mésaventure bien en tête. Mais je me suis ditque j’étais plus âgé, que l’on se trouvait dans un haut lieu culturelet touristique, dans une démocratie et que j’avais le droit dem’exprimer face à ce qui me semblait une injustice.
J’aborde donc un des C.R.S et lui demande :
« Pourquoi contrôler vous ces artistes en particulier et pas tous ceux qui se trouvent sur la place ? »
Réponse immédiate : « Ta gueule, mêle-toi de ce qui te regarde !’
« Justement ça me regarde. Je trouve votre attitude discriminatoire. »
Regard incrédule. « Tes papiers ! »
« Je ne les ai pas sur moi, mais on peut aller les chercher dans la voiture. »
« Mets-lui les menottes ! »
« Mais vous n’avez pas le droit de… »
Ces mots semblent avoir mis le feu aux poudres.
« Tu vas voir si on n’a pas le droit. »
Et brusquement la scène a dérapé.
Ils se sont jetés sur moi avec une sauvagerie inouïe.Mon amie, ma fille, ses camarades et les curieux qui assistaient à lascène ont reculé, choqués, alors qu’ils me projetaient au sol, meplaquaient la tête contre les pavés, me tiraient de toutes leurs forcesles bras en arrière comme un poulet désarticulé et m’enfilaient desmenottes. Les bras dans le dos, ils m’ont relevé et m’ont jeté en avanten me retenant par la chaîne. La menotte gauche m’a tordu le poignet eta pénétré profondément mes chairs. J’ai hurlé :
« Vous n’avez pas le droit, arrêtez, vous me cassez le bras ! »
« Tu vas voir ce que tu vas voir espèce de tapette. Surle dos ! Sur le ventre ! Sur le dos je te dis, plus vite, arrête degémir ! »
Et ils me frottent la tête contre les pavés me tordent et me frappent, me traînent, me re-plaquent à terre.
La foule horrifiée s’écarte sur notre passage. Mon amieessaie de me venir en aide et se fait violemment repousser. Des genss’indignent, sifflent, mais personne n’ose interrompre cetteinterpellation d’une violence inouïe. Je suis traîné au sol et malmenéjusqu’à leur fourgonnette qui se trouve à la place de l’horloge 500 mplus bas. Ils me jettent dans le véhicule, je tente de m’asseoir et leplus grand de mes agresseurs (je ne peux pas les appeler autrement), medonne un coup pour me faire tomber entre les sièges, face contre terre.Il me plaque un pied sur les côtes et l’autre sur la cheville, ilappuie de tout son poids contre une barre de fer.
« S’il vous plait, n’appuyez pas comme ça, vous me coupez la circulation. »
« C’est pour ma sécurité. »
Et toute leur compagnie de rire de ce bon mot. Jusqu’au commissariat de St Roch.
Le trajet est court mais il me semble interminable.Tout mon corps est meurtri, j’ai l’impression d’avoir le poignet brisé,les épaules démises, je mange la poussière. On m’extrait du fourgontoujours avec autant de délicatesse.
Je vous passe les détails de l’interrogatoire que j’aisubi dans un état lamentable. Je me souviens seulement du maquillagebleu sur les paupières de la femme qui posait les questions.
« Vous êtes de quelle nationalité ? »
« Suisse. »
« Vous êtes un sacré fouteur de merde »
« Vous n’avez pas le droit de m’insulter »
« C’est pas une insulte, la merde » (Petit rire.)
C’est fou comme la mémoire fonctionne bien quand onsubit de pareilles agressions. Toutes les paroles, tout les détails decette arrestation et de ma garde à vue resteront gravés à vie dans messouvenirs, comme la douleur des coups subits dans ma chair. Je remarqueque l’on me vouvoie depuis que je ne suis plus entre les griffes desCRS. Mais la violence physique a seulement fait place au mépris et àune forme d’inhumanité plus sournoise. Je demande que l’on m’ôte lesmenottes qui m’ont douloureusement entaillé les poignets et que l’onappelle un docteur. On me dit de cesser de pleurnicher et que j’auraismieux fait de réfléchir avant de faire un scandale. Je tente deprotester, on me coupe immédiatement la parole. Je comprends qu’ici onne peut pas s’exprimer librement. Ils font volontairement traîner avantde m’enlever les menottes. Font semblant de ne pas trouver les clés. Jene sens plus ma main droite.
Fouille intégrale. On me retire ce que j’ai, bref inventaire, le tout est mis dans une petite boîte.
« Enlevez vos vêtements ! » J’ai tellement mal que je n’y arrive presque pas.
« Dépêchez-vous, on n’a pas que ça à faire. La boucle d’oreille ! »
J’essaye de l’ôter sans y parvenir.
« Je ne l’ai pas enlevée depuis des années. Elle n’a plus de fermoir. »
« Ma patience à des limites vous vous débrouillez pour l’enlever, c’est tout ! »
Je force en tirant sur le lobe de l’oreille, la boucle lâche.
« Baissez la culotte ! »
Je m’exécute. Après la fouille ils m’amènent dans unepetite cellule de garde à vue de 4m de long par 2m de large. Une petitecouchette beige vissée au mur. Les parois sont taguées, grattées parles inscriptions griffonnées à la hâte par les détenus de passage. Aubriquet ou gravé avec les ongles dans le crépis. Momo de Monclar,Ibrahim, Rachid…… chacun laisse sa marque.
L’attente commence. Pas d’eau, pas de nourriture. Jeréclame en vain de la glace pour faire désenfler mon bras. Les murs etle sol sont souillés de tâches de sang, d’urine et d’excréments. Unméchant néon est allumé en permanence. Le temps s’étire. Rien ici quipermette de distinguer le jour de la nuit. La douleur lancinantem’empêche de dormir. J’ai l’impression d’avoir le cœur qui pulse dansma main. D’ailleurs, alors que j’écris ces lignes une semaine plustard, je ne parviens toujours pas à dormir normalement.
J’écris tout cela en détails, non pas pour me lamentersur mon sort. Je suis malheureusement bien conscient que ce qui m’estarrivé est tristement banal, que plusieurs fois par jour et par nuit,dans chaque ville de France, des dizaines de personnes subissent destraitements bien pires que ce que j’ai enduré. Je sais aussi que sij’étais noir ou arabe, je me serais fait cogner avec encore moins deretenue. C’est pour cela que j’écris et porte plainte. Car j’estime quedans la police française et dans les CRS en particulier il existe dedangereux individus qui, sous le couvert de l’uniforme, laissent librecours à leurs plus bas instincts. Evidemment, il y a aussi desarrestations justifiées, et la police ne fait pas que des interventionsabusives. Mais je parle des dérapages qui me semblent beaucoup tropfréquents. Que ces dangers publics sévissent en toute impunité au seind’un service public qui serait censé protéger les citoyens estinadmissible dans un état de droit.
J’ai un casier judiciaire vierge et suis quelqu’un deprofondément non violent, par conviction, ce type de mésaventure merenforce encore dans mes convictions, mais si je ne disposais pas desoutils pour analyser la situation je pourrais aisément basculer dans laviolence et l’envie de vengeance. Je suis persuadé que ce type d’actionde la police nationale visant à instaurer la peur ne fait qu’augmenterl’insécurité en France et stimuler la suspicion et la haine d’unepartie de la population (des jeunes en particulier) face à la police.En polarisant ainsi la population, on crée une tension perpétuelleextrêmement perverse.
Comme je suis un homme de culture et de communicationje réponds à cette violence avec mes armes. L’écriture et la parole.Durant les 16h qu’a duré ma détention, (avec les nouvelles lois, onaurait même pu me garder 48h en garde à vue), je n’ai vu dans lescellules que des gens d’origine africaine et des gitans. Nous étionstous traité avec un mépris hallucinant. Un exemple, mon voisin decellule avait besoin d’aller aux toilettes. Il appelait sans relâchedepuis près d’une demi heure, personne ne venait. Il s’est mit à tapercontre la porte pour se faire entendre, personne. Il cognait de plus enplus fort, finalement un gardien exaspéré surgit.
’Qu’est ce qu’il y a ? »
« J’ai besoin d’aller aux chiottes. »
« Y a une coupure d’eau. »
’Mais j’ai besoin. »
« Y a pas d’eau dans tout le commissariat, alors tu te la coinces, pigé. »
Mon voisin qui n’est pas seul dans sa cellule continuede se plaindre, disant qu’il est malade, qu’il va faire ses besoinsdans la cellule.
« Si tu fais ça on te fait essuyer avec ton t-shirt. »
Les coups redoublent. Une voix féminine lance d’un airmoqueur. « Vas-y avec la tête pendant que tu y es. Ca nous en fera unde moins. » Eclats de rire dans le couloir comme si elle avait fait unebonne plaisanterie.
Après une nuit blanche, vers 9h du matin,on vient mechercher pour prendre mon empreinte et faire ma photo. Face, profil,avec un petit écriteau, comme dans les films. La dame qui s’occupe decela est la première personne qui me parle avec humanité et un peu decompassion depuis le début de ce cauchemar. « Hé bien, ils vous ont pasraté. C’est les CRS, bien sûr. Faut dire qu’on a aussi des sacrés cassociaux chez nous. Mais ils sont pas tous comme ça. » J’aimerais lacroire.
Un officier vient me chercher pour que je dépose maversion des faits et me faire connaître celle de ceux qui m’ontinterpellé. J’apprends que je suis poursuivi pour : outrage, incitationà l’émeute et violence envers des dépositaires de l’autorité publique.C’est vraiment le comble. Je les aurais soi-disant agressés verbalementet physiquement. Comment ces fonctionnaires assermentés peuvent ilsmentir aussi éhontement ? Je raconte ma version des faits à l’officier.Je sens que, sans vouloir l’admettre devant moi, il se rend comptequ’ils ont commis une gaffe. Ma déposition est transmise au procureuret vers midi je suis finalement libéré. J’erre dans la ville comme unboxeur sonné. Je marche péniblement. Un mistral à décorner les bœufssouffle sur la ville. Je trouve un avocat qui me dit d’aller tout desuite à l’hôpital faire un constat médical. Je marche longuement pourparvenir aux urgences ou je patiente plus de 4 heures pour recevoir dessoins hâtifs. Dans la salle d’attente, je lis un journal qui m’apprendque le gouvernement veut supprimer 200 hôpitaux dans le pays, on parlede couper 6000 emplois dans l’éducation. Sur la façade du commissariatde St Roch, j’ai pu lire qu’il allait être rénové pour 19 millionsd’Euros. Les budgets de la sécurité sont à la hausse, on diminue lasanté, le social et l’éducation. Pas de commentaires.
Je n’écris pas ces lignes pour me faire mousser, maispour clamer mon indignation face à un système qui tolère ce type deviolence. Sans doute suis-je naïf de m’indigner. La plupart desFrançais auxquels j’ai raconté cette histoire ne semblaient pas du toutsurpris, et avaient connaissance de nombreuses anecdotes du genre. Celame semble d’autant plus choquant. Ma naïveté, je la revendique, commeje revendique le droit de m’indigner face à l’injustice. Même si celapeut paraître de petites injustices. C’est la somme de nos petitssilences et de nos petites lâchetés qui peut conduire à une démissioncollective et en dernier recours aux pires systèmes totalitaires. Nousn’en sommes bien évidement heureusement pas encore là.
Depuis ma sortie, nous sommes retournés sur la place dePapes et nous avons réussi à trouver une douzaine de témoins qui ontaccepté d’écrire leurs versions des faits qui corroborent toutes ce quej’ai dit. Ils certifient tous que je n’ai proféré aucune insulte nicommis aucune violence. Les témoignages soulignent l’incroyablebrutalité de l’intervention des CRS et la totale disproportion de leurréaction face à mon intervention. J’ai essayé de retrouver des imagesdes faits, mais malheureusement les caméras qui surveillent la placesont gérées par la police et, comme par hasard, elles sont en pannedepuis début juillet. Il y avait des centaines de personnes sur laplace qui auraient pu témoigner, mais le temps de sortir de garde àvue, de me faire soigner et de récupérer suffisamment d’énergie pourpouvoir tenter de les retrouver, je n’ai pu en rassembler qu’unedouzaine. J’espère toujours que peut-être quelqu’un a photographié oumême filmé la scène et que je parviendrai à récupérer ces images quiprouveraient de manière définitive ce qui c’est passé.
Après 5 jours, soudain, un Monsieur africain m’aabordé.,C’est l’un des musiciens qui avaient été interpellés. Il étaittout content de me retrouver car il me cherchait depuis plusieursjours. Il se sentait mal de n’avoir rien pu faire et de ne pas avoir pume remercier d’être intervenu en leur faveur. Il était profondémenttouché et surpris par mon intervention et m’a dit qu’il habitaitGrenoble, qu’il avait 3 enfants et qu’il était français. Qu’ilviendrait témoigner pour moi. Qu’il s’appelait Moussa Sanou.
« Sanou , c’est un nom de l’ethnie Bobo. Vous êtes de Bobo-Dioulasso ? »
« Oui. »
Nous avons souri et je l’ai salué dans sa langue en Dioula.
Il se trouve que je vais justement créer un spectacleprochainement à Bobo-Dioulasso au Burkina-faso. La pièce qui est uneadaptation de nouvelles de l’auteur Mozambicain Mia Couto s’appellera« Chaque homme est une race » et un des artistes avec lequel je vaiscollaborer se nomme justement Sanou.
Coïncidence ? Je ne crois pas.
Je suis content d’avoir défendu un ami, même si je ne le connaissais pas encore.
La pièce commence par ce dialogue prémonitoire.
Quand on lui demanda de quelle race il était, il répondit : « Ma race, c’est moi. »
Invité à s’expliquer il ajouta
« Ma race, c’est celui que je suis. Toute personne està elle seule une humanité. Chaque homme est une race, Monsieur lepolicier. »
Patrick Mohr 28 juillet 2008 La lucidité est la blessure la plus rapprochée du soleil (René Char)
A l'attention de / Ter attentie van : PRESIDENCE DE LA REPUBLIQUE. Droits de l'homme
Mercide soutenir la demande de liberté conditionnelle de Cyril KHIDER quiest détenu depuis bientôt 8 ans et qui est aujourd’hui libérable. La juge d’application de Beauvais a donné son aval. Cyril a passé 5 ans à l’isolement total dans des conditions effroyablesà l’issue desquelles l’administration pénitentiaire a été condamnée,par le tribunal administratif de Paris, pour les allégationsmensongères qui lui ont permis de le garder à l’isolement. Aujourd’hui nous disons stop ! Assez d’’acharnement carcéral etjudiciaire, Cyril a toutes les conditions requises pour se réinsérerdans la société: emploi, famille, logement et indemnisation desvictimes. Toutefois, la Cour d’appel a refusé a refusé cette libération en se servant de motifs fallacieux , voir limite mensongers. Petit rappel des dispositions de l’article 729 du code procédure pénale concernant la demande libération conditionnelle. « Les -condamnés ayant à subir une ou plusieurs peines privatives deliberté peuvent bénéficier d’une libération conditionnelle lorsque lapeine accomplie est au moins égale à la durée de la peine restant àsubir s’ils manifestent des efforts sérieux de réadaptation sociale,notamment lorsqu’ils justifient d’une activité - professionnelle, soitde l’assiduité à un enseignement ou à une formation professionnelle ouencore à un stage ou d’un emploi temporaire en vue de leur réinsertionsociale, soit de leur participation essentielle à la vie familiale,soit de la nécessité de subir un traitement, soit de leur effort en vued’indemniser les victimes ». Si vous êtes d’accord pour le soutien signez la pétition.
Association pour le respect des proches de personnes incarcerees
L'Arrpi (Association pour le respect des proches de personnes incarcerees) vient de se creer grace a Catherine: KLIK sur la page myspace de l'asso
Pour connaitre les combats de Catherine pour Christophe et Cyril, ses deux fils, mais aussi contre le systeme carceral, les longues peines, les quartiers d'isolement, visitez sa page : KLIK sur la page de Catherine
07-2008 : texte écrit par Catherine, la maman de cyril Khider
07-2008 texte écrit par Catherine, la maman de Cril Khider
J'étais invitée à un colloque à Sciences Po. C'était la première fois que je mettais mes pieds dans le grand bâtiment de la rue Saint Guillaume. Quand j'y pénétrais j'y imaginais d'entrée de jeu les hommes et femmes politiques qui avaient fait leur classe ici ainsi que quelques journalistes bien connus. Je me retrouvais dans l'ascenseur pour rejoindre la salle Leroy Baulieu où devait avoir lieu le débat sur la rétention de sûreté. Delphine mon avocate fit les présentations dans l'espace exigu qui nous faisait grimper jusqu'au troisième étage. « Monsieur Blanc président de cour d'assises, monsieur Liger avocat des droits de l'homme Madame Catherine Charles une de mes clientes, Delphine Boesel avocate ». C'était la première fois que je me retrouvais dans une telle proximité avec un président de cour d'assises que j'avais déjà croisé à l'occasion d'un procès fleuve l'année précédente dans lequel il menait les débats. J'avais l'habitude des procès d'assise pour y avoir assisté à l'époque où j'animais avec mes amis l'Envolée, une radio associative contre l'enferment. Sans le trouver bienveillant, je ne l'avais pas trouvé mauvais contrairement à beaucoup d'autres présidents de cour d'assises. Puis, nous arrivâmes à la salle en question où nous trouvâmes une place près une des larges fenêtres donnant sur une très grande terrasse. C'était un très bel espace. Monsieur Blanc et les premiers intervenants s'installèrent sur l'estrade et ce dernier expliqua le pourquoi de ce débat autour de la peine de rétention de sûreté. Il présenta la totalité des intervenants puis donna à chacun d'entre eux, vingt minutes de temps de parole pour présenter ses arguments. Il y avait là, des experts psychiatres auprès des tribunaux, un professeur de droit qui enseignait à l'Enap l'école des surveillants de prison entre autres, une juge d'application des peines, des membres du Genepi, co- organisateur du colloque, un avocat conférencier et l'avocat des droits de l'homme que j'avais rencontré dans l'ascenseur et plusieurs autres avocats dans la salle et des étudiants en droit.
Chacun son tour, prit la parole pour débattre et argumenter du séisme juridique que présentait la loi sur la rétention de sûreté. Chacun avança ses arguments et j'écoutais avec attention tout en essayant de prendre des notes avec lesquelles j'avais le plus grand mal. Je ne savais pas synthétiser sur le papier ce qui se disait sur l'estrade, je n'avais pas passé assez de temps sur les bancs de la fac. Je n'y étais d'ailleurs jamais allée et j'avais quitté l'école en cinquième, mais au delà des notes avec lesquelles j'avais un peu de mal, je m'en sortais plutôt bien.
La peine de rétention de sûreté s'appliquait aux condamnations supérieures à 15 ans de prison pour des infractions bien précises. Meurtre, assassinat, viol, séquestration, torture ou acte de barbarie si j'avais bien tout compris. L'alibi de la peine fluctuait d'année en année même si ça et là quelques bonnes âmes tentaient de résister. La dangerosité avait balayé la culpabilité, on n'enfermait plus simplement les hommes pour ce qu'ils avaient fait, mais pour ce qu'ils étaient supposé faire. Le vieil adage selon lequel l'intention faisait le larron revenait à la mode. Cela ouvrait une porte supplémentaire à de nombreuses dérives et à de non moins nombreux excès. C'était dans cette perspective probabiliste où l'intention primait sur le fait, que des experts en pifométrie argumentaient et validaient à tour de bras, l'arbitraire des nouvelles règles sécuritaires. Ils évaluaient la dangerosité au mètre victimaire, et étaient soutenus en cela par toutes les associations de victimes, prestataires de service de la sécurité pour condamner à vie, les dissidences faites à la norme, en occultant de leurs rapports la mécanique sociale. Les malades mentaux eux, n'étaient que les bouc émissaires de la sur pénalisation du système, tandis qu'à l'assemblée nationale les législateurs planchaient pour dénicher un statut juridique à la rétention de sûreté. C'était la peine après la peine comme au temps de la relégation et, plus nous avancions sur la route du progrès, plus nous faisions marche arrière sur celle de la démocratie et des droits humains fondamentaux. Une société qui admettait des décisions juridiques tricotées d'arbitraire faisait preuve d'une incroyable régression dans la valeur qu'elle accordait à la liberté. Quant à la réinsertion, avec cette rupture démocratique, elle était définitivement enterrée.
Ainsi l'hydre carcéralo judiciaire pouvait continuer d'avaler les hommes et des familles entières planquée derrière le paravent du droit, tandis que nous imaginions englués dans nos concepts roses et sucrés, que ce dernier pouvait nous protéger de toute dérive démocratique.
Ce que je retenais en écoutant les psychiatres experts c'était qu'une expertise d'après leurs dires et d'après moi aussi, n'était que le simple cliché, l'instantané d'un moment donné, une photographie et rien d'autre. En aucun cas, elle ne pouvait être définitive. C'est pourquoi dans le cadre de la rétention de sûreté, chaque année l'un d'entre eux devrait statuer sur la dangerosité des hommes dont elle aurait la charge et là, comme l'avait souligné l'un des psychiatres intervenant ; « quel est l'expert qui prendrait la responsabilité de relâcher un homme détenu en endossant le risque d'une possible récidive ? Aucun ! Au contraire, cela créera une forme de surenchère ». Tout était dit dans cette simple phrase qui me glaça les os. Très peu prendrait cette responsabilité et surtout pas les diplômés « Es pifométrie » inféodés au système. Il était clair avec la rétention de sûreté, sauf exception, qu'avec ce type d'expert aucun prisonnier ne sortirait de prison vivant. Cela me ramena évidemment à l'expertise que Cyril venait de subir quelques jours plus tôt dans le cadre de sa libération conditionnelle. Elle avait été demandée pour l'occasion mais elle n'était en fait qu'une excroissance invisible des mesures mises en place avant l'heure, dans le cadre de la rétention de sûreté, alors que lui avait été condamné à 10 ans.
Je n'avais plus aucune illusion sur la volonté de l'Ap à vouloir réinsérer les hommes dont elle avait la charge mais, néanmoins, je ne pouvais m'empêcher d'espérer. J'attendais comme une femme de marin attendait les bateaux dans un port, la libération conditionnelle de Cyril mon fils qui en était à sa 7ème année de prison sur les 10 auxquels l'avait condamné la cour d'assises de Créteil en 2007 après 6 ans de détention préventive.
Ca faisait quatre jours complets que je ne dormais pas, dont deux passés à saigner du nez sous les effets du stress.
Les heures détricotaient mes nerfs qui s'effrangeait sous l'usure de l'attente. Le stress, la densité de l'espoir, la chronicité de mon optimisme m'interdisaient toute autre pensée. J'étais là, idiote et désarticulée à côté de mon téléphone qui, je le savais, ne sonnerait pas avant la fin de matinée. Il était 7h30 en ce 8 juillet 08 qui démarrait gris comme un jour de prison. Je l'imaginais du côté de sa solitude entrain d'attendre aussi. Je le dessinais dans ses pensées, dans une posture puis dans une autre quelques instants après, je l'effaçais et le redessinais à nouveau encore et toujours. Debout, assis, au sport, entrain de parler, faisant les cent pas, fébrile et contracté par l'impatience de la réponse. Il avait beau me répéter depuis des jours : « maman je ne me fais aucune d'illusion quant à la réponse de la juge d'application des peines et je voudrais que tu en fasse autant. Ca ne sert à rien d'espérer à part te faire du mal ». Je savais qu'il attendait comme moi la réponse. Sa femme, sa fille et toute notre famille était tendue et crispée dans l'attente. En prison on attendait toujours et tout le temps, peu importait de quel côté du mur on se trouvât. Sept ans de prison sur les dix auxquels ils avait été condamné dont cinq à l'isolement total avaient laissé des traces indélébiles chez nous les proches, même si elles ne se voyaient pas de prime abord. Elles étaient là, tapies sournoises et trompeuses guettant l'occasion de se manifester. Quant à lui, il allait lui falloir bosser encore et toujours pour évacuer la haine, la violence et la rage durant des années contenues. Il allait lui falloir les transcender, les transformer en carburant de vie, en énergie renouvelable. Je savais qu'il en était capable. Il s'était battu toutes ces dernières années pour conquérir des bouts de droit, des miettes de liberté et au delà de tout : sa dignité.
Les débuts avaient été rudes, il refusait le combat sur le terrain pénal, c'était un réactif comme moi et au départ il se laissait noyer par l'émotion. Dans des moments trop durs, trop denses, trop forts elle le submergeait jusqu'à le pousser aux limites de l'ultime frontière, celle du passage à l'acte violent et irréversible qui l'aurait conduit tout au bout de la nuit carcérale. Mais l'instinct de survie, l'amour des siens étaient si forts et si ancrés en lui, qu'il ne l'avait jamais franchie. Pourtant, un jour une douzaine de matons cagoulés lui avaient sauté dessus pour le fouiller. Ils l'avaient frappé, maintenu au sol sous le nombre, lui avaient écarté les fesses, et alors qu'il se défendait il lui avait cassé les côtes et un orteil. Tout ça l'avait traumatisé. Pas au sens où il était devenu un légume dont l'état végétatif l'aurait empêché de grandir non. Mais pas non plus, une entité vengeresse dont réactivité immédiate n'aurait eu d'autre effet que la stérilité de son action.
Même si je n'y croyais pas plus que lui, je l'avais entraîné sur le sentier du droit, parce que c' était le seul moyen de laisser trace de toutes ces exactions.
Que de chemin il avait parcouru depuis 2001 début de son incarcération. Il avait accompli un titanesque travail sur lui, dont les experts avaient parlé à son procès d'assises l'année dernière. L'une d'entre eux avait même précisé que durant ses études de psycho on lui avait appris que le travail sur soi ne se faisait jamais avec la mère, mais que force était de constater que dans le cas présent, il ne s'était fait qu'avec moi. Dans tous les cas, sa rédemption et sa réinsertion il ne les devait pas à l'administration pénitentiaire loin s'en faut, mais à nous sa famille qui ne l'avions pas lâché d'un iota durant ces sept années d'enfermement .
Nous avions construit un pont-levis entre la mort et la vie, le dehors et le dedans, entre liberté et quartier d'isolement au sein de cet univers féodal et déshumanisant.
Personne n'y prenait garde, personne ne me soutenait vraiment, sauf mon avocate bien sur, avec laquelle nous réfléchissions à une possible contre attaque contre cette injustice qui renfermait dans sa pratique toute la mécanique insidieuse et perverse du système et son implacable logique totalitaire. Plus j'y pensais et plus se dessinait clairement les contours de la monstruosité pénale et juridique. Alors que nous venions d'apprendre que l'administration pénitentiaire et la juge d'application des peines avaient accepté de libérer Cyril et que nous fêtions l'événement, un autre coup de fil de mon avocate, m'apprit que le parquet de Beauvais faisait appel de la décision. Merci monsieur Archambauld expert psycho en intention et probabilités que mon fils a rencontré.
C'était une preuve de plus de l'acharnement que subissait Cyril et qui l'avait conduit devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme, ce qu'on lui faisait payer très cher.
Archambauld l'expert avait été horrible, il voulait que Cyril lui dise qu'il détestait son frère et qu'il trouvait que c'était bien fait pour lui si il restait en prison. Cyril avait eu beau argumenter sur le fait qu'il aimait son frère mais que ses priorités avaient changé, qu'il avait Sara sa fille de cinq ans à construire, une femme une famille et un travail intéressant. Mais, le psycho de pacotille n'avait rien voulu savoir il avait mené son affaire tambour battant en 45 minutes chrono. La vie d'une famille entière dépendait de l'expertise instantanée d'un charlatan qui décidait en moins d'une heure de son sort.
Lors du colloque à sciences po, un des experts intervenant, psychiatre auprès des tribunaux avait expliqué à mon avocate, qu'Archambault le psycho était connu de beaucoup, il était le type même de ceux qu'il dénonçait dans le cadre de la rétention de sûreté : un incompétent connu pour valider l'enfermement. Alors que d'autres experts lors de son procès l'année dernière, avaient unanimement déclaré Cyril réinsérable, mature et près pour la liberté et qu'un d'entre eux s'engageait à le suivre dés sa sortie à l'extérieur, cet escroc es pifomètre, mauvais plombier de l'âme venait une fois de plus de tout gâcher. Ma belle fille, ma petite fille et moi étions anéanties par la nouvelle et fatiguées par les incessants revirements et autres douches écossaises que nous infligeait la pénitentiaire et le parquet. La peine que Cyril subissait était une peine collective que nous purgions en famille comme beaucoup d'autres. Ca paraissait incroyable, mais de l'expertise intentionnaliste dans le cadre de la rétention de sûreté, à l'expertise pour une libération conditionnelle sur une peine inférieure à 15 ans la pratique était la même et le résultat à l'identique. Cyril ne sortait pas et ça, je ne l'acceptais pas, au regard de tout ce qu'il avait vécu et qui avait vu condamner l'administration pénitentiaire pour les cinq années isolement intensif et abusif qu'il avait subi . J'étais décidé de continuer à me battre c'était aussi simple que cela et demain, j'allais à la préfecture déclarer l'association que j'avais décidé de monter, pour tous les proches et familles de personnes détenues. Cette fois, j'attendais un vrai soutien. A suivre.... Catherine (klik sur sa page myspace)
Le mardi 8 juillet, sur les ondes de RTL, Claude Askolovitch, journaliste au Nouvel Observateur, dénonçait « un article antisémite dans un journal qui ne l'est pas ». Il faisait allusion à une chronique de Siné dans Charlie hebdo,dont nous reproduisons le texte ici :
« Jean Sarkozy, digne fils de son paternel et déjà conseiller général de l'UMP, est sorti presque sous les applaudissements de son procès en correctionnelle pour délit de fuite en scooter. Le Parquet a même demandé sa relaxe ! Il faut dire que le plaignant est arabe ! Ce n'est pas tout : il vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d'épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie, ce petit ! »
Prétextant l'éventualité d'un procès pour antisémitisme, Philippe Val, directeur de publication, a enjoint Siné de signer une lettre d'excuse dans Charlie hebdo, ce que le dessinateur a refusé de faire. Philippe Val l'a aussitôt renvoyé du journal avec l'assentiment de la direction (Bernard Maris, Gérard Biard et Charb).
Où est l'antisémitisme dans le texte de Siné ? Il y dénonce seulement, avec le ton fleuri qui est sa marque de fabrique, l'opportunisme du fils du président de la République.
Philippe Val et la direction de Charlie hebdo se sont couchés devant Jean Sarkozy. Grand bien leur fasse, leurs lecteurs apprécieront. À la radio, d'autres continuent de faire des procès en antisémitisme comme certains, naguère, en sorcellerie.
Nous connaissons bien Siné : sa grande gueule, sa violence intellectuelle, son humour et surtout sa maison ouverte à tous : Juifs, Arabes, Français, Noirs, Auvergnats, Bretons, pédés, communistes (liste non exhaustive), tous unis pour conchier, autour d'un verre (ou de plusieurs), une société de plus en plus bien pensante et moraliste.
C'est pourquoi nous apportons notre soutien inconditionnel à Siné. Siné n'aime pas les cons. Siné est un anar.Vive Siné !
On pourrait appeler ça un sketch, s'il ne frisait pas une nouvelle fois l'antisémitisme. Le pseudo humoriste Dieudonné est (déjà!) revenu sur scène sur la polémique qui a entouré le parrainage de son troisième enfant par le leader frontiste Jean-Marie Le Pen.
Jeudi, dans son théâtre parisien de la Main d'or, il a rajouté six minutes à son spectacle du moment, le bien nommé « J'ai fait l'con ». Un des spectateurs présents a filmé chacune des tirades et a publié la vidéo sur son blog d'extrême droite La Banlieue s'exprime. Des tirades qui, comme à l'accoutumée, se révèlent aussi explicites que provocantes:
« J'avais pas les moyens de faire autre chose. Vous savez combien ça coûte une campagne de promotion sur TF1? (…) Au début, j'ai pensé à une fausse agression. Je me suis dit: je vais me faire taper à coups de barre à mine dans XIXe. C'est vrai que c'est assez efficace. Mais j'ai un pote qui m'a dit laisse tomber. (…) Faut être juif pour ça. » (Voir la vidéo)
Dieudonné M'bala M'bala de son vrai nom, et avec lui au passage son « pote » -comme il l'appelle- Jean-Marie Le Pen, est effectivement parvenu à faire encore parler de lui. De la publicité immédiate certes, mais qui pourrait se prolonger comme souvent dans les prétoires.
Relaxé à de nombreuses reprises, il vient cependant d'être condamné par deux fois. Le 15 novembre dernier, pour avoir comparé les juifs à des « négriers ». Puis le 26 juin, pour avoir parlé de « pornographie mémorielle » à propos de la commémoration de la Shoah.
Dieudonné ironise sur l'agression du jeune Rudy et sur ses relations avec Jean-Marie Le Pen
(Reuters)
«Faut être juif pour se faire agresser dans le XIXe» lance-t-il dans son spectacle, en référence à l'agression d'un jeune juif à Paris le 21 juin.
LIBERATION.FR : vendredi 18 juillet 2008
Non content de refaire parler de lui via le parrainage de sa fille par Le Pen, Dieudonné en remet une couche, dérapage antisémite à la clé. La scène se passe sur les planches du Théâtre de la Main d'Or à Paris, dont Dieudonné est propriétaire et où il présente depuis juin son one-man-show. Un spectateur a filmé le sketch et en a diffusé un extrait sur YouTube aujourd'hui. Il y est question, entre autres, du jeune Rudy, victime d'une agression antisémite dans le XIXe arrondissement de Paris.
Petit résumé de la scène: Dieudonné fait son entrée en piste. D'entrée de jeu, il évoque le battage médiatique autour du parrainage de sa fille par le leader d'extrême-droite, l'air ravi de son coup. «Vous avez entendu dans les médias?» lance-t-il à son public visiblement conquis. Fidèle à l'une des stratégies favorites du FN, il se pose en victime. «J'étais un peu obligé aussi. Quand t'es boycotté quand t'es censuré comme moi. J'avais pas les moyens de faire autre chose, vous savez combien ça coûte une campagne promotion sur TF1 vous? Au début, j'ai bien pensé à une fausse agression. Je me suis dit je vais me faire taper à coup de barre à mine dans le XIXe.» Là, rires et applaudissements nourris de la salle. «C'est vrai que c'est assez efficace. Mais j'ai un pote qui m'a dit ça marchera pas. Faut être juif pour ça. Même si j'y vais avec une kipa je vais me faire repérer, ils bougeront pas.»
«Alors j'ai appelé mon pote Jean-Marie. Je lui ai dit ça fait trois ans que j'essaie de passer dans le médias, c'est la galère. Alors j'ai eu une idée: est-ce que vous pourriez être le parrain de ma fille? Je me suis dit ça peut relancer ma carrière.» Et la chute, tout en finesse: «Résultat j'ai fait mieux que Fourniret en termes d'impact. L'autre il s'est fait chier à violer des gosses. Fais baptiser tes gosses, t'emmerde pas!»