Gender: Male
Sign: Gemini
|
Blog Archive
[ Older
Newer ]
|
|
 |
|
Saturday, May 03, 2008
 |
Jésus et les crèmes glaçées - BLEU
L'enfer c'est moi. C'est pas les autres. Ma capacité à gérer mon seuil de tolérance à l'égard de mes congénères. Misanthropie. Un enfer commun mais qui se trouve être le mien. Dolos et moi déambulions, elle avec son papillon et moi avec elle. Je ne pensais même pas à quitter le père Lachaise. We float/pj harvey. La grille, vérouillée dans sa largeur-hauteur-profondeur n'autorisait aucune last exit, qu'importe je l'avais ma last exit ! Sa main emprisonnait la mienne. Bon redescends me disais-je, tout moment de bonheur extrème est immanquablement ponctué par un avertissement, celui ou la dopamine se met en berne, attention un bonheur peut ne pas en cacher un autre, sert toi mon gars, le buffet finit toujours par refroidir. D'ailleurs c'est mieux comme çà. Au moins on sait. Au moins. Nouvelle pincée de bleu. J'étais dans ma période bleu. La nuit elle même se teintait d'un bleu profond. Dolos et moi bleuissions aussi. Entre ciel et mer. Ardente flotaison entre deux mondes d'eau, entre deux infinis. J'étais l'infini. Elle était mon infini. Le papillon se détacha progressivement du front de sa locataire, celle-ci ne s'entrouva nullement perturbé, le volatile ouvrait un chemin que nous suivions sans sourciller. Quelques centaines de mètres plus loin, nous nous trouvions sur un trottoir, nous avions quitté le père Lachaise sans même en prendre conscience. La prochaine épicerie serait la bonne. Je tirai la liasse d'une main de mon treilli, de l'autre, je serrai celle de Dolos. En pénétrant dans l'épicerie du coin, celle qui accepte les papillons et les êtres infiniment bleu, une forte odeur de gaz préservait l'air ambiant des volutes de monoxyde de carbone que toute ville moderne cultive avec cynisme. La gorgée de Jack Daniel's qui s'en suivit me tira vers un bleu cobalt, et réchauffa tout mon intérieur déjà fortement velouté, fruit de la présence de mon double papillonné. Les feux de circulation jouaient de leurs teintes, affichant tour à tour un bleu indigo, un bleu Majorelle pour finir par un bleu cyan qui électrisait chacune des voitures qui roulaient au pas en quête d'un espace pour se garer. Trottoir. J'ai toujours adoré les trottoirs. Leurs caniveaux en savent plus sur la nature humaine que n'importe sociologue sorti de la Sorbonne, alors comme pour me mêler à la foule et aux humains, je décidai me m'assoir sur l'un d'eux pour me rouler un joint d'herbe, une herbe qui elle aussi se teintait, proposant un bleu outre-mer réconciliant, j'étais de nouveaux en compagnie des hommes et de leur monde improbable. Le papillon lui avait disparu.
2:38 AM
-
1 Comments - 1 Kudos
- Add Comment
|
|
|
|
Monday, March 24, 2008
 |
Jésus et les crèmes glaçées - 2 chapitres
The Knife - from off to on. Lp "Silent shout" 2006.
On, off. C’est ainsi. Electricité. Cerveau. Neuro-connection. Off, on. Bien. Mal. Cimetière. Dolos. Jp. Sachet. Liasse. Moi. Dolos. Nuit. Marijuana. Ritournelles. Tombes. Enfermés. Froid. Papillon. Dolos. Vie. Références. Bourbon. Baiser. Dolos. Moi. Amours. Vérité. Dolos. Mort. Désir. Volupté. --------------------------- Comment s’approprier un état voluptueux, planté dans un cimetière, de surcroît lorsqu’on y est enfermé un soir d’automne, en compagnie d’une fille qui retrouve la vie et ne cesse d’apprivoiser un insecte mort-né ? La danse de Dolos, son manège, affichait une élégance polaire, comme un dimanche heureux, constraste d’un jour insipide mais exceptionnellement rythmé (je hais les dimanches et leur mouvement arrêté). Je me sentais bizzarement bien. Je fixais sur Dolos qui déambulait en tournoyant nez à nez avec le papillon. j’étais aux anges. Comment une fille qui armée d’un cutter et tranchant un lob d’oreille pendant un acte sexuel pouvait elle, une heure plus tard, au beau mileu d’un cimetière m’offrir un spectacle pareil ? Le papillon, collé à son front suivait chacun de ses déplacements, ils appartenaient au même instant, à la même pulsation, il vivait la même intensité, ensemble. Rares sont les moments ou deux êtres sont en phase totale, en union parfaite et simultanée, j oubliais même l’endroit où j’étais et la situation dans laquelle je me trouvais. Fallait quand même sortir de ce merdier, au moins du cimetière dans un premier temps. La docilité de Dolos m’autorisait toute décision rapide, alors je lui prenais la main. Le bien être qui s’en suivit me hantera jusqu’à la fin de mes jours. Nous marchions, elle et son papillon, main dans la main. Sa peau était douce, je serrais sa main, et je me sentais infiniment bien. Elle suivait chacune des directions que je lui proposais sans sourciller. Son visage avait maintenant retrouvé sa teinte rosée, ses yeux, ouverts sur un infini candide reflétaient la couleur pourpre des ailes de l’hybride. Elle était la vie, elle était la naissance du monde, le commencement. Je l’aimerai toute ma vie à partir de cet instant, de cet unique instant. Son aller retour dans le monde des morts l’avait comme purifiée, libérée de toute contrainte existentielle. Elle n’appartenait plus à l’humanité. Elle était l’humanité. Bon dieu, personne ne saurait la regarder sans ressentir l’amour universel, l’amour indicible, celui qui,impossible à atteindre, fait abstraction de toute contingence, de toute nécessité. Elle était l’amour infini, non pas celui de Louis-Ferdinand Céline, mais l’amour des anges, elle était la conscience des anges. Encore aujourd’hui, près de vingt ans après cette histoire, je retourne déambuler dans les allées du Père Lachaise et lorsque j’arrive près des tombes de la famille Vizek, une sensation de bonheur intense et de félicité me surprend. Je dois même laisser échapper une larme ou deux. Chloé - Be Kind to me. Lp "The Waiting room" 2007. Je suis donc je pense. Si je croise Descartes un jour dans un au delà quelconque, je ne manquerai pas de lui signifier mon avis sur la question. C’est suffisamement compliqué de penser pour être, tandis qu’être, et penser me semble plus logique, dans un souci chronologique tout du moins. Aujourd’hui est l’envers. Aujourd’hui est demain et hier. Les drogues altèrent mon espace temps. Je marchais avec Dolos et tout allait bien, j’étais serein alors que la situation ne l’était pas. L’espace temps dans lequel je me trouvais me procurait la plus belle sensation qu’il m’ait été donné de vivre jusqu’alors. J’étais en dehors de toute vie, de toute conscience, de toute réflexion. J’étais et ne pensais plus. Je me laissais porter par un mouvement d’une absolu pureté. Et c’est un comble d’avoir vécu le plus beau moment de sa vie, prisonnier dans un cimetière. Cet endroit serait à jamais mon endroit. Cette allée bordée de sépultures serait désormais mon allée. Georges Méliès. Sa tombe n’était pas loin de celle des Vizek. Ce type a légitimé les effets spéciaux au cinéma, ou comment truquer par nécessité de rendu réaliste. Tricher pour paraître encore plus vrai. Tricher pour être. Je suis donc je pense.
1:08 PM
-
1 Comments - 4 Kudos
- Add Comment
|
|
|
|
Monday, February 25, 2008
 |
Jésus et les crèmes glaçées - suite
Un papillon, Heliconius heurippa, vint se poser sur son front meurtri. Elle ne le chassa pas et ses yeux tournés vers la lune montante louchèrent comme pour mieux apprivoiser l'éphèmère hybride, premier en son genre issu d'expériences en laboratoires. Ce papillon revêt la particularité de ne s'accoupler qu'avec des confrères ou consoeurs arborant des couleurs identiques. Un papillon agrée par le ministère de Brice HORTEFEUX, ministre de l'Immigration, de l'Intégration, de l'Identité nationale et du Codéveloppement. L'insecte semblait se plaire sur le front brûlant de Dolos, sans doute avait-il trouver là matière à exister plutôt qu'à survivre. Il virevoltait sans cesse, s'envolait et atterissait dans la seconde suivante parcourant ainsi toute la surface boursouflé du front de sa nouvelle résidence. "Longtemps, on rampe sur cette terre comme une chenille, dans l'attente du papillon splendide et diaphane que l'on porte en soi. Et puis le temps passe, la nymphose ne vient pas, on reste larve." Jonathan Littel. Dolos paraissait ne plus chercher l'oxygène nécessaire à toute vie organique et terrestre, son regard d'ordinaire sombre et mystèrieux avait laissé place à un regard ouvert, curieux et d'une douceur improbable, presque innocent. Quand un corps en remplace un autre. Le problème restait le même. Fallait il enterrer ce merdeux ou le laisser à moitié à poil à cette place ? Dolos s'était levée, le papillon toujours bien en place sur son ématome. Je lui tendais le flacon de Jack Daniel's mais ne prêta aucune attention à mon offre. Elle marchait maintenant ou plutôt tournoyait dans un périmètre restreint sans quitter des yeux son nouveau compagnon. Un mec mort la bite à l'air au milieu de milliers de tombes et une tarée scotchée à un insecte qui le lendemain serait de toute façon lui aussi étendu raide. Je décidais de vider les poches de Jp,inventaire bref, liasse de billet de cinquante euros, un sachet encore à moitié rempli de poudre bleutée, je prenais aussi ses papiers d'identité. Le flacon de bourbon maintenant vide, je devais en racheter au plus vite. La mort de Jp ne laissait aucune amertume, aucune tristesse, rien. Ma sensibilité d'ordinaire exacerbée décidait de me ménager. Si le passé servait mes souffrances, le futur lui devait flatter mes espérances et à ce moment précis, je ne voyais rien de flatteur. Dolos s'entêtait avec l'insecte. Face contre face, elle apprivoisait la vie, que pouvais-je faire, après tout elle avait mis un gros doigt dans le cul à la mort et peu de personnes peuvent se targuer d'avoir jouer au chat et à la souris avec la grande faucheuse. Les amours dépossédés eux-aussi donnent l'impression de cotoyer la mort. Ainsi le désir, l'amour et le plaisir sont les prolongements de la mort. Comme un aboutissement. Ce que nous considérons comme des extrèmes sont le balancement même de la vie, et ce principe d'unicité irréversible fait de nous ce que nous sommes, car rien d'autre ne peut compter pour nous définir exactement. Et si on se perd dans des amours tout au long de notre vie, amours dérisoires ou amours foudroyantes, c'est pour tenter, vainement certes, de se rapprocher de cette vérité inérante à toute vie consciente. Nous cherchons l'inconnu pour essayer de résoudre ces équations métaphysiques et les amours nous donnent l'impression de nous rapprocher de cet inconnu. Et ces inconnus se confondent, peu importe leur forme. Finalement, il n'y a rien de plus important dans notre vie. "Hurt" de Nine inch nails chanté par Johnny Cash. Pause.
10:51 AM
-
3 Comments - 4 Kudos
- Add Comment
|
|
|
|
Saturday, January 05, 2008
 |
jesus et les crèmes glaçées - suite
C'est quand j'ai vu Jp avec une pelle à la main que bizarement mon envie s'estompa. Une pelle tout ce qu'il y a de plus ordinaire pourtant. Mais peut être qu'à la vue de ce simple outil, je pris réellement conscience de la situation. Conscience. L'exctasy, les joints le raid créaient peut être un pont entre mon conscient et mon sub-conscient, comme le lsd peut savement le faire. Je bandais toujours mais le torrent d'images salaces se dissipait peu à peu. Cette conne de Dolos paraissait paisible, allongée sur le sol froid et sec. Alors je me levais précipitement et tandis que Jp commençait à creuser, le bruit du métal heurtant la terre s'insinua en moi peu à peu puis m'envahit totalement et jamais, bon dieu jamais je n' oublierai ce bruit, celui du métal cognant avec apreté la terre presque gelée. Ca résonnait en moi comme un vieil amour déchu.
- putain c'est trop dur...j'arrive pas à creuser bordel de merde.. Je regardais Jp, debout sans un mot. - bon si tu veux te la taper, c'est maintenant parce qu'on va pas l'enterrer, la terre est trop froide, on va la foutre dans la petite cabane ou j'ai trouvé la pelle.. Ce mec me dégoutait. Finalement, il s'en foutait que je baise Dolos ou pas. Que moi j'en éprouve l'envie à la rigueur, c'est un problème entre moi et moi seul. Mais que lui cautionne ma glauque misère, ca me paraissait encore pire. Je décidais de prendre une rasade de raid et une nouvelle pincée de de poudre. - d'ailleurs, je crois que je vais me la refaire cette pute...t'as raison finalement.. Il lâcha la pelle, pris Dolos sous les aisselles, la traîna jusqu'à la tombe la plus proche et la déposa face contre pierre, non sans avoir au prélable cogné son front brutalement contre le granit. Il soufflait comme un sprinter après un cent mètre parcouru en moins de dix secondes. Il attendit quelques minutes et grimpa sur la tombe, la souleva par la taille de sorte que son cul soit bien offert au ciel, ensuite il baissa son froc qui fît jaillir son chibre tendu, arracha le collant ou ce qu'il en restait et s'agenouilla. Il agrippa ses mains autour de sa taille et s'apprêtait à la pénétrer. Je fumais nerveusement le pet que je venais de rouler quand elle redressa en un éclair sa tête et se mit à envoyer une gerbe de vomi dans un râle atrocement caverneux. Est-ce le manque d'amour qui nous retranche dans nos heures de misère ou est-ce inérant à la condition humaine ? Par quoi sont motivés nos instints les plus lugubres ? Entre répulsion et envie, on navigue dans des brûmes glauques ou le plaisir doit s'accomplir. Mais à quel prix. Le prix d'une conscience ou plutôt d'un héritage culturel, d'un mode éducatif. La conscience a t-elle un prix ? Si oui, à combien l'évaluer ? Si nous connaissions la substance des heures miséreuses de chacun de nos contemporains,les cotoyerions nous encore et toujours ? Heureusement, il n'y a pas d'avenir, et c'est peut être pour cela que l'homme loue ses instincts bestiaux sans y réfléchir à deux fois. Jp est mort. Son coeur n'a pas supporté le choc de la surprise. Il a tué ou a cru tuer une première fois Dolos. Elle l'a tué à son tour en revenant du royaume des morts. La mort est peut être notre vengeance. Vengeance sur la vie. Vengeance sur le désir. Jp est mort d'avoir eu envie de la mort. Le vide existentiel, son vide existentiel l'a poussé vers la mort. Mort la bite à l'air sur une tombe ré-animant par la même la vie. La vie éternelle lui appartennait désormais. "Elephant people" des Married Monk et sa ritournelle au piano envahissait mon cockpit cérébral tranquillement. Je restais debout, Jp avait basculé du granit, il était allongé pantalon et caleçon juste au dessus des genoux. Sa bite était maintenant molle et touchait terre. Dolos crachait son retour à la vie, vomissait ses espérances et illusions bafouées.L'air du cimetière doucement ré-investissait ses poumons, ses yeux cherchaient aussi l'oxygène en clignant de manière inconsidérée. Elle avait réussi à pivoter son corps et son visage défiait le noir du soir naissant, son visage défiait la mort du jour. Un nouveau flux d'images s'ammoncellaient dans mon esprit. Des croix - symboles chrétiens - qui dansaient au milieu de dizaines de corps nus qui se mélangaient dans un torrent de plaisir et de râles ténébreux. "Merricks Meditations" des Married Monk saupoudraient ses volutes cosmiques sur une rythmique entêtante, la mort et le plaisir se rejoignaient par l'intermédiaire de la voix de Christian Quermalet. Les croix dansaient et tournoyaient de plus en plus vite et commencèrent à transpercer les corps un à un. De la sueur, du sperme et des sécrétions naissaient le sang. Du plaisir hurlant sa propre litanie, sa propre fin, la vie criait son impuissance face à l'ogre orgasmique allié de la mort elle même. Les corps continuaient de s'aimer et le sang jaillissaient de plus en plus fort pour les recouvrir totalement mais le plaisir domine la mort dans le monde vivant et les corps poursuivirent inlassablement leurs efforts transpercés de part en part par les croix chrétiennes. Jusqu'au bout, jusqu'au dernier souffle, jusqu'au dernier plaisir arraché à la vie les corps luttèrent pour ne plus avoir à lutter contre eux même. Le sang coulait sur la mort et sur les plaisirs engendrés par la peur de la mort elle même. Dolos aussi luttait contre elle même, sa survie en dépendait.
10:34 AM
-
2 Comments - 3 Kudos
- Add Comment
|
|
|
|
Sunday, December 09, 2007
 |
LA SUITE - JESUS ET LES CREMES GLACEES
"vivre, c'est errer, seul, dans un instant sans bornes - samuel beckett" Un sinistre cirque s'installait tranquillement dans mes pensées. Je m'horrifiais, me terrorisait même. Comment peut-on envisager ne serait-ce qu'une seule seconde, de s'envoyer une morte ? Qui est-ce qui de l'acte ou de la pensée était le plus sordide ? J'en savais rien, seul comptait l'apaisement de ma frénétique envie. Vint alors à mon esprit le film de Patrick Bouchitey "Lune froide" tiré d'une nouvelle de Charles Bukowski. Puis ce fût le tour de "j'aimerai pas crever un dimanche" de Didier Le Pêcheur. Autre histoire abordant la nécrologie. Et Sade. J'avais l'impression que ma tête enflait à mesure que les références jaillissaient. Hélium. Le bourbon dissipa quelque peu mes brûmes mais n'otâ en aucun cas ma morbide libido.Pourquoi fallait il que j'assimile systématiquement une référence culturelle à chacun de mes actes ou chacune de mes pensées ? Une autre rasade tenta d'étouffer cette question. Je m'en sortais par un lamentable consensus, que les plus belles choses que l'homme soit capable d'accomplir appartiennent à l'art. Ce raccourci me projeta davantage dans un abîme de débauche et une quantité effrayante d'images obscènes m'assaillit. Mon corps distançait celui de Dolos d'environ un demi mètre. Tout mon corps était crispé, chaque muscle tendu et j'avais l'impression que ma machoire s'allongeait au rythme de chacun de mes pas. J'étais en train de me transformer en bête immonde, il ne manquait que la bave aux commissures des lèvres. - va falloir trouver un endroit pour elle...dit il. Le volte face de Jp me surprit, son dédain et son assurance déclenchèrent un accès de rage tel que mon poing droit heurta violement son arcade opposée. Je me jetais ensuite sur lui, il tomba sans peine emmenant avec lui Dolos qui s'écrasa le front contre une souche de hêtre d'ou fleurissait quelques mégots de cigarettes et une grande bouteille de bière vide, en verre fonçé. J'aurais pu le tuer à coup de poings si ces deux cons d'amoureux ne s'étaient arrêtés en criant "mais arrêtes tu vas le tuer" ce que je fis aussitôt. Jp arborait un splendide oeuf de pigeon au dessus de l'arcade gauche. T'es vraiment un sale con cria-il, putain merde ! Il gesticulait sans cesse, aussi je restais à distance redoutant une contre attaque.
- On n'a pas aut'chose à foutre non ? s'énerva t il. - hé ho te signales que si on est là c'est pas grâce à moi alors fermes là ! - ouais ba mat'nant faut l'enterrer, putain de merde. Et nos deux visages s'inclinèrent simultanément vers le corps de Dolos nous ramenant à une réalité qui promettait un avenir très incertain. Jp ré empoigna Dolos et me demanda de rouler un pétard, je lui tendis la bouteille en réponse. Il me la rendit ragaillardi. On s'assit un peu plus loin avec la famille Laslo Vizek. Enfin ce qu'il en restait. Trois tombres. Comme on les connaissait pas les Vizek, on s'est dit qu'on dérangerait pas finalement. Jp posa lourdement Dolos sur une terre dure et froide et on s'assit sur un des lits de pierre. - Bon, qu'est-ce qu'on fait ?? - on la nique et on l'enterre - .... - ba quoi ?.... La France basculait tranquillement vers un système ultra libéral à l'anglaise ou à l'américaine, aussi baiser Dolos morte ou vivante finalement ne changeait pas grand chose. Même si la date de péremption était tout juste dépassée, sa mort remontait à une heure à peine, on pouvait encore en profiter. C'est comme les yaourts, on peut les bouffer dix jours après la date conseillée et je doute qu'il y ait jamais eu un seul empoisonnement. C'est vrai à la fin, il pourrait indiquer l'heure aussi à laquelle le yaourt bascule irrémédiablement du côté bacillien de la force. Sarkozy élu, les yaourts pourront bientôt manifester pour un allongement de vie bien mérité. Ca meurt pas un yaourt, c'est déjà mort. Et Dolos aussi est déjà morte et je bandais toujours. - t'es vraiment un malade, tu veux baiser une...pfff. Jp se leva, contourna le corps de Dolos, inspecta d'un coup d'oeil circulaire les alentours et retourna s'assoir.
- on se cache, et dès que le cimetière ferme ses portes, on l'enterre, dit-il d'un air satisfait. Je terminais mon joint avec l'idée que je pourrais toujours me la taper quand Jp creuserait car bien entendu, il n'était pas question que je l'aide dans l'élaboration de son vide. Et moi, j'en avais un à combler, et vite.
9:49 AM
-
2 Comments - 3 Kudos
- Add Comment
|
|
|
|
Tuesday, September 11, 2007
 |
Nouvel extrait de Jésus et les crèmes glaçées
JP a buté Dolos. Il l'a étranglé de ses petites mains de merdaillon. A cause de la liasse. Merde. Je dis merde mais j'arrive pas à le penser. Je suis trop excité pour cà. Célestène pourri. cette merde me speed c'est tout, c'est bien un truc de sportif ça. j'avais envie de rire aux éclats, en même temps j'avais envie d'arrêter. Arrêter quoi j'en savais rien mais fallait passer à autre chose. Ce con en une fraction de seconde a foutu une merde pas possible. c'est Picabia qui a dit que la vie des gens sérieux avait comme une petite odeur de charogne, ba là pour le coup j'avais la charogne sans le sérieux. C'est con la vie quand même, à l'internat y avait une chouette nana dont la plastique me laissait rêveur, je ne sais pas du tout pourquoi me vient cette pensée à cet instant mais un jour elle posa la question : - que faut il pour réussir sa vie ? ses yeux verts me perforaient tout mon intérieur. - commences par trouver un bon dealer, lui répondis-je en souriant. Une semaine après cette connasse me présentait Marco, dealer notoirement connu de tous. Mais là n'est pas la question. Jp agenouillé caressait sa liasse retrouvée et semblait tout ignorer des dernières minutes écoulées. Ce con n'avait pas même un regard pour Dolos, chouette gonzesse, car même morte elle était encore désirable. Bon d'accord sa langue sortait un peu de sa bouche, bon d'accord elle bleuissait à vue d'oeil, archh, quelle merde, tout un tas d'images se télescopaient dans ma tête, impossible de suivre un fil, même pas conducteur. Je revoyais le quai de la gare, les lampes Knoll de chez Dolos, Jp à genoux et moi tournant autour dans le cabinet, la vitrine du coiffeur.. Nerveusement j'avalais une lampée de bourbon et remisait le flacon dans mon pantalon treilli teinté en noir. Ca m'a fait du bien, au moins se ralentissait le flux d'images qui défilaient en cinémascope. Fallait agir et vite pensais-je, si quelqu'un se pointait. Mais les actes tardaient. C'est quand Jp s'est retourné vers moi en me souriant avec arrogance que j'ai compris qu'il était redevenu comme avant qu'il ne perde son argent. La possession du fric ranimait ses vertus et peu à peu il retrouva ses facultées et la liasse bien en poche telle une arme mortelle. Il se redressa, empoigna Dolos sur son dos. - bon, on y va oui ?? Bouche bé, je le suivais sans un mot. Lui portant une morte sur son dos et moi qui marchait derrière d'un pas sautillant mais irrégulier. Aucun son n'arrivait à sortir de ma bouche. C'est quand j'ai vu le panneau Père Lachaise qu'un éclat de rire me surprit. Jp se retourna et son sourire croisa mon rictus de débile. Putain de nerfs. La meilleure façon de cacher quelque chose, c'est de le montrer. J'ai appris çà grace à Edgar Poe et sa lettre volée. Alors comme deux cons zombifiés par notre propre déchéance, nous avons franchi l'enceinte du labyrinthe, véritable dédale marbré et granifié ou d'illustres prétentieux snobinards ont décidé de se regrouper. Fais quand même chier car j'aurais cru Desproges plus original. L'apparence. On eu beau chier des proverbes scolaires sur l'apparence, n'empêche que ces abrutis d'humains sont encore plus cons à chaque génération qui se succède. Peu de pélèrins arpentaient les allées du reposoir souterrain. N'empêche. Y'avait un barbu qui déclamait avec ferveur des histoires de mort devant un attroupement d'autres morts debout ceux-là. Des idiots fumaient des joints sur les restes de Jim Morrisson. Et moi j'avais une putain envie de baiser, une trique ou même un chat n'aurait pu y planté ne serait-ce qu'une seule griffe. La tête de Dolos pendait sur le dos de Jp. Sa jupe descendait et laissait paraître son collant élimé. On devinait aisément sa petite touffe fraîchement régalée par Jp. S'était-elle lavée la conne ? Moi je déteste me laver après avoir baiser. Faut que je trimbale encore avec moi l'odeur sulfureuse du mélange. Jp avançait et je me rapprochais peu à peu de lui sans m'en rendre compte.
11:49 AM
-
2 Comments - 3 Kudos
- Add Comment
|
|
|
|
Saturday, May 12, 2007
 |
la corrida - suite
Pour la première fois je mettais les pieds dans un cabinet de dentiste. Y' avait des empreintes dentaires, des machoires par centaines, des sourires exacerbés et effrayants étalés sur des étagères que deux portes en verre emprisonnaient.Des milliers de dents. Je faisais connaissance avec plein de gens par le biais de leurs dentitions. Jp s'est tout de suite jeté sur les produits nécessaires à cotériser ce qui restait de son lob déchiqueté. Quand il a vu plus clair après avoir enlevé le surplus de sang déjà coagulé,le lob n'était pas complètement déchiré. Il n' a même pas émis le moindre rictus au passage de l'alcool à 70 dc. Ca l'amusait presque de prendre soin de lui. Je me suis assis dans un fauteuil incliné,avec tout un tas d'attirail digne d'instruments de torture. J'ai appuyé sur des boutons sans en connaître la fonction. Des bruits bizarres, mécaniques ronronnantes, Cronenberg et Kubrik n'étaient pas loin. Ambiance métallisée dans un cadre digne de 2001 odyssée de l'espace. Blancheur, métal et rondeur. On aurait pu entamer une valse. Tout était rond, le cabinet, les instruments et le goulot de la bouteille de Jack Daniel's. J'ai roulé un pétard d'herbe et me suis cassé la gueule du siège à torture. On a repris une pincée de poudre. Jp a trouvé dans une armoire des boîtes de célestène. Il m'a tendu des cachets sécables en deux, j'ai pas discuté et j'en ai avalé cinq entiers. Je savais même pas ce que c'était le célestène, j'ai pas demandé non plus, mais il m'a dit avec ça, on tiendra deux jours sans dormir. Ca m'a plutôt ravi sur le coup. Une heure après la prise des cachets ma paupière droite a commencé à cligner de plus en plus vite, et ce trois durants. Corticoides. Et c'est aussi à partir de ce moment que ma mémoire a commençé à défaillir. Les faits qui vont suivre me seront rapportés plus tard, bien plus tard. Aussi, lorsque Jp a soudainement hurlé, j'ai tout de suite pensé à son oreille. Il n'en était rien. Les deux mains dans ses poches, il cherchait desespéremment quelque chose. Le fric, cette garce lui avait aussi piqué tout son fric. A genoux, gémissant il faisait peine à voir. Il avait toujours eu ce qu'il fallait, fric, tout, ça se voyait à sa réaction. C'était à moi d'enchainer et de reprendre les commandes. Bon, j'ai dit, on retourne chez elle, tout de suite JP t'entends. J'étais survolté, incapable de rester en place, je tournais dans le cabinet en suivant la démarcation des murs. Après plusieurs tours, JP était toujours à genoux le regard posé sur le sol. Et je tournais. Alors je l'ai brusquement relevé et secoué. - On a pu de tunes bordel, on a pu rien !! Pleurnichait-il. - Faut tout de suite retourné chez elle JP, t'entends !! Tout de suite !!
Il ne bougeait pas, prostré qu'il était le killer de ses dames. Et moi, je tournais, encore et encore, incapable de m'arrêter, le regardant gémir. C'est une simple liasse de billet qui lui donnait toute cette confiance et assurance, pensais-je. Ce mec sans pognon n'est qu'une lopette. Corrida survitaminée, ma paupière continuait de battre sans que je puisse la dompter. Et je tournais, tournais et retournais. J'ai attrapé la bouteille d'alcool et m'en suis collé une lampé digne d'un mineur polonais un samedi soir de paie. Jp a son tour à tenter le même exercice mais recracha aussitôt. Ses défenses naturelles s'effondraient peu à peu. Il n'était plus qu'une ombre, pâle, maigre et pitoyable reflet de lui même. Je sentais mon coeur frapper contre ma poitrine comme s'il voulait en sortir, alors je me rassis sur le fauteuil et allumé un joint pour me calmer. Jp s'était relevé et faisat face à la fenêtre. Il hurla de nouveau en pointant l'index de sa main droite vers le carreau. Là, là elle est là c'te salope !!! Sans réfléchir, il fonça vers la porte et sortit sans même la refermer. Je me suis retrouvé seul, et j'ai pensé qu'il fallait mieux le suivre, et j'avais raison. C'était trop tard mais j'avais raison quand même. "everything is connected in life the point is to know it and to understand it" - gilliam wearing 1992-1995 Contretypes sur aluminium.
2:19 AM
-
0 Comments - 0 Kudos
- Add Comment
|
|
|
|
Thursday, March 29, 2007
 |
lob is all
Mes yeux ne quittaient pas la vitrine d'en face, celle d'un coiffeur où les couleurs fluo de l'agencement se disputaient entre des chromes rutilants, blocage total sur goût de chiottes. C'est en roulant un stick d'herbe vers 21h00 que la porte vitrée par laquelle nous étions entrés quelques instants auparavant s'ouvrit brutalement. En sorti Jp à moitié à poil ( chemise et pantalon à peine boutonnée) et l'oreille droite en sang. - putain elle est taré c'te meuf !! complètement givrée !! c'te salope a voulu me couper le lob de l'oreille.. C'était la première fois que je voyais Jp hors de lui. Il se rabillait tout en s'éloignant à grands pas de la porte de l'immeuble. Je le suivais péniblement avec mon joint pas fini de rouler dans ma main droite. - Les bocaux, ces putains de bocaux sont remplis de lobs d'oreilles que cette tarée a tranchés !!! - Calme toi, tiens attends, bouge pas..J'ai roulé dard dard le pet et lui ai tendu derechef. Jp s'est retourné une dernière fois inclinant la tête vers la fenêtre du haut de l'immeuble. - elle est taré putain, complétement s'coué c'te nana !! Elle collectionne les lobs d'oreilles !! J'y crois pas putain, j'y crois pas !! - qu'est ce que tu dis ?? - ba ouais dans les bocaux c'est des lobs d'oreilles !!! Puis plus calmement et quelques centaines de mètres plus loin, - On a commencé à niquer tranquille et j'ai voulu la prendre par derrière, alors elle s'est agenouillé sur le canapé et a posé ses mains sur l'étagère qui s'est cassée la gueule. Les bocaux sont tombés et se sont éclatés par terre, putain, ca puait le formol grave, je lui ai demandé ce que c'était et elle m'a répondu, les lobs d'oreilles de tous mes partenaires sexuels, j'y ai pas cru sur le coup tu vois, alors je l'ai attrapé pour qu'on continue et là pendant que je la prenais, elle a sorti un truc, j'crois que c'est un cutter et m'a tranché le lob, deux secondes après elle jouissait comme une malade !! Ca fait mal putain de merde !! "Quand je travaille à un objet, je dois toujours considérer de ne pas altérer l'objet physiquement ou même psychologiquement. J'essaie de révéler un certain aspect de la personnalité de l'objet." Jeff Koons La chemise était ruiné, il y a avait du raisin partout et ça continuait de couler. - Merde, faut te soigner, faut allez à l'hosto, regardes ton oreille.. - T'es vraiment con, comment veux tu que je regarde mon oreille ?? - Ah ouais merde.. A dire vrai, je ne savais pas trop comment gérer le truc. Mon état commençait sérieusement à m'ôter tout sens des réalités et je me laissais guider par Jp. - on va aller au cabinet de mes parents, à cette heure là, ils sont probablement devant la télé. Jp a acheté un flacon de bourbon dans une épicerie qui acceptait les clients au lob gauche tranché et nous avons continué notre route, Boulevard de la république, Père Lachaise et enfin la rue Monte Cristo. Jp il arrêtait pas de toucher son oreille et semblait effrayé à l'idée d'avoir un lob en moins. Alors il m'a demandé si j'avais le sachet, je lui ai tendu, il s'est servi généreusement et la rasade de Jack Daniels qui s'en suivit nous procura quelques frissons, comme ci ça suffisait pas. - Putain, c'est con, j'ai même pas défouraillé, pas eu le temps, c'te folle avait pourtant un cul d'enfer, elle bougeait comme un poisson pris dans une épuisette. - ah !! j'me la serai bien faîtes aussi crois moi !! - ba..un conseil, elève l'anneau de ton oreille d'accord ??
12:12 PM
-
1 Comments - 2 Kudos
- Add Comment
|
|
|
|
Thursday, March 22, 2007
 |
jesus et les cremes glaçées
Sur le quai les invisibles se croisaient, en transit pour l'errance , âmes en quête, en recherche de signaux, de reconnaissance, et de confort. Et au milieu de ce merdier, Dolos, debout, semblant n'appartenir à personne et en même temps posséder tout le monde. Deux minutes plus tard, nous entrions dans le métro. Destination Oberkampf. Sans un mot, Dolos nous conduisit avec nonchalance en tirant sur un gros joint d'herbe. Jp et elle semblaient être du même moule, blottis dans l'instant et absents de tout vie organique. En arrivant au dernier étage d'un immeuble à la cage d'escalier très étroite, Dolos a sorti une clé énorme et après un cli-clac suspect, nous entrâmes dans un endroit éclairé par deux lampes de type champignons, pied en métal surplombé par une demi shère en résine translucide datant probablement des années 70, de type Knoll. D'étranges bocaux s'alignaient sur une étagère horizontale au dessus d'un canapé ravagé mais attirant. Une dizaine d'entre-eux rivalisait de bizarrie. Des trucs flottaient, objets flottants non identifiés, peut être des moustiques dans du formol. Je sais pas si c'est les joints,l'ecxta tout ça, mais d'un coup je me suis senti de trop. Alors j'ai pris le sachet de poudre pendant qu'ils s'affalaient et s'embrassaient sur le canapé, il tombait de la poche de Jp. - Anna flash back-
G- Qu'est-ce autre chose que la vie des sens ? Qu'un mouvement alternatif Qui va de l'appétit au degoût Et du dégoût à l'appétit De l'appétit au dégoût Et du dégoût à l'appétit B-J'en fous !
G- Ta gueule, laisse-moi finir ! L'âme flottante toujours incertaine Entre l'ardeur qui se renouvelle, L'ardeur qui se renouvelle Et l'ardeur qui se ralentit. B- Ah j'm'en fous !
G- Mais dans ce mouvement perpétuel, De l'appétit au dégoût Et du dégoût à l'appétit, On ne laisse pas de se divertir Par l'image d'une liberté errante. ...Tu sais de qui c'est ?
B- Non.
G- Bossuet.
B- Bravo. C'est une oraison funèbre ?
G- Ah non. Parce moi je suis assez cynique Pour en faire ma ligne de conduite.
Serge Gainsbourg en entretien avec Jean-claude Brialy. ---------
J'ai descendu les escaliers rapidement, le sachet à la main, et me suis retrouvé sur le trottoir, les yeux écarquillés à outrance. Je me suis assis sur le rebord bétonné, j'ai ouvert le sac et léché deux grosses pinçées puis allumé une cigarette. Il était 20h12.
1:18 PM
-
0 Comments - 2 Kudos
- Add Comment
|
|
|
|
Saturday, March 03, 2007
|
|